Pass sanitaire : Injustice ou incompréhension ?

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Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes. Cette fois, c’est Daniel CIMON,  qui nous soumet son billet.

Le pont de la Boucan est maintenant fluide de circulation.

Plus de barrages.

Cela ne signifie pas que la situation sanitaire au regard du Pass est résorbée.

Bien au contraire des atermoiements bien légitimes continueront à se faire entendre les jours à venir.

Un vaccin imposé sans la mise en place d’une plate-forme de discussion prenant en compte la réalité régionale, peut-être regardée comme étant une entrave à la liberté.

Mettre en avant la vaccination sans reconsidérer la politique de santé et la mise en place d’une nouvelle orientation locale de la gestion hospitalière pour le bien-être de tous.

L’application stricto sensus de la mise à  l’écart du Personnel soignant avec  la confiscation des salaires ne pousse qu’à verser de l’huile à une situation déjà bien alarmante.

Comment analyser que les salariés du secteur de la santé tant appréciés pour leur dévouement et leur professionnalisme se trouvent subitement exclus du monde du travail en étant considérés comme des pestiférés ?

Le bras de fer qui met en opposition la politique gouvernementale et une fronde populaire qui exige la vérité et l’opportunité des mesures préconisées risque d’entraîner le pays vers le chaos.

Ce que masque ce malaise va au-delà des considérations sanitaires.

Presque tous les secteurs économiques se voient imposer une vision en inadéquation aux besoins du pays.

L’âme d’une culture riche mais bradée dans sa conception à s’ouvrir au monde ; un plan de formation qui ne tient pas compte de la réalité locale car elle ne pérennise point l’encrage de l’emploi sur le territoire et par maladresse poussent les jeunes à quitter le territoire ou à vivre un d’espoir d’un lendemain meilleur.

La gestion de l’eau, quelle catastrophe !

La vie chère qui se réjouit de la puissance des monopoles est semble-t-il mise sous silence par le gouvernement.

Parlons-en mais ne faisons rien.

Le monde de l’agriculture et de la pêche ne cesse de réclamer des mesures adaptées à leurs professions.

Pourquoi l’affaire de la chlordécone n’aboutit pas vers la culpabilité morale de l’état français qui a minimisé ou occulté la dangerosité de cette molécule au détriment de la santé au nom d’un impératif économique sous-entendu pour enfin déboucher à des réparations financières et d’accompagnements de l’installation de structures industrielles de production pour redynamiser ces secteurs ?

Quand verra-t-on les mesures adaptées au plan local pour que la fonction publique territoriale soit plus efficace et respectueuse envers les carrières ?

Peut-on encore tolérer que les décideurs politiques puisent leur popularité dans une pléthore des emplois qui met au bord de la faillite la gestion des collectivités ?

Sommes-nous capables d’ignorer la grande précarité qui s’amplifie avec les effets Covid 19 ?

L’épicerie solidaire est à encourager pour que le droit de s’alimenter soit plus accessible

S’il s’agit de quelques manifestions populaires dites “octobre bleue” pour penser diluer la crise sociale découlant du vieillissement de la population, on passe sur l’essentiel qui exige une vision capable de prévoir une nouvelle ère de la politique de logement accouplée à une politique adaptée des transports pour faciliter les déplacements tout en prenant bien soin de combattre l’isolement et la solitude.

Bien d’autres domaines sont en difficulté.

Il est indéniable que la question du statut de la Guadeloupe est à débattre.

Force est de constater qu’il ne convient pas et représente un frein à notre évolution institutionnelle.

Les décisions prisent à Paris en lieu et place du peuple Guadeloupéen orientent notre devenir en plein jeu de la roulette russe.

Arrêtons de manier la langue de bois et osons sans arrière-pensée de présenter un projet politique et sociétal qui nourrirait nos sensibilités économiques, culturelles et environnementales.

” Un peuple réduit au silence devient aveugle quand il se réveille”

Ste-Rose, le 17/11/2021

Daniel CIMON