Guadeloupe. Débat. Un regard lucide et un essai d’analyse critique des Régionales des 20 et 27 juin.

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Pointe à Pitre. Mercredi 16 juin 2021. CCN. Prisca Claude est une jeune étudiante en Sciences po (UA). Elle a soumis à CCN son regard d’une grande lucidité et son analyse critique de l’offre politique proposée à l’occasion de ces élections régionales. C’est à lire et à débattre.

Alors que les élections régionales devaient se tenir au mois de mars dernier, le contexte pandémique a eu raison de cette première date, pour un report aux dimanches 20 et 27 juin 2021.

Parmi les 12 listes en course, on retrouve celle du Président sortant Ary Chalus, soutenant de LREM, et dont le bilan mandataire est plus discutable que critiquable. Toutefois cette différente gestion, en comparaison à son prédécesseur Victorin Lurel, sera-t-elle suffisante à lui assurer de « Continuer d’Avancer » ? Notamment avec la candidature de Josette Borel-Lincertin en tête de liste de « Péyi Gwadloup » (FGPS) dont on note la présence de monsieur Lurel et de madame Marcelle Pierrot préfète de Guadeloupe de 2013 à 2014.

Le contexte est indéniablement différent.
Que ce soit
l’instrumentalisation de la situation sanitaire, ou celle des réseaux sociaux.

Enfin… le « jour citoyen » se rapproche, les candidats en lice tentent de convaincre les gwadloupéyen de la force de leurs arguments ou, de les persuader par le biais du rappel identitaire très en vogue en ce moment.

Rien de bien original durant cette campagne ; des rebondissements, des accusations, des coups de théâtre.

On peut tout de même établir les constats de présences qui suscitent l’intrigue ; des listes plus jeunes et plus orientées en faveur de plus d’autonomie de gestion par le peuple et pour le peuple

« Faire partie de la décision » Willy Williams(sans étiquette)

« Nou ! » – Ronald Selbonne (ANG)

« En Avant pour l’Alternative » – Alain Plaisir (CIPPA)

« La Région Au Service du peuple » – Christelle Nanor (LGCEA)

« Continuons d’Avancer » – Ary Chalus (LFPR-GUSR)

« Sentinelles Guadeloupe » – Éric Coriolan (sans étiquette)

Car la jeunesse attire !  Détentrice en puissance de l’arme -réseaux sociaux- qui elle-même est un facteur de diffusion de la connaissance actuelle et des mémoires du passé.

Alors pour ce qui intéresse nos intéressés, à savoir la question statutaire implicite qu’est le néo colonialisme, et tout ce que cette question implique et soulève, les discours sont à l’adaptation de la société antillaise qui, on l’a bien noté, a manifesté un réveil vif durant ce dernier mandat ; (particulièrement en Martinique mais attentivement observé par les Guadeloupéens).

Le contexte sanitaire a servi de facteur d’initiatives quant au rapprochement de la population des questions locales qu’elles soient en matières sociale, économique, culturelle, environnementale et par-dessus tout politique, cela toutes générations confondues.

Les candidats ont bien tenu compte de cet intérêt, d’où les discours dénonciateurs d’une négligence de la population dupée, et demandeurs d’une intégration de cette dernière dans le système décisionnaire.

On l’a bien compris, la démocratie participative est à la mode, tout comme l’antillanisme de l’antillais qui doit prendre pleine de conscience de son identité, toujours « cultiver » sa culture et pourquoi pas amorcer son retour au péyi.

Voici le centre de gravitation de ces élections. On est passé de la Gwadloup au Gwadloupéyen.

Bien entendu les questions non résolues à ce jour sont encore dans le collimateur de nos tireurs de liste : « Moi/Je » formulent des propositions pour l’Archipel ;

Propositions de second temps pour des problèmes pour le moins historiques qui nécessitent de l’action immédiate et donc de premier temps. Il parait pour le moins difficile de favoriser l’acquisition de vélocipèdes avant la « création » de pistes cyclables. Il en va sans dire que les réponses proposées aux questions d’aménagement du territoire en matière de transports, de chômage structurel et d’insertion des jeunes, d’empoisonnement au chlordécone et d’autosuffisance alimentaire sont toujours joliment présentées au peuple, lors des dits débats face aux journalistes questionneurs.

Utile et nécessaire pour renforcer ou briser une opinion, particulièrement quelques jours avant le premier tour des élections, le débat opposant les 12 listes est une étape déterminante pour les auditeurs et votants qui feront ainsi fonctionner leur capacité de discernement.

En effet nos candidats proposent beaucoup de « créations », mais peu de « modifications » en vue dun réel besoin de cohésion.

D’ailleurs ils proposent tout juste ! Les candidats se sont hâtés à constituer des listes, à bâtir des programmes dont il est fastidieux d’obtenir le détail, cela même lors de leurs« auditions » télévisée.

Les solutions proposées sont formulées entre de grandes lignes enrobées par les termes du moment, mais dont la réflexion profonde lorsqu’il en est de leur mise en place, reste encore questionnable.

A ce panel de listes et de personnages connus et moins connus, de programmes flous ou trop limpides ; rien n’est encore joué à si peu de jours quand il reste encore tant à révéler.

PC