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6ème plénière du Conseil Départemental de la Guadeloupe

Guadeloupe. VIème Plénière de 2022 – Discours de Guy Losbar

Basse-Terre. Capitale. Vendredi 28 octobre 2022. CCN. Ce vendredi s’est tenu la VIème plénière du Conseil départemental ou son président Guy Losbar réaffirme sa volonté d’un engagement commun et solidaire au côté de ses partenaires pour l’avenir de la Guadeloupe. CCN vous dévoile son discours.

Mesdames, messieurs les conseillers départementaux, Chers collaborateurs,
Mesdames et messieurs les représentants des médias, Chers compatriotes, 

Très Cher-e-s Collègues, 

Nous nous réunissons dans le cadre de cette 6ème plénière afin d’aborder des sujets importants pour notre territoire et pour nos concitoyens. 

Je veux parler de sujets qui touchent le quotidien des Guadeloupéens, comme l’accès à l’eau potable et agricole, comme les enjeux d’une insertion professionnelle durable, comme le développement culturel et touristique. 

Mais avant de vous présenter les points inscrits à notre ordre du jour, je voudrais revenir sur une question fondamentale, en lien avec la conduite des politiques publiques, et qui est celle de notre rapport à l’État, et donc de notre rapport à nous-mêmes. 

Vous le savez, depuis la campagne électorale de 2021 jusqu’au début de notre mandature, je n’ai eu de cesse de rappeler l’urgente nécessité de réformer la conduite des politiques publiques en Guadeloupe. 

Pas simplement parce qu’il s’agit d’une urgence pour nos territoires ! 

Pas uniquement pour répondre de façon toujours plus efficace aux attentes de nos concitoyens ! 

Mais surtout parce que la marche du monde et les atouts dont nous disposons doivent nous conduire à nourrir une ambition forte pour l’avenir de notre archipel. 

Cette ambition forte, c’est d’avoir conscience que la Guadeloupe regorge de potentialités qui peuvent la rendre plus attractive et qui peuvent apporter un épanouissement à tout un chacun. 

Cette ambition forte, c’est prendre la pleine mesure de la force de notre identité et de ce qu’est la puissance guadeloupéenne. 

Mais c’est surtout l’ambition de nous rassembler autour d’un projet partagé, pour le pays. L’ambition exige d’être résolument optimiste pour la conduite des politiques publiques. 

Elle nous oblige donc à porter un regard différent sur nous-mêmes, un regard moins pessimiste, moins fataliste. 

C’est se dire aussi que la Guadeloupe doit être en mesure d’avoir une relation moins tutélaire et davantage partenariale avec l’État, dans la conduite des affaires du pays. 

C’est ce que j’ai annoncé aux côtés du Président de la Région, Ary Chalus, dans le cadre du Contrat de Gouvernance Concertée. 

C’est sur cela que j’ai insisté lors de la campagne électorale, depuis mon élection et ma réélection à la tête du Conseil départemental, avec la confiance que tous ici présents m’avez témoignée. 

C’est ce que j’ai martelé au cœur de la crise sociale, particulièrement dure, qu’a connu notre pays à la fin de l’année 2021. 

C’est ce que j’ai également expliqué aux côtés des élus guadeloupéens, mobilisés autour d’une plateforme de propositions, au cœur de la crise sociale de 2021. 

Comme vous le savez, nous avons su faire front afin de sortir de la crise en proposant 29 mesures pour la Guadeloupe, pour un cout d’objectif total de 948 M€, dont une part contributive de l’État estimée à 458 millions d’euros et celle des collectivités à 366 millions d’euros. 

C’est ce que j’ai expliqué lors de ma rencontre avec le Président de la République en février 2022. 

C’est ce que j’ai montré aux côtés du Président Ary CHALUS, en apposant ma signature au bas de l’Appel de Fort de France. 

Et enfin, c’est ce que nous avons défendu lors du dîner avec le Président de la République et les élus ultramarins le 7 septembre dernier. 

Après cette dernière rencontre avec le Président de la République, j’ai convenu avec les plus hautes autorités de l’État que l’ensemble des politiques publiques conduites sur notre territoire puissent découler d’une nouvelle méthode de fonctionnement. 

Afin de pouvoir avancer de manière efficace, nous devons donc nous pencher sur une série de politiques publiques cardinales, avec une nouvelle méthode de travail. 

Cette nouvelle méthode, qui constitue un ambitieux chantier, peut se décliner en trois volets : 

  • La réalisation d’un état des lieux par politiques publiques ; 
  • Établir la liste des problématiques et des leviers dont nous avons besoin afin de lever 

ces freins, notamment au niveau juridique ; 

  • Considérer la nécessité d’engager une évolution institutionnelle ou statutaire pour une meilleure efficacité de nos politiques publiques. 

C’est l’esprit de la proposition de méthode sur laquelle j’ai échangé avec les plus hautes autorités de l’Etat et qui a été confirmée par la correspondance reçue des Ministres Gérald DARMANIN et Jean-François CARENCO le 24 octobre dernier. 

Cette nouvelle méthode permettra d’ouvrir la réflexion pour que la Guadeloupe soit résolument force de proposition et de négociation pour une co-construction des politiques publiques avec l’État. 

C’est en ce sens qu’avec le Président Ary CHALUS, nous avons décidé de programmer une réunion de la commission ad hoc chargée de la préparation des travaux du Congrès le 14 novembre prochain. 

Cette commission pourra ainsi piloter les travaux, particulièrement denses, qui nous mobiliseront durant les 6 prochains mois avant la tenue d’un premier Comité Interministériel des Outre-Mer placé sous la présidence de la Première Ministre. 

Cette commission pourra à ce titre prendre appui sur la formidable contribution que constituent les propositions de la plateforme des élus mobilisés. 

Et dans ce cadre, nous poursuivrons donc nos travaux en étroite collaboration avec la Région, les parlementaires et l’Association des Maires de Guadeloupe, chantier par chantier, en suivant la méthodologie que je viens de vous exposer. 

Mes très cher(e)s collègues, 

Nous avons une ambition. Je pense que cette ambition a été entendue. 

Nous avons une méthodologie que nous avons co-construite avec les plus hautes autorités de l’État. 

Nous avons un engagement fort des élus, des conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires, du Président de l’Association des Maires de Guadeloupe. 

La Guadeloupe regorge d’experts et elle a aussi des citoyens de la société civile qui ne demandent qu’à être associé à la décision. 

Nous les écouterons, tous, avec attention et pragmatisme. 

Voilà les chantiers qui nous attendent et sur lesquels nous allons chacun nous projeter, travailler, quel que soit notre bord politique et comme nous avons l’habitude de le faire. 

Je tiens donc à remercier par avance chacun d’entre vous pour votre engagement dans cette nouvelle dynamique que nous abordons avec l’État, pour l’avenir de la Guadeloupe. 

Mes cher-e-s collègues, 

Je souhaite également évoquer la question de l’alimentation en eau potable, qui est nous le savons la préoccupation première de nos concitoyens. 

Il faut saisir l’opportunité de cette plénière afin de réaffirmer l’engagement solidaire du Département aux côtés du SMGEAG, de l’État et de la Région,. 

Apporter solidairement des réponses, cela signifie se mobiliser aux côtés du SMGEAG afin de rechercher et réparer chaque jour davantage de fuites, 

Cela signifie accompagner le Syndicat pour remplacer les canalisations, comme nous le faisons sur le site de Belle Eau Cadeau aux côtés de la région en mobilisant notre stock stratégique,

Cela signifie assumer la maitrise d’ouvrage et supporter financièrement des constructions et des réparations d’ouvrages, 

Cela signifie contribuer à l’élaboration du Programme Pluriannuel d’Investissement du syndicat, et mobiliser au moins 50M€ de travaux chaque année 

Cela signifie tout simplement élaborer de façon concertée avec l’Etat, la Région et le Syndicat, une feuille de route partagée sur les cinq prochaines années. 

Cela signifie tout simplement assumer notre responsabilité collective face à un problème majeur que les postures, les impostures et les critiques stériles ne suffiront pas à régler. 

Oui mes chers collègues, nous continuerons d’agir avec responsabilité sur l’eau potable mais également sur l’irrigation. 

Comme vous le savez, le Département est propriétaire d’un réseau d’irrigation collective et de production d’eau brute développé depuis les années 70. 

Notre ambition aujourd’hui est de déterminer si le mode de gestion actuel doit être pérennisé, et dans l’affirmative, délibérer sur le principe du lancement de la procédure de délégation de servie public. 

Et je tiens à ce titre à saluer l’engagement de notre collègue Ferdy LOUISY, Président de la Commission Eau du Département, qui nous présentera ce sujet dans quelques instants. 

Mes très cher-e-s collègues, 

Parmi les dossiers qui nécessiteront également toute notre attention, je crois que celui du tourisme et de l’attractivité du territoire est l’un des plus importants, tant nous portons l’ambition de placer la valorisation touristique au cœur de notre Plan de Mandature. 

Pour cela, nous devons disposer d’outils agiles et efficaces qui nous permettront de renforcer la mise en tourisme des sites patrimoniaux dont nous nous attacherons en amont à renforcer l’animation culturelle. 

C’est bien l’ambition que nous portons à travers la création d’un Établissement Public Industriel et Commercial (EPIC) en charge de la valorisation touristiques des sites patrimoniaux. 

Je tiens d’ailleurs à remercier le travail effectué de concert par Sabrina ROBIN, Présidente de la Commission Tourisme et Michel MADO, Président de la Commission Développement culturel et Gestion du patrimoine. 

Cet EPIC aura en tout premier lieu pour vocation d’assumer la gestion d’un site emblématique de notre territoire : le site de Beauport, le Pays de la canne. 

Mon ambition est de faire de Beauport un site ouvert sur le nord Grande-Terre, avec une véritable identité culturelle, un lieu de transmission, de savoir-faire et de savoirs. 

En somme, un lieu de rayonnement pour le nord Grande-Terre et d’attractivité pour la Guadeloupe. 

Je souhaite que ce site devienne un véritable pôle d’animations culturelles. 

Je terminerai mon propos en rendant hommage au travail effectué par la SEM Patrimoniale, qui restera un partenaire privilégié du Département sur les différents chantiers de développement du territoire. 

Enfin, je souhaite adresser toute ma confiance au personnel de Beauport et j’entends leur garantir la préservation de leur situation actuelle et de leurs acquis dans le cadre de cette transition vers leur nouvel employeur. 

Mes très cher-e-s collègues, mes chers compatriotes, 

Vous le savez, je suis un homme engagé et résolument optimiste. 

Et je crois fondamentalement que le rôle de la politique est de transformer le quotidien des citoyens, en n’hésitant pas à relever les challenges les plus ambitieux. 

Parmi ces défis, celui de réussir l’insertion durable des 40 000 bénéficiaires du RSA est sans doute le plus difficile. 

Je tiens, avec vous, à relever ce défi, pour chaque Guadeloupéenne et chaque Guadeloupéen. 

Et pour cela, je vous propose justement de faire différemment de ce qui a été fait par le passé. 

Ce pari fou, que je tiens à relever avec vous, consiste à diminuer de façon significative le nombre de bénéficiaires du RSA durant notre mandature. 

Ce pari fou, mes chers collègues, c’est de révolutionner l’insertion en Guadeloupe et de détecter les nouvelles niches d’insertion sur tout le territoire. 

Pour cela, nous menons actuellement une réflexion avec les élus départementaux et les services sur les chantiers d’insertion qui feront l’objet d’une priorité dans les prochains mois. 

Je pense à la permaculture, où l’essor de nouveaux emplois permettra d’atteindre l’auto- suffisance alimentaire. 

Je pense à l’agro-transformation des produits de notre terroir et du lien nécessaire qui doit être fait entre de nouvelles structures d’insertion et les entreprises existantes sur le territoire. 

Je prends l’exemple du manioc et de la mise en œuvre de structures d’insertion autour du développement de manioqueries dans plusieurs zones de l’archipel. 

C’est un chantier important que je souhaite voir aboutir. 

Je pense à l’élevage maritime et au développement de fermes marines à proximité de nos côtes. 

Je pense aussi à la transition écologique et énergétique, et notamment à la nécessité de former des femmes et des hommes qui accompagneront le développement des parcs de rechargement pour les voitures électriques. 

Je pense enfin à l’artisanat, où un partenariat fort peut être envisagé avec la chambre et les acteurs du territoire afin de faire le lien entre les artisans qui partiront à la retraite dans quelques années et les personnes cherchant à s’insérer sur le marché de l’emploi. 

Mes très cher(e)s collègues,


Vous l’aurez compris, 
je veux que le Département offre de nouvelles possibilités d’insertion en accord avec l’ambition de chaque guadeloupéen. 

Je veux que le Département puisse offrir à ce jeune qui veut devenir scaphandrier l’accès à la formation adéquate. 

Je veux que le Département puisse offrir à cette jeune fille qui veut se lancer dans les métiers de la mode la possibilité d’atteindre ses objectifs. 

Je veux que le Département puisse offrir à ces jeunes qui rêvent d’innovation, de domotique et de silver economy les outils nécessaires afin d’atteindre leurs rêves. 

Oui mes chers collègues, avec vous, je veux révolutionner l’insertion en Guadeloupe ! 

Et j’appelle chaque élu(e), dans son périmètre respectif, à faire preuve d’ambition et d’innovation afin de réaliser ce défi. 

Réduire de façon drastique le nombre de bénéficiaires du RSA, c’est également accentuer les contrôles. 

Aujourd’hui, sur 40 000 bénéficiaires du RSA, seuls 22 000 sont inscrits à Pôle Emploi. 

Il y a également 2 000 allocataires du RSA âgés de plus de 65 ans, ce qui correspond à une mobilisation financière d’environ 12 millions d’euros ! 

Alors plutôt que procéder à une recentralisation du RSA qui nous conduirait à reverser chaque année à l’Etat un reste à charge de l’ordre de 80M€, je vous propose de faire de l’insertion durable LA priorité de la mandature !! 

Pour cela nous devrons œuvrer à renforcer l’équité dans l’accès au dispositif ! 

Pour atteindre cet objectif nous devrons faire preuve d’inventivité et placer l’innovation sociale au cœur de notre engagement pour l’insertion de nos compatriotes.
Enfin, réduire de façon drastique le nombre de bénéficiaire du RSA, c’est aussi replacer la recherche d’emploi au cœur de notre démarche. 

Le RSA ne doit pas constituer une rente. Nous devons faire preuve de courage politique et accompagner chaque bénéficiaire du RSA dans le cadre de sa recherche d’emploi. 

Ensemble, je crois que nous pourrons relever ces défis afin de donner à chaque guadeloupéen des conditions de vie optimales et pérennes. 

Mes chers collègues,
Changer notre rapport à nous-mêmes et à l’Etat,
Co-construire l’Avenir du pays,
Renforcer l’attractivité de notre territoire,
Et surtout créer les conditions d’une véritable cohésion sociale,
Tels sont les enjeux qui nous convoquent dans le cadre de cette plénière. Je vous invite donc sans plus tarder à nous atteler à nos travaux.
Je vous remercie pour votre attention 

Guy Losbar

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