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Guadeloupe. Itw Politique. Christelle Nanor : “La Guadeloupe n’est pas un pays.”

Guadeloupe. Interview. Politique. Christelle Nanor : “La Guadeloupe n’est pas un pays.”

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Capesterre Belle-Eau. Lundi 22 janvier 2024. CCN. Christelle Nanor, s’est fait connaître du grand public en 2021, quand elle s’est présentée aux élections régionales. Diplômée d’une licence en commerce et distribution ainsi que d’un Master 1 en économie et droit privé. Elle vient de publier “Le Rêve Guadeloupéen” un ouvrage où elle expose sa vision globale de la Guadeloupe et des propositions qui méritent l’attention. Dans un pays où les hommes politiques et les politologues sont tous très réticents à l’écriture : le Livre Ch. Nanor mérite d’être lu.

CCN. C’est votre participation aux dernières régionales qui a suscité la publication de cet ouvrage ?

Christelle Nanor (CN). En partie en effet. J’ai trouvé que le cadre ne se prêtait pas au partage d’une nouvelle façon de pensée et la promotion d’une vision d’avenir. Les questions et les temps de paroles n’étaient pas adaptés à expliquer dans le détail les idées que je portais à l’époque. Ces idées se sont enrichies durant les mois suivants et m’ont conduit à les rassembler dans ce livre.

CCN. Le Rêve guadeloupéen, est-ce à dire que notre futur n’est qu’un rêve, ou que la Guadeloupe vit dans le rêve ?

CN. Le choix du titre a pour but de rappeler que nous ne devons plus courir dans tous les sens pour rien. Nous devons avoir un but, un idéal à atteindre. Dès que cet idéal sera identifié et acté nous devrons tout mettre en œuvre afin de lui donner vie. « Le Rêve Guadeloupéen propose ainsi non seulement un idéal mais également les actions à accomplir pour en faire une réalité dans l’intérêt de chaque Guadeloupéen. Je me suis inspirée de Martin Luther King et de son « I Have a dream » afin de donner naissance à « Le Rêve Guadeloupéen ».

J’ai d’ailleurs conclu l’introduction du livre avec les éléments suivants :

« Parce que tout changement commence par un rêve à concrétiser ;

Le rêve donne naissance à l’ambition ;

L’ambition introduit la motivation ;

La motivation conduit aux actions ;

Les actions transforment le rêve en une réalité. »

CCN. Ce sont (parfois) les politologues qui sortent ce type d’ouvrage, cela signifie que vous entrez dans le cercle étroit de politologues et que vous êtes désormais une référence ?

CN. Je ne cherche pas de titre ou de gratification, le travail des politologues m’a aidé à écrire ce livre. J’ai pris le temps de les écouter en plus d’un travail de recherche et d’analyse car ils apportent une lecture de la société guadeloupéenne qu’il faut comprendre avant de soumettre quoique ce soit. Je considère que c’est une obligation pour toute personnalité politique d’être claire dans ce qu’elle propose à la population ainsi je rempli cette obligation de transparence à travers cet essai.

CCN. En juin il est prévu un énième congrès des élus, vous pensez qu’il fera bouger les lignes ?

CN. Bien malin celui qui saura répondre à cette question. Il est rassurant de voir que nos élus se réunissent afin de discuter de l’avenir de notre territoire. Garder l’espoir que le congrès des élus portent de bons fruits est la seule chose que nous pouvons avoir. Il reste à patienter et faire le constat de ce qu’ils seront en mesure de nous apporter comme réponses.

CCN. Vous laissez entendre que c’est la méfiance à l’égard de la classe politique actuelle qui peut expliquer l’absence de popularité du mot d’ordre d’indépendance nationale ?

CN. L’indépendance est un statut dans lequel des leaders doivent donner une direction claire à notre avenir. Aujourd’hui chaque Guadeloupéen fait le constat que les promesses électorales ne sont pas tenues. Dans ces conditions, comment faire confiance à ceux qui promettent un avenir rayonnant sans expliquer comment on y arrive, avec quels moyens ? Tant que la démonstration ne sera pas faite que ce statut sera plus profitable à la population guadeloupéenne que son intégration à la France les lignes ne changeront pas. C’est pour cela que je propose un statut entre l’autonomie et l’indépendance que je nomme l’Autonomie Renforcée. Les statuts d’autonomie existants ont déjà fait leur preuve dans d’autres territoires d’outremer et n’apportent pas suffisamment de l’attitude dans l’action politique locale. De ce fait, nous devons changer de statut, évoluer, mais pas en prenant des risques non calculés en amont. Aujourd’hui l’indépendance telle que proposée semble être juste une prise de risque considérable, sans perspectives rassurantes. Personnellement je ne veux que le meilleur en faveur de notre population, si un jour l’indépendance est le meilleur je la soutiendrais, pour le moment, de mon point de vue, ce n’est pas le cas.

CCN. Quels “conseils” avez-vous envie de donner aux politiques qui sont élus ?

CN. Nos élus donnent l’impression d’être des pompiers qui courent à éteindre des incendies. Le meilleur conseil que je puisse leur donner est de prendre du recul, de chercher à solutionner les effets des problématiques de notre territoires mais plutôt les causes. Ouvrir leurs esprits, réfléchir autrement que dans le cadre habituel du cheminement de leur réflexion aiderait aussi, et pour terminer avoir le courage d’agir autrement dans le but d’obtenir des résultats différents.

CCN. Comment expliquer le vote massif RN en Guadeloupe lors des dernières présidentielles françaises ?

CN. Les motifs sont sans doute aussi nombreux que les électeurs, je ne peux pas répondre au nom de tous. Ce que je peux dire tout de même c’est que j’ai fait partie des 69% des électeurs à avoir accordé mon suffrage. L’une des raisons était la volonté de la candidate à réformer l’octroi de mer. L’année précédente en 2021 aux élections régionales ce sujet était l’un des points importants de mon programme. Je ne pouvais pas vouloir une chose pour la Guadeloupe en 2021 et voter pour une autre en 2022.

CCN. Vous abordez pratiquement toutes les questions, mêmes les plus sensibles : fiscalité, indépendance, quelle analyse faites-vous de la situation actuelle de notre pays ?

CN. La première chose à rappeler c’est que la Guadeloupe n’est pas un pays. Certains guadeloupéens se sentent colonisés car ils estiment que la France est dans une posture d’ingérence au sein de notre territoire alors qu’il n’est est rien. En effet, nos anciens ont choisi de faire de nous des français de plein droit en faisant évoluer notre statut de citoyens de colonie française vers celui de citoyens d’un département français. Ainsi, quand le gouvernement prend des décisions et nous les impose, il le fait avec le même droit et la même légitimité que sur le territoire hexagonal. Afin que cette posture évolue, je propose une évolution statutaire dans le livre.

Notre situation actuelle est alarmante et nous devons entendre les sirènes d’alarme qui nous ordonnent d’y prêter attention. Aujourd’hui la Guadeloupe manque de repères, manque de valeurs sur lesquelles reposer. Le « fan tchou » dans tous les lieux et dans toutes les situations de nos vies semblent devenir la norme. Tant que la valeur RESPECT ne sera pas la fondation sur laquelle notre société repose nous continuerons de vivre un enfer au paradis. En 2021 le nom de ma liste était RESPE car il est temps que ce soit sur cela que repose tout le reste (solidarité, courage, travail, acceptation etc.).

CCN. Pourquoi dans un tel ouvrage qui est politique, n’avoir rien dit ni sur l’état des forces politiques en présence ni sur le mouvement social ? et donc de la situation des suspendus post covid ?

CN. Je me vois plus comme une visionnaire que comme une politologue. Mon livre n’a pas pour but de porter des analyses ou des constats sur des évènements passés, mais, en les prenant en considération de proposer des solutions pour un meilleur avenir. Critiquer les forces politiques actuelles ne fera pas avancer les choses, je préfère proposer une vision ambitieuse, réaliste, réalisable et représenter le renouvellement de l’avenir politique de la Guadeloupe. Cela fait des décennies que nous constatons qu’il est quasiment impossible de faire plier le gouvernement dans notre sens. Les courageux suspendus en ont une fois de plus fait l’amer expérience. Je ne veux plus que nous ayons à lutter contre le gouvernement car nous y épuisons nos forces, et pour quels résultats ? Si nous évoluons vers le statut proposé dans « Le Rêve Guadeloupéen », la paix sociale sera au rendez-vous et nous n’aurons plus à lutter contre le gouvernement mais pour notre réussite collective.

CCN. La Guadeloupe dans la caraïbe c’est aussi un rêve ?

CN. Nul besoin de dépasser le cadre du livre car la position de la Guadeloupe dans la Caraïbe fait partie des thèmes abordés dans le livre. L’avenir de la Guadeloupe passe par une intégration autre que simplement géographique dans la Caraïbe. Dans le livre une solution est proposée afin de faciliter notre intégration à la CARICOM et ainsi devenir aussi proche de nos voisins que nous le sommes de la France et de l’Union européenne.

Il ne reste plus qu’une chose à faire à ceux qui souhaitent prendre connaissance de cette vision qui peut passer du rêve à la réalité, lire « Le Rêve Guadeloupéen, vers un Meilleur Avenir ». https://lereveguadeloupeen.sumupstore.com

2 réflexions sur “Guadeloupe. Interview. Politique. Christelle Nanor : “La Guadeloupe n’est pas un pays””

  1. Bonjour Christelle
    je suis intéressé par ton livre livre
    Le Rêve Guadeloupéens actuellement je suis de Sainte Rose .merci
    à bientôt…

  2. Je retiens particulièrement la position de Mme Nanor sur le devenir institutionnel de Guadeloupe et notamment au sein de la Caraibes.
    Je m’attendais à un engagement plus tranché tel que :Mettons nous au travail pour mettre la Gpe une nouvelle Gpe.
    Autonomie renforcée ne me paraît pas être une réponse adaptée.
    Les pays occidentaux ne sont plus les modèles du monde.

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