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Chantal Clem autrice du livre LUMINA

Culture. Chantal Clem autrice : "Sortir de l'enclave de la souffrance pour entrer dans la célébration glorieuse de ce sang versé par nos ancêtres"

4/5

Fort-de-France. Mardi 4 mars 2023. CCN. Avec la publication l’an dernier de son 1er roman “ Moi Lumina Sophie ” la martiniquaise Chantal Clem historienne de formation a remis au goût du jour l’épopée d cette héroïne qui participa activement à la révolte de 1870 en Martinique. Mais voilà Chantal Clem, dévoile une autre dimension de son talent littéraire : la poésie et son expression corporelle. Un peu comme Joby Bernabé, elle a choisi de déclamer ses textes. Elle sera ainsi très prochainement sur scène et on la verra dans ce qui s’apparente à un poétical stand up. En attendant elle répond aux questions de CCN.

CCN. D’abord venons-en à votre 1er roman Lumina, pourquoi l’avoir choisie ?

Chantal Clem (CC). Nous vivons un temps historique où nos icônes féminines sont exaltées et célébrées. Il faut que notre histoire soit connue de tous et du plus grand nombre. IL faut sortir de l’enclave de la souffrance pour entrer dans la célébration glorieuse de ce sang versé par nos ancêtres pour accoucher de ce que nous sommes aujourd’hui. Et ce que nous sommes ne peut en aucun cas être coupé du combat, des sacrifices et des souffrances qui furent les leurs. Nous sommes, pour reprendre Maya Angélou dans son poème Still i Rise, nous sommes le rêve et l’espérance de nos ancêtres. C’est cela leur victoire, c’est cela notre fierté. Donc oui, moi aussi, je participe à la célébration de nos glorieuses figures.

LUMINA ouvrage de référence historique de Chantal ClemCCN. Lumina fait désormais partie du roman national martiniquais votre démarche historico-littéraire rejoint elle le point de vue des Patriotes martiniquais qui considèrent Lumina comme combattante anti esclavagiste, anti colonialiste ?

CC. Oui tout à fait ! A mes yeux et, je le présente également ainsi dans mon roman, Lumina est non seulement une combattante contre un système organisé encore sur les fondements de l’esclavage et de fait d’une inégalité criante et cruelle, mais encore, j’en fais le symbole d’une conscience collective prête à se défaire du joug de l’oppresseur de son identité, de ce qu’elle est et aspire de manière intrinsèque.

C’est un enjeu fondamental de cette insurrection du Sud qui entend briser ces fondements en total désaccord avec les lois de la IIIème République naissante et apportant en elle en belles valeurs de liberté et d’égalité notamment mais loin d’être appliquées à tous dans les colonies. Et par appliquer à tous, vous saisissez parfaitement ce que je veux dire : la plantocratie uniquement

CCN. Déjà dans Lumina, vous publiez des textes poétiques et la vous passez à la vitesse supérieure en changeant de registre, vous déclamez pourquoi ?

CC. Il y a une force et une intensité dans la déclamation que je trouve incroyablement saisissant. Nos histoires se racontent et se vivent et les messages que nous voulons faire passer se font avec passion. J’aime cet alliage qui me sait mes veines et brûle mon être entier. Je suis passionnée par cette envie de donner et de transmettre une émotion à ceux qui nous écoutent, ceux qui nous entendent. J’ai besoin de communiquer avec mon public.

CCN. Est-ce à dire que le narratif ne vous suffit plus, il vous faut l’expression orale-corporelle ?

CC. Chez moi les deux sont liés. Notre culture afro-caraïbéenne n’est pas une culture des mots. Ces mots ont besoin de s’incarner dans tout notre être et de vibrer au rythme de ce que nous sommes. Et c’est d’ailleurs notre immense richesse. Nos mots n’ont de force et de sens sans leur féconde musicalité. Aussi tout est lié dans notre expression donc il nous faut l’expression passionnée de nos corps.

Chantal Clem et Raphael Confiant CCN. Que dire de votre parcours littéraire puis poétique ? on note que cet engagement poétique vous oblige à quitter votre zone de confort intellectuel et à vous exposer ?

CC. En effet, je quitte ma zone de confort et prend de nouveaux risques et m’ouvre de nouvelles voies. J’aime la poésie, je me délecte des poèmes de Maya Angélou et me laisse submerger par la plume acérée d’Audre Lorde. Je trouve que la poésie est la plus belle des écritures et les plus beaux messages d’espérance et de vie s’y trouvent. Et pour moi qui suis une militante de cœur et d’âme, je considère la poésie comme une arme universelle pour briser les verrous des prisons.

récompense de Chantal Clem pour son ouvrage LUMINACCN. Et vous irez au-delà des mots, sur la scène, c’est devenu un besoin ?

CC. Non ce n’est pas devenu un besoin mais un tournant imprévu. je n’avais pas envisagé ce type d’expression qui s’est imposé à moi. C’est une chose heureuse que je sois en train de continuer à me découvrir et se faisant, découvrir des chemins que je n’aurai jamais envisagé prendre. La scène c’est un projet en construction que je continue de mûrir et de laisser mariner en moi entourée de ceux qui pourraient éventuellement m’accompagner dans cette nouvelle Culaventure. Mais pour l’instant inutile d’en dire plus, l’important pour le moment est de travailler et de laisser émerger les émotions, accoucher de réflexions nouvelles et se laisser creuser par la créativité. Pas un besoin mais un nouveau chemin.

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