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Contribution citoyenne pour un comité opérationnel guadeloupéen

02 Jui 2020 Laurence Neeya Maquiaba
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Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c'est Laurence Neeya  Maquiaba, qui nous soumet son billet.

Le 22 avril 2020, la Conférence Territoriale de l’Action Publique, un dispositif exceptionnel s’est réunit pour la deuxième fois dans le cadre de la crise COVID, la première s’est réunie le 09 Avril.

Cette conférence regroupe les collectivités majeures, les parlementaires, les présidents des EPCI, les représentants de l’Etat (facultatif). Ce dispositif est prévu dans la Loi de Modernisation de l’économie de 2014. Elle vise à coordonner l’action publique via des conventions sur des thématiques très précises: aménagement du territoire, protection de la biodiversité, le développement économique, la solidarité des territoires ou l’organisation des services publics de proximité par exemple.

Un dispositif qui n’est clairement pas prévu pour réagir aux crises. S’il est appréciable de voir nos élus agir enfin de façon concertée, il est évident que les institutions ne sont pas adaptées. Nous sommes pourtant habitués aux catastrophes naturelles ... et aussi aux flottements des réponses nationales souvent rigides et inadaptées.

Il nous faut un comité opérationnel guadeloupéen. À chaque catastrophe, commence une danse gênante pour beaucoup d’entres nous. Nos yeux sont rivés sur Paris, la Préfecture communique a minima (rappelez-vous Irma), les responsables du Département et de la Région sont vilipendés alors que c’est hors de leur chant de compétences, les parlementaires écrivent des lettres de demandes au Gouvernement. Puis les communiqués se multiplient, chaque collectivités fait de les belles annonces, chacune dans leur coin. Et nous, citoyens souvent en première ligne des actions de solidarité, nous assistons à ce bal que nous connaissons que trop.

Constituer un Comité opérationnel guadeloupéen regroupant des personnalités expertes et les collectivités locales est nécessaire pour rationaliser l’action locale dès lors qu’un risque sanitaire se présente. Nous avons l’habitude de gérer des situations de crises et de catastrophes naturelles. Nous avons développé au fil du temps de véritables expertises dans ces domaines.

Ce Comité Opérationnel Guadeloupe aura pour objectifs:
- Constituer un comité scientifique prenant en compte les pathologies de nos populations, notre pharmacopée, porter les messages d’alertes adéquats.

- En associant les mairies, les EPCI, les collectivités majeures, les acteurs de terrain (répertoriés en amont) pour assurer un maillage du territoire permettant une réaction efficiente et rapide.

- Maîtriser la communication, éviter les zones de flous qui mènent souvent à des fakes news. Cela alimente la défiance et la méfiance de la population.

- Mutualiser les moyens (commandes d’équipement, de masques par exemple, achat de matériels,...) pour accompagner les professionnels (santé, sécurité, logistique) et pour une meilleure efficacité

- Centraliser les demandes de moyens, les commandes et les initiatives.
- Accompagner les initiatives privées avec l’appui logistique des collectivités (ex mise à

Ansanm Pou Nou Menm

disposition des ateliers pour couture de masques par nos artisans).
- Assurer toute l’année que les réflexes sécurité soient connus (Préparation de la saison cyclonique, séisme)

Cette cellule opérationnelle pourrait être activée à chaque fois que nécessaire. Ce comité pourrait aussi s’assurer que les gestes de survie élémentaires soient connus par la population. Le risque sismique très présent, les cyclones aussi, tout comme les risques technologiques, sans que les gestes ne soient connus par le grand public, ni les mécanismes. La population doit être au coeur de l'action, et non pas laissée de côté en tant que (télé)spectatrice des mesures de protection.

Ce sont les Guadeloupéens qui auront à subir les conséquences des décisions prises par d’autres. Prenons la mesure de la situation et agissons en ordre concerté. Aujourd’hui, les actions de préventions sont peu efficientes, les exercices menés par la Préfecture (ex Carib Wave) touchent très peu de personnes. Pourtant quand la santé et la sécurité sont en danger, c’est la rapidité et la proximité sont décisifs.
Ce comité pourrait collaborer avec les services de l’Etat mais il est impensable de revivre inlassablement cette impuissance.

Aujourd’hui, pour nous-mêmes organisons-nous!

Contribution de Laurence Neeya Maquiaba

Membre du CESER Guadeloupe, Présidente de la Commission Numérique, Nouvelle Économie et Développement International.

Consultante en Projets de Territoire.

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