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Lettre ouverte aux partis anti-colonialistes et aux patriotes guadeloupéens

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Le Parti Communiste Guadeloupéen invite, comme il le fait depuis six ans, à épurer les contentieux en republiant sa lettre ouverte du 25 mai 2017.

Chers(es) compatriotes,

Les 26 et 27 mai prochain, les Guadeloupéens vont s’arrêter pour « sonjé » Mai 1967, pour honorer la mémoire des victimes de ce massacre de masse, commis à Pointe-à-Pitre par les forces de répression de l’armée française.
Ce crime, perpétré sur ordre des plus hautes autorités de l’Etat français, et dont le nombre de morts et de blessés n’est toujours pas connu avec certitude – on parle de 8 à 80 morts dans les déclarations officielles- sera revisité à la veille d’une autre grande date de notre histoire, l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage des nègres.

Le lien entre ces deux crimes porte un nom : le colonialisme français

Les descendants des esclaves, les forces de progrès, les humanistes, ont réussi, après 150 ans de mensonges et de falsifications des Etats qui se sont enrichis de ce commerce abominable, à faire reconnaître l’esclavage comme un crime contre l’humanité.
Cinquante ans après la tuerie sauvage dans les rues de Pointe à Pitre, l’Etat français cache toujours son rôle de bourreau. Sous le voile du silence, il recouvre son crime du sceau de secret d’Etat.

Il nous faut reconnaître, que nous lui avons grandement facilité la tâche. Car, à la vérité, l’analyse de la situation à l’origine de cette violence aveugle qui a déferlé sur Pointe-à-Pitre et ses retombées politiques et sociologiques a été, orientée, partisane, voire à certains égards, travestie par les forces politiques et sociales guadeloupéennes.

Cela a eu comme première conséquence de déplacer les responsabilités, d’occulter le caractère prémédité de cette décision de massacrer, prise au plus haut niveau de l’Etat français, dans le but d’éliminer ce qu’il considérait comme un danger intérieur, menaçant sa présence coloniale en Guadeloupe et dans la Caraïbe.

Quel était ce danger, qui était cet ennemi intérieur en 1967 en Guadeloupe, pour faire perdre son sang-froid au pouvoir français et le conduire à commettre un tel crime à Pointe-à-Pitre ?

Aucune réponse sérieuse et consensuelle n’a été apportée à ces questions, jusqu’à aujourd’hui.

L’ennemi, pourtant identifié, visible : l’Etat français qui a fait parler les armes, les tribunaux, ses agences de renseignements et de désinformation, pouvait tranquillement se présenter les mains blanches à la face du monde.

Les Communistes guadeloupéens ont subi, pendant 40 ans, un procès à charge pour cause de trahison et de collaboration. Alors que, dès le 30 mai 1967, soit 3 jours après les évènements, le député communiste Paul Lacavé intervenait à l’Assemblée nationale pour dénoncer le crime et demander :
– Le retrait des forces de répression de la ville de Pointe-à-Pitre.

– La libération de tous les prisonniers

– L’indemnisation des familles de toutes les victimes.

Une année après, le 27 mai 1968, il déposait, avec le groupe communiste, une proposition de loi sur les bureaux de l’Assemblée nationale réclamant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les évènements de mai 1967 en Guadeloupe.
Les groupes révolutionnaires qui rêvaient de bouter le colonialisme français à la mer, sitôt terminé le procès des patriotes début 1968 à Paris, s’enfermaient dans le silence et les dénis, disparaissaient dans la nature, laissant l’auteur du crime seul maître du terrain.

Il a fallu attendre 1997, soit trente ans après, pour entendre s’élever une revendication politique par la voie de la municipalité communiste de Petit-Canal avec le dépôt d’une requête demandant à l’Etat colonial l’ouverture d’une enquête sur les évènements des 26 et 27 mai 1967.

C’est seulement en octobre 2006 qu’a vu le jour, l’association « ANMWE 67 » qui se donnait pour mission de faire toute la lumière sur les évènements tragiques de mai 1967 à Pointe-à-Pitre.
Des choses importantes ont été faites par cette association sur le plan de l’histoire, de la mémoire et de l’interpellation politique de l’Etat français.

Ces combats livrés ensemble, 40 ans après les faits, pour le triomphe de la vérité, la justice et la condamnation du crime ont ouvert une brèche dans le mur de silence dressé par l’Etat, avec la mise en place d’une commission d’informations et de recherches historiques sur ces évènements par le ministère de l’Outre-Mer.

Le rapport de cette commission dit rapport Stora, n’a apporté aucune réponse valable, vraiment nouvelle, permettant de satisfaire les demandes de vérité et de justice exprimées par les Guadeloupéens.
La lutte continue donc pour faire éclater toute la lumière sur ce crime d’Etat en Guadeloupe. Mais, la recherche de la vérité ne s’arrête pas seulement au rôle de l’Etat, au nombre de morts et de blessés, au traumatisme psychologique généré par ce massacre.

Le moment est venu aussi, pour les Guadeloupéens, d’ouvrir avec courage et humilité le nécessaire débat sur leur implication dans ces évènements et la gestion politique qu’ils en ont faite.

Certes, des historiens, des journalistes, des intellectuels ont écrit et parlé, ont cherché à expliquer le cours des évènements, ont tiré parfois des conclusions fortement impactées de leur vécu et de leur prisme idéologique.

Mais les acteurs politiques, les organisations anti-colonialistes et patriotiques directement concernés par le développement de la situation qui a conduit à ces évènements, n’ont jamais, jusqu’à ce jour, osé ouvrir un débat public sur les massacres de Mai 1967.
Si les acteurs principaux ne sont plus là, les continuateurs, les héritiers politiques et idéologiques du GONG, du groupe la vérité, du Progrès social, du Parti Communiste Guadeloupéen, des anciens prisonniers, des patriotes, sont là.

Il nous faut parler ensemble, nous le devons aux nouvelles générations, c’est notre responsabilité.

Aujourd’hui encore, malgré les apparences, les zones d’ombre, les antagonismes et les rancœurs, persistent toujours dans le silence et le masko permanent. C’est cette réalité qui explique que toutes les tentatives d’unir les forces anti-colonialistes sur une stratégie de libération : depuis les Etats Généraux du peuple guadeloupéen jusqu’au FPAC, se sont soldées par des échecs.

Nous faisons ensemble, mais nous ne sommes pas ensemble

Le Parti Communiste Guadeloupéen, qui ne s’est jamais dérobé à ses responsabilités, est prêt pour ouvrir la voie à une expression commune sur les évènements de mai 1967, conduisant à la réconciliation, à soumettre à l’analyse critique de toutes les forces anti-colonialistes et patriotiques ses déclarations, prises de position, dans les évènements de mai 1967. Il demande aux autres forces et aux patriotes de faire la même chose pour nous permettre de sortir ensemble du bourbier de mai 67, afin d’offrir une nouvelle perspective à la jeunesse guadeloupéenne.

Pour mener à bien ce travail, il propose à toutes les organisations anti-colonialistes, à tous les patriotes guadeloupéens de travailler ensemble à la tenue d’une conférence nationale sur le thème : « Mai 1967 : Vérités et réconciliation ».
Dans l’espoir que cet appel sera entendu et que l’impérieuse nécessité de travailler ensemble au renouveau du mouvement national guadeloupéen l’emportera sur le sectarisme, les rancœurs et les divergences, le Parti Communiste Guadeloupéen adresse à tous, l’assurance de ses sentiments communistes et patriotiques.

Le Secrétaire général,

Félix Flémin

Pointe-à-Pitre, le 25 mai 2017

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