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«Théorie du complot » et gouvernement mondial

12 Mar 2018
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Lundi 12 mars 2018. CCN. Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Robert Sae qui nous a soumis son « libre propos ». 

Connaissez-vous « la théorie du complot » ? Journalistes et commentateurs y font de plus en plus référence quand ils répercutent  les déclarations de certaines personnes ou des informations  circulant sur les réseaux sociaux, en général, pour discréditer les propos évoqués et ceux qui les propagent.  Sont ainsi traités de « complotistes » et de « conspirationistes » des sites alternatifs qui publient des documents expliquant la collusion entre l’Arabie saoudite, Israël et les Impérialistes occidentaux  ou encore des dirigeants politiques tels que Jean-luc   Mélenchon quand il parle de la situation au Venezuela, pour ne citer que deux exemples. Essayons de découvrir ensemble ce qui se cache derrière cette « théorie du complot » et qui sont les « comploteurs » ?

 

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Lisons, pour commencer,  ce qu’en dit Wikipédia :

« Une théorie du complot — également désignée, de façon plus récente, par les néologismes conspirationnisme ou complotisme []— propose de donner une vision de l'histoire perçue comme le produit de l'action d'un groupe occulte agissant dans l'ombre. Loin de la simple rumeur, il s'agit (selon Peter Knight, de l'université de Manchester) d'un récit théorique qui se prétend cohérent et cherche à démontrer l'existence d'un complot entendu comme le fait qu'« un petit groupe de gens puissants se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des évènements »[]. La conspiration secrète civile, criminelle ou politique, visée par la théorie du complot, agirait généralement dans l'objectif de détenir ou conserver une forme absolue de pouvoir (politique, économique ou religieux). »

Peut-être avez-vous déjà vu ces séries télévisées qui mettent en scène des individus prétendant que des extra-terrestres se sont glissés dans le corps des grands dirigeants de ce monde pour imposer leur contrôle sur la terre. Dans la réalité aussi, il  existe effectivement des gens -  manipulés par des mouvements sectaires ou victimes de délires paranoïaques – qui dénoncent des complots imaginaires. En règle générale, en s’appuyant sur une démarche raisonnée, on peut facilement les identifier et démonter leurs constructions.

Ce, à quoi nous assistons aujourd’hui concernant la « théorie du complot », est toute autre chose. Nous sommes face à une offensive massive visant à jeter la suspicion sur toutes les informations susceptibles d’expliquer les mécanismes de domination des impérialistes ou de dévoiler les connections existant entre le monde de la finance, les mafias, les sectes et les détenteurs du pouvoir politique. L’objectif est d’associer toutes ces informations à la « théorie du complot » pour empêcher qu’elles soient prises en considération ! Or, les dites connections existent bel et bien !

Quand les pyromanes crient au feu !

L’instrumentalisation de la « théorie du complot » par les médias n’est qu’un nouvel épisode de la guerre idéologique qui oppose les partisans du système dominant à ceux qui le combattent. Ceux-là avaient cru remporter une bataille décisive en imposant dans l’opinion la théorie de «la fin des idéologies ». Ils ont dû déchanter. Car, dans les mouvements alternatifs qui ont fleuri à l’échelle planétaire, c’est bien une idéologie révolutionnaire régénérée*1 qui se manifeste à travers, d’une part, les conceptions défendues concernant l’écologie, la démocratie participative ou directe et, d’autre part, les dénonciations de plus en plus explicites des prédateurs qui contrôlent le système et du mécanisme de leur domination.

Il s’agit alors pour les maîtres du système dominant de détourner le public de toutes les informations alternatives en discréditant celles-ci. L’instrumentalisation de la « théorie du complot » a cette fonction là. L’offensive s’appuie également sur une prétendue lutte contre les « fake news » (fausses nouvelles)

maitre du systeme

 

La propagation de fausses nouvelles est aussi vieille que le langage humain. Particulièrement utilisée par les adversaires en période de guerre, elle peut être le résultat de toute sorte de mauvaises intentions, mais aussi de l’ignorance ou de malentendus. Maintenant, le concept de « fake news » est utilisé par les détenteurs du pouvoir médiatique pour combattre les adversaires de la pensée unique et plus généralement de l’idéologie dominante. Pour eux, dire : « La France n’est pas le gendarme de l’Afrique », ce n’est pas une fake news. Par contre dire que les USA et l’Union Européenne orchestrent la subversion en Amérique du Sud, c’est une « fake news » propagée par des « complotistes ». Aujourd’hui, Ils annoncent leur intention de légiférer pour fermer les sites accusés de propager des fake news et pour en punir les auteurs.*2 Notez bien qu’eux seuls seraient habilités à déclarer à quelles informations attribuer ce qualificatif. C’est un grand pas de plus vers la fascisation du système !

Au bout du compte, les comploteurs dénoncent les « complotistes», les experts en désinformation et en manipulation partent à la chasse aux « fake news ». Bref, les pyromanes crient au feu !

*1 – Alors même que la plus part des activistes se disent opposés aux idéologies !

*2 – Là aussi, le « moderne » et « réformiste » MACRON est aux avant-postes de la contre-révolution

 

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A propos du gouvernement mondial

Ainsi donc les empires médiatiques contrôlés par les multinationales présentent comme des adeptes de la « théorie du complot »  tous ceux qui publient des informations tendant à démontrer que des groupes organisés sévissent à l’échelle planétaire pour contrôler le pouvoir.

gouvernement mondial

Mais qui peut douter un seul instant du fait que des liens étroits, organisationnels, financiers et souvent familiaux, unissent les principales multinationales aux gouvernements impérialistes, adeptes du libéralisme et qui contrôlent les institutions internationales. Qui peut nier que la politique de globalisation néolibérale, imposée au plan mondial, résulte des décisions prises dans les coulisses des institutions par les représentants des classes dominantes.

CLASSE

Il existe bel et bien une gouvernance mondiale qui se manifeste par :

- La dictature qu’exerce l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur l’économie au niveau planétaire,

- le contrôle totalitaire d’empires médiatiques voué au conditionnement de l’opinion,

- la remise en cause de la souveraineté des Etats et des peuples au moyen d’un conseil de sécurité de l’ONU et d’une Cour Pénale Internationale (CPI) instrumentalisés, tout cela sous l’égide des représentants d’une minorité de pays et de gouvernements défendant les intérêts du fameux « 1 % » prédateur de l’humanité.

En conclusion, on aura compris qu’une nouvelle bataille idéologique est en train de se dérouler. Le mythe de « la fin des idéologies »   ne suffisant plus aux classes dominantes pour dévoyer les luttes populaires, leurs propagandistes sont mobilisés pour escamoter toute forme de réflexion et de débat en déroulant l’écran du complotisme et des fake news. Mais, leurs efforts resteront vains car la lutte idéologique continuera à s’intensifier et, parce que, de toute façon, comme le disait  Abraham Lincoln : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. »

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* Les informations relatives à ceux qui tirent les ficelles du « Forum de Davos » ou de la « Trilatérale » et les révélations concernant la loge P2 ou « L’église de la Scientologie », par exemple, suffisent à illustrer l’incontestable réalité d’une gouvernance mondiale cachée derrière les institutions officielles.

 

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Robert Sae

Professeur de français et d'hisoire géographie à la retraite, Co-fondateur de la radio et du journal "Asé pléré annou lité" (directeur de publication de 1981 à 2010), Membre fondateur du Conseil National des Comités Populaires (CNCP) porte-parole de 1983 à 2010, actuellement Responsable aux affaires extérieures, Journaliste sur Radio Fréquence Atlantique et coordonnateur de PIRFA (Pole Information de RFA).

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