Violences : Gérard Cotellon géreur du pass sanitaire-vaccinal français

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Au temps de l’esclavage de nos ancêtres, le géreur de l’habitation était parfois, un africain soumis , appelé à remplacer le colon -maitre -blanc. Il était détesté voire haï par les autres travailleurs esclavagisés, mais il se complaisait dans son rôle. Le géreur d’habitation, comme son nom l’indique, était donc  chargé de gérer l’habitation en l’absence du maître. Il s’assurait que le travail ait bien été effectué à l’atelier.

Il vérifiait que le commandeur et l’économe, fassent bien leur travail. Il veillait scrupuleusement sur les rapports qu’il lui rendait. Il était « maître » en l’absence du « maître ».

C’est donc une vieillerie coloniale   liée à une période de notre histoire qu’on croyait révolue.

Gérard Cotellon, fonctionnaire afro-descendant mais français dans son comportement de soumission totale à la loi française du 5 août 2021, est en situation objective de « géreur ».

Il le sait, et le revendique.  Car si on se rapporte à toutes les déclarations faites urbi et orbi, singulièrement sur les médias étrangers. Ex sur France Info, « C’est une minorité très agissante, des personnes qui sont contre la vaccination, contre la passe sanitaire. Je me retrouve dans une situation, dans cet établissement, où nous avons une très forte proportion de soignants non vaccinés — en dessous de 70%. Les suspensions n’ont pas été mise en œuvre, ce sera le cas la semaine prochaine.  (11 oct. 2021).

Il n’a jamais ni voulu ni souhaité faire autre chose qu’appliquer la loi, dans toute sa rigueur.

Faut-il le lui reprocher ? en tant que fonctionnaire colonial français aux ordres du pouvoir pouvait-il en être autrement ?

Dans notre histoire récente, des fonctionnaires mais authentiques guadeloupéens, ont souvent eu le courage de s’opposer à des décisions franco-françaises. Si Cotellon, avait osé, il aurait sans doute été soutenu et nous n’en serions pas là.

D’autant que dans les colonies de Martinique et de Guyane, les DG des CHU, ont été beaucoup plus souples.

Mais bien avant le pass sanitaire et les dommages collatéraux liés à l’opposition radicale des syndicats du CHU, un autre épisode tout aussi compliqué a très tôt donné une idée très précise du rapport plus ou moins singulier, de Cotellon avec ses compatriotes.

Le Docteur Mona Hedreville cardiologue réputée au niveau international a dû à force de souffrances, déposer une plainte devant le tribunal administratif (oct. 2020) contre ce même Cotellon, alors accusé de « harcèlement moral ».

Cette plainte est la suite d’une véritable « guérilla », menée par le DG du CHU, contre la cardiologue ;

Au point que Cotellon décida de l’expulser de son cabinet du CHU, de « disperser » ses dossiers médicaux à tout vent.  L’irrascible Cotellon n’ayant pas supporté que Dr Hedreville, soit la « passionaria » d’un Comité luttant pour qu ‘après l’incendie de Nov. 2017, le CHU soit de nouveau opérationnel.

Quand Cotellon, décide, sur ordre de l’ARS, d’appliquer la loi et de ce fait de jeter à la rue, et sans salaires des dizaines de soignants du CHU, par la violence d’une telle décision, il se met à dos, toutes les victimes directes de cette loi, mais aussi, une grande partie de l’opinion.  Cotellon, est alors dans la posture d’un géreur violent.

Pourtant ses interlocuteurs, tenteront une ultime médiation, mais elle n’aboutira pas.  Il faut aussi se rappeler, qu’au même moment, l’État colonial, par le biais de son Ministre des Dernières Colonies, démontre qu’il ne veut engager aucune discussion avec le Kolektif. Alors,  le climat se dégrade dans le pays, la colère populaire ne cesse de croitre., et personne ne sait sur quoi cela peut aboutir…

C’est alors que les « frères » de Cotellon décident de voler à son secours et de créer  un pseudo « Comité contre la violence », face cachée d’un vrai « comité de soutien aux actions injustes de Cotellon pour  la vaccination ». Il s’agit là d’une véritable escroquerie intellectuelle, car les cotelonnistes-pro vax, savent dénoncer disent-ils « la violence ».  Mais pas celle des soignants sans salaires, pas cet attentat perpétré contre l’avocate Joselene Gélabale, ou l’agression injustifiée d’un journaliste- reporter par des militaires français. Le « Comité de soutien à Cotellon » est dans les faits totalement   muet face à la réalité de la violence quotidienne du colonialisme. D’ailleurs, ce courant néo colonial   est désormais clairement   identifié. Ainsi donc outre les cotelonnistes, la nouvelle figure de proue du système néo-colonial c’est désormais « Patricia Trobo ». Elle pérore souvent ici et ailleurs sur les ondes.

Au fil de ses interventions, elle s’assume comme étant une vraie garante du système: sera-t-elle demain elle aussi une « géreuse » ?

Il est certain, que pour se pérenniser le système colonial, a toujours eu besoin de ces fonctionnaires-géreurs, de ces politiciens asservis. Ils sont les ultimes et défenseurs du système.

La chance pour notre pays, au contraire de ce qui s’est passé dans l’Afrique post coloniale, c’est que bien avant une éventuelle indépendance nous pouvons déjà les cibler , et  voir à la manoeuvre, ceux qui ont choisi le camp néo- colonialiste.

Vu sous cet angle cette pandémie a du bon elle nous ouvre les yeux.

 Ce qui est sur, après ce Covid  notre  Guadeloupe ne pourra  être plus la même !