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La CCI est-elle vouée à un destin funeste ?

Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Daniel CIMON,  qui nous soumet son billet.

Le plat de résistance semble avoir bon goût pour aiguiser l’appétit de certains en quête d’aventures d’un quelconque pouvoir.

En effet, au regard des prétendants des différentes listes à concourir aux élections des mandataires à la chambre de commerce et d’industrie, des réflexions s’avèrent légitimes.

On peut voir et sous-entendre les vraies ambitions silencieuses et douteuses de certains qui ne cultivent pas leur énergie dans le cadre d’un intérêt purement général et collectif pour envisager le redressement de la situation financière de la CCI.

Loin des discours et slogans aveuglants, il est difficile d’entrevoir une orientation offensive forte pour que cette entité tant convoitée, soit une maison fiable au service du développement économique.

Il faut que les décisions de défense des intérêts des entrepreneurs des 37000 entreprises guadeloupéennes soient liées à une plateforme d’encouragement de la fibre entrepreneuriale et d’accompagnement par le biais d’une assistance technique accouplée au volet de formations bien spécifiques.

Toutes ces orientations doivent se dérouler dans un cadre global de proximité sans négliger l’aspect de la protection de l’environnement.

Il n’en demeure pas moins que durant la période sanitaire que nous subissons toujours, certains sont restés bouche-bée en ne proposant pas des pistes de solutions, ni même un projet pour sortir le monde économique englué dans une inactivité administrative obligée.

Ces deux années Covid-19 , témoins d’un chiffre d’affaires en dégringolade, voire aucun revenu pour certains commerçants contraints à fermer boutique sans qu’il y ait une compensation financière à la hauteur du préjudice subi, laissent présager le vaste enjeu qui se présente à la CCI pour les cinq années à venir .

Compte tenu, de la lourdeur de la gestion du temps partiel, des carnets de commandes en berne et du taux de chômage collatéral due à la pandémie, peut-on avoir confiance quand la moralité de certains qui sont inscrits sur les listes des prochaines élections consulaires qui se tiendront du 27 octobre au 9 novembre 2021, peut être frappée d’égarement ?

Peut-on comprendre que certains qui détiennent d’autres mandats électifs puissent venir s’aventurer comme dans un jeu à ces élections primordiales qui visent à sortir notre économie de la morosité ambiante ?

Si l’on ose parler de mandat, soyons honnêtes et conscients pour que le planning temps corrobore avec les impératifs d’une responsabilité assise suivant les escarcelles du devoir.

Il est bien aisé de paraître, mais quand la volonté de faire n’est pas au rendez-vous ; l’action semble être une bérésina car négligée.

« Rat é krab ka rantré an men tou  tou la »

A trop se bousculer, l’asphyxie n’est pas bien loin.

Un jour sans doute, la CCI de Guadeloupe loin de son gouffre financier sera en mesure d’être l’ambassadrice privilégiée des commerçants.

Il faut reconnaître le courage des chefs d’entreprise qui n’ont pas attendus ces postures électorales presque indécentes pour tenter de sauver une grande partie de leurs investissements synonymes de maintien et de création d’emploi.

Si l’honnêteté intellectuelle viendrait à s’inviter à ces élections, le boycott des listes en présence serait souhaitable.

Mais, pour ne pas fâcher les principes de la démocratie, il est indispensable d’élire des représentants des chambres consulaires sachant que leurs intérêts premiers ne visent point à relever ces défis pour redessiner les contours d’un nouvel ordre économique et social.

Sainte-Rose, le 17/10/2021

Daniel CIMON

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