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Guadeloupe. Point de silence

Pawol Lib (Libre Propos) est une rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Daniel CIMON, qui nous soumet son billet.

Quand le peuple se sent assoiffé de justice,

Spolié dans sa chair par la manigance d’un pouvoir sans scrupule,  il se crée un inconfort malaise.

Il ne parle plus.

Il fait l’autruche,

Non pas par peur,

Ni même par obéissance

Et encore moins par ignorance.

De ce silence qui dure depuis si longtemps,

Il se forge sa vérité autour d’ une politique de rupture pour lui permettre de se reconstruire dans un avenir où, il sera l’acteur de ses propres décisions.

La liberté recherchée n’est point une réaction de trouble à l’ordre publique,  comme il est aisé de le faire croire.

Bien au contraire, loin de se masquer derrière une quelconque anarchie,

des pistes de réflexions pour bâtir la Guadeloupe de demain, émergent et semblent faire craindre les sommets de l’État, qui pour seule défense voudrait faire basculer l’opinion publique vers le cliché de la peur.

Pensez-vous une seconde, sous prétexte de l’existence d’un front indépendantiste dans notre région que la Guadeloupe conjugue avec la violence au point de vouloir nous coller à la peau l’étiquette d’un peuple barbare ?

En termes de communication qui viserait  à apaiser une société qui doute et qui ne croît plus aux vertus des valeurs républicaines, telles qu’ elles sont imposées; la méthode d’un franc dialogue ne devrait-elle pas être préconisée ?

Nous ne sommes point les pestiférés prêts à semer la zizanie.

Nous voulons simplement gérer notre société au regard de nos spécificités, au regard de notre histoire, au regard de notre territoire, au regard de notre peuple, au regard de notre solidarité intergénérationnelle, au regard de notre culture, et au regard de notre vérité.

Nos gènes livrent bataille pour une justice réelle et non partisane et destructrice de rêves qui tente d’aliéner tous ceux qui utiliseraient leur intelligence pour éveiller et créer les conditions de l’émancipation de notre peuple.

Loin de moi toute forme de barbarie et de désobéissance quelques fois utiles pour rétablir la vérité.

Notre grande docilité semble t-il et qui date dès lors, ne peut justifier d’une quelconque soumission caractérisée chez nos représentants politques actuels devenus les avocats de la spoliation de nos valeurs identitaires, culturelles et idéologiques.

Peut-être que casser des œufs pourrait être utile à la confection d’une omelette aux saveurs du développement de notre territoire.

Nous n’avons que faire de cette domination des choses de là-bas.

Nous ne tolérerons plus les escarcelles d’une vision bornée qui ne soit pas la nôtre.

Nous devons écrire notre histoire sans embase, sans frein étatique.

Notre rapport avec l’État est à revisiter pour que notre émancipation reflète les solutions adaptées à nos problématiques.

Pour cela, je reventique hautement pour une nouvelle classe politique, un nouveau comportement de l’élu calqué sur le développement économique et environnemental de notre Nation Guadeloupe.

Fini les balivernes de tous ceux qui font une mayonnaise acide de la mauvaise connivence du pouvoir et de la responsabilité qui fait fi de la dangerosité de la multiplicité des mandats aux mains des mêmes hommes qui vendent pour un euro symbolique, la destinée et la dignité de tout un peuple.

N’est-ce pas là, un dysfonctionnement ou une complaisance du pouvoir français qui met en place un pouvoir colonisé par une classe légitime de dictateurs ne disposant pas de moyens et de latitude pour une politique de progrès ?

Nous n’avons que faire de la manipulation politique.

Nous sommes prêts à faire cette alternance, ce premier pas oh combien symbolique pour nous pousser vers les sommets de la responsabilité pour le bien-être être de notre pays Guadeloupe.

Il est venu, le temps de la responsabilité, le temps du courage,du moment d’accompagner notre région vers un idéal.

La Guadeloupe de demain devra être celle de notre jeunesse, celle de notre vérité, celle de l’audace.

Ste-Rose, le 30 juin 2022

Daniel CIMON

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