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La Martinique sur la corde raide entre contestation et violences

Fort de France. Dimanche 1 er aout  2021. CCN. Peu importe que nous soyons  pour ou contre la vaccination et une solution martiniquaise à la crise sanitaire qui aux yeux de certains serait une évolution statutaire de nature à instaurer un pouvoir local .  L’analyse de JM Nol,

Faut il alors remettre sur le tapis la question statutaire ?… 
Ce n’est plus le sujet. Tout simplement parce que la question du statut qui serait la panacée au malaise identitaire actuel est devenu hors sujet du fait de la défiance de la population envers la classe politique qui se trouve aujourd’hui renforcée par l’immixion de la violence. 
Nous avions tantôt mis en garde contre le scénario du pire en Martinique à savoir la montée des tensions sociales  et de l’extrémisme. Ainsi pour la troisième fois de violentes émeutes et affrontements avec les forces de l’ordre ont de nouveau éclaté hier soir (samedi 31 juillet) à Fort de France, après une manifestation contre le couvre feu et l’obligation vaccinale.
Des commerces ont été incendiées, des pillages organisés, des voitures incendiées.Des coups de feu ont également été entendus. Pourquoi la Martinique est-t-elle le seul territoire d’outre-mer à connaître cette flambée de violence ?
Beaucoup de gens en Martinique  ont des œillères et ne comprennent rien à l’analyse politique et économique de la situation actuelle qui  présente les caractéristiques d’un pays où la confiance civique et  sociale est structurellement faible. Jusqu’ici, les activistes s’étaient concentrés sur des actions essentiellement à visée symbolique, destinées à éveiller les consciences : destructions de statues ou opération «choc» à la distillerie JM .
À présent, les happenings publics se multiplient, au cours desquels des voyous et des militants RVN miment les gilets jaunes français. La Martinique est devenue une terre de contestation et de violence. Pour autant, ce sont bien les hommes politiques martiniquais qui en portent la responsabilité.
Aujourd’hui cette contestation s’exprime évidemment contre la politique frsnçsise. Ça se mêle à l’anti-macronisme et se traduit par un rejet de l’autorité de l’Etat. Et pour autant , malgré la violence de la tourmente du Covid qui s’est abattue sur le pays, les mesures d’urgence mises en place par le gouvernement depuis le début de l’épidémie ont en effet permis d’amortir largement le choc pour les malades admis au CHUM et les différents agents économiques.
Le “quoi qu’il en coûte” a très bien fonctionné: il a limité l’effondrement sanitaire, économique et social de la Martinique, et ce alors même que la crise du Covid est actuellement trois fois plus forte que celle en France hexagonale. , Grâce aux dispositifs d’aide, le pouvoir d’achat des martiniquais n’a pas baissé cette année, et, faute de pouvoir consommer, ils ont accumulé une épargne considérable (selon les calculs de l’Iedom , des milliards d’euros ont été mis de côté en 2020 et 2021).En dépit de toute analyse rationnelle, certains martiniquais persistent à poser les problèmes à l’envers. Pourquoi ?
La réponse est que la Martinique est marquée par une érosion significative de la confiance politique qui affecte les institutions et le personnel politique.Les résultats électoraux constituent le meilleur indicateur de cette évolution à travers la progression parallèle de l’abstention et des mouvements protestataires.Mieux, en vingt ans, la défiance envers les hommes politiques en Martinique a progressé de vingt points : 75% des personnes interrogées déclaraient ne pas faire confiance aux hommes politiques. Alors où réside la crédibilité pour prôner un changement de paradigme ? Même si on la suppose fondée sur l’intérêt, la confiance politique opère en situation d’asymétrie d’information.
Cette asymétrie caractérise en premier lieu la relation entre l’offre (le statut de la CTM ) et la demande (l’ensemble des citoyens) politiques, dont il est facile de percevoir qu’elles ne disposent pas de la même maîtrise des éléments pertinents pour appréhender le changement.
C’est François Mitterrand qui disait qu’il faut savoir anticiper mais surtout épouser le terrain. Ce ne sont pas les quelques clapots du moment émanant de syndicalistes ou de politiciens qui doivent nous aveugler et interdire de voir la réalité d’une situation dégradée en Martinique qui illustre une crise de confiance envers la parole politique et la capacité de l’Etat à gérer la situation sanitaire et sécuritaire.
C’est Albert Camus écrivain français et prix Nobel de littérature qui disait que :”Etre un Homme c’est savoir s’empêcher”. Pour ma part, je comprends savoir s’empêcher, comme raison garder, savoir se limiter, éviter des débordements préjudiciables, évaluer les choses, peser les risques et les bénéfices. Moralité, de cet état de fait découlent de multiples conséquences. il ne faut pas perdre son temps à discuter avec quelques  fanatiques  qui ne se soucient  pas de la vérité ou de la réalité, mais seulement de la victoire par la force de leurs croyances et de leurs  illusions. Cessons de perdre du temps à répondre à des arguments qui n’ont aucun sens…
Il y a des gens qui, quelles que soient les preuves qu’on leur présente, ne sont pas en mesure de comprendre. Et d’autres, aveuglés par leur ego, leur haine et leur ressentiment, ne souhaiteront jamais qu’une seule chose : avoir raison même s’ils ont tort.Or quand l’ignorance crie, l’intelligence se tait.
La paix et la tranquillité de la Martinique n’ont pas de prix…Nous devons nous attaquer aux causes de la quête identitaire et de la violence qui en découle . Alors seulement, nous pourrons transformer l’héritage esclavagiste et colonial des  siècles passés et faire d’un fardeau écrasant une lec¸on de prudence pour l’avenir de la Martinique.
Jean-Marie Nol économiste

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