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L'épargne en Guadeloupe : un trésor inexploité car inexploré par nos décideurs politiques !

03 Jan 2021
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Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c'est Jean-Marie Nol, économiste qui nous soumet son billet.
En Guadeloupe, nous vivons actuellement un tournant sociétal. La crise sanitaire du Coronavirus ne nous laisse pas le choix : Nous allons devoir nous interroger sur un nouveau modèle de société de production . Nous vivons une démondialisation accélérée qui était déjà engagée en réalité, car notre économie est construite autour du libre échange. L'économie guadeloupéenne a besoin de fonctionner avec le crédit, et donc le système repose pleinement sur  la capacité du système bancaire et financier à financer la croissance par la création monétaire. 
 
Malheureusement, nous sommes à présent dans une crise de l'offre et de la demande. Les entreprises de production ont  besoin de faire des prêts pour investir ou produire davantage ; Les entreprises ont besoin de l'épargne des guadeloupéens . Alors que la crise du Covid 19 met à nouveau en difficulté bon nombre d’entreprises en Guadeloupe , l’épargne des particuliers guadeloupéens abonde sur les comptes courants et autres livrets d’épargne, représentant plus 60% du PIB. La tentation est grande de penser que la solution au problème est simple : orienter cette épargne vers le financement des entreprises en Guadeloupe ! Mais alors, pourquoi cet argent reste-t-il sur les livrets ? Pourquoi les épargnants « gèrent-ils si mal » leur épargne ? Pourquoi les dirigeants ne parviennent-ils pas à convaincre les particuliers d’investir dans leurs entreprises ? 
L'appel à diriger l'épargne des guadeloupéens  vers le financement des PME est un véritable serpent de mer de la politique économique de ces vingt dernières années. Mais les responsables ont toujours privilégié l'intermédiation en passant par les assurances et les banques. Avec, au final, des mesures incapables de faire grandir nos TPE pour ensuite les transformer en PME . Nos PME, quant à elles, restent encore trop peu financées au démarrage et ont du mal à grandir. 
 
Pour l'orientation de l'épargne vers les TPE-PME  qui ont cruellement besoin de trésorerie, une incitation fiscale serait la bienvenue tant pour l'apport en capital qu'en apport en compte courant. La famille, les amis seraient souvent prêts à donner un coup de main main nous n'avons pas grand chose d'attractif à leurs proposer. Seulement une prise de risque pour nous être agréable, donc avec un engagement minimum. Le hic c’est que l’épargne des guadeloupéens ne s’oriente pas vers les entreprises locales, car étant captée par les investissements dans l’immobilier ou par les produits financiers des banques et des assureurs de l’Hexagone . Le total de l’épargne collectée en 2019 dépasse les 2,4 Milliards d'euros , somme largement suffisante pour couvrir les besoins de financement des TPE-PME . Le surcroît d'épargne accumulée des ménages guadeloupéens pendant la seule crise du Covid 19 est estimé à  340 millions d'euros fin  2020. Cette croissance de l'épargne s'est matérialisée particulièrement par une augmentation des soldes des comptes courants et des comptes d'épargne. C’est notamment le cas de la forte augmentation de l’épargne des ménages durant cette période .  Un levier qui pourrait constituer un solide relais de croissance, dit  l’institut d'émission. L’IEDOM emploi le terme d’ « épargne forcée » pour décrire cet excédent de liquidités dû aux effets du Covid-19 et en particulier le confinement et la fermeture des commerces et autres lieux de loisirs, qui ont absolument annihilé la consommation de pans entiers de l’économie guadeloupéenne .
 
Cet afflux d’épargne cette année s’est en particulier retrouvé sur des supports qu’on appelle l’épargne de précaution. C’est-à-dire que cet argent se retrouve notamment sur les comptes courants et des livrets d’épargne liquides, c’est-à-dire de l’argent disponible immédiatement. Certains dès lors pensent que cet argent est dans les « starting block » pour servir à une consommation effrénée dès lors que la crise sera terminée . Plus encore, Noël et le jour de l'an étant tous les ans une période au cours de laquelle la consommation atteint des sommets, cette épargne se retrouvera très vite dans les caisses de nos commerces de centre-ville. Malheureusement, cette fois, même si apparemment, ce phénomène est de nature à relancer la consommation qui est un des piliers de la croissance, ce n'est assurément pas la bonne solution de nature à renforcer les fonds propres des entreprises en Guadeloupe. 
 
Mais delà de cette épargne contrainte, celle à long terme ne saurait être négligée. Après avoir enregistré une baisse en 2018 (-0,8 %), elle a cru de 3,6 % en 2019 pour atteindre 2,4 milliards €. Les ménages sont les principaux détenteurs de l’épargne à long terme (97,0 % du total). Leur épargne longue progresse de 3,4 % à fin 2019 (contre -0,9 % l’année précédente).
 
Toutefois, les ménages les plus modestes n'ont pas réussi à épargner plus que d'habitude et, pour certains, il y a eu aussi une baisse du revenu. En Guadeloupe, 70% du surplus d'épargne est accumulé par 20% des ménages. 
 
Après la chute de la consommation pendant le confinement de 9,3% par rapport à 2019, le rebond de la consommation, observé notamment depuis  juillet , n'a pas compensé la perte pendant le confinement. Le surcroît d’épargne depuis le confinement est jugé très important avec des dynamiques de consommation et d'épargne qui ont montré une forte hétérogénéité entre les ménages.
 
Dans son dernier rapport annuel, l’IEDOM évoque l’épargne des ménages guadeloupéens comme relais de croissance. Il représente à long terme, près de 2,5 milliards d’euros.
Le montant total de l'épargne des guadeloupéens pourrait s'élever à 3 milliards pour la seule année 2020, record en la matière.
 
Malgré la crise économique et sanitaire, le bas de laine des guadeloupéens  n'a jamais été aussi épais. Le livret A, le plus populaire, ainsi que le LDDS (Livret de développement durable et solidaire), ont ainsi accumulé plus de 350 millions d'euros depuis le début de l'année 2020. 
 
Cet intérêt pour les livrets A et LDDS a pourtant de quoi interroger. S'ils ne sont pas soumis à l'impôt, leurs rendements sont particulièrement faibles : 0,5% depuis février. Zéro en tenant compte de l'inflation. Compte tenu de cette situation, le moment est venu de flécher l’épargne des guadeloupéens vers des supports censés favoriser les investissements dans l’économie réelle. Parce que les banques sont conduites à réduire sensiblement leurs concours aux TPE-PME qui composent l’essentiel du tissu économique de notre  territoire, placé sous la double contrainte de taux de risque plus élevé en  Guadeloupe et des nouvelles normes imposées par leurs tutelles. 
 
La crise économique doit être l'occasion de permettre d'orienter l'épargne des guadeloupéens vers les entreprise notamment en favorisant le financement en fonds propres des PME et TPE .
Taux de chômage, inflation, taux d’intérêt… Les facteurs susceptibles d’affecter la consommation ou l’épargne des ménages sont nombreux. En conséquence, nous devons nous  pencher  tout particulièrement sur le rôle de la structure du revenu disponible brut des ménages guadeloupéens dans la décision d’épargner. En 2019, ce même revenu était notamment constitué à 54% de salaires nets des cotisations sociales, à 33% de prestations sociales, à 6% de revenus financiers…
 
Comment réagit en Guadeloupe le taux d’épargne à une évolution du revenu disponible liée à l’augmentation d’une de ces composantes? C’est la question à laquelle doivent tenter de répondre les économistes  en observant ce que l’on appelle la propension marginale à consommer. Dit autrement: si le revenu disponible augmente de 100 euros, quelle part de ce gain de pouvoir d’achat supplémentaire sera consommé, et donc, par opposition, quelle part sera épargnée?
 
La relance de l'économie souhaitée par le gouvernement et la région Guadeloupe , pourrait être l’occasion de creuser la question d’une incitation des épargnants guadeloupéens à acquérir, dans une logique de diversification de leur épargne, des actions d’autres entreprises, via une ouverture des Plans d’Epargne Entreprise, à la détention directe d’actions, et non seulement à la détention de fonds financiers dormants. 
 
Il est indispensable de favoriser la détention d'actions en direct et non via l'épargne collective qui prélève chaque année 1 à 2 % sur la collecte de l'épargne pour la gérer. Pour aller dans ce sens et favoriser l'actionnariat individuel des guadeloupéens , il faut rétablir une relation de confiance entre les autorités, l'entreprise et l'actionnaire et former les jeunes  à l'économie. Il faut pour cela : - Populariser la compréhension des facteurs économiques dès l’Ecole primaire en vue de rajeunir l’actionnariat individuel et encourager la formation des adultes pour leur permettre d’améliorer leurs notions financières. -Relancer les deux clubs d'investissements  qui existent en Guadeloupe via une forte simplication de leur gestion. -Favoriser et faciliter la transmission des portefeuilles d’actions des seniors aux jeunes générations. - Reconnaître la contribution des associations d’actionnaires à la formation l’ Economie et leur permettre d’obtenir le label d’associations reconnues d’utilité publique. - S’orienter définitivement vers une modernisation de la démocratie actionnariale via internet. 
 
Pourquoi mettre l’accent aujourd’hui sur ces clubs d’investissements qui pourraient changer la donne en matière de réorientation de l’épargne des Guadeloupéens  ? La réponse est à trouver dans la situation économique et sociale actuelle du monde et de la France. A court terme, on assiste à des tensions commerciales entre les états unis et la Chine qui peuvent déclencher une crise économique qui atteindra le monde entier et secouera , bien évidemment la France déjà confrontée à des difficultés financières et budgétaires. A moyen terme , Internet, Numérique, Algorithmes sophistiqués, intelligence artificielle vont bousculer toute l’économie traditionnelle aux Antilles. Le développement des nouvelles technologies, à la vitesse éclair, va profondément métamorphoser bon nombre de secteurs d’activité. Le gouvernement le répète à l’envi: 50 % des emplois seront transformés au cours de dix prochaines années. Et, selon une étude de l’OCDE, la robotisation menace 35 % des emplois actuels.
 
Alors, dans ce contexte, les DROM vont-ils vers une révision douloureuse du modèle économique qui est actuellement le leur ?…. De la réponse à cette question découlent des politiques publiques différentes. A la question, l’économiste Nicolas Bouzou déclare que le modèle économique et social actuel des Antilles française est d’ores et déjà condamné à muter, car la France n’a plus de marge budgétaire pour financer le coûteux système du modèle social en vigueur aux Antilles. Et Nicolas Bouzou d’ajouter : « Ce qu’il est important de bien comprendre, c’est que la crise actuelle des finances publiques  est très grave. La France engrange les déficits budgétaire depuis 1974 et le montant actuel de sa dette publique est de l’ordre de 2640 milliards d’euros . Elle va donc amener tôt ou tard le gouvernement à réduire les dépenses publiques partout. En conséquence, la croissance économique des DOM dans les prochaines années devra être portée par les entreprises. Le modèle économique des DOM n’a d’autre choix que de se remettre en cause.
 
On doit s’attendre à des changements radicaux pour l’avenir en Guadeloupe. 
 
Bientôt, les DROM bénéficieront moins des aides publiques, des dispositifs fiscaux dérogatoires et des aides sociales. Il y aura moins de fonctionnaires et, pour de basses raisons financières, des avantages tels que la surrémunération risquent d’être amenés à disparaître. Ces changements peuvent sembler brutaux, mais ils représentent une chance pour les DOM d’évoluer vers un autre modèle basé non plus sur la consommation mais sur la production .
Les Antilles disposent d’une capacité de production très en deçà des potentialités de leurs territoires .
 
Je pense que les entreprises locales pourraient produire et exporter dans la zone Caraïbe, mais que l’économie a été anesthésiée jusqu’ici par le phénomène pervers d’assistanat, par le coût du travail et les aides publiques qui se sont souvent révélées improductives à endiguer le chômage et le mal développement . En ce sens, la situation des îles de Guadeloupe et Martinique est une loupe grossissante de l’économie française : une dette publique élevée, une protection sociale certes partiellement efficace mais et très chère, et une incapacité à exporter qui se traduit par un déficit commercial très important. Certes, il manque pour aller plus loin des financements et un accompagnement, ce qui est le rôle des banques pour réorienter l’épargne des guadeloupéens et des martiniquais vers le secteur productif. »
 
Ainsi donc, on le voit pour cet économiste de renom qu’est Nicolas Bouzou, le modèle économique et social actuel de la Guadeloupe et la Martinique n’est plus viable ni tenable à terme, d’où la nécessité de s’orienter dès à présent vers un modèle économique et social de type nouveau dans lequel l’épargne locale devrait jouer un rôle très important . Et c’est là qu’intervient la pertinence de la mise en place de clubs Cigales aux Antilles, notamment en Guadeloupe  .
Le club CIGALES est en premier lieu un club d’investisseurs, qui réunit ses membres plusieurs fois par an, recueille leurs cotisations régulières pour former une cagnotte collective, et comme son nom l’indique, investit dans de petites entreprises en création ou encore œuvrant principalement dans le secteur productif .
 
Issu de l’Économie Sociale et Solidaire, dans les années 80/90 , le mouvement des CIGALES s’est construit sur le constat qu’il est possible à de simples citoyens d’accompagner celles et ceux qui se lancent dans la grande aventure de la création d’entreprise ou du développement de la production locale.
 
Il prend la forme d’un apport financier au capital, d’un soutien humain et de conseils adaptés. Le club CIGALES regroupe de 5 à 20 personnes pour une période de 5 ans renouvelables.
A noter qu’il existe un club Cigales en Guadeloupe créé début 2019, mais actuellement ce n’est pas encore le cas en Martinique et en Guyane.
Les Clubs Cigales sont constitués de groupes d’hommes et de femmes qui, plutôt que de laisser dormir leur épargne en banque, préfèrent l’investir dans des projets économiques locaux, et de préférence, solidaires. 
En effet, les Antilles doivent désormais se développer autrement avec les clubs Cigales. C’est là une des solutions possibles et complémentaires pour un développement durable et endogène. La Guadeloupe et la Martinique vivent dans un paradoxe qui ne saurait durer davantage. D’un côté, des particuliers disposant de liquidités très importantes ; de l’autre, un secteur privé et des petites entreprises de production qui peinent à se financer. La difficulté à trouver de bons projets et la faiblesse de l’environnement institutionnel ne peuvent plus raisonnablement justifier une telle situation. Mobiliser les « bas de laine » des guadeloupéens et martiniquais , résidents ou non-résidents, devient une urgence.
Réveiller ces ressources suppose avant tout de renforcer les circuits de captation de l’épargne locale .
 
L’enjeu ? Faire de chaque citoyen un investisseur à part entière contribuant au développement de son pays.
 
Cet enjeu s’avère primordial à comprendre dans un contexte où les besoins en fonds propres des entreprises en Martinique et Guadeloupe sont importants comme en témoignent les cotations banques de France (statistiques Iedom), puisque moins de 2% des entreprises immatriculées ont une cotation considérée comme correcte ; de ce fait, on parle de frilosité bancaire….
 
Chaque année, plus de 2000 entreprises sont créées aux Antilles , dont la moitié disparaissent au bout de 3 ans, pour différentes raisons, mais un ratio normal ramènerait ce taux à 20% si elles disposaient de fonds propres adaptés.
Les outils d’accompagnement locaux existent, mais sont partiellement inadaptés ou insuffisants (Initiative Guadeloupe et Martinique , BPI, Sagipar, FIRG, Caraïbes Angels, Feedelios, etc.)
Parallèlement, le niveau d’épargne en Guadeloupe et en Martinique (plusieurs milliards) est largement suffisant pour couvrir les besoins, avec des conditions de placement peu attractives, alors que de nombreuses entreprises pourraient rémunérer des « capital risqueur » avec de bons rendements (sans même intégrer l’avantage de défiscalisation pour la majorité des projets)
 
La principale difficulté réside dans l’organisation d’un marché mettant face à face des porteurs de projets et des investisseurs locaux : Un confortable matelas d'épargne existe en Guadeloupe qui pourrait servir d'outil principal pour relancer la machine économique. A condition que le niveau de confiance des ménages soit suffisant.Tandis que l’épargne des guadeloupéens est au plus haut, et peut-être pour longtemps, la demande de capital est forte pour les entreprises dont les recettes et les dépenses ont été fortement perturbées par la crise du Covid 19 . Aujourd'hui les entreprises guadeloupéennes sont trop endettées. Celles-ci ont certes été aidées pas les mesures gouvernementales en intervenant sur leur trésorerie, c’est-à-dire l’argent dont elles ont besoin pour honorer les charges fixes et souvent récurrentes. Pour faire cela, l’accès au crédit a été simplifié et les Prêts Garantis par l’Etat (PGE) versés par millions (640 millions d'euros accordés à plus de 4000 entreprises sur tout le territoire) ont permis de faire survivre les entreprises.Mais la relance ne se fera pas en garantissant les dépenses courantes. Et l’autofinancement (c’est-à-dire l’argent créé par l’entreprise et utilisé pour le financement des investissements) sera au plus bas. Les entreprises ont donc plus que jamais besoin de fonds privés pour garantir les niveaux d’investissement suffisants pour garantir une croissance durable, et pas simplement une reprise en trompe l’œil. Afin de garantir des investissements efficaces au capital des entreprises guadeloupéennes , il faudrait plus que jamais renforcer les initiatives qui permettraient d’orienter l’épargne vers le capital des entreprises.
 
La conjoncture financière d’aujourd’hui est telle qu’il faut aller vers des produits plus rentables et moins liquides dans lesquels la garantie du capital ne serait assurée qu’au delà d’un certain horizon de temps, tout ceci au profit de rendements plus élevés pour l’épargne. Aller vers ce modèle n’est pas simple. Il suppose d’inverser la logique proposée aux guadeloupéens  depuis plusieurs décennies. Il suppose de la part des banquiers, des assureurs et des régulateurs un grand effort de pédagogie et d’imagination pour concevoir des produits nouveaux et surtout pour participer au développement de la culture financière des épargnants. C’est un objectif majeur pour réinventer un concept d’épargne dynamique et rémunératrice. Pour l'heure, la tendance de la Guadeloupe à privilégier la pierre doit cesser  de se renforcer avec les années post crise qui viennent . Pour l'instant, l'on note que le patrimoine immobilier est concentré chez les cadres et les professions intermédiaires. 
Bénéficiant de revenus réguliers et élevés,  les cadres et les professions intermédiaires  sont détenteurs d’une part importante du patrimoine guadeloupéen. Ils possèdent respectivement 18 % et 20 % du patrimoine immobilier, 53 % et 14 % du patrimoine financier, alors qu’ils représentent seulement 6 % et 12 % de l’ensemble des ménages.
 
En 2019 , 53 % des guadeloupéens étaient propriétaire de leur résidence principale ou d’un bien immobilier autre. En 2030, ce chiffre devrait passer à plus de 60 % ! Les incertitudes sur les retraites, les déconvenues sur le rendement des autres types de placement invitent les ménages à la prudence. Conséquence directe, l’immobilier est de loin le placement préféré des guadeloupéens . Reste à savoir si cela sera possible de changer ce phénomène. Pour cela, une refonte en profondeur de la fiscalité devra être entreprise en Guadeloupe,et ce en concomitance ou non  avec l'éventualité de la saisine par les politiques de la question statutaire  . 
Au-delà des soucis de défiance des épargnants pour investir dans les filières d’avenir, l'épargne  est un moyen pour irriguer un peu plus le tissu local, participer à la création d’emplois et faire du citoyen un acteur engagé de son nouvel environnement économique.
 
"Anni pran douvan avan douvan pran'w".(Prends les devants avant que les devants ne te prennent) .Il faut savoir anticiper et et prendre les choses en main avant que d'être surpris et de subir. 
 
Jean-Marie Nol économiste 

 

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