Amérique Latine: D’anciens fonctionnaires de l’oligarchie de Lima torpillent le RUNASUR

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Amérique latine. Dimanche 2 janvier 2022. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. La seconde réunion des peuples et des mouvements sociaux de l’Abya Yala du Sud était programmée et devait avoir lieu à Cusco, Pérou mais le seule présence annoncée de l’ancien  président de la Bolivie, Evo Morales Ayma, a effrayé la vieille oligarchie de Lima qui refuse d’émanciper les peuples millénaires du Pérou.

Le RUNASUR, un terme bilingue formé avec le mot  « runa » (gens, en quechua) et le mot « sur », (en référence à l’hémisphère sud) est un espace créé par les peuples millénaires et centenaires du sud du continent pour coordonner des processus d’émancipation plurinationaux par rapport aux oligarchies créoles nationales et à l’impérialisme nord-américain.

A l’annonce de la seconde réunion du RUNASUR dans le sud du Pérou, d’anciens chefs des forces armées et d’anciens ministres des affaires étrangères  du Pérou ont exprimé leurs craintes et propagé la haine à travers les médias créoles corporatifs favorables à l’oligarchie de Lima.

«Evo Morales veut libérer nos Indiens. » Dans les notes diffusées par les anciens fonctionnaires de l’oligarchie de Lima contre la réunion du RUNASUR, ce message est répété en boucle. Un message qui n’est rien d’autre que réification  de la condition socio-politique dans laquelle se trouvent les communautés et le peuple originaires dans ce pays. Au Pérou, les peuples indigènes sont considérés comme « des serfs et/ou des fermiers » de la République. C’est pourquoi l’oligarchie de Lima repousse toute tentative d’émancipation de ses « fermiers », plus encore si c’est avec la présence ou l‘aide d’un autre « fermier rebelle étranger. »

Le RUNASUR cherche à diviser nos peuples. » Autre tic de langage que répètent les gardiens ou les anciens gardiens de la République créole péruvienne. Le RUNASUR, que cela leur plaise ou non, poursuivra son objectif de coordination des luttes libertaires des peuples jusque’à obtenir une  Abya Yala souveraine plurinationale.

Ce sont les républiques créoles bicentenaires qui ont divisé les peuples originaires en leur imposant des frontières fratricides. Aymaras, quechuas, guaranis, mayas, misquitos… ont été divisés par les criminelles frontières républicaines. Condamnés à appeler « étranger » nos frères d sang. Condamnés à renier notre identité millénaire et à devenir des Péruviens, des Boliviens, des Equatoriens, des Guatémaltèques, ana que les créoles et leurs acolytes nous acceptent comme citoyens à part entière dans ces républiques de rafistolage.

« La plurinationalité, c’est le marxisme, c’est le léninisme. » Une autre oraison que répètent les  gardiens de la République péruvienne. Leur ignorance atteint un tel niveau qu’ils attribuent des idées ou des concepts actuellement en construction à des penseurs et à des acteurs du passé. Le marxisme a encouragé et encourage le monoculturalisme moderne (grâce aux Etats Nations). Et pour le marxisme, pour le léninisme… les peuples originaires n’ont pas été et ne seront jamais sujets à des changements ou des sujets socio-politiques.

La plurinationalité est une proposition socio-politique en construction qui a pour but la décolonisation des peuples pour avancer vers le Bien Vivre. La plurinationalité est une proposition trans-moderne. Le marxisme est la modernité et le monoculturalisme dans une bonne mesure.

Triste mais vrai. En plein XXI ème siècle, des colons péruviens continuent à nous  répéter des mensonges destinés à freiner nos processus d’émancipation. Et le pire, c’est que nous, les subalternes, continuons à croire ces mensonges comme si c’étaient  des vérités. Mais plus le temps passe et de plus en plus de gens et de peuples sont prêts à sortir des colonies républicaines bicentenaires.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos