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Danik Zandwonis.

Pourquoi la justice coloniale française persiste et signe ?

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Claude Jean Pierre (Klodo) un guadeloupéen de plus, doublement victime du système colonial français dans notre pays. En Décembre 2020, lors d’un contrôle routier, il est brutalement arraché de son véhicule par des militaires français. Quelques jours après, suite aux violences subies, l’homme âgé de 67 ans décède. Sa famille porte plainte. Mais la “Justice” française fait la sourde oreille. Les militaires ne seront jamais interpellés. Cette semaine, en plein carnaval, un procureur annonce que sur cette affaire, il y a non-lieu. C’est la 2e mort de Klodo.

Bref rappel : Dans l’histoire coloniale de la Guadeloupe, ce non-lieu n’est pas vraiment une surprise.

En février 1925, dans le Nord de la Guadeloupe à Petit-Canal, les gendarmes français ouvrent le feu sur de paysans guadeloupéens qui réclamaient un juste prix pour la tonne de canne : 6 morts.

En février 1952, cette fois dans la ville du Moule, en pleine mobilisation des ouvriers et paysans, les CRS français abattent 4 personnes.

En mai 1967, les ouvriers du bâtiment sont en grève. Les “képis rouges français et les CRS ” font un massacre. Des dizaines de Guadeloupéens désarmés sont ainsi assassinés dans les rues Pointe-à-Pitre.

En février 1974, A chalvet en Martinique, les militaires français ouvrent le feu sur des ouvriers agricoles : 2 morts.

En novembre 1985, Charles Henri Salin, 18 ans, lycéen, à Pointe-à-Pitre, qui rentrait à son domicile, est abattu par Michel Mass, un gendarme français.

Aucun de ces assassinats n’a connu d’épisode judiciaire. Les militaires français, ont donc pu commettre ces crimes sans jamais être inquiétés.

Si on se penche un peu sur l’histoire coloniale et contemporaine française, on s’aperçoit que ces crimes sont légion.

En mai 1945, à Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie, l’armée française et les milices européennes font un massacre, près 30.000 algériens sont assassinés.

En mars 1947, lors de l’insurrection du peuple Malgache contre la domination coloniale la répression est terrible. Les militaires français, tuent plus de 80.000 personnes (chiffres donnés à l’époque par l’armée française)

Mars 1960, peu de temps après l’Indépendance néo coloniale du Cameroun mis en place par De Gaulle et Foccart, l’Union des Populations Camerounaises (UPC créé en 1940) fait de la résistance et dénonce le gouvernement fantoche de Ahmadou Ahidjo. L’administration coloniale française décide alors de raser l’un des foyers de cette résistance : le village Bamiléké de Yoganima, 8000 camerounais sont tués.

Tous ces faits (connus des historiens) démontrent que le colonialisme français de l’époque contemporaine, n’est guère différent du colonialisme des 16è, 17è et 18è siècles, c’est l’ADN même de ce système odieux qui s’est pérennisé. Les noirs colonisés, néo colonisés, les afro-descendants, ont déjà payé un très lourd tribut à cette colonisation française sanglante. Comment peut-on en 2023 accepter sans broncher tous ces crimes, que la justice coloniale, valide en prononçant systématiquement des “non-lieu”.

C’est encore ce système judiciaire franco-colonial, peu avant l’affaire Klodo qui a décidé que pour l’empoisonnement au chlordécone de milliers de Guadeloupéens et de Martiniquais, il n’y avait aucun coupable, et un non-lieu a été prononcé.

Il devient urgent que les patriotes guadeloupéens, la fraction la plus déterminée à combattre le colonialisme français, se remette debout. Que les incessantes et improductives divisions cessent. Il est donc temps que, ANG, CIPPA, FKNG PCG UPLG, CO, mais aussi les organisations du mouvement syndical se donnent les moyens de “sanblé pou fè on gran fos”.

Ces divisions nous le savons tous, permettent au colonialisme français et sa justice de “fè sa yo vlé avè nou”.

Combien faudra-t-il encore de Février 52, de Mai 67, de Klodo 2020 pour que nous décidions d’être enfin un vrai et indispensable Front Uni Anti Système colonial ?

La réalité nous rattrape et démontre au quotidien, (problème de l’eau, soignants suspendus, classes fermées, chômage, hausse des prix etc …) que nous ne pouvons que pleurnicher, mandé tanpri souplé men hak pé ké mofwazé davwa nou poko pé sanblé tout fos an nou adan on sel konba!

DZ

PS. Christian Céleste, directeur de l’hebdomadaire du PCG, a fort justement lancé un appel pour des “Assises de la Presse”.

Mais alors qui peut lancer l’appel pour la création d’un Front Guadeloupéen Unitaire Anti Colonial ?

Comme disait Martin Luther King : I have a dream…

 

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