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Guadeloupe. Un vainqueur : l’abstention. Une victime : la légitimité des élus

Pointe-à-Pitre. Mercredi 7 novembre 2021. CCN. La Fédération des socialistes de Guadeloupe prend acte des résultats du second tour des trois élections départementales partielles qui se sont déroulées ce dimanche 7 novembre 2021 et elle formule des voeux républicains de réussite aux trois binômes qui ont été élus.

Pour autant, les socialistes partagent le constat unanime que le seul vainqueur de cette élection aura été l’abstention. Mais, ils soulignent que son niveau historique met très sérieusement en question la légitimité des élus issus de ce scrutin, en particulier celle du futur président du Département qui sera choisi dès ce jeudi.

En effet, si aux Abymes la participation a atteint 22,20% (en hausse de près de 4 points par rapport au 1e tour), celle-ci est restée extrêmement faible dans les deux cantons de Baie-Mahault (12,74% dans le canton Baie-Mahault 1 et 15,53% dans le canton Baie-Mahault 2) avec une augmentation dans les deux cas inférieure à 1 point par rapport au 1er tour.

Ainsi, seul le binôme RAUZDUEL/FAITHFULL, aux Abymes, sera parvenu à franchir la barre des 12,5% des inscrits. A l’inverse, le binôme POLIFONTE/MADO est élu en obtenant à peine 11,5% des inscrits, tandis que le binôme LOSBAR/ROGER fait encore moins bien avec 11,27% des inscrits, traduisant une incapacité manifeste à enclencher une dynamique sur des cantons qui sont pourtant des fiefs historiques.

Les socialistes observent donc que Guy LOSBAR, éphémère président du Conseil départemental qui devrait retrouver son fauteuil de président dès ce jeudi, sera le conseiller départemental le moins bien élu de notre archipel. C’est-à-dire qu’il disposera de la représentativité et de la légitimité  les plus faibles de l’assemblée.

Cette situation vient en outre souligner le paradoxe d’une Guadeloupe qui expérimente depuis 4 mois la mainmise d’un parti politique sur la quasi-totalité des collectivités (Région, Département, EPCI) comme rarement dans l’histoire récente, alors que cette formation politique ne dispose en réalité du soutien que d’une petite minorité d’électrices et d’électeurs. Pour mémoire, le président de Région n’a lui-même été élu que par à peine 25% des inscrits.

Cette crise de confiance entre les citoyens et leurs représentants doit bien sûr interpeller l’ensemble des for- mations politiques, dont la Fédération socialiste qui fera des propositions pour y répondre.

Mais cette crise aiguë de la représentation doit surtout inviter les exécutifs en responsabilité et leurs majorités à avoir conscience qu’ils ne peuvent tirer de la séquence électorale ouverte en juin dernier ni approbation des politiques qu’ils conduisent, ni chèque en blanc pour l’avenir.

Le Premier secrétaire fédéral,

Olivier NICOLAS

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