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Chili : Un cabinet avec de membres de la Concertation et d’autres partis du centre

Santiago. Dimanche 26 décembre 2021. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Aussi bien le président élu que les membres de sa coalition écartent les pressions et sont ouverts au fait de prendre en considération des noms en provenance d’autres groupes.

L’une des tâches les plus ardues du commandement de Gabriel Boric avant d’être investi le 11 mars prochain est la formation du cabinet qui l’accompagnera à La Moneda. A ce sujet, le président élu a affirmé qu’ila engagé des conversations avec les partis membres de « J’approuve la Dignité » et avec d’autres partis de centre-gauche. Il a déclaré : « J’ai une totale autonomie pour désigner le cabinet et je vais le faire en pensant à ce qui est le mieux pour le pays, pas en me basant sur des quotas de partis. »

« Il y a des discussions à différents niveaux : il y en a qui se déroulent dans le cadre des partis de « J’approuve la Dignité » et ce que j’ai signalé aux différents partis, aussi bien de « J’approuve la Dignité » comme du reste, c’est que moi, ce qui m’intéresse, c’est d’avoir des relations institutionnelles avec les partis, de renforcer les partis et, à propos du cabinet, c’est quelque chose dont je dirais que ça suit une autre voie et les partis de « J’approuve la Dignité » l’ont exprimé ainsi, » a-t-il souligné.

Il a déjà discuté avec le Parti Socialiste (PS). Son président, Alvaro Elizalde, s’est joint au président élu pour parler de sujets contenus dans le programme et il a écarté l’idée qu’on ait déjà cité » des noms. « Il nous semble essentiel que j’aie tout le soutien pour que les changements dont le Chili a besoin deviennent réalité et nous, nous nous avons mis en danger notre soutien au Parlement, » a-t-il confirmé. Elizalde a ajouté que le président élu «nous  a remerciés pour le soutien que nous lui avons apporté sans rien demander en échange dans le cadre du second tour. »

Il s’est passé la même chose avec le Parti Communiste (PC) qui fait partie de « J’approuve la Dignité, » la coalition qui a soutenu Boric aux élections présidentielles. Son président, Guillermo Teiller, a affirmé que le président élu a une totale autonomie pour décider si oui ou non il veut inclure des membres d’autres partis dans son cabinet « pas pour tempérer ou réviser son programme mais pour rendre possible sa mise en œuvre. »

La direction a fait savoir que Boric a aussi discuté avec l’ambassadeur de Chine et avec l’ambassadeur des Etats-Unis au Chili, ce qui est ocnsidéré comme essentiel pour engager des relations.

Le nom de l’avocate Paulina Vodanovic, actuelle présidente de la fondation créée par Michelle Bachelet, Horizon Citoyen, pour diriger le ministère de la Défense tourne en boucle. La juriste a été sous-secrétaire pour les Forces Armées lors du second mandat de la commissaire aux droits de l’homme de l’ONU et dans cette fonction, elle avait resserré les liens avec le commandement militaire. On parle aussi pour cette charge de Marcos Robledo, un ancien sous-secrétaire à la Défense de 2014 à 2018, également partisan de Bachelet et proche de Fernando Atria, un membre de l’assemblée Constituante du Front Large (FA).

Il faut rappeler que la fondation d’ Horizon Citoyen a soutenu publiquement Boric le 25 novembre, quelques jours après le premier tour des élections et qu’elle a émis un communiqué signé par Vodanovic en personne dans lequel elle apportait son soutien à celui qui fut le candidat du Front Large et du Parti Communiste.

Pour le ministère des finances et le ministère du Travail, on avance le nom de personnalités qui ont déjà participé à la campagne présidentielle. Pour ce dernier, on parle de la conseillère de campagne et professeur d’université Claudia Sanhueza, du communiste Femando Carmona et de la députée du PC Camila Vallejo qui a présenté le proposition de réduction de la journée de travail à 40 heures par semaine.

Pour le ministère du Développement Social, circule le nom de la députée socialiste Maya Fernández, pour celui de l’Energie, celui de Claudio Huepeet de l’ancien ministre de l’Environnement, Marcelo Mena, alors que pour le ministère des Transports, apparaissent des noms comme celui du coordinateur du secteur de la mobilité de Boric, Cristóbal Pineda, de l’ancien directeur du Transport Public Métropolitain Guillermo Muñoz, et de Paola Tapia, qui a été en charge de ce ministère sous le second mandat de Bachelet.

Si on tient compte du fait que les noms qui circulent ces jours-ci et du penchant de Boric pour ses amis de la Concertation, il est évident que ceux qui cherchent à qualifier cette nouvelle étape du Chili de possible résurrection de l’alliendisme se taperont la tête contre le mur. Ce qui revient, c’est la Concertation, celle de Bachellet et d’un centre-gauche qui aime flirter avec de nombreuses propositions de ceux qu’ils appellent la « droite intelligente. »

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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