Des Guadeloupéens et des Guadeloupéennes désorientés

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Bonne année !

Ainsi que le veut la tradition, nous souhaitons à tous nos lecteurs une heureuse année 2022. Mais aussitôt, le regard se tourne vers le rétroviseur. Vers cette année 2021, qui après 2020, a baigné dans l’atmosphère morbide de la Covid19.

D’autant plus qu’en Guadeloupe, nous avons vécu une 4e vague durant les Grandes Vacances, qui a emporté, selon les derniers recollements de l’Agence Régionale de Santé (Hôpitaux, EHPAD, domicile) plus de huit cents Guadeloupéens et Guadeloupéennes.

Et au moment où l’on attend fébrilement l’arrivée sur notre archipel du variant Omicron, plus contagieux mais moins virulent semble-t-il, l’horizon peine à s’éclaircir aussi bien sur le plan social que sur le plan économique.

Les négociations sont au point mort tant l’intersyndicale et nos élus locaux qui sont loin d’être les seuls maîtres du jeu, semblent enfermés dans une impasse. Au point qu’il n’y a plus eu de rencontre entre eux, depuis presque trois semaines.

L’impuissance des élus n’a de comparaison que l’entêtement stérile des syndicats. À côté, l’État trace son chemin, organise ses propres ateliers de la jeunesse, conduit des entretiens thématiques avec les forces vives, persiste à appliquer la loi vaille que vaille. Et ce d’autant qu’à Paris avec les élections et l’adhésion de plus en plus massive au vaccin, la préoccupation, comme les priorités d’avenir, ne peuvent être scotchés aux logiques plus ou moins irrationnelles de notre archipel qui ne compte toujours que 35 % de double vaccinés.

Tout fonctionne comme si nous vivions dans trois univers parallèles. Celui des syndicats de plus en plus esseulés, qui occupent le terrain, organisent des coups de force comme l’intrusion au Palais du Conseil Régional, l’agression de la direction du CHU ou le blocage de certaines activités stratégiques telles le Port.

Il faut bien hurler pour faire entendre sa voix lorsque l’on est enfermé dans ses propres contradictions et que l’on s’obstine à se cogner la tête contre un mur. Il y a celui des élus, démunis de possibilités législatives ou réglementaires, surtout impécunieux et se déclarant incompétents de par la loi, pour satisfaire certaines revendications du collectif.

Enfin il y a l’Etat, ou plutôt le gouvernement, dont la stratégie est sous-tendue à la fois par les prochaines élections présidentielles et législatives que par la gouvernance du futur CHU.

Pourtant il y a un pays qui existe. Des Guadeloupéens et des Guadeloupéennes désorientés, qui ne savent plus à quels saints se vouer. Une jeunesse qui se doit d’espérer. Des malades qui ont peur d’être plus malades tant l’accès aux soins devient problématique. Des entreprises qui déplorent une météo incertaine pour plus de visibilité afin d’investir et se développer et créer des emplois.

Nous avons un devoir de refuser ce funeste karma.

Retrouvons et c’est là l’urgence des urgences, la confiance perdue car quelque chose s’est déjà cassé au sein de notre société. Un lien rompu au sein même des familles qui n’ont pu se retrouver à Noël et qui sont durablement disloquées à cause de la Covid et de la vaccination. Et d’une violence pour des motifs et ambitions inavouables, voulant en imposer à tous.

Il devra bien y avoir un moment où se produira un retour à la raison. Un retournement de situation qui permettra d’entrevoir le retour à la vie normale et envisager un avenir.

C’est donc le vœu que j’adresse avec toute l’équipe du Progrès Social, pour que de nouveau nous œuvrions ensemble avec une intelligence collaborative, pour la Guadeloupe, pour les Guadeloupéens de toutes conditions sociales, de tous âges et de toutes origines. La concurrence pour l’entrée de devises est rude. Ne l’oublions pas. Péyi Gwadeloup sé pli bel péyi. L’endroit où se sont rencontrés les dieux de tous les horizons. Ne les décevons pas !

Bonne et heureuse année 2022 à tous et à toutes !

RJC