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Cuba : Est-ce que la démocratie, c’est la désinformation ?

La Havane. Jeudi 29 juillet 2021. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Je me demande souvent si nous avons évolué. Nous sommes passés de dictatures dans lesquelles on occulte l’information au nom de la sécurité de l’Etat à des « démocraties » dans lesquelles on diffuse de fausses informations su nom de la « liberté. »

Il suffit de voir comment, au nom de la liberté et de al démocratie que certains réclament pour Cuba les médias et les réseaux sociaux sèment des mensonges et des tromperies. L’agence Reuters elle-même intitulait une analyse au fil des récents événements qui se sont produits à Cuba “Fake news muddies online waters during Cuba protests” (« Les fausses informations en ligne troublent les protestations à Cuba. »)

Evidemment, Reuters laisse penser que ces fausses informations peuvent être semées par l’opposition ou par le Gouvernement cubain. Ce serait le seul cas dans l’histoire où le Gouvernement diffuserait de fausses informations disant que ses ministres fuient et présenterait des photos de manifestations de soutien massives comme des manifestations de l’opposition. Qu’un Gouvernement sèmerait de fausses informations contre lui-même.

Parce que l’un des mensonges les plus spectaculaires a été de présenter des images de manifestations de soutien au Gouvernement et à la Révolution comme des manifestations de protestation contre le Gouvernement. Le journal argentin La Nación, mettait en gros titre : « Une protestation de milliers de personnes dans les rues surprend le régime cubain » mais la photo qu’il y joint est celle d’une manifestation de soutien avec une légende en tout petit disant : « Des défenseurs du régime sont sortis dans la rue après un appel du président Miguel Díaz-Canel. »

Le journal espagnol El País ne précise pas que cette photo est celle de partisans de la Révolution comme c’est évident en voyant le drapeau du 26 juillet, l’organisation de guérilla dirigée par Fidel Castro. Cette information incomplète est aussi une information biaisée.

Si on reproduit une photo d’une manifestation de partisans de la Révolution comme celle utilisée par El País, on n’y voit qu’une personne et la légende dit seulement : « Une femme crie. » C’est à dire qu’il s’agit d’un cas isolé et unique de soutien au Gouvernement, une seule personne qui crie.

Une télévision chilienne, la chaîne Mega a inséré dans son émission Mucho Gusto une photo de blessés ensanglantés lors du référendum qui s’est déroulé en Catalogne dans l’information sur las manifestations à La Havane.

Le journal espagnol ABC a diffusé l’information concernant la démission du vice-ministre de l’Intérieur de Cuba, à cause de son désaccord avec l’utsage excessif de la force contre les manifestants. Une chose qui a été démentie mais l’information continue à circuler sur internet. Rectifications ? Elles n’existent pas et on ne les attend pas.

Dans The New York Times les manifestants deviennent par magie des centaines de milliers dans la même information. Il a d’abord publié l’information en disant qu’ils étaient « des centaines » et ensuite, ils l’ont retouchée pour dire qu’ils étaient « des milliers. »

Sur la chaîne d’information étasunienne Fox News, ils ont décidé de pixéliser les pancartes des manifestants favorables au Gouvernement pour qu’on ne puisse pas lire : « Les rues sont aux révolutionnaires » afin de les présneter comme des manifestants d’opposition.

Si ce dont on vient de parler se produit dans les médias qui mettent leur crédibilité en jeu, imaginez ce qui peut se passer sur les réseaux sociaux où personne ne paie les conséquences et où il n’y a pas de filtre de vérité.

Tout est bon pour attaquer la Révolution Cubaine, une photo du 1er mai à La Havane datant d’il y a quelques années qu’on fait passer pour une manifestation actuelle contre le Gouvernement. Quelques exemples :

Unephoto très diffusée sur les réseaux sociaux était présentée comme celle d’une protestation « sur le Malecon de Cuba. » On y voyait des centaines de milliers de manifestants. L’équipe d’AFP Factual, le service de vérification de l’information de l’agence AFP a découvert qu’il s’agissait d’une photo prise par Associated Press lors d’une mobilisation qui s’était déroulée à Alexandrie le 11 février 2011presse, après la chute du régime d’Hosni Mubarak en Egypte.

On fait des montages de photos de blessés ensanglantés dont aucune ne vient de Cuba. On utilise des enfants blessés dans une fusillade réalisée par des délinquants de droit commun à Caracas ou des photos d’une personne torturée au Pays Basque, accusée d’appartenir à l’ETA.

Même les Nations Unies ont diffusé sur Twitter comme photos des protestations des photos de manifestants qui protestaient en sens contraire. L’un d’entre eux l’a dénoncé sur les réseaux sociaux et la réaction de Twitter a été d’insérer ce message dans son compte : « Précaution : Ce compte est temporairement restreint. Cet avertissement est donné parce qu’une activité inhabituelle a été détectée sur ce compte. » L’ONU a fini par retirer ce twitt.

On a aussi dit sur les réseaux sociaux que Raúl Castro s’était enfui au Venezuela et cette information a dû être démentie. La photo diffusée était celle de son arrivée à un sommet qui s’est déroulé au Costa Rica en 2015.

On a utilisé une photo de Nicaraguayens priant en brandissant un drapeau cubain et en affirmant qu’ils étaient Cubains.

Le service de vérification des informations de RTVE a révélé l’origine d’un message sur les réseaux sociaux qui disait : « Cuba, réveille-toi ! A bas la dictarure ! A bas le communisme ! Liberté pour Cuba ! #SOSCuba » et était accompagné d’une photo sur laquelle on voyait un jeune cagoulé, le visage caché, lançant un cocktail Molotov. Derrière lui, on voyait une photo de Che Guevara et la phrase : « Plus de communisme. » Il s’agissait d’un montage réalisé à partir d’un instantané pris par le photographe étasunien David McNew, le 30 mai 2020 à Los Ángeles, Californie, aux Etats-Unis, pendant les protestations qui ont suivi l’assassinat de l’Afro-américain George Floyd.

Les analystes et les habitués n’échappent pas à ces « mensonges » en recourant à des arguments et des mensonges. Un éditorialiste de Voz Populi qui occupait la charge de sous-directeur de l’information TVE et a été directeur-éditeur de la première édition du journal télévisé affirme qu’à «Cuba le régime fait disparaître des gens comme cela arrive aussi au Venezuela avec l’impunité de celui qui exercela force après avoir démantelé la démocratie libérale. »

Il n’y a pas de disparitions forcées à Cuba, d’après les institutions internationales, en dehors du fait qu’on peut ne pas indiquer l’endroit où se trouve un détenu pendant quelques heures comme cela arrive dans notre pays après certaines arrestations. En Espagne aussi, il peut arriver qu’und étenu soit transféré dans un centre et que pendant quelques heures, la famille ne sache pas dans quel commissariat il se trouve.

Dans un débat de La Sexta, ils disent que la preuve de la démocratie, c’est la frontière : s’ils ne laissent sortir personne, c’est une dictature. Ils oublient que les pays qui blindent leurs frontières, ce osnt les pays riches comme les Etats-Unis ou l’Union européenne et que depuis des années, les Cubains peuvent quitter leur pays sans problème, que la difficulté qu’ils rencontrent pour le faire, c’est d’obtenir un visa d’un autre pays.

L’attention que les médias ont portée aux manifestations à Cuba est surprenante alors que ces mêmes médias sont passés sur la pointe des pieds sur l’assassinat du président d’Haïti ou ont passé sous silence la répression en Colombie qui a fait 63 morts en 2 mois. Sans aller plus loin, ce week-end, 72 personnes sont mortes à cause de troubles en Afrique du Sud. où il est. Ils se sont plus occupés de Cuba que les ifnoramtiosn concernant l’enrichissement de Juan Carlos de Bourbon grâce à la vente d’armes.

Revenons à Cuba, les positions des responsables du Gouvernement, des membres du coprs diplomatique et des porte-parole des centaines d’organisations de soutien à la Révolution cubaine qui existent dans le monde n’ont pas été répercutées.

Même pas un mot de la souffrance du peuple cubain à cause de la pandémie qui a été utilisé le comme argument de critique. On n’a pas assez parlé du rôle du blocus imposé par les Etats-Unis. Ces mêmes analystes et ces mêmes médias qui parlaient des rébellions à Cuba et lançaient des appels à les soutenir ne dénonçaient pas le fait que le blocus commercial a provoqué de graves problèmes pour se procurer le matériel sanitaire nécessaire pour lutter contre la pandémie.

Les organisations MediCuba Suisse et Suisse-Cuba ont dénoncé dans un communiqué le fait qu’en avril de l’année dernière, le blocus a empêche de réaliser des transferts d’argent pour que la Suisse vende des respirateurs à Cuba. Quand le propriétaire multimillionnaire de la plateforme électronique Alibaba a voulu donner des masques et des kits de diagnostic COVID à 24 pays d’Amérique Latine, il a dû prouver que ce matériel n’allait pas à Cuba parce qu’il voyageait sur une ligne aérienne qui, bien que colombienne, fonctionnait avec du capital étasunien et qu’il lui était interdit de faire du commerce avec Cuba.

Rappelons que l’Assemblée des Nations Unies, comme tous les ans, a voté massivement contre ce blocus en juin dernier. Seuls les Etats-Unis et Israël ont voté contre la résolution demandant la levée du blocus qui a été approuvée par 184 pays.

Peut-être qu’en plus de discuter pour savoir si Cuba est une dictature ou non, nous pourrions regarder la poutre dans notre œil et discuter pour savoir si une démocratie peut s’appeler démocratie si les citoyens ne sont pas informés ou sont trompés. Parce que dans les dictatures, les gens savent qu’ils ne sont pas informés mais dans nos systèmes actuels, nous pensons que nous sommes informés et nous ne le sommes pas non plus.

(Extrait de Cuba Periodistas)

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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