Pa voté nou pa fwansé ? / Voté pou di: nou pa fwansé ?

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Les deux exécutifs guadeloupéens, Josette Borel Lincertin et Ary Chalus, récemment gardés à vue pour des “affaires” par la police judiciaire française, ont sans doute eu au travers de leur interrogatoire à réfléchir de manière lucide sur leur condition de colonisés.

Ils sont tous deux sortis “libres” et ont été tous deux acclamés, par leurs supporters.

Ils pourront donc participer aux prochaines élections cantonales et régionales.

Eu égard à leur bilan respectif au Conseil Général et au Conseil Régional. Ils seront à ne pas douter les deux vrais challengers dans la course au fauteuil de président de Région.

Mais la victoire finale sera-t-elle une victoire pour le peuple gwadloupéyen ?

Nous le savons tous, les élections en Gwadloup du calendrier français ne peuvent être rien d’autre qu’un pas de plus vers l’assimilation à la nation française.

Revenons à Josette Borel Lincertin et Ary Chalus. Ils ont passé de très longues heures face à des manblo français, ils ne peuvent pas sortir totalement indemnes de cette séquence d’interrogatoire.

Nos deux exécutifs ont dû souffrir le martyr : mise en cellule, photos de face et de profil, empreintes digitales, pour leur dossier à la police…

A ces moments d’humiliations, ils ont dû penser à leurs parents, à leurs proches qui mouraient d’inquiétude ; ils ont pensé à leurs amis, ils ont aussi pensé à la prison et c’est quasiment certain à un moment de leur longue garde à vue, “yo jiré manman sistém kolonial la”… mais cela ils ne peuvent pas l’avouer, ni même nous le dire, car ils ne veulent surtout pas, décourager, effrayer, les rares électeurs qui viendront le 20 juin prochain, leur témoigner un soutien plus personnel que politique.

Dès le 28 juin, quand les dernières clameurs électoralistes seront tues, la vie reprendra son “cours normal” si on peut dire et la Gwadloup, notre pauvre Gwadloup restera sous la bannière française. C’est la récompense de toute participation au calendrier électoral français dans le contexte actuel.

Le vote des 20 et 27 juin, bon nombre de gwadloupéyen l’ont déjà compris, n’est qu’un leurre de plus, on blag a mas, un miroir aux alouettes. Même si nos amis et kanmarad konvwaANG créaient la surprise et arrivaient à s’installer à la Région, ils ne peuvent pas faire mieux que feu Roland Thesauros, ou même Jean Marie Hubert, lequel vient de passer 6 ans aux côtés de Chalus. En repassant au peigne fin l’action de ces patriotes “embedded”, force est d ‘admettre qu’ils n’ont pas fait avancer d’un seul 1/4 de millimètre la conscience nationale et patriotique.

Ary Broussillon (ex maire de Petit Bourg), Feu Jano Barfleur (ex maire de Port Louis), feu Donat Erie (Ex Maire d’Anse Bertrand), Feu Dr Corenthin (conseiller général), tout comme l’actuel président (depuis 12 ans) de la Collectivité Territoriale Martiniquaise, Alfred Marie-Jeanne, sont obligés en toute honnêteté intellectuelle, d’admettre, que les milliers de votes donc de votants qu’ils ont eus, le semblant de pouvoir obtenu, n’ont servi à rien dans leur projet politique nationaliste.

Malgré eux, ils sont ou ont été objectivement des “instruments” du pouvoir colonial. Ils ont dû respecter le cadre fixé par les lois de la nation française pour gérer les collectivités et d’ailleurs quand ils dérogent à ces lois, ils sont convoqués par la police française et traduits devant les tribunaux.

La participation aux élections, n’est donc en rien un poison contre le système colonial ; c’est au contraire un instrument de plus de la domination française et souvent la cause de divisions et de chiraj entre “ kanmarad (Cf. le problème #ANG/PCG/MALO ou le problème Mathiasin/Parée)

On l’a vu même en Corse, où après une trêve de la lutte armée permettant aux ex militants FLNC de prendre le pouvoir politique, 6 ans après les mêmes problématiques demeurent. Certains nationalistes corses déçus du retard pris dans la lutte pour l’Indépendance Nationale ont manifesté dernièrement comme un désir de reprendre le combat.

Dans le cas de la Gwadloup, les sondages le disent ouvertement, la classe politique n’inspire que de la défiance ; ils sont légion les gwadloupéyen qui se demandent avec raison aller voter mais pour qui et pourquoi ?

Ceux qui veulent rester “français” ad vitam ou qui veulent manifester un soutien personnel à un élu… ( sé moun an mwen !) oui inlassablement ils continueront. Mais notre jeunesse a déjà bien compris (peut-être pas politiquement mais intuitivement) que ce système ne leur fait aucune place. Alors ils refusent de le cautionner.

Les ANGIstes, semblent eux vouloir reprendre le même “chimen” que l’UPLG des années 80. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que leur tête de liste soit un ” ancien” UPLG qui a été formaté par cette organisation et va qui reproduira à l’insu de son plein gré les mêmes schémas.

Question : #ANG avait- elle vraiment besoin d’un passage par les urnes coloniales pour affirmer que Gwadloup sé on nasyon é nou pa fwansé ?

Cette primo participation est un vrai sujet car les kanmarad savent parfaitement que s’ils ne sont pas au second tour, ils devront “objectivement” s’allier à Chalus. Ils n’ont pas d’autre voie, ils ne peuvent aucunement soutenir la liste Bo (Lu) rel. Donc, dans cette élection ANG n’est en rien le début de quelque chose de nouveau ; nous le savons tous…

Qu’on se le dise !

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