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La société civile guadeloupéenne est la clé de voûte de notre avenir.

11 Mai 2020
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Pointe-à-Pitre. Lundi 11 mai 2020. CCN. Dans ce contexte de crise sanitaire, les guadeloupéens semblent reconnaitre l’action voire l’activisme du représentant de l’État en Guadeloupe: le préfet Philipe Gustin, mais aussi de certains élus. Mais sans plus attendre, de nombreux citoyens se sont engagés de façon autonome, pour offrir des solutions face aux difficultés générées par cette crise mondiale sans précédent.

Et de fait, les lignes de la communication politique en Guadeloupe sont en train de bouger au profit d’autres acteurs depuis des mois et encore plus depuis le début de la crise sanitaire. Ces acteurs, ce sont ceux qui sans mandat d’élu veulent intervenir et agir dans un domaine que l’on croyait uniquement réservé à ceux qui se confrontaient au suffrage universel.

C’est aussi pour cette raison que les principales réponses ou oppositions au préfet lors de conflits précédents, sont venu de la société civile. Qu’il s’agisse d’associations, de collectifs, de groupements professionnels ou de groupuscules, la société civile pose des questions, et exige des réponses :

- sur les dossiers des conséquences du Coronavirus et du déconfinement, mais aussi de l’eau, du Chlordécone, du chômage des jeunes, de la santé, et des fameux radars tourelles.

Parfois même elle propose, et depuis le début de cette crise du coronavirus, elle a pris la main dans plusieurs domaines. C’est en grande partie grâce à elle que les guadeloupéens ont fait preuve d’une extraordinaire résilience pour affronter le confinement. De multiples initiatives ont permis de créer de nouveaux réseaux de solidarité et d’en activer certains endormis. Personne ne contredira le fait que les guadeloupéens doivent pouvoir mieux et plus participer aux choix politiques qui seront fait désormais.

Cette crise grave ouvre cet horizon là et en fait la preuve. Il appartient en effet à la société civile de s'organiser concrètement en force de proposition puis de construire les passerelles avec les élus. Un nouveau contrat social s’avère de toute évidence nécessaire en Guadeloupe dans un contexte de" ré-invention" sociale et économique et ou l’urgence d’un projet politique guadeloupéen consensuel fait quasiment l’unanimité face aux nombreux défis et problèmes que nous connaissons désormais.

C'est un contexte de crise économique et sociale extrêmement grave qui s’annonce. De nombreuses organisations et mouvements citoyens fleurissent sur le territoire et sur les réseaux sociaux et prennent à bras le corps des questions nouvelles , irrésolues ou dans l’impasse qu’il s’agisse de l’autosuffisance alimentaire, de la santé, de la formation, de la culture. Il faut donc que les élus entendent ce bouillonnement créatif, mais aussi l’Etat. De même, la place accordée à la société civile sur le sujet de l’évolution institutionnelle ou statutaire devra aussi être plus forte et plus décisionnelle.

En définitive, il faut continuer et étendre cet élan de volontarisme et de participation citoyenne, et surtout dépasser les limites politiques que nous ne nous sommes pas imposées à nous même.

Didier DESTOUCHES

Docteur en droit, universitaire. Auteur de « du département au pays d’Outre-mer. Le choixde l’autonomie pour la Guadeloupe »

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