Classe politique et Peuple (des électeurs) : une situation d’une extrême gravité !

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On a du mal à le cacher ou à ne pas le dire : Les résultats des dernières consultations électorales tant en Guadeloupe qu’en Martinique, montrent et démontrent que la fracture entre la classe politique et le peuple (des électeurs) ne fait que croître.

Les chiffres de l’abstention, c’est à dire du refus du peuple de participer aux élections sont démonstratifs

Élections régionales de 2015 : +48% d’abstention (moyenne des 2 tours) 

Élections régionales de 2021 : +66% ( moyenne des 2 tours)

Elections départementales de 2021 : + 65% d’abstention sur les 2 tours

Présidentielles françaises en Guadeloupe : abstention 52,82%

1er tour des législatives 2022 : +61% d’abstention

On note que le taux de participation du peuple ( des electeurs ) aux joutes électorales organisées dans notre pays n’a pas cessé de diminuer. Pourquoi ?

Les chiffres d’une abstention aussi massive, sont révélateurs du malaise croissant, d’une défiance de plus en plus importante entre le peuple électeurs et la classe politique.

En Novembre 2020, l’organisme de sondage Qualistat notait que « La confiance globale accordée à la classe politique affiche une hausse très sensible pour atteindre 34%, soit un Guadeloupéen sur trois ».

Autrement dit, plus de 60 % de guadeloupéens ne font plus confiance aux politiques. C’est extrêmement grave et c’est donc, ce désintérêt, cette défiance qui se manifeste et croit lors des consultations.

Ces chiffres sont donc de vrais indicateurs du rapport réel entre la classe politique et le peuple Guadeloupéen.

Il faut souligner que même aux temps pas si éloignés, mais un peu oubliés (décennies 60/80), quand les organisations indépendantistes/nationalistes Guadeloupéennes (GONG, PTG, UPLG MPGI) appelaient au boycott des sélections (pa voté nou pa fwansé!) le taux d’abstention n’était pas aussi élevé. C’est dire qu’au fil du temps et au regard de la détérioration de la situation sociale économique et sanitaire, il y a eu une prise de conscience de nos réalités.

Depuis plus d’une décennie en dépit des décisions gouvernementales cosmétiques, le taux du chômage n’a jamais été inférieur à 25%; ce qui est énorme. Rappelons que lorsqu’en France, le chômage qui est aujourd’hui de 7% oscille vers les 9% les organisations syndicales et politiques, toutes tendances confondues, sont en alerte maximum.

Dans la Guadeloupe colonisée, le chômage à plus de 25% est devenu comme « normal » et « habituel » et ne choque pas la classe politique.

Dans les programmes électoralistes, il n’est presque jamais question, car nos politiques savent parfaitement que dans le contexte colonial actuel, ils ne peuvent aucunement inverser la tendance. Autre conséquence visible de la dégradation de la situation, l’exode de plus en plus massif de la jeunesse, avec comme résultat le vieillissement de la population. Car ces jeunes sans grande possibilité de vivre et travailler en Guadeloupe s’installent ailleurs et leurs enfants naissent dans cet ailleurs.

La crise sanitaire des deux dernières années, a mis à nu, à la fois, la faiblesse de l’offre de soins, mais aussi l’incapacité démontrée des élus à pouvoir s’opposer à la vaccination obligatoire française et donc aux suspensions des soignants.

A ce propos, la légère remontée de la participation lors des présidentielles françaises en Guadeloupe et les résultats obtenus par la liste Mélenchon et la liste l’extrême-droite peuvent être considérés comme des « signaux » à l’égard du pouvoir colonial ; et aussi des élus-relais de la macronie.

Samedi 18 juin sur le coup de 20h. il y aura comme par le passé 4 députés franco-guadeloupéens, élus. C’est loin d’être une nouveauté. Depuis le milieu du 19è siècle ce sont des dizaines d’hommes et femmes de la Guadeloupe, qui ont été tantôt députés, sénateurs, voire même ministres. Ont-ils pu grâce à leurs interventions ponctuelles et régulières, radicalement modifier les rapports coloniaux entre la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la France ?

Notre peuple, qui vit au quotidien dans un système qu’il na pas choisi, en s’abstenant lance des alertes. Elles sont parfois maladroites et dangereuses. Ainsi, le vote en faveur de l’extrême-droite dans notre pays est aussi la preuve qu’une frange de notre peuple veut changer de logiciel. Mais pas très informés sur la véritable réalité idéologique du lepénisme* des électeurs “bouffis” déçus par l’immobilisme des élus macronistes officiels ou en rupture, a décidé, a cru que le vote pour Lepen pouvait être une “solution”. Pour freiner le “balan” de cette idéologie dans notre pays, il faudrait une véritable campagne d’explications, mais quel politique veut faire ce job ?

Notre classe politique, on le voit est donc très loin, très en deçà des “besoins” réels de notre peuple. Le surprenant abandon de Marie-Luce Penchard au 2e tour des législatives peut-être considéré comme un violent “scud” lancé en direction du GUSR de Guy Losbar. La décision radicale de MLP est une dénonciation officielle et publique des méthodes para-électoralistes du GUSR.

L’absence de réactions et l’impressionnant silence du GUSR ne peuvent que renforcer la défiance du citoyen électeur vis-à-vis de la classe politique.

DZ

Note.*A qui la faute? : à la classe politique, qui a laissé grandir cette plante vénéneuse ? aux journalistes et universitaires qui n’ont pas fait le job d’expliquer ce qu’est cette extrêmedroite et qui se sont laissés abuser par la propagande de dédiabolisation lepéniste?

En réalité du fait qu’en France, Le Pen, Zemmour et cie, au nom de la démocratie française participent au jeu électoral certains croient qu’on peut dans la colonie importer et traiter l’idéologie raciste au même niveau qu’en France. C’est une erreur manifeste et grave !