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Venezuela : Les mauvais calculs de la droite

Caracas. Lundi 16 aout 2021. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. L’annonce du début du dialogue au Mexique entre le Gouvernement du Venezuela et la droite représente en premier lieu la reconnaissance par celle-ci de l’échec de ses vieux efforts pour renverser Hugo Chavez, d’abord, et Nicolas Maduro ensuite.

La droite vénézuélienne, pilotée ouvertement par Washington, a eu recours pour cela à ses vieilles méthodes connues : la tentative d’assassinat du dirigeant, le classique coup d’Etat et l’invasion militaire. Et aussi le coup d’Etat doux moderne sur la base du blocus économique, commercial et financier que subit le Venezuela.

Mais rien de cela n’a porté de fruits. Et maintenant, la droite veut reprendre le chemin des élections après avoir refusé pendant de nombreuses années d’y participer.

Dans l’ordre du jour du dialogue ne se trouve plus le départ de Maduro, c’est-à-dire du chavisme, du palais de Miraflores, qui serait le seul objectif véritable de la droite anti-chaviste. On y trouve, par contre, la libération de certains dirigeants d’opposition emprisonnés.

Et, en ce qui concerne l’ordre du jour du Gouvernement de Maduro, il comprend presque un seul point : la levée ou l’assouplissement du blocus par les États-Unis. Si ces deux problèmes (libération des prisonniers et allègement du blocus) sont résolus, cela ouvrira la voix à la célébration des élections. Comme on peut le voir, l’ordre du jour du dialogue est déjà une victoire du chavisme face à un recul de la droite par rapport aux positions qu’elle a depuis 20 ans.

Mais l’opposition vénézuélienne ne se dirige pas seule. Et il n’est pas dans son pouvoir d’assouplir ou d’éliminer le blocus. Il faudra qu’elle en discute avec Washington mais le fait que le maître yankee ait donné l’autorisation à ses sbires locaux d’engager le dialogue avec Maduro permet de supposer que les États-Unis pourraient céder un peu de terrain sur ce point, parce que le maintien du blocus représente un coût très élevé en discrédit international pour les États-Unis et pour les Capriles, Léopoldo Lopez et les Juan Guaidó.

Mais il faut comprendre que les États-Unis et leurs hommes de main locaux n’ont pas renoncé à leur grand but qui est de chasser le chavisme, c’est-à-dire le peuple, du Gouvernement. Seule la méthode a changé. Face a l’évidence de l’échec de la violence, ils pensent maintenant que les urnes peuvent donner un meilleur résultat que les Garimbas, le coup d’état doux, l’assassinat ou le concours de l’armée étasunienne.

Ont-ils bien fait leurs comptes ? Parce qu’il n’est pas prévisible que le peuple vénézuélien soit prêt à rendre le pouvoir en votant pour la droite qui pendant si longtemps l’a maltraité sans pitié.

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar infos

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