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Macron au Congo

Macron au Congo

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Texte de Dimitri Lasserre

Paris. Samedi 18 mars 2023. CCN. Alors que la France est en grève, que des millions de manifestants affluent dans les rues pour lutter contre la réforme des retraites, le président Macron se promène en Afrique. D’abord au Gabon, pour dire aux Gabonais qu’il regrette que « les mentalités n’évoluent pas au même rythme que nous » au sujet de la Françafrique ; Gabonais qu’il nomme ses « compatriotes » – nous ignorions jusqu’alors qu’Emmanuel Macron avait une double nationalité ; ensuite au Congo, où le président français essaie de rattraper les paroles malheureuses de Jean-Yves Le Drian qui, en 2019, avait remis ouvertement en cause la légitimité du président congolais nouvellement élu. D’après Macron, c’est la presse qui avait relayé cette information, et non l’ex ministre lui-même. Malheureusement, il suffit de fouiller quelques minutes dans les archives du média C-News pour entendre ledit ministre affirmer que « les résultats proclamés [aux élections congolaises] ne sont pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là ». Mais nous ne saurons jamais où.

Il fallait néanmoins que le président français ajoute sa touche personnelle, et dise, « dans des termes aussi crus : vous n’avez pas été capables de restaurer la souveraineté [depuis les massacres de 1994], ni militaire, ni sécuritaire, ni administrative de votre pays : c’est la réalité. Il ne faut pas chercher des coupables à l’extérieur ». Il semble vraisemblable, pour le président Macron, que les causes des crimes au Zaïre en 1994 n’aient absolument rien à voir avec des facteurs extérieurs. Ou alors, si ce n’est pas le cas, que ces causes ne suffisent pas à expliquer l’instabilité politique des pays qui en ont souffert. Macron va faire la leçon aux Africains. La France poursuit sa « mission civilisatrice ». Rien de nouveau sous le soleil.

Pendant ce temps-là, à Paris comme en province, les travailleurs se soulèvent, à l’initiative des organisations syndicales. Pendant que la foule marche dans la rue, Macron danse au Congo. Et boit des bières. Assez curieusement, alors qu’il ne peut pas fouler les rues de son propre pays sans craindre d’essuyer un lot d’injures, au mieux, au pire, une gifle, le président mal aimé trouve refuge aux colonies, où l’on sait encore apprécier la figure du père conquérant, mais bienveillant. Enfin, d’après les images télévisées.

Il y avait plus d’escadrons de policiers pour protéger la Rotonde, à l’angle du Boulevard du Montparnasse et du Boulevard Raspail, qu’à Kinshasa pour protéger le président Macron, enfin à l’abri de ces « Gaulois réfractaires », de ces « gens qui ne sont rien ». Un CRS m’interpelle, devant la brasserie, et me demande : « Vous enregistrez un documentaire sur la Rotonde ? » Le pauvre était gêné, gêné d’être filmé, photographié. Embêté d’être là ? « Nous sommes là pour protéger les manifestants, aussi bien que la Rotonde », dit-il pour se justifier. Oui, « il n’y a qu’à voir comment vous avez protégé les gilets jaunes ». Sans voix, il reculait. Pour qui aurait encore un doute, la police protège le pouvoir. A Paris les éborgnés, à Marseille les tués, à Pointe-à-Pitre, les meneurs du mouvement social incarcérés

Macron n’a aucune limite. Il exerce son double mépris sans relâche. Ici, mépris du peuple, mépris de classe. Là-bas, mépris de l’autre, mépris de race. La double politique, coloniale de race, capitaliste de classe, est transparente. « Mes chers amis, je vais vous parler aujourd’hui de votre patrie : la Belgique ! » lançait Tintin aux enfants congolais. Macron c’est Tintin, le pouvoir politique en plus. « La Françafrique c’est fini. Bon, je viens quand même vous dire ce que vous devez faire chez vous. Tenez-vous bien ! » Macron fait la leçon à tout le monde. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à quand ce petit tyran, qui instrumentalise les institutions pour appliquer une politique dont personne ne veut, qui profite de sa position pour railler et prendre de haut le genre humain, pourra-t-il tracer sa route sans s’écraser contre un mur ? Macron c’est le genre bourgeois. « Hors-sol », entend-on, « déconnecté ». Inhumain, voilà qui le qualifie le mieux. Un ennemi du genre humain

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