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Guadeloupe. ” Solidaires des soignants et de tous les guadeloupéens victimes des violences de l’Etat colonial français “.

Pointe-à-Pitre. Vendredi 5 novembre 2021. CCN. Dans la déclaration intitulée «L’Appel au peuple» rendue publique le 5 mars 2021, nous avons écrit : «L’Etat français est engagé dans un processus visant à vassaliser toutes les Assemblées locales et à étouffer toute volonté des Guadeloupéens, d’exister pour eux- mêmes, et à défendre leurs droits, et leurs aspirations légitimes de peuple. Son objectif, c’est d’assurer la poursuite de l’économie de pwofitasyon et de maintenir sa domination politique en Guadeloupe».

Il faut se rendre à l’évidence, l’exploitation cynique de la pandémie de la covid-19, s’inscrit parfaitement dans ce processus. L’enjeu pour les autorités n’a jamais été de préserver la santé et la vie des Guadeloupéens. Cela s’est vérifié par l’absence d’anticipation, la sous- évaluation des moyens en personnel et en matériel dans les hôpitaux, la manipulation de l’information, l’absence d’une communication véritable pour mobiliser la population sur la lutte contre le virus.

C’est cette stratégie appliquée avec arrogance par les autorités de l’Etat, sans tenir compte du contexte guadeloupéen qui a amplifié la défiance envers les pouvoirs et la méfiance envers les solutions imposées de l’extérieur, sans information et sans recherche d’adhésion.

La politique vaccinale a été invalidée dès le départ par les mensonges et l’autoritarisme de l’Etat et non par les syndicats et les partis politiques.

Confronté à l’échec de la vaccination, le gouvernement plutôt que d’engager un véritable travail pédagogique sur le terrain, au plus près des gens avec toutes les ressources humaines et techniques disponibles a fait le choix de passer par la force en mobilisant son arsenal juridique, en recourant au chantage et à la répression, en privant les soignants non vaccinés de travail et en contraignant des médecins à fermer leur cabinet.

La crise sanitaire qui a déjà causé plus de 900 morts en Guadeloupe s’est transformée, par la volonté du gouvernement et dans la plus grande passivité des Assemblées locales, dans une crise systémique. La réalité est là :

– La Guadeloupe compte à ce jour 60% de non vaccinés. Pourtant, grâce aux efforts des Guadeloupéens qui respectent les mesures de restriction, pratiquent avec discipline les gestes barrières la pandémie recule. Au 17 octobre, le taux de positivité est de 1.9%, inférieur au seuil de vigilance ; le taux d’incidence de 41,4 est en baisse.

– Des centaines de Guadeloupéens de toute condition sociale et de toute obédience expriment chaque semaine leur résistance à l’obligation vaccinale et au Pass sanitaire.

– Les hôpitaux et les centres de santé sont en grève.

– Les restaurateurs se mobilisent contre le Pass sanitaire.

Le gouvernement français veut nous imposer la triple peine : les plus des 900 morts que nous pleurons, des milliers de salariés plongés dans la misère parce que privés de leur emploi sans avoir commis aucune faute professionnelle, nos malades livrés à la mort parce que sans service hospitalier pour les soigner.

«Nous disons non ! No pasarán ! Nou pa dako !». Le ministre de la Santé devrait méditer ces paroles de Rosan Girard co-fondateur du PCG. «Il est pour le moins stupide de penser que la Guadeloupe connaîtra un quelconque développement ou une meilleure organisation sociale dans l’application bornée des lois et des règlements votés pour la France et l’Union européenne».

Arc-bouté sur sa posture guerrière : la force reste à la loi, le gouvernement a allumé un brasier. Il devrait entendre les voix des différents parlementaires et leaders politiques qui s’élèvent de tous les territoires «outremer», en échos aux revendications des manifestants qui demandent :

– Que la loi sur l’obligation vaccinale et le Pass sanitaire ne soit pas appliquée dans nos territoires.

– Que les mesures de suspension des personnels soignants soient abrogées.

– L’annulation des dispositions autorisant les visiteurs ayant un schéma vaccinal complet à entrer sur le territoire guadeloupéen sans test PCR négatif obligatoire et sans isolement contrôlé.

Le Parti Communiste Guadeloupéen réaffirme sa solidarité à tous les soignants et personnels de santé, à tous les Guadeloupéens victimes des violences politiques de l’Etat colonial. Il estime infamant de qualifier tous ceux qui manifestent leur refus d’accepter un acte médical pour lequel, ils ne peuvent donner un consentement éclairé comme des «égarés», des anti- vaccins, des agitateurs professionnels, des indépendantistes, des anti-France.

Il appelle tous les honnêtes gens de la Guadeloupe à se joindre à ce mouvement de résistance pour le respect de nos droits fondamentaux.

«QUI SÈME LA MISÈRE, RÉCOLTE LA TEMPÊTE !»

Pointe-à-Pitre, le 26 octobre 2021

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