Confinement, Etat d’urgence prolongé, puis  5ème vague : Qui peut encore sauver la Gwadloup ?

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La situation de notre pays ne s’améliore pas. Les derniers bulletins de l’ARS annoncent une légère décrue de la  pandémie. Cela peut signifier que le 19 septembre prochain, les autorités politico-sanitaires françaises pourraient annoncer un possible déconfinement. Mais, cela risque d’être juste un très court « bol d’oxygène » pour tenter d’éviter la catastrophe sociale prévisible. Mais il est déjà bien tard, plus de 17000 entreprises Guadeloupéennes (Chiffre annoncé par Patrick Vial Collet, le président de la CCI IG)  risquent de rester sur le carreau et mourir. En termes clairs, le nombre de nouveaux  chômeurs va exploser avant la fin de l’année. Mais ce qui est grave et qui mérite notre attention, c’est l’attitude de la classe politique présente dans les assemblées françaises. Les 4 députés, les 3 sénateurs depuis les débuts de la pandémie, n’ont jamais réussi à  donner de la voix pour défendre les naïfs électeurs guadeloupéens en souffrances qui ont permis l’accession de ces gens dans les hémicycles français.

On le constate, ce sont des parlementaires franco-français qui se font les défenseurs de la cause de la Guadeloupe ou des autres colonies. Honte aux parlementaires franco-guadeloupéens.

Les élus parlementaires, sont soit silencieux, ou au pire vont dans le sens de Macron. Récemment Lurel et ses amis socialistes sont mobilisés, (ah oui tout de même) mais pour voter pour l’obligation vaccinale.

Les députés Benin et Mathiasin (Serva a fait quelques timides propositions mais n’a pas été écouté), ont tous accepté sans vraiment protester que l’état d’urgence sanitaire soit prolongé, inconscients du fait que c’est redonner la main et tout pouvoir aux représentants du pouvoir colonial.

Une question se pose quelle est l’utilité de ces parlementaires qui ne semblent pas être en mesure de s’opposer à quoi que ce soit ?

En réalité la pandémie, a d’abord renforcé la position de l’état colonial sur notre pays mais aussi a démontré que la classe politique actuelle n’a jamais été au niveau requis pour pour réduire la souffrance du peuple guadeloupéen.

Autre fait notable, l’incroyable soutien apporté objectivement au colonialisme français par quelques patriotes – sans doute apeurés et fatigués – appelant publiquement à se soumettre à l’obligation vaccinale.

Luc Reinette, l’un des combattants de l’ARC, a même mis le FKNG – son organisation politique nationaliste – en difficulté.

Ces “kanmarad” -patriotes sans doute déboussolés par les ravages de la pandémie, par le nombre de morts, ont publiquement pris position pour le vaccinéma !

La majorité du peuple incrédule n’a pas suivi, car chacun a bien compris, que le vaccin même en 3 ou 4 doses, ne pouvait pas résoudre tous les problèmes sanitaires existants bien en amont de la pandémie.

Les milliers de Guadeloupe, porteurs de comorbidités sont des victimes toutes désignées pour tous les virus et variants présents et à venir. La longue liste des décès est aussi la résultante d’une a-politique de santé non préventive. Nous subissons durement (près de 600 décès) les effets d’une situation hospitalière dégradée. Le directeur actuel du CHU, le Guadeloupéen Gérard Cotellon, quoi qu’on dise n’est pas l’unique responsable, car bien au dessus de lui, il y a une Agence Régionale de Santé, qui a largement démontré son incompétence à gérer la crise. Valerie Denux, cela a été dit et redit, n’a jamais été la bonne personne pour cette pandémie. Au sein même de l ‘ARS, ses positions et décisions trop personnelles, ne font pas l’unanimité, i ka koupé é aché kon y vlé!

Dans quelques semaines, quand le pic de la pandémie et ses conséquences hospitalières seront plus basses, comme en Juin, on verra à noël débarquer des milliers de touristes affinitaires ou pas même vaccinés 3ème dose, mais porteur du virus.

Et nous serons encore de nouveau dans la même situation. Pourquoi? parce que nous n’avons pas main, nous ne décidons de rien. Nous sommes soumis aux “diktats” de l’état colonial, de ses portes voix et adjuvants ici et ailleurs.

 Face à cette crise inédite et quasiment ingérable dans l’état actuel de la colonie, les organisations syndicales et politiques, se sont beaucoup mobilisées ( manifs, défilés, bik a pawol, post sur les réseaux, grève générale) mais ces organisations savent désormais, qu’il faut aller beaucoup plus loin car ces mouvements sociaux ne suffisent plus à ni à sauver des vies, ni à sauver la Guadeloupe, pas plus que la création récente du SMO, ne va pas dans l’immédiat pouvoir résoudre la question de l’eau.

On sait, on l’a compris, l’urgence d’une solution politique radicale est un problème posé. On ne peut en plus faire l’économie. Tant que la Gwadloup et les Gwadloupéyens ne seront pas maitre de leur pays et de leur destinée, tout sera de travers.

L’oxygène et le vaccin obligatoire contre le colonialisme et pour la survie de notre peuple, se trouvent dans une rupture avec le système euro-colonial. C’est une obligation, mais les organisations anticolonialistes et patriotiques, ont-elles les moyens de résoudre cette problématique ?

Il est évident, qu’on aura beau réclamer au colonialiste, plus d’hopitaux, plus d’écoles, plis tout biten, l’état français, n’est plus en mesure de répondre positivement à toute ces demandes, car la France au niveau mondial devient une nation en déclin.

Il devient nécessaire que les Guadeloupéens, commencent vraiment à penser une autre Gwadloup : san manman ni papa la Fwans, une Gwadloup de la responsabilité collective, du développement endogéne, une Gwadloup de l’amour du pays et des Gwadloupéyens. En toute lucidité, c’est loin d’être gagné, mais la crise actuelle a ceci de « bon », c’est qu’elle nous oblige à revoir nos fondamentaux, reste à faire le travail pédagogique populaire ;

Quand nous serons arrivés à ce stade, plus rien ne pourra s’opposer à une décolonisation totale des esprits et de notre archipel : es nou paré ?