Régionales 2021 : NOU (poko) gannyé ?

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Au soir du 1er tour des élections régionales françaises organisées dans notre pays, les anticolonialistes et patriotes, sincères ont tous poussés un double « ouf » de soulagement.

1er ouf, d’abord parce que la méga-grimacante et caricaturale partisane du Front national à ces elections n’a pas atteint la barre des 5%. Pirbakas eliminée dés le 1er tour. Une très bonne chose pour notre pays.

Cet  échec ( qui cache en réalité une petite progression en termes de voix) du FN est à la fois le resultat d’une abstention maxima et historique (prés de 70%) et l’absence de credibilté de la ridicule mégère du FN.

2e ouf, qui peut être considéré comme un « woulo bravo ». La liste NOU des « autonomistes » rassemblés autour de l’ANG, a frôlé les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour.

En fait Le « Konvwa ANG » a réussi en l’espace de quelques mois et à la faveur d’une campagne bien « kadansée » , de donner l’envie de voter à une frange de Guadeloupéens, fatigués, épuisés, par les promesses électoralistes souvent sans finalité aucune de cette classe politique qui perd à chaque consultation la confiance des électeurs.

L’analyse un peu plus poussée de cette élection démontre aussi que cette abstention massive est un vrai et réel signal pour une classe politique qui dans son ensemble n’arrive plus à convaincre l’électorat guadeloupéen. Enfin, il faut aussi dire que la décision soudaine du préfet- gouverneur, de prendre des mesures de « pseudo-déconfinement » (couvre-feu, port du masque etc…) n’a pas eu l’effet escompté ,qui était de susciter la participation à ce 1er tour.

Le score historique des « NOUistes » plus de 8600 suffrages (supérieur de plus de 2200 voix a celui de l’UPLG en 1992) prouve qu’il existe encore un électorat résiduel, dans le camp du Mouvement Patriotique en Guadeloupe, et on peut même affirmer qu’il a progréssé.

Et puis il faut aussi le souligner, les organisations politiques et syndicales qui prônent habituellement l’abstention (FKNG, Mouvman Nomn, LKP/UGTG) sont demeurées plutôt silencieuses. Toutes ces conditions objectives ont aussi contribué aunbon  « score » du Konvwa ANG.

Ce « succès » même relatif des « autonomistes » est-il vraiment porteur d’un changement de notre situation coloniale ?

Rien n’est moins sûr, car des nationalistes et indépendantistes guadeloupéens ont déjà eu a exercer des mandats dans le cadre colonial, 3 maires : Ary Brousillon (2001/2007 à Petit-Bourg) feu Jean Barfleur (1995/2004 à Port-Louis), Alfred Donat (2004 à Anse Bertrand), d’autres comme Roland Thesauros, Roland Ezelin ont été conseillers régionaux (1992/1998).Et puis plus rien…

Quant aux autonomistes historiques du PCG, ils ont durant- (pour certains)- plus de 2 décennies, conquis et dirigés des villes comme : Basse-Terre (Jerome Clery), Pointe-à-Pitre (Henri et Jacques Bangou) Le Moule (Rosan Girard), Capesterre (Paul Lacavé), Port-louis (Charles Edwidge, Victor Arthein), Sainte-Anne (Hegesippe Ibéné), Morne-à-L’Eau (Julien Chovino puis Jean Claude Lombion), Petit-Canal (Florent Mitel) ou siégés‹‹ dans les assemblées françaises (Gerty Archiméde, Hegesippe Ibéné, Rozan Girard, Henri Bangou).Et puis plus rien…

Quoiqu’on dise, tous ces combats électoraux même victorieux  et les « chiraj » qui en. résultent n’ont en rien servi  la cause de la libération du peuple guadeloupéen dans  le système colonial.

Il faut encore le dire, à deux reprises seulement, le gouvernement français, s’est vraiment senti  quelque peu « préoccupé » par le Mouvement Patriotique Guadeloupéen. et ses revendications

.1/ D’abord au cours des années 1980/1996, quand les patriotes  du Groupe Guadeloupéen de Libération Armée (GLA) et plus tard ceux de l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) ont décidé d’utiliser d’autres “arguments que le bulletin de vote pour faire entendre  la voix des colonisés

En effet, sous la pression des bombes, le gouvernement colonial français a semblé vouloir « négocier » avec les patriotes de l’ARC. Mais cette « négociation » a été perturbé et a échoué, à cause d’un épisode tragique. 4 militants de l’UPLG voulant courcircuiter cette « négociation » ont sauté avec leurs bombes. (Lire à cet effet « le soukounyan de fer ou le périple sud américain de Patriotes Guadeloupéens en 1997» de Luc Reinette, Editions Nestor).

2/ Ensuite en janvier 2009, quand à l’initiative d‘une quarantaine d’organisations regroupées au sein du LKP, le peuple guadeloupéen a bloqué le pays obligeant ainsi le ministre des colonies de l’époque à se déplacer pour tenter d’apaiser la colére populaire.  Mais la  plupart accords signés suite à ce mouvement historique, n’ont jamais été respectés. Tout krab la mô an bari la!

Mais il faut cependant signaler que dans les années 60, le GONG, la 1ère organisation indépendantiste guadeloupéenne avait fixé la première feuille de route dans le combat pour la libération nationale de notre Pays.

En mai 1967, massacre et répression judiciaire coloniales contre les patriotes du GONG,   n’ont pas réussi à freiner le « balan » de notre Peuple. Dès le début des seventies, de nouvelles organisations syndicales politiques et patriotiques (UTA, UPG, UGTG, PTG, UPLG, SGEG, MUFLNG, BIjengwa…) ont vu le jour : le combat pour la libération s’est alors amplifié.

Avec le recul, on s’aperçoit que c’est la déviation des patriotes vers le l’électoralisme qui a toujours freiné et «chiktayé” la lutte pour la libération nationale ».

En 2021, pour paritciper aux Régionalles, les patriotes de la liste NOU ont arboré fièrement le drapeau de l’indépendance nationale associé pour la circonstance au mot d’ordre « d’autonomie « : ils n’ont rassemblé que 8600 Guadeloupéens sur plus de 316.000 votants…  kidonk éleksyon dèyè poko mannyé ?

En décembre prochain, pour la 3ème fois les Kanaks iront aux urnes pour tenter d’accéder à l’indépendance : I ké fo “NOU” gadé sa!

Danik Zandwonis

Réactions : daniknews2@gmail.com