Guadeloupe. Politique. Après le passage éclair du ministre des dernières colonies, que va-t-il se passer ? 

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Pointe à Pitre Mercredi 1er décembre 2021. CCN. Arrivé dimanche en Guadeloupe sans aucune volonté d’aborder dans le fond, les problèmes posés par le Collectif en grève depuis le 15 nov. Lecornu, a véritablement fui car il n’avait aucun autre choix. Cela posé, Lecornu n’a t-il pas ainsi obligé les politiques à s’interroger vraiment sur l’avenir de notre pays ? On reparlera sans doute du « Congrès » des élus dans les mois à venir. Car derrière cette crise sociale se profile une crise politique. Chacun le sait.

Lundi 29 novembre 2021, 10 : 00 du matin en affichant une attitude ferme et résolue, le Collectif d’Organisations syndicales LKP a flanqué au ministre sa première gifle.

Lundi après-midi en refusant toute discussion avec un ministre qui a fait la preuve de son incompétence, les élus des collectivités majeures ont administré à Le Cornu sa 2ème gifle.

La situation demeure toujours très compliquée, car le Collectif LKP et les élus « rebelles » se doivent absolument de s’accorder pour tenter de trouver une solution pour le pays.

Ce ne sera pas chose aisée. Les 2 « collectivités majeures », qui ont souhaité la présence d’une délégation interministérielle, (Travail, jeunesse, santé) pour faire un état des lieux et remettre la Guadeloupe à flots n’ont toujours pas (encore) reçu la réponse attendue.

Car en fait vu de Paris, Ary Chalus, qui a jadis soutenu Macron, a publiquement et opportunément exprimé son mécontentement, ses déceptions.

Au vu du manque de considération, voire de mépris affiché par le gouvernement Macron pour la Guadeloupe.

Il semble bien que l’équipe Macron, qui est à la veille d’une élection présidentielle, n’ait pas pris, ni voulu prendre en compte l’étendue des problèmes posés dans la Guadeloupe de 2021.

Castex, le PM français, avait en amont du « passage » de Lecornu, décidé comme réponse à la situation du pays, d’envoyer que des militaires, et mardi soir en quittant la Martinique, c’est encore ce remède que Lecornu a proposé aux Martiniquais.

Même si pour faire diversion (conseillé par Ph Gustin) Lecornu avait stratégiquement et subitement lancé le mot « d’autonomie », alors que cette question, n’était pas directement contenue dans la démarche des élus, force est de constater que concrètement la Guadeloupe en refusant la méthode Lecornu, vient de proclamer son autonomie.

C’est totalement inédit. Les forces sociales habituellement si critiques à l’égard de la classe politique se voient pour la 1ère fois, obligées de se mettre autour d’une table pour trouver des solutions aux maux du pays. Il est sûr que dans le cadre institutionnel actuel, (article 73) les collectivités majeures, ne peuvent pas se substituer totalement à l’état, pour ce qui a trait aux problèmes tels que l’emploi, la jeunesse, la politique sanitaire, mais quelques petites avancées sont possibles.

Ce qui est sûr c’est que Domota, Maïté M’Toumo , Évariste, Nomertin et Chalus vont devoir « penser » (panser) un pays qui est durement touché par la pandémie, par la crise de la jeunesse, par le chômage, par les violences urbaines.

Il faudra d’abord trouver une « méthode » pour aborder toutes les questions, mais chacune des parties sait que ce « tour de table » va demeurer limité, car l’État colonial demeure encore le maître du jeu. La Région et l’ex Conseil général, n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour pouvoir tout régler. Ils auront tous besoin de l’État régalien et c’est là tout le fond du problème. Mais les parties en contact et singulièrement les politiques vont une fois de plus réaliser, comment ils sont limités dans la résolution définitive des problèmes qui se posent au pays. Alors la question de la dépendance, face à l’État sera une fois de plus posé, en réalité cette énième crise, qui est la répétition en pire de celle de 2009, est davantage politique que sociale. Elle oblige tous les partenaires, Syndicats, Classe Politique, Chefs d’entreprises, a une vision plus aiguë du pays et à se poser la question fondamentale : ne faut-il pas commencer à envisager une solution guadeloupéenne ? Mais à cette question, vient en écho une autre, le peuple guadeloupéen qui a été trompé, manipulé depuis des années et des années peut-il faire confiance à la classe politique pour une solution guadeloupéenne ? Répondè réponn !

DZ