Nicaragua : Ingérence de l’OEA dans les élections

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Managua. Jeudi 17 juin 2021. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Washington, 16 juin (Prensa Latina) Le Nicaragua a rejeté hier l’ingérence de l’Organisation des États Américains (OEA) dans ses affaires intérieures, suite à l’approbation d’une résolution sur la situation politique dans ce pays d’Amérique centrale.

Le représentant de Managua auprès de l’organisme régional, Luis Alvarado, a condamné la politique d’ingérence, de chantage et de mesures coercitives illégales par le biais des mal dénommées sanctions, qui constituent en réalité des agressions du gouvernement nord-américain contre les Nicaraguayens, a-t-il manifesté.

Lors d’une réunion virtuelle convoquée ce mardi depuis le siège de l’OEA dans cette capitale, 26 des 34 membres de l’entité ont accepté une résolution qui, entre autres, exprime une préoccupation face au refus du gouvernement sandiniste d’approuver un ensemble de “réformes électorales”.

En outre, le document condamne les arrestations, le harcèlement et les restrictions qu’il juge arbitraires à l’encontre de pré-candidats à la présidence, de partis et de médias, supposés indépendants, et demande également la libération immédiate de prisonniers politiques.

À cet égard, Alvarado a affirmé que son pays qui compte sur des lois et avec une séparation totale et effective des pouvoirs de l’État, ce qui renforce les institutions et son système juridique national.

De même, l’ambassadeur a reproché à l’OEA de ne pas se débarrasser de son agenda mono-thématique, resté bloqué à l’époque de la guerre froide et du néocolonialisme, pour provoquer la déstabilisation et la confrontation afin d’imposer les diktats de la Maison Blanche aux pays de la région.

Face à l’agression des puissances coloniales du monde, le Nicaragua défendra avec aplomb et noblesse la dignité des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes, a souligné le diplomate.

La résolution a été rejetée par Saint-Vincent-et-les-Grenadines, la Bolivie et le Nicaragua, tandis que l’Argentine, le Mexique, le Honduras, le Belize et la Dominique se sont abstenus.

Les analystes estiment que l’organisation aspire à participer à l’observation des élections du 7 novembre dans ce pays d’Amérique centrale, un peu comme ce qui s’est passé avec ce mécanisme en Bolivie, où elle n’avait pas reconnu la victoire d’Evo Morales aux élections de 2019.

Récemment, la publication nord-américaine The Grayzone a montré une vaste compilation de données sur la façon dont les médias financés par Washington ont incité à un coup d’État en 2018 contre le gouvernement sandiniste.

Selon la source, des entités nord-américaines, y compris le gouvernement, ont lancé une opération dotée de dizaines de millions de dollars pour créer, former et financer des groupes d’opposition de droite. L’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) ayant financé plusieurs organisations anti-sandinistes.