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Venezuela : Grâce présidentielle, suites de l’Opération Gedeón et COVID-19

Caracas. Vendredi 4 septembre 2020. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Coup d’œil sur la semaine du 30 août au 4 septembre 2020 La semaine dernière s’est terminée sur un point d’interrogation car le président Maduro a déclaré qu’il ferait bientôt d’importantes annonces. Lundi a été rendu public le décret présidentiel qui gracie un peu plus d’une centaine d’opposants à la révolution bolivarienne mais aucun ancien militaire.

Cette nouvelle a bouleversé l’échiquier politique vénézuélien et perturbé l’ordre du jour de discussions politiques de cette semaine alors que les délibérations et les alliances concernant les candidatures aux élections législatives étaient toujours en cours. Il faut aussi parler rapidement de l’Opération Gedeón à cause des récents événements qui se sont déroulés en Colombie et qui visent à ne pas laisser de points faibles. Notre rapport habituel sur le COVID-19 dans notre pays ne peut pas manquer et nous finirons par quelques brèves concernant les élections.

C’est notre dizième coup d’oeil sur la semaine et c’est le moment de remercier publiquement les camarades qui traduisent de façon solidaire en italien, en allemand et en français ainsi que les adminsitrateurs des sites alternatifs qui publient ce coup d’oeil sur le Venezuela  aussi bien en Amérique qu’en Europe.

Grâces : plus de questions que de réponses

Le président Maduro soutient que le décret qui accorde la grâce aux opposants est un geste en faveur de la réconciliation et de la paix qui doit aplanir le terrain pour des élections législatives libres de tout obstacle. Cette décision politique met une fois de plus à l’épreuve l’opposition sale mais a aussi des répercussions dans les rangs du chavisme. Le chavisme soutient majoritairement ce qu’il qualifie de stratégie mais il y certains manifestent leur désaccord avec ce nouveau « pardon. » Le commandant Chavez, après le coup d’Etat de 2002, a fait le même geste et le chavisme a réagi de la même façon.

Une partie de l’opposition est intelligente et veut revenir sur l’échiquier national. Ce sont des acteurs politiques qui ont une dynamique active sur différents plans alors que l’autre partie voit avec méfiance l’incorporation des personnes libérées car cela va agiter la compétition. Bien que beaucoup continuent à ne pas reconnaître Maduro, aucun jusqu’à présent n’a refusé la grâce présidentielle, sauf ceux qui sont à l’étranger.

En arrière-plan se déroule un débat juridique car il a été dit qu’il s’agissait d’une grâce concernant des personnes inculpées[1] alors qu’il vaudrait mieux dire ayant obtenu un non-lieu, ce qui signifie qu’elles ne sont plus accusées. Certains discutent aussi à propos des délits imputés à certains graciés qualifiés de « crimes contre l’humanité, » ce qui les exclut, d’après la Constitution, de toute grâce ou aménagement de peine.  Comme nous l’avons dit, ce n’est pas une mesure judiciaire, par conséquent, cette discussion est une impasse. Cette mesure est une mesure politique qui obéit à un calcul et nous apporte plus de questions que de réponses.

On peut être d’accord ou non avec cette mesure qui montre à nouveau qui prend les décisions politiques dans le pays : le chavisme. Alors que l’opposition reste plus confuse envers les élections et que beaucoup des graciés se sont déjà occupés de déposer leur candidature et se vanteront d’avoir laissé des plumes dans la lutte alors que d’autres n’ont pas souffert, surtout ceux qui jouissent d’un exil doré.

Cette décision n’est pas une décision isolée ni unilatérale, elle fait partie d’une dynamique privée dans laquelle les dialogues auxquels participent des acteurs vénézuéliens et étrangers n’ont pas été rompus. Cela signifie que le chavisme est reconnu en tant que force politique vitale et à partir de là, ceux qui s’y opposent, ont des comportements contraires au discours public apocalyptique des yankees. Ainsi, les nouvelles décisions ne nous surprennent pas.

En regardant le passé, il reste un problème car Chavez a permis en 2002 qu’une partie de l’opposition reste dans le jeu politique et revienne jouer avec la violence. Il n’y a aucune garantie qu’à présent, ils prennent le chemin de la paix car la route de l’opposition, il est déjà plus qu’évident que ce sont les yankees et la violence qui la caractérisent. La violence continue à être leur instrument favori.

Opération Gedeón: Isolés? Non, tout lié et bien lié

Ce qu’on appelle l’Opération Gedeón est l’incursion armée sur les côtes vénézuéliennes d’un groupe paramilitaire conseillé par une entreprise étasunienne qui a déclaré avoir été engagée par le soi-disant Gouvernement de Juan Guaido. En mars de cette année, l’un de ses organisateurs, Cliver Alcala, un ancien haut gradé de l’armée vénézuélienne a déclaré publiquement être lié à cette opération. Ensuite, l’opération a été exécutée et a été neutralisée efficacement au Venezuela. Par la suite, Alcala a été réclamé par la justice étasunienne et extradé vers ce pays alors que ceux qui ont été arrêtés au Venezuela ont été jugés et condamnés rapidement, ayant avoué les délits qu’on leur imputait.

La nouveauté de cette semaine, c’est que le Gouvernement colombien a annoncé la capture de 4 Vénézuéliens sur son territoire, des Vénézuéliens que le Bureau du Procureur vénézuélien accuse d’avoir participé à l’organisation de ce qu’on appelle l’Opération Gedeón. Le Gouvernement colombien affirme qu’ils organisaient des actions contre l’Etat colombien.

Cette nouvelle nous indique les véritables artisans de cette opération, c’est-à-dire que les organismes de renseignement étasuniens ne laissent rien au hasard, de sorte que tous les impliqués seront d’une façon ou d’une autre neutralisés ou protégés à discrétion. Ils ont commencé par Alcala et ont fini, pour l’instant, par ces 4 Vénézuéliens qui ont été arrêtés, ce qui signifie qu’ils ont tous des informations qui peuvent compromettre de façon importante le Gouvernement colombien et étasunien. Pendant ce temps, le Gouvernement nord-américain cherchera des mécanismes destinés à ce que les citoyens étasuniens impliqués dans des actes terroristes au Venezuela soient à nouveau libres.

La formule 7X7 pour affronter le COVID-19

Nous avosn terminé la semaine de quarantaine radicale pendant laquelle seules les activités économiques essentielles étaient permises. Maintenant, nous commençons 7 autres jours d’assouplissement, ce qui va dynamiser l’économie et permettre aux citoyens de réaliser certaines démarches dans les entités de l’Etat.

Jusqu’à samedi 5 août, les sources officielles ont fait savoir que 52 165 cas avaient été diagnostiqués avec un taus de guérison de 81%, ce qui signifie qu’il y a 9 739 cas actifs dont la majorité ne présentent pas de symptômes. La plupart des cas actifs contine à être soignée par le système national de santé publique. On a aussi appris que le nombre de tests effectués par million d’habitants a augmenté et qu’il y en a à présent 60 192, ce qui signifie que  1 805 766 personnes ont été examinées. Comme je l’ai dit la semaine dernière, c’est l’un des taux les plus hauts du continent.

Selon le “rapport statistique COVID-19” du centre vénézuélien d’études sur la Chine en date du 3 septembre, les statistiques du Venezuela varient peu par rapport à l’Amérique du Sud. Il continue à occuper la 8e place avec une légère baisse du taux de mortalité : 0,81% alors que la moyenne régionale baisse également légèrement à 3,18%. Le taux de guérisons dans le pays continue à augmenter et se situe à présent à 81,35%, au-dessus de la moyenne régionale (78,99%). Les cas vénézuéliens représentent 0,76% du total de la région du sud de Notre Amérique et les morts 0,19%.

Brèves concernant les élections

  • La période pendant laquelle les organisations politiques pouvaient inscrire leurs candidats s’achève. Le Conseil National Electoral a fait savoir que plus de 14 000 candidats se sont inscrits. Pour l’instant, beaucoup de listes ne sont pas publiques aussi bien en ce qui concerne le chavisme que l’opposition.
  • On ne connaît que la liste nationale des candidats chavistes. Dans l’opposition, la nouveauté, c’est l’intention du dirigeant d’opposition de droite Henrique Capriles d’organiser la participation aux élections. Dans les prochains jours, nous pourrons présenter une interprétation des candidats.
  • Le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, conformément à sa politique d’ingérence, a pris des mesures coercitives unilatérales qui touchent une partie de la direction du Conseil National Electoral sous prétexte qu’ils participent à une fraude en cours. Il a même inscrit sur sa liste de « sanctionnés » le procureur général de la République.

NOTE de la traductrice:

[1] Procesadas : accusées, inculpées, prévenu (substantif).

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

Jesús A. Rondón

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