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Venezuela. Les Etats-Unis et l’opposition vont-ils refaire l’erreur de “l’expérience Guaido”

Au Venezuela, il est habituel que des dirigeants de poids dans l'opposition aspirent à la présidence mais que le fait d'être candidat

Venezuela. Les États-Unis et l’opposition vont-ils refaire l'erreur de « l'expérience Guaido » ?

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Caracas. Samedi 10 février 2024. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Celle qui a dit : « c’est jusqu’à la fin » a lancé un nouveau mantra : « Il n’y aura pas d’élections sans moi ». C’est la dirigeante d’extrême droite vénézuélienne María Corina Machado qui a été l’un des plus grands défenseurs de l’abstentionnisme et de l’intervention étrangère et a remporté les primaires de l’opposition en octobre dernier avec un peu plus de 10 % des suffrages exprimés.

À cette occasion, elle a pris le chemin des élections bien qu’il semble que ce soit très tard. Sa disqualification venait d’être annoncée publiquement mais fin janvier, le tribunal suprême de justice l’a confirmée.

À l’approche des élections et avec de fortes rumeurs disant que le conseil national électoral choisirait une date relativement proche, l’opposition a besoin de mettre en place un « plan B », qui implique le remplacement de Machado qui a été demandé par plusieurs acteurs de son aile modérée mais n’a pas encore obtenu l’approbation de Washington.

Comme c’est arrivé en 2018, presque tous les pays d’Occident ont fait pression pour que l’opposition appelle à l’abstentionnisme et prenne le chemin de l’insurrection et de la violence, une chose qui s’est cristallisée en 2019, quand ils ont reconnu le Gouvernement parallèle de Juan Guaido  qui s’est achevé dans une situation de ridicule qui devrait peiner les autorités des « pays développés. »

Pendant les prochaines semaines, nous allons voir si la droite internationale a appris quelque chose de son erreur ou si elle va la commettre à nouveau, mais ce qu’elle propose jusqu’à présent avec ses alliés au Venezuela pour affronter la situation électorale de 2024 semble être la même voie qu’elle époque. Le mantra « jusqu’à la fin » de Machado peut se comparer à celui du « fin de l’usurpation, Gouvernement de transition et élections libres », par lequel Guaido a essayé sans succès de renverser l’actuel Gouvernement.

La même méthode pourrait produire le même résultat.

En tout cas, la manière dont le Gouvernement du président étasunien  Joe Biden a réagi à la décision du TSJ de disqualifier Machado, en reprenant la politique de sanctions conçue par le Gouvernement de l’ancien président Donald Trump et en laissant dans l’incertitude la participation de l’opposition aux élections nous rappelle la stratégie insurrectionnelle avec les résultats que l’on connaît.

Washington, en outre, est en train d’y ajouter une nouvelle variante de poids étant donné que l’autre réponse à la décision du TSJ a été de menacer d’ouvrir un théâtre d’opérations  belliqueuses avec le Guyana.

Le scénario du Guyana

Pour ajouter un peu d’huile sur le feu, le Gouvernement des États-Unis, non seulement a répondu en reprenant les sanctions, mais aussi a réouvert le scénario du conflit militaire avec le Guyana.

Le vice-conseiller à la sécurité nationale, Jon Finer et Juan Gonzalez, le conseiller principal de la Maison-Blanche pour l’Amérique latine, ont brandi le bâton à Georgetown le week-end dernier, en promettant des avions, des radars, des hélicoptères et des drones militaires au Gouvernement du Guyana pour faire face aux réclamations du Venezuela sur l’Esequibo, ce qui ressemble beaucoup à l’escalade belliqueuse typique des États-Unis.

Il ne faut pas oublier qu’en avril prochain, la Cour Internationale de Justice (CIJ) une instance que Caracas ne reconnaît pas comme compétente dans cette affaire, devra s’exprimer sur la controverse entre le Guyana et le Venezuela pour le territoire de l’Esequibo.

Cette forme de pression consistant à impliquer le Guyana dans un conflit contre le Venezuela peut paraître téméraire et même peu crédible étant donné que la déstabilisation de la région sud-est des Caraïbes ternirait les prétentions des États-Unis et de l’Europe d’obtenir une source importante de fourniture de combustible.

Washington demande l’intervention de Petro.

C’est peut-être pour cette raison que la visite de deux fonctionnaires étasuniens  lundi, au président Gustavo Pétro pour demander sa médiation avec le Venezuela peut-être vue ou bien comme « la carotte » qui manque au menu ou comme un glissement de la stratégie de la Maison-Blanche à nouveau vers le dialogue pour sauver l’accord de la Barbade.

Lundi, à Bogota, Finer et González se sont montrés plus intrigants qu’à Georgetown. Ils ont appelé le président colombien à intervenir en tant que “pont” pour “construire un dialogue non seulement entre l’opposition et le chavisme, mais franchement, entre nous et le Venezuela”, selon les termes de ce dernier.

Le fait que Gonzalez ait déclaré lors de sa rencontre, avec Pétro : « Ce qui nous importe, c’est le processus, pas le candidat, » a provoqué encore plus de suspicion.

Certains secteurs politiques, aussi bien d’opposition que du Gouvernement, estiment que ce rapprochement avec Petro, met en évidence le fait que la Maison-Blanche serait prête à céder du terrain. Oscar Schémel, un analyste politique proche du Gouvernement vénézuélien, dit que les États-Unis seraient enclins à « sacrifier » Machado pour pouvoir continuer à développer leurs plans pétroliers avec le Venezuela.

L’idée de remplacer Maria Corina, comment on l’appelle populairement, a été envisagée par plusieurs secteurs internes de la Plate-forme Unitaire, une organisation qui l’a choisie comme candidate lors de ses primaires. Mais cette coalition de partis ne possède ni mécanisme défini ni la cohésion nécessaire pour désigner un autre candidat. Même avec « le feu vert » de Washington, du moins pas encore.

Par conséquent, l’opposition, si elle ne fait pas un virage radical, est destinée à répéter l’erreur de 2018, l’année pendant laquelle ils ne se sont pas présentés aux élections et ont hurlé à la fraude, bien qu’ils n’y aient pas participé.

Au Venezuela, il est habituel que des dirigeants de poids dans l’opposition aspirent à la présidence mais que le fait d’être candidat sans la reconnaissance de la Maison-Blanche, leur coûte beaucoup.

Pour l’instant, entre les visites des fonctionnaires étasuniens au Guyana et en Colombie, la position définitive des États-Unis concernant la reconnaissance des élections présidentielles au Venezuela, et concernant le fait de savoir si consentiront définitivement à sélectionner un autre candidat n’est pas claire.

Pour leur part, les acteurs du Gouvernement appuient sur l’accélérateur et envisagent de réaliser les élections plus vite que ce à quoi, on s’attendait, ce qui rétrécirait la marge de manœuvre de l’opposition et mettrait toute la pression sur les supports internes et étrangers de Machado qui devront décider s’ils répètent le scénario abstentionniste ou s’ils acceptent de passer le témoin à un autre dirigeant d’opposition.

Pendant ce temps, le temps passe et les présidentielles approchent.

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2024/02/09/venezuela-ee-uu-se-la-piensa-repetir-el-error-de-la-experiencia-guaido-o-consentir-otro-candidato/

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