Guadeloupe. Grave polémique et fièvre vaccinale : Le PCG fait baisser la température interne…

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Pointe-à-Pitre. Vendredi 17 septembre 2021. CCN. La confrontation entre pro et antivax, n’épargne  aucune organisation politique. Après le  surprenant coming out  pro vaccin de Luc  Reinette (FKNG), c’est au tour du PCG de connaître une montée de tension. Ainsi, suite à un article signé de Christian Céleste (Directeur de la Rédaction) intitulé “Wou pwan sans an-nou pou kalbandé kovid-la” publié dans le N° 937 des “Nouvelles Étincelles”, l’un des rédacteurs, Emmanuel Broussillon a exprimé un point de vue totalement opposé à celui de Ch. Celeste d’une incroyable virulence extraits : ” Je condamne une fois de plus cette politisation à l’extrême de la situation sanitaire que nous vivons, jusqu’à quand, nul ne sait “. Ce texte rappelle une déclaration de Jacques Chirac en ces termes citée par Christian: ” La maison brûle et nous regardons ailleurs “. Dans la présente situation sanitaire actuelle, je ne peux que constater, qu’alors que nous comptons et pleurons nos morts par dizaines dans les maisons incendiées par le virus, notre cher camarade Christian arrose d’essence les autres maisons non touchées, miraculeusement pour l’instant, par la cruelle flamme invisible. En conséquence, je me désolidarise totalement de cet article ”. Cette surprenante déclaration parvenue à CCN, démontre à l’envie, qu’au sein même du PCG, la fièvre vaccinale a atteint son pic maximum. Toutefois, le PCG, qui prépare son prochain congrès, a publié ce weekend un communiqué destiné à faire baisser la fièvre. C’est à lire… 

LA COVID-19 EST UNE PANDÉMIE

Depuis l’identification du virus SARS-CoV-2 (Covid-19) dans la ville de Wuhan en Chine, au mois de novembre 2019, la pandémie qui s’est installée à l’échelle de la planète en un temps record, bouleverse les modes de vie, les activités économiques, sociales, sportives et culturelles dans tous les pays du monde. Les adeptes de la mondialisation capitaliste, qui ne cessent de vanter avec volupté le concept du village-monde, refusent de comprendre que le virus a profité, entre autres, pour son expansion, des canaux ouverts par le néolibéralisme dominant : la libre circulation des marchandises, des hommes et des capitaux, la délocalisation des entreprises.

On ne peut prétendre lutter contre la pandémie de la Covid-19, aujourd’hui, en ignorant cette réalité. Les peuples doivent se lever pour construire un nouveau modèle de société plus juste, plus solidaire, plus humain.

On dénombre au 03 septembre 2021, dans le monde : 219.8 millions cas de contamination et 4.5 millions de décès. En France, à la même date, il y avait 6.8 millions de personnes contaminées et 114.764 décès. Chez nous, en Guadeloupe, au 06 septembre, le chiffre de personnes contaminées était de 45 393 et le nombre de décès s’élevait à 508. Les peuples paient un lourd tribut à cette pandémie.

Le Parti Communiste Guadeloupéen compatit à la souffrance de tous ceux qui, dans le monde et singulièrement en Guadeloupe luttent quotidiennement contre la maladie du coronavirus ; Il a une pensée de profonde affliction pour les familles qui pleurent la mort de leurs être chers. Il souhaite «fòs é kouwaj» à tous, dans le combat qui se livre pour enrayer la Covid.

SORTIR DU CLIMAT ANXIOGÈNE, DE LA PEUR ET DU CATASTROPHISME PROVOQUÉ ET ENTRETENU PAR LE SYSTÈME

Il règne en Guadeloupe, un climat anxiogène et de peur distillé dans la population depuis le mois de juillet 2021, ce qui rend plus compliquée une gestion de crise chaotique, depuis le début de la pandémie. Mais, le Guadeloupéen, quoi que disent ses détracteurs, fait face à ce virus avec détermination, prudence, créativité et solidarité. Il a traversé le premier confinement de 2020, avec beaucoup de résilience. Ce qui fait qu’au deuxième confinement en France, la Guadeloupe n’était pas confinée. Les Guadeloupéens méritent le respect.

Ils ne doivent pas céder à la peur et garder toute leur lucidité

Le virus ne tue pas tout le monde. Des gens testés positifs peuvent s’en sortir, s’ils sont pris en charge précocement, bénéficient des traitements adéquats et si le système hospitalier a la capacité de les accueillir et de les soigner.

Les vaccinés n’ont pas à craindre les non-vaccinés, ni inversement ! Les uns et les autres font face à un ennemi commun : Le virus. La question, c’est de se protéger, respecter les gestes barrières, porter le masque, se laver les mains et de ne pas attendre pour consulter son médecin.

Pour sortir de ce climat délétère, il faut dire la vérité à notre peuple sur les dangers réels que représente ce virus, faire la transparence sur tous les moyens disponibles pour l’arrêter.

On le sait bien, les gens ont peur lorsqu’ils ne sont pas correctement informés, éclairés, avertis sur ce qu’ils ne savent pas. Alors, La peur, provoquée et entretenue peut conduire à des réactions de refus aux conséquences imprévisibles.

C’est de cette situation qu’il faut impérativement sortir pour prétendre contrer la progression du virus de la covid-19 en Guadeloupe.

UNE RIPOSTE GLOBALE À L’ÉCHELLE DU PAYS CONDUITE PAR UN CENTRE UNIQUE DE DÉCISIONS

Le niveau de la crise qui se solde à ce jour par plusieurs centaines de morts, par un nombre de malades inconnu dans les foyers et par un désastre économique et social incalculable montre que la crise sanitaire a été abordée en Guadeloupe dans l’improvisation, sans un plan global de riposte, dans une reproduction à l’identique de la stratégie gouvernementale pensée pour la France «continentale».

Ceux qui gouvernent à 7 000 km, sans ancrage dans le réel guadeloupéen, ignorent, sauf quand il s’agit de parler tourisme, que la Guadeloupe est un archipel et que ses frontières : c’est la mer. Dans cette configuration tout ce qui se fait à Paris n’est pas toujours valable en Guadeloupe.

Il faut définir une approche territorialisée, localisée de la lutte contre la Covid avec comme ligne directrice, celle prônée par l’OMS : «Tester – Isoler – Traiter – Vacciner»

Cette stratégie a toutes les chances de réussir si elle est accompagnée par :

1. Une action planifiée, d’information et de communication sur le terrain avec comme support une plaquette explicative accessible au plus grand nombre, diffusée par les réseaux institutionnels et associatifs.

2. La levée de toutes les mesures répressives qui entravent la liberté des médecins de soigner leurs patients.

3. La fermeture des ports et aéroports aussi longtemps que le taux de contamination restera à un niveau aussi élevé.

4. La dotation urgente aux hôpitaux de Guadeloupe de tous les moyens :  matériels, médicaments, médecins, infirmiers, aides-soignants, personnels techniques, pour que les patients soient soignés à temps et dans les meilleures conditions.

5. L’ouverture de nouveaux centres de dépistage et de vaccination permanents, au plus près de la population dans toutes les communes de Guadeloupe.

6. La réquisition des locaux adaptés pour rendre effectif l’isolement des personnes testées positives et la période de confinement des personnes qui entrent sur le territoire même avec un justificatif vaccinal.

7. La mise en place des cellules d’écoutes psychologiques pour accompagner la population en souffrance.

Un tel plan de luttes contre la covid ne peut se conduire dans le désordre ou dans les cadres étroits des compétences des institutions. La condition sine qua non pour entraîner tous les Guadeloupéens dans la lutte pour faire reculer la pandémie, est de mettre en place un centre unique de décisions regroupant : L’Etat, la Région, Le Département, l’Association des maires.

Cet état-major politique sera assisté techniquement par : les directeurs d’hôpitaux, l’Ordre des médecins, l’Ordre des pharmaciens, des infirmiers, des sociologues et des psychologues, les associations citoyennes.

LE PARTI COMMUNISTE APPELLE TOUS LES GUADELOUPEENS A SE FAIRE DÉPISTER, À SE PROTÉGER, À SE SOIGNER

Le gouvernement Macron, qui a fait le choix de la politique, de la finance et de la division dès le début de la pandémie, voudrait faire passer tous ceux qui s’opposent à sa stratégie de lutte contre le virus pour les responsables des échecs de cette stratégie et des conséquences dramatiques d’un système de santé défaillant en Guadeloupe. Nous ne devons pas nous laisser enfermer dans ce piège. Nous invitons les Guadeloupéens à «kolé tèt», à agir ensemble, à mobiliser leur intelligence, leur bon sens et leur humanité pour barrer la route à ce virus, afin de sauver la vie du plus grand nombre.

Il nous faut utiliser, sans hésiter, toutes les armes à notre disposition pour gagner cette bataille : la prévention, les vaccins, les traitements, les plantes médicinales.

  LA PREVENTION

• Observer partout les gestes barrières : se laver les mains, porter le masque, respecter la distanciation physique, tousser dans le coude.

• Se faire tester systématiquement, sans attendre la manifestation de symptômes, surtout si on a été cas contact.

• Prendre contact avec son médecin traitant qui a compétence pour prendre en charge, informer, orienter son patient.

• Booster notre immunité avec les plantes de notre pharmacopée, connues, sélectionnées et maîtrisées par nos scientifiques.

 LA VACCINATION

Il faut se rendre à l’évidence, la bataille entre partisans et opposants à la vaccination est totalement dérisoire, hors de propos, improductive.

Nous savons d’expérience que les vaccins ont été un des moyens qui ont permis à notre pays de sortir du désastre sanitaire, accompagnant la misère coloniale.

Aussi, parfaitement conscients des dangers qui nous guettent, sans rien gommer de nos analyses, le Parti Communiste Guadeloupéen estime que tous les Guadeloupéens pleinement informés des enjeux de la situation et convaincus que le vaccin peut sauver leur vie, ont parfaitement le droit d’aller se faire vacciner.

Par ailleurs, pour que le vaccin joue pleinement le rôle qu’on lui attribue de protéger les vies, nous revendiquons l’accès libre en France à tous les vaccins produits dans différents pays tels : la Russie, la Chine, Cuba et la levée des brevets pour permettre à tous les pays, surtout les plus pauvres de produire des vaccins pour sauver leur population.

LES TRAITEMENTS

Le Gouvernement français, soutenu en cela par le grand capital et curieusement par certains compatriotes, développe une campagne intraitable pour imposer l’idée qu’il n’existe aucun alternatif aux vaccins, qu’il n’existe aucun traitement contre la Covid. Il n’hésite pas à interdire aux médecins de prescrire des médicaments et aux pharmacies de ne pas exécuter les ordonnances.

Cela est d’autant plus intolérable, lorsque l’on sait que dans différents pays, les gouvernements combinent tous les moyens du champ médical pour soigner leur population : des médicaments déjà autorisées pour d’autres pathologie, des plantes de leur pharmacopée, les vaccins…

Pourtant, il existe des laboratoires du secteur public en France (Institut Pasteur) qui mènent des recherches très avancées pour sortir, aussi rapidement que pour les vaccins, des médicaments pour traiter la Covid-19. Mais, ils ne reçoivent pas les financements nécessaires.

Nous exhortons le gouvernement de la France a prélevé sur le budget de la Défense, les crédits nécessaires pour les affecter aux laboratoires qui en ont besoin pour finaliser leur recherche de médicament pour traiter la covid-19.

NOTRE PHARMACOPEE.

Depuis plus d’une quarantaine d’année, des scientifiques du monde entier, parmi lesquels d’éminents chercheurs guadeloupéens comme : le  Professeur de Chimie Paul Bourgeois (décédé), le Professeur de biologie et d’écologie végétales Jacques Portecop, le pharmacien, docteur en pharmacologie Henri Joseph, travaillent au sein du Réseau TRAMIL (Programme de recherche appliquée à l’usage populaire des plantes médicinales dans la Caraïbe) pour donner à notre pharmacopée, une valeur scientifique. Des jeunes scientifiques guadeloupéens tels : Suzie Zozio, Damien Bissessar s’inscrivent aujourd’hui, dans cette dynamique de recherche.

Nous sommes donc, loin du charlatanisme que des ministres et journalistes français ont voulu voir dans la confiance que des Guadeloupéens mettent dans leurs plantes médicinales.

Personne n’a jamais dit, que la pharmacopée guadeloupéenne avait un médicament miracle pour guérir de la covid.

Ce qui est reconnu par tous et que nous partageons c’est que nos plantes médicinales ont des propriétés pour renforcer notre défense immunitaire et un fort potentiel en matière de pharmacologie.

Cette pandémie montre qu’il y a urgence à faire rentrer dans nos écoles et à l’université, l’étude des plantes de notre pharmacopée.

POUR UN VERITABLE PLAN DE SANTÉ PUBLIQUE EN GUADELOUPE

Il existe bien un plan régional de santé publique en Guadeloupe validé par les autorités pour la période 2018-2028. Dans le chapitre 4 de son cadre d’orientation stratégique, on relève que l’un des objectifs de ce plan c’est «d’assurer une coordination de toute la filière ‘gestion de crise’, préparer le système de santé à la gestion de crise et mieux adapter la gestion de la crise sanitaire et le dispositif d’adaptation rapide de l’offre de soins».

Force est de constater que cela n’a pas fonctionné : défaillance de pilotage, déconnexion du pays réel ? Il est clair qu’il faut revoir la copie.

Les caractéristiques géographiques et climatiques de notre territoire, qui est un pays insulaire de la Caraïbe, dépendant d’un Etat situé à 7 000 km, nous obligent à penser notre organisation de santé selon des normes autocentrées et totalement intégrées à notre développement économique et socio-culturel. Les premiers à intervenir en situation de crise se seront toujours nous. L’important, et l’effondrement du système hospitalier vient de le prouver, c’est la prévention, l’anticipation, la localisation en Guadeloupe des moyens matériels, humains, de génie- civil, des groupes d’interventions spécialisés en situation de catastrophe.

Ces travaux doivent commencer ici et maintenant, sans attendre la prochaine crise.                    

Le Parti Communiste Guadeloupéen appelle tous les Guadeloupéens à prendre en main, leur santé et leur vie.

Il appelle, les femmes et les hommes, tous les partis et organisations politiques, sociales, culturelles à s’unir pour doter le pays d’un réel projet d’émancipation.

Ne baissez pas la garde !

GWADLOUPÉYEN SOVÉ NOU NOU-MÈM !

Pointe-à-Pitre, le 6 septembre 2021