Abymes. Mercredi 20 avril 2022. CCN. L’artiste de jazz qui a joué dans le célèbre orchestre Basse-Terrien » Lles Aiglons » est de passage en Guadeloupe. Il a commencé sa tournée au restaurant du Gosier le New Ti Paris samedi 16 avril avec une soirée de Jazz et Biguine. Interview..

CCN : Comment est né votre passion pour le piano ?

Patrick Nuissier : Nous avons tous appris à jouer du piano à la maison avec ma mère qui était professeur de piano. Cela ne m’intéressait t pas plus que ça, jusqu’au jour où j’ai entendu un orgue. Nous habitions en face d’une église et j’écoutais régulièrement ce son qui me fascinait. Par la suite, j’ai intégré un groupe de musique en commençant par jouer de l’orgue. Les débuts furent difficiles, car je n’arrivais pas toujours à être dans le tempo. Après un an de pratique, j’étais plus à l’aise avec ce que je jouais. Par la suite, j’ai découvert Jimmy Smith qui était l’un des meilleurs organistes de jazz américain, de la classe de Rhoda Scott et d’Eddy Louis qui était un célèbre pianiste de jazz français. C’est l’orgue qui a déclenché ma passion.

CCN : Quel a été votre parcours pour devenir le musicien que vous êtes aujourd’hui ?

PN : Avant de devenir un musicien de jazz, j’ai connu le succès avec les Aiglons de Basse-Terre grâce aux riffs et aux solos que j’interprétais au synthétiseur et qui ont été reconnus sur le plan international.

En 1978, je suis revenu au piano et l’année suivante mon baccalauréat en poche, je quittais la Guadeloupe pour aller étudier en Belgique. N’ayant pas de bourse, j’ai été pris dans la spirale de l’alimentaire. J’ai joué dans plusieurs restaurants bar à Paris, notamment au club Cabana Rythme à la Place Blanche près de Pigalle. C’était le lieu incontournable des musiciens antillais. Nous jouions essentiellement de la biguine. Puis, en 1981 j’ai eu une proposition pour travailler dans un Club Latino à Bruxelles ce qui m’a permis de me stabiliser. J’ai eu l’opportunité de jouer de la musique brésilienne, la Salsa et partir en tournée en Europe. En 1990, je suis retourné à Paris pour faire mon premier album qui s’appelait « Zook modulé ». La même année, je me suis décidé à intégrer le conservatoire Royal de Bruxelles quand ils ont créé une section Jazz. Pour moi, c’était la bonne occasion d’accomplir mon rêve. Je suis resté 5 ans à étudier la musique jazz sur tous ses aspects. L’apprentissage du jazz est différent de la musique classique, car c’est une musique très syncopée qui a une rythmique spéciale. A la sortie du conservatoire, j’ai donné des cours dans des écoles de musique et j’ai beaucoup joué dans les hôtels américains en Belgique Il m’arrive d’intervenir dans des Master Class quand je suis de passage en Guadeloupe. Je poursuis encore mon travail d’enseignement dans des écoles privées bruxelloises.

CCN : La crise sanitaire vous a-t-elle impactée ?

PN : Ca été pour moi une longue traversée du désert. J’ai malgré tout profité pour réaliser un single de jazz « Odyssée de l’eau » avec mes professeurs du conservatoire. J’ai choisi comme style de jazz ,le swing, c’est une musique rythmée avec des thèmes mélodieux, entrainants, et plus accessible au public Ma référence, c’est le musicien de jazz le plus connu en Belgique Toots Thieleman.

CCN : Comment choisissez-vous d’intégrer les rythmes caribéens et plus particulièrement la Biguine dans vos compositions ?

PN : Ma référence principale c’est Alain Jean-Marie. Il m’arrive de temps en temps de jouer de la » biguine Jazz « pour des initiés. Mon thème favori c’est « Amour à Montréal » composé par Alain Jean Marie qui est un savant mariage de « Be pop »et de biguine. Je travaille actuellement sur un album de biguine Jazz avec des sonorités de Ka qui seront très présentes.

CCN : Que diriez-vous au public pour lui donner envie de venir vous voir sur scène ?

PN : Je vais jouer un style de jazz très accessible au public avec des thèmes très mélodieux qui swinguent et des morceaux de Biguine Jazz d’Alain Jean-Marie. Je termine toujours par une chanson chantée pour ceux qui veulent danser.

Les prochaines dates de concert :

Le jeudi 21 avril 2022 au restaurant panoramique sur la plage de la Datcha au Gosier pour un concert le midi

Le dimanche 24 avril 2022 au restaurant le Diamant créole à la Regretté Trois-Rivières pour un concert le midi avec DominiK Coco

Le Mardi 26 avril 2022 à la Créole Jazz Club au Gosier pour un concert en soirée avec la chanteuse Nicole Haykel.

Propos recueillis par Maleekah Feedje