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Guadeloupe. Appel du Kolektif awtis rézistans soutenu par Alyans Nasyonal Gwadloup

Pointe-à-Pitre. Mercredi 28 juillet 2021. CCN. SA PLI GRAN KI NOU. KILTI LA PLI GRAN KI NOU !

Et c’est pour beaucoup un sacerdoce que les acteurs de la culture, les artistes, remplissent malgré des conditions insoutenables. Parce que nous sommes en mission pour plus que notre intérêt personnel, nous transmettons, nous rappelons, nous faisons rêver, danser, réfléchir, ressentir…

La Guadeloupe compte un nombre impressionnant de pratiques patrimoniales que souvent des bénévoles font vivre, revivre, gardant dans nos mémoires et dans nos gestes ce qui fait de nous ce que nous sommes. Chaque Koud tanbou, Saint-Jean, Léwòz ou Kaladja réveille nos tripes et nous rappelle à nous-mêmes.

La Culture en Guadeloupe foisonne. Elle se dresse fièrement chaque fois qu’il faut rappeler de quoi nous sommes faits. Sans académie, sans panthéon, nos gardiens veillent. Dehors, dans des locaux de fortunes, dans des halls d’hôtel ou de supermarché, dans des salles sans loges, sans lumières, sans décors, les performances sont là.

La Culture en Guadeloupe est au centre de ce que nous sommes, et c’est indéniable. Elle est puissante et irrigue nos pratiques sociales. Dans un contexte colonial et malgré les pressions de la mondialisation, elle dit que nous existons.

La culture vit et vivra, avec nos artistes qui font œuvre de créativité pour dire notre époque, rappeler celles passées et aussi pour qu’ailleurs dans le monde, le Pays Guadeloupe soit connu.

La culture vit et vivra, n’en déplaise à ceux qui ne lui accordent pas d’importance.

Pourquoi a-t-on besoin d’une politique culturelle ?

Parce que la politique culturelle est à différencier de l’action culturelle. L’UNESCO (1967) définit la politique culturelle comme l!ensemble des usages et de l!action (ou absence d!action pratiquée consciemment et délibérément) dans une société, destinés à réaliser certains buts culturels par l!utilisation optimale de toutes les ressources matérielles et humaines se trouvant à la disposition de cette société à un moment donné.

Penser politique culturelle, c’est déjà définir un but. Quelle société voulons-nous ? Quelle société sommes-nous ? Où plaçons-nous notre fierté ? Qu’est-ce qui nous lie ? Quel pays construisons-nous ? Un pays-repoussoir que les jeunes quittent dès qu!ils le peuvent ? Un îlot de surconsommation où l!on ne se pose aucune question et où on ne cherche pas de réponse, de peur de déranger ? Que voulons-nous transmettre aux plus jeunes ? Et qui le leur transmet ?

Les réponses à ces questions indiquent une vision, une ambition, un objectif. Au-delà des esthétiques ou des questions financières, il s’agit de déterminer les actions qui vont irriguer le territoire, qui vont valoriser l’existant et structurer les actions individuelles.
Aujourd’hui, cette réflexion n’est pas portée par la politique. Ce serait mentir, bien sûr, que de dire qu’il n’y a rien. Il y a pléthore d’actions culturelles, de budgets octroyés à des événements, de subventions données à des associations, de programmations portées par certains équipements, de salles construites quoique souvent inadaptées. Nous avons des formations d’excellence que nos jeunes suivent avec un succès phénoménal… mais qui les laissent désabusés et sans perspective sur le territoire une fois le cursus terminé.

Mais pas de véritable coopération entre les acteurs, aucune cohésion entre les actions communales, aucune réflexion structurelle pour accompagner le développement des industries culturelles. Oui, des actions culturelles : éparses, coûteuses et autant de supports de communication au bénéfice de la collectivité pourvoyeuse.

Alors pourquoi nous mobilisons-nous ?

Parce que si la Culture vit, ceux qui la font vivre s’étiolent. Ils investissent, ils s’investissent et participent à la cohésion avec le peuple. Ils apprennent à nos jeunes à respecter ceux qui nous ont précédés tout en leur enseignant zandoli pa tini pat. Beaucoup découvriront la couture à l’occasion d’un défilé carnavalesque et ils sauront alors ce qu’aucun livre d’histoire scolaire ne dit.

Ces acteurs-là, militants, vont sans relâche et souvent sans reconnaissance mener leur mission jusqu’à l’épuisement. Les artistes que nous aimons voir performer, subissent une précarité récurrente : peu pourront prendre une retraite décente. Les techniciens, les producteurs, les universitaires, les formateurs, les associations, les cinéastes, les danseurs, les plasticiens, les organisateurs, les auteurs, les comédiens, les graffeurs, les musiciens, les responsables de lieux culturels, les administrateurs e étant d’autres encore se heurtent à un silence effarant quand il s’agit de parler de structuration.

Parce que nous sommes las de passer les uns derrière les autres, de réclamer que ceux qui sont en responsabilité prennent la mesure de la mission qui est la leur. Et cette mission n’est pas uniquement de discuter de la taille de leur logo sur nos initiatives ou de devenir producteur et organisateur à notre place.

Parce que nos questions sont les mêmes que celles qui se posent depuis 30 ans, avant notre arrivée dans ce circuit, et que si nous n’agissons pas, d’autres que nous poseront encore ces mêmes questions avant de se fatiguer à leur tour.

Ce que nous demandons est simple : travailler plutôt que survivre. Travailler. Et construire dans la durée, dans des conditions dignes, mais aussi pouvoir embaucher, exporter, développer un écosystème sain et fort.

Nous ne voulons pas de grand-messes, il y en a déjà eu beaucoup. Nous voulons que ceux qui ont la responsabilité de penser cette politique nous reçoivent afin que nous puissions créer cet outil qui nous manque pour travailler. Une exigence qui n’a rien d’irréaliste et qui ne demande qu’une chose : de la volonté politique.

Le Centre des Arts et de la Culture, en rénovation depuis 12 ans, dont le chantier est à l’arrêt depuis plus d’un an, est emblématique de ce déficit de politique culturelle et de notre absence dans les projets soit- disant pensés pour nous. Nous nous y sommes installés afin de provoquer un échange durable et nécessaire entre tous les acteurs concernés. Nous ne le quitterons que quand nous estimerons avoir été entendus.

Ary CHALUS, Président de la Région Guadeloupe, Guy LOSBAR, Président du Département de la Guadeloupe, Éric JALTON, Président de Cap Excellence, Harry DURIMEL, Maire de Pointe-à-Pitre, Alexandre ROCHATTE, Préfet de la Guadeloupe, il ne tient qu’à vous que nous puissions écrire ensemble une nouvelle page dans l’histoire de la Guadeloupe, en construisons de concert une politique culturelle intelligente et ambitieuse, digne des talents qui foisonnent sur notre territoire.

Thierry « Thyeks » GIRARD (Ingénieur du son)
Florence NAPRIX (Chanteuse et Productrice)
Laurence MAQUIABA (Consultante et Productrice de spectacles)
Julie ARISTIDE (Musicienne)
José JERNIDIER (Comédien)
Jacqueline CACHEMIRE THOLE (Chorégraphe)
DJ DANKERS (Disc-jokey)
Jocelyne BÉROARD (Chanteuse)
Jean-Pierre SAINTON (Professeur des universités, histoire sociale, politique et culturelle de la Caraïbe)
Sonny TROUPÉ (Musicien)
Gerty DAMBURY (Auteure et dramaturge)
Dominik COCO (Chanteur)
Nathalie MINATCHY (Ingénieure agronome)
Patricia BRAFLAN-TROBO (Consultante en management et Auteure)
Marie-Line DAHOMAY (Chanteuse)
G’NY (Chanteuse)
Anaïs VERSPAN (Plasticienne)
MISIÉ SADIK (Chanteur)
David DRUMEAUX (Restaurateur)
Laure TARER (Auteure)
Didier DESTOUCHES (Universitaire, poète et auteur)
Michel HALLEY (Fondateur d’Akiyo)
Firmine RICHARD (Comédienne )
Ciryl COUDOUX (Producteur)
Ruddy SÉVERIN (Producteur)
Joël NANKIN (Plasticien)
Lucile KANCEL (Chanteuse et comédienne)
Frédéric CARACAS (Musicien)
Fabienne BASSIEN-CAPSA (Chargée de communication)
Sébastien NOBIN (Musicien)
Wally FALL (Réalisateur)
Vincent TACITA (Chef d’entreprise)
Emmanuelle GUSTAVE (Directrice d’école)
Moïse CASTRY (Coach sportif)
Karine FRONTEAU (Enseignante)
Thierry CÉSAIRE (Universitaire)

Charles-Henry GUSTAVE (Agent des impôts) Hilda ROBERT (Docteur du sport)

Melahel PAJANIANDY (Musicien)
Jacky RICHARD (Chanteur)

Christophe THÉOPHILE ( Agent aéroportuaire) Didier OCHISTE (Organisateur de spectacle) Thierry VATON (Musicien)
Béatrice CIVATON (Chanteuse)

Kalil SARKIS (Réalisateur)
Jhoann ARNAUD (Chef d’entreprise)
Patrick CHEVAL (Comédien)
Jean-Claude CABO (Sculpteur)
Phillipe SADIKALAY (Musicien)
Jalil LECLAIRE (Comédien)
Dory SÉLÈSPRIKA (Slameuse)
Véronique « HERMANN » SAMBIN (Chanteuse et productrice)
Williams CAFÉ (Chanteur)
CHRYSTONE (Chanteur)
Samory SAINTON (Artiste)
Livio alias Ti Fweta (Chef d’entreprise)
Dimitri ZANDWONIS (Réalisateur)
Rudy MANIJEAN (Formateur commercial)
Harry BALTUS (Comédien)
Varenthia ANTOINE (Comédien)
Ndy THOMAS (Comédien)
José JERNIDIER (Comédien)
FANMKIKA (Musiciennes)
Stéphane CASTRY (Musicien)
Alex NABIS (Chef d’entreprise)
Karim VERGER (Musicien)
Doré (Slameur)
Dimitri PAUL (Chanteur)
Fola GADET (Rappeur et auteur)
Larry TOLA (Chanteur)
KÒDÉPOTANN (Musiciens)
Gilles ANDUSE (Artiste)
Yohann PISIOU (Comédien)
Cindy DAHOMAY (Ingénieure qualité)
Angélique BELLADIN alias Angélik Sings (Chanteuse)
Al PACMAN (Artiste Peintre)
Gaby DIOP (Chanteuse)
Raymond PHILOGENE (Réalisateur)
Gary ROUYARD (Réalisateur)
Migail MONTLOUIS-FÉLICITÉ (Photographe)
Jérôme BANNY (Ingénieur informatique)
Delile DIMAN-ANTÉNOR, économiste, présidente de l’association culturelle Ka ! Mi Nou !

Joindre le KOLÈKTIF AWTIS RÉZISTANS pour participer, aider, se produire: awtisang@gmail.com

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