Guadeloupe. Déclaration de Jean Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG

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Pointe-à-Pitre. Vendredi 19 novembre 2021. CCN. Aujourd’hui, la Guadeloupe est paralysée par les grèves et les barrages. Elle le sera encore dans les jours qui viennent tant qu’une solution ne sera pas trouvée aux causes de cette montée de colèe sociale. Mais la seule réponse que nous avons eu le vendredi 19 novembre, c’est l’envoi de forces de répression supplémentaires par le gouvernement ! Voilà son seul langage !

La raison principale de la colère, ce sont les suspensions de centaines de travailleurs de la santé et des menaces qui pèsent sur beaucoup d’autres. Des centaines de travailleurs se retrouvent privés de salaire. C’est une violence inouie contre eux et leurs familles !

La responsabilité en incombe totalement au gouvernement français. Cette situation est la conséquence de la loi du 5 août dernier.

C’est Macron et son gouvernement qui sont les vrais incendiaires.

Mais les suspensions de travailleurs ne sont que l’étincelle d’où est partie l’explosion du mécontentement. Il y a bien d’autres problèmes qui en sont aussi la cause. Car les travailleurs et la population laborieuse de ce pays vivent un quotidien inacceptable :

– L’augmentation en flèche des prix de l’essence et de l’alimentation, des impôts et des taxes. Elle survient alors que les salaires, les pensions et les minimas sociaux stagnent et baissent.

– L’entêtement de patrons méprisants face à la grève des travailleurs d’Arcelormittal et d’autres grèves ou situations difficiles dans les entreprises

-Le refus ou les atermoiements des patrons de l’hôtellerie face aux travailleurs des hôtels en lutte.

– Les appels constants à la répression de la part de Gérard Cotellon, de la directrice de l’ARS, du directeur de l’EPSM, du centre hospitalier de Basse-Terre, de la clinique l’espérance, de l’hôpital de Saint Martin contre les personnels de santé, les syndicalistes et les manifestants !

– Les coupures d’eau nombreuses en raison d’un réseau défectueux, de stations d’épuration délabrées. Et l’eau polluée au chlordécone, matières fécales et autres. -Un système hospitalier en permanence moribond, malgré l’énorme dévouement des soignants.

Tout cela est donc un mélange détonant qui explique l’explosion de colère actuelle.

Pour l’instant, les seules réponses que nous avons à ces problèmes ce sont la violence et la répression policières et judiciaires. Plusieurs militants syndicalistes ont été interpellés et sont assignés en justice.
Le gouvernement fait la sourde oreille.

Face à cette situation : La CGTG exige :

– La levée définitive de toutes les suspensions et sanctions qui frappent les soignants, et les autres travailleurs de la santé, ainsi que les pompiers et les psychologues, infirmiers et assistants scolaires
-La résolution de tous les conflits en cours dont celui d’ArcelorMittal après 76 jours de grève au 19 novembre 2021
– Le maintien de la convention collective régionale dans l’hôtellerie
– La levée de toutes les poursuites judiciaires envers les grévistes
– L’augmentation substantielle générale des salaires, pensions et minima sociaux !

–  L’amélioration des conditions de travail

– Le milliard d’euros pour régler définitivement et rapidement l’écoulement et le traitement sanitaire de l’eau en Guadeloupe. Une situation qui s’éternise.

– La reconnaissance en maladie professionnelle pour tous les ouvriers agricoles, femmes et hommes des maladies causées par l’exposition au chlordécone, et aux pesticides.

La CGTG appelle tous ses membres et l’ensemble des travailleurs à rejoindre la lutte actuelle sous forme de gréves dans leurs entreprises, de manifestation dans leurs quartiers et leurs communes.

Le gouvernement portera l’entière responsabilité des conséquences de l’exaspération et de la colère des travailleurs, des jeunes et de la population !

La CGTG appelle l’ensemble de la population laborieuse à participer massivement à la lutte pour le succès de ces revendications !

Ansanm nou ka lité, ansanm nou ké gannyé ! Luttons ensemble, nous gagnerons ensemble.

Jean Marie Nomertin, vendredi 19 novembre 2O21