Abymes. Mardi 13 juin 2022. CCN. Pour réaliser cet excellent film documentaire, présenté à #cinestar et en avant première la semaine dernière, la cinéaste nous invite à une véritable immersion dans la dure réalité sociétale de l’ile de Saint Martin. Le film se passe dans l’un des quartiers les plus déshérités de la #friendly island : le pont de #Sandy Ground c’est tout juste avant l’entrée de ##Marigot.

Le documentaire a été entièrement tourné dans le très injustement “célèbre” quartier populaire de Sandy Ground Bridge, qui a été on s’en souvient, totalement ravagé par le cyclone #Irma en septembre 2017.

Dans la vie quotidienne Saint-Martinoise, le « pont de Sandy Ground peut être considéré presque comme une sorte de « frontière » entre deux mondes qui s’ignorent. D’un côté la ville commerciale et touristique de Marigot avec ses quartiers huppés sa population à dominante européenne et de l’autre côté du pont-frontière : une population jeune composée presque essentiellement de Saint-Martinois d’origine et qui depuis des décennies a été complètement oubliée et croupit dans sa misère.

Dans ce ghetto qu’est donc, un personnage important : l’un des passagers » du pont @Jeremy. Un jeune président d’association de quartier, qui a connu la prison, mais se bat avec toute l’énergie du désespoir, pour tenter d’aider les jeunes de Sandy Ground à sortir de cette misère sans nom.

Mais @Mariette Monpierre, qui n’a sans doute pas voulu faire un documentaire très
manichéiste a “trouvé” un autre « passager” du pont, C’est Patrice, un français propriétaire d’un important hôtel qui avait été détruit par Irma

Ces deux hommes, issus de deux milieux sociaux diamétralement opposés, partagent la même volonté : lutter contre cette fracture sociale existante entre les passagers des deux bords du pont.

Bien que le sujet du documentaire soit en fait la dénonciation d’une situation sociale particulièrement compliquée et difficile, la réalisatrice a su éviter le piège de certains documentaires réalisés et diffusés en Guadeloupe. Ceux-ci sont souvent trop lisses et trop consensuels (avec des « experts ») et n’éveillent pas suffisamment l’esprit critique de nos téléspectateurs.

Le documentaire de @Mariette Monpierre s’est construit avec une esthétique rare, de très belles images (sans jamais tomber dans la carte. postale), et une BO de style blues – caribéen qui illustre parfaitement son sujet.

Dans l’ensemble, cela donne un vrai et bon documentaire, une œuvre de qualité. A la fin, on a tout de suite envie de le revoir.

« Les passagers du pont » sera diffusé à compter du 8 juin sur #Canal+ Antilles.

Maleekah Fedjee