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Venezuela : L'estocade finale à Juan Guaidó

27 Jui 2019
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Caracas. Jeudi 27 juin 2019. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Le plan semblait simple et rapide sur le papier, surtout avec l'avancée du blocus grâce aux sanctions de la Maison Blanche, une sorte de préambule dans le secteur économique et social du Venezuela qui ouvrait la voie à un nouveau scénario de déstabilisation pour provoquer, à la fin, un changement de régime.

L'ordre du jour de John Bolton s'est imposé, surtout dans les formes, avec le menace militaire et l'incorporation des compagnies de l'énergie étasuniennes dans les affaires vénézuéliennes comme premières cartes. Cela s'est poursuivi avec la construction d'un « dirigeant local » proche de l'appareil de l'establishment de Washington mettant en place un « Gouvernement dans l'ombre » : d'où la nécessité de mettre Volonté Populaire (VP) à la tête de la lutte contre le Gouvernement de Nicolás Maduro même si son principal dirigeant, préparé à Harvard, était en prison.

Par malchance pour la Maison Blanche, « la fin de l'usurpation » avec Juan Guaidó comme protagoniste a expiré en à peine 6 mois, avec le reportage de PanAm Post sur le réseau de corruption, une forte estocade pour la crédibilité politique du député de VP qui touche aussi Leopoldo López pour complicité.

Washington et Miami ont gonflé diplomatiquement et médiatiquement Guaidó et se sont chargés eux-mêmes, par l'intermédiaire de la Colombie, de le dégonfler. Un réseau d'intérêts aux Etats-Unis a décidé de ne pas poursuivre l'ordre du jour électoral aussi bien dans ce pays qu'au Venezuela.

Coup d'Etat dans l'opposition 

Ce qui devait être un ordre du jour de coup d'Etat élaboré par divers agents anti-chavistes a fini par être coopté par l'équipe de Juan Guaidó, fermement soutenue par le Gouvernement étasunien avec la suppression de la direction d'Action Démocratique, d'Un Nouveau Temps et de Primero Justicia (PJ) des décisions à prendre sur le terrain. 

Avec les révélations de PanAm Post, non seulement nous avons découvert ce que nous savions de fait grâce à plusieurs dénonciations faites par des médias colombiens et à cause de la logique des escualidos (opposants vénézuéliens) mais elles ont mis au jour les profondes divisions qui existent dans la direction anti-chaviste à cause des ordres du jour personnels de ses membres.

L'exclusion de PJ et de VP des fonds et des ressources de « l'aide humanitaire » pour construire un réseau de malversation propre au bénéfice du cercle intime de Guaidó et de López ne peut représenter qu'un coup d'Etat interne à l'opposition.

Toute cette escroquerie autour du nombre de déserteurs de la Force Armée Nationale Bolivairenne (FANB) et de leur entretien était destinée à créer un fonds propre grâce aux ressources en provenance de Caracas, dans lequel s'est aussi manifestée l'attitude gaspilleuse de Rossana Barrera et Kevin Rojas. La « défense à outrance » de leurs « émissaires » par Guaidó et López ne peut que signifier qu'eux aussi profitaient de la situation, que cette corruption n'était pas un cas isolé.

Un tel comportement n'est pas une surprise pour ceux qui savent qui sont réellement les dirigeants de l'anti-chavisme local et international. Ce n'est pas pour rien que le plan prévoyait aussi le vol et la répartition de Citgo, la filiale de PDVSA aux Etats-Unis. Les preuves sont claires.

Cependant, un tel déplacement au bénéfice d'un petit groupe de l'opposition n'est qu’une vitrine de plus de al façon dont ils ont réparti les ressources des Etats-Unis et se sont trompés entre eux pendant les 20 dernières années.

Pompeo et les 40 présidents

Mais ne nous y trompons pas : ce à quoi Guaidó et López ont donné leur aval à partir de leur position d'influence, les autres dirigeants qui demandent aujourd'hui un endroit pour agir l'ont fait antérieurement.

C'est là que sont María Corina Machado et Antonio Ledezma, opposés au dialogue en Norvège et par conséquent, à toute construction politique pour résoudre les tensions actuelles à l'intérieur du Venezuela.

Cette situation se reflète dans les 40 prétendants à la présidence dont a parlé le secrétaire d'Etat Mike Pompeo en évoquant l'impossibilité de s'unir dans un plan solide pour vaincre le chavisme.

Chaque pas que fait l'opposition ces derniers temps ne fait rien d'autre que la démanteler et renforcer la position de Nicolás Maduro. Le dégonflage de Guaidó a aussi à voir avec ce coup qu'ont reçu en même temps tous ceux qui ne veulent pas revenir dans la ronde politique, avec des décisions constitutionnelles en jeu.

De ce point de vue, avec le temps, l'anti-chavisme montre de plus en plus son véritable visage. Et avec lui, l'échec comme devise.

Nouveau coup pour l'opposition

Avendaño assure que les services de renseignement colombiens lui ont donné l'information. Si c'est vrai, nous pouvons en déduire qu'un secteur de cet appareil, peut-être avec l'autorisation du président Iván Duque, cherche à favoriser des personnalités plus proches de l'actuel Gouvernement colombien.

María Corina Machado et l'extrême-droite vénézuélienne qui contestent Guaidó parce qu'il s’assoit pour négocier avec le Gouvernement et demandent une guerre multidimensionnelle qui est déjà, en fait, en cours depuis des années, entrent dans ce scénario.

Si les fils qui unissent PanAm Post et les sources qu'il utilise pour donner une estocade médiatique aux membres de VP se connectent, plus l'approbation de Luis Almagro à une enquête approfondie sur ces faits, tout laisse penser qu'aux Etats-Unis, on demande un changement dans la direction de l'opposition.

L'affaiblissement de Guaidó en tant que figure de sauveur de l'anti-chavisme est déjà caduque. Même Trump lui-même, selon le très réactionnaire journal ABC d'Espagne, aurait « tourné la page du Venezuela » : la fin de l'usurpationfait bien plus référence, maintenant, à ce président de l'Assemblée Nationale, le leader de service.

La vague de révélations, ainsi, confirme seulement que le plan Guaidó est dans sa phase « d'autodestruction » car ceux qui l'ont gonflé sont ceux-là même qui en ce moment, sont en train de provoquer sa débâcle.

Que reste-t-il à quelqu'un qui prétendait engranger une grosse somme d'argent du Fonds Monétaire International et le soutien de la FANB dans une situation comme celle-là ? Il semble que ce soit le baissé de rideau pour un individu « malheureux » comme le décrit Daniel McAdams, le directeur exécutif de la Fondation Ron Paul.

Le déplacement est maintenant d'un ordre beaucoup plus important, Guaidó et son ordre du jour improvisé en sortent et le Gouvernement colombien, selon Avendaño, se méfie. Le coup porté à Guaidó a été orchestré à Bogotá. Et la Machado est plus proche des sympathisants de L'uribisme par affinité idéologique et par point de vue mafieux.

Chute d'un Gouvernement

Le Gouvernement de Guaidó est le premier Gouvernement créé sur les réseaux sociaux dans une opération de marketing politique, vendu comme un produit publicitaire, qui s'est installé avec l'aval de Washington.

Face à l'impossibilité de répéter un 2002 avec la corrélation des forces au pouvoir au Venezuela, les Etats-Unis donnent de la force à un « intérim » qui n'a jamais existé, qui a toujours légiféré, ordonné et géré sur internet et non sur le terrain de la réalité. Cela ne les a pas empêché de voler les actifs de CITGO mais cela a dépendu plus de la force des Etats-Unis que de la volonté de l'opposition au Parlement vénézuélien.

En tout cas, le principal responsable de la désescalade concernant « la fin de l'usurpation » à la Maison Blanche est John Bolton, qui s'est vu de plus en plus ridiculisé par Trump en personne. Dans les négociations de son Gouvernement avec la Corée du Nord, Trump n'a autorisé aucun alarmisme de la part de son Conseiller à la Sécurité Nationale. Il a fait la même chose avec l'Iran. Pareil avec le Venezuela. 

Cela est mis en évidence par les diverses révélations (voyez le rôle qu'ils ont joué ensuite) concernant les divergences de forme (non de fond) en politique étrangère entre Bolton et Pompeo. Ce dernier, en effet, reflète bien plus la position négociatrice de Trump que les menaces militaires du moustachu belliqueux.

En fin de comptes, c'est Bolton lui-même qui a affirmé à son président que Maduro tomberait tôt ou tard avec un « Gouvernement 2.0. » Il n'en a pas été ainsi et cela n'arrivera pas. L'ordre du jour des chefs de Washington et de Miami suit le sens du vent face au désastre de l'opération Guaidó.

Ils ont creusé eux-mêmes la tombe de leur pion pour suivre une nouvelle route dans la gestion de la « situation du Venezuela. » Pour le meilleur ou pour le pire, nous verrons ce que c'est dans les prochaines semaines. 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/especiales/2019/06/20/la-estocada-final-a-juan-guaido/#.XQyEZi3pMRE

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