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Cuba : Trump en Floride : on échange de la haine contre des voix

25 Juil 2020
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La Havane. Samedi 25 juillet 2020. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Il y a toujours un moment dans la campagne électorale des États-Unis où Cuba, et la façon dont les Cubano-Américains devraient voter, sont au centre des intérêts politiques de ce pays

Chez Donald Trump, le subtil n'existe pas. Le président qui incarne le mieux, avec son style, l'arrogance yankee, s'est récemment rendu en Floride en quête de votes.

Et lorsque Donald Trump part à la chasse, il n’a que faire du coronavirus ou de toute autre catastrophe humanitaire. À ce stade, la seule chose qui compte pour lui se résume à : « que dois-je faire pour être réélu ? »

La Floride, pomme de toutes les discordes électorales, sert une fois de plus à échanger de la haine contre des voix. Une victoire ici est vitale pour tout candidat étasunien, car cet État, avec la Californie et le Texas, constitue la fameuse triade des « États du pendule », des endroits dont le vote n'est pas clair et qui, par conséquent, offrent des possibilités aux deux partis.

C'est pourquoi, comme en 2016, Trump s’est offert une tournée dans cet État du sud-est du pays. Ces dernières années ont montré que la victoire en Floride est décisive pour l’accession à la Maison-Blanche. Trump le sait et il est porteur d’un dossier volumineux pour conquérir le vote latino.

Il se moque éperdument de la hausse alarmante des cas de covid-19 dans cette région, qui a déjà battu à deux reprises le chiffre record du plus grand nombre de nouveaux cas signalés en une seule journée par un État de l’Union.

Il préfère consacrer toute son attention à satisfaire les basses passions et tirer profit des intrigues des Cubains, des Vénézuéliens et des Nicaraguayens prêts à brader leur pays et qui ont complètement oublié le sens du mot souveraineté. 

Un très bon travail a été fait dans la lutte contre les drogues, a-t-il déclaré au siège du Commandement Sud. Il a ensuite évoqué le mur le plus controversé des Amériques, conçu pour stopper l'immigration en provenance de l’Amérique latine, un projet qui a suscité de nombreuses critiques en Floride, à l’échelle nationale et dans le monde entier.

Mais il nous montre qu’il a d'autres atouts dans sa manche. C'est pourquoi, après avoir visité le siège du Commandement Sud, il s’est rendu au Centre de culte de Doral Jesus pour une table ronde au cours de laquelle il a expliqué une fois de plus sa philosophie destinée à l’Amérique latine et les Caraïbes, qu’il considère comme « l'arrière-cour » de l'Amérique du Nord, accompagné de Mario Diaz-Balart, député républicain de Floride, connu pour sa rhétorique virulente et guerrière à l’égard de Cuba.

Dans l'exercice de la politique étasunienne, chaque mot prononcé et chaque lieu choisi cache une intention. Le fait que Trump ait formulé ses déclarations les plus agressives de la journée précisément à cet endroit, dans ce centre religieux, dénoncé par le ministère cubain des Relations extérieures pour ses liens avec l'attaque terroriste perpétrée le 30 avril contre notre ambassade à Washington, témoigne de la position irrespectueuse et insultante de l'administration étasunienne à ce sujet.

CUBA, LE VENEZUELA ET LE NICARAGUA

Le scénario se répète. Comme il y a quatre ans, l'actuel président des États-Unis sait qu'il est accompagné, au Centre de culte de Doral Jesus, par des personnes qui vouent une haine viscérale aux mouvements progressistes et de gauche du continent.

C'est pourquoi il dit ce qu’on attend de lui. Il parle de manque de libertés, de diasporas ayant fui le socialisme, de sanctions contre les gouvernements de Nicolas Maduro et Daniel Ortega, et de sa décision de sévir d’une main de fer contre Cuba.

Il établit également un lien entre les noms de Joe Biden, Bernie Sanders et Barack Obama et une notion déformée du pro-communisme. Disqualifications, accusations, mensonges... tout est permis dans les joutes électorales étasuniennes.

À ses côtés, une annexionniste cubaine a remercié le président pour son soutien et « pour ses actions historiques en faveur de la démocratie à Cuba ». Et il faut entendre par « soutien » la fermeture consulaire de l'ambassade des États-Unis à La Havane, avec tout ce que cela implique pour l’évolution des relations migratoires entre deux pays ; la traque des navires-citernes qui transportent le pétrole vers l'Île, dans le but de mettre en crise la vie de millions de Cubains qui souffrent de pénuries dans leur vie quotidienne et les manœuvres et les sanctions contre le secteur du tourisme, moteur de l'économie nationale, qui a été gravement touché par la réduction des vols et l’interdiction des escales des navires de croisière.

À propos du processus de rétablissement des relations diplomatiques, 

Trump affirme devant la foule de ses supporters : « L'accord que nous avons conclu avec Cuba était ridicule. C'est pourquoi les Cubains m'ont décerné le prix de la "Baie des cochons", juste avant la dernière élection. C'était un grand honneur, je l'ai dans mon bureau. »

DONALD TRUMP ET LES MERCENAIRES DE LA BAIE DES COCHONS

En 2016, le Miami Herald avait qualifié le rapprochement de Trump avec les mercenaires de la Brigade 2 506 de « tentative désespérée de dernière minute pour atteindre les influents électeurs cubano-américains de Miami » et avait critiqué le soutien du magnat comme une erreur, car c’était « un candidat si grognon et mal préparé » que les hauts leaders républicains l'avaient abandonné.

Mais un article de journal ne pouvait peser d’un grand poids contre le parcours vicieux des anciens membres de l’expédition de l’invasion de Playa Giron en avril 1961, qui pendant des décennies ont soutenu les politiciens de tout acabit, pour autant qu'ils suivent une ligne dure d'attaques contre Cuba.

Il doit y avoir une sorte de consensus sur la question : ces vieux mercenaires sont là pour être utilisés.

On estime, bien que la réalité ait considérablement changé, que ce groupe de Cubains malveillants exerce toujours un leadership sur la vaste communauté des résidents de Floride, dont la majorité rejette la politique agressive de Trump et se prononce en faveur du rétablissement des relations diplomatiques et du processus de normalisation des relations entre La Havane et Washington, amorcé en 2014.

En 1999, Donald Trump avait également flirté avec la contre-révolution cubaine à Miami. Il rêvait de devenir président de son pays et, à l'époque, il avait annoncé qu'il envisageait de se faire élire par le Parti réformateur, une organisation minoritaire.

Peu de temps après, il changea d'avis et retourna à ses affaires.

Cette année 2020, comme toujours quand il a besoin de manipuler ses marionnettes, le revoilà en Floride. Mario Diaz-Balart, en guise de félicitations, lui a dit qu'on se souviendra de lui comme « du président qui a libéré cet hémisphère du communisme et du socialisme ».

« Ils ne dureront pas encore quatre ans sous l’administration du président Trump », ajoute-t-il, mais en tant que mauvais conseiller, il ne rappelle pas à son président qu’ils avaient dit la même chose en 1959, lorsque la Révolution menée par Fidel Castro avait triomphé ; en 1961, lorsque l'attaque de la Baie des cochons se solda par un échec cuisant ; en 1962, lors de la Crise d'Octobre ; dans les années 1990, durant la période spéciale, jusqu'en 2014 avec la nouvelle stratégie d'Obama, et en 2019, lorsqu' « ils ont tiré à mort sur nous », comme avait dit le président cubain Miguel Diaz-Canel. Et nous sommes toujours là, à poursuivre notre chemin !

http://fr.granma.cu/mundo/2020-07-22/trump-en-floride-on-echange-de-la-haine-contre-des-voix

 

 
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