Caraibe. Carlos Gimenez, un immigre cubain en croisade anti communiste dans le monde

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Miami. Samedi 29 janvier 2022. CCN. Serions-nous retournés aux sombres années de la Guerre Froide de la 2emoitié du Xxe siècle ? Sans fixer notre regard en Europe de l’Est, une simple analyse de l’engagement de responsables politiques étasuniens peut légitimer une telle crainte, surtout depuis que mardi 25 janvier, trois élus républicains de Floride ont déposé le « Combatting Communist Act ».

Le C.C.A. (« Combatting Communist Act »), est un projet de loi visant à créer un poste de chargé de lutte contre le communisme et l’autoritarisme au Département d’Etat. L’occupant du fauteuil remplirait des fonctions similaires à celles de l’ambassadeur du Département d’Etat, fonction créée en 2004, pour lutter contre l’antisémitisme mondial.

LES ANTICASTRISTES EN FIGURE DE PROUE

C’est par un message via le réseau Twitter que le grand public a appris, ce mercredi, la proposition de création du poste supplémentaire au Département d’Etat ; le C.C.A. est une initiative de Carlos GIMENEZ, un immigré cubain après la révolution castriste qui fut maire du comté de Miami-Dade ; élu représentant républicain à la Chambre, depuis 2020. Il a été rejoint dans sa démarche par trois autres représentants étiquetés du Parti à l’Eléphant à la Chambre Basse du Congrès. Tous sont nés de parents qui avaient également fui Cuba pour la Floride dans les années 1960.

COMBATTRE LE COMMUNISME DANS LA CARAIBE

Les arguments avancés par les partisans de cette nouvelle croisade contre le « péril rouge », s’appuient sur les récents événements observés dans les Etats qui dénoncent l’impérialisme étasunien dans la Caraïbe. On relève relève ainsi l’ancrage sandiniste au Nicaragua, où Daniel ORTEGA entame un quatrième mandat consécutif à l’issue d’élections décriées le 7 novembre dernier tant par le gouvernement des Etats-Unis, que par l’opposition qui a déclaré avoir été victime de censure et de répression…  Autre « bête noire » de « l’Oncle Sam » : Cuba, qui résiste à à 60 ans d’embargo et qui malgré la fin de la dynastie CASTRO au pouvoir depuis l’année dernière, ne figure toujours pas parmi les « bons voisins » ; d’autant que les arrestations de dissidents à la Havane suite à une manifestation de protestation le 11 juillet dernier, a ravivé les velleités anti-castristes en Floride… sans perdre de vue le soutien appuyé de Washington aux opposants de Nicolas MADURO au Venezuela.

Les élus républicains de Floride exortent les autorités étasuniennes à reprendre le rôle de « leader du monde libre, et les valeurs universelles de liberté, de démocratie et de paix », tel que le Président Harry TRUMAN l’avait annoncé lors de son discours qui avait défini le « containment » devant le Congrès le 12 mars 1947. Les parlementaires de Floride d’ajouter « Le communisme tue. L’autoritarisme tue. La liberté et la liberté doivent prévaloir ».

Derrière la proposition de GIMENEZ, d’aucuns voient une réaction du camp républicain au projet de loi de l’aile gauche démocrate au Congrès qui vise à établir un envoyé spécial combattre l’islamophobie internationale. D’autres voix en revanche, voient une volonté des partisans de Donald TRUMP de réafirmer la volonté de leur mentor d’imposer une « Amérique forte » dans la région ; à une dizaine de mois des élections de mi-mandat, sans revenir à la « politique du Big Stick » que les Etats-Unis ont imposé aux territoires de la Caraïbe sous leur contrôle pendant tout le XXe siècle, le C.C.A. de GIMENEZ risque fort d’ébranler de camp démocrate, alors que des bruits de bottes se font entendre en Ukraine, ancien bastion communiste de la Guerre Froide.