Equateur : La dette extérieure ira à la banque privée

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Quito. Mercredi 12 mai 2021. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. La dette publique total en 2016 était de 43% du produit intérieur brut (PIB), la dette extérieure, cette année, a été de 28% du PIB. Pour 2021, la dette publique est de 63.37% du PIB et la dette extérieure de 45,19%, selon le FMI.

Pour comprendre ces données et l’avenir de la gestion de la dette, Radio La Calle a interviewé l’économiste Pablo Dávalos.

  • Si la dette extérieure a été doublée par ce Gouvernement, comment sera-t-elle gérée pendant les 4 prochaines années ?

Il faut dire que les réformes du Code Organique Monétaire et Financier (Loi de Défense de la Dollarisation) disent que la dette doit financer les réserves internationales. Ces réserves doivent financer les passifs privés, c’est à dire que la relation de l’endettement extérieur avec la nécessité d’une infrastructure est rompue et que toute la dette extérieure est directement en ligne avec les banques privées.

C’est la réforme de l’article 33 du du Code Monétaire et Financier. La règle du soutien et la disposition disant que si les ressources manquent dans les réserves internationales qui sont dans les banques privées, l’entité directrice compense ce manque avec la dette extérieure. Nous allons vers une plus importante croissance de la dette.

  • Cette dette ira à la banque privée ?

Cette dette, contrairement à ce que stipule la Constitution qui indique qu’elle doit aller à l’investissement public ou au refinancement, avec les réformes, va directement à la banque privée.

  • Est-ce une conséquence de l’approbation de la Loi de Défense de la Dollarisation ?

Exactement. La Loi de Défense de la Dollarisation altère le sens de la dette et contredit la Constitution. Alors qu’auparavant, la dette était destinée à remplir la brèche épargne-investissement public, aujourd’hui, elle est destinée à remplir les réserves internationales pour que les banques privés disposent de ces réserves pour faire des transactions à l’étranger.

  • La dette va-t-elle augmenter avec le prochain Gouvernement, également d’accord avec le FMI?

Nous allons avoir le double ou le triple de prêts internationaux. La loi dit que les banques privées ont la primauté pour utiliser les ressources des réserves internationales et quand ces ressources s’épuisent, le Ministère de l’Economie doit s’endetter, c’est un processus de chaque semaine. La dette extérieure qui est de 45 000 $ étasuniens peut arriver à quelques 70 000 ou 80 000.

  • Si nous n’utilisons pas la dette pour l’investissement, à quoi utilise-t-on la dette ?

Il est très probable que le Gouvernement de Lenín Moreno ait utilisé la dette pour les dépenses courantes. Ce qui est interdit par l’article 129 du Code Organique de Planification et des Finances Publiques qui refuse que la dette soit utilisée pour les dépenses courantes.

  • Comment se fait le paiement de la dette ?

La dette est définie, les paiements, jusqu’en 2022. Voyons ce que fait Guillermo Lasso. Ce que Moreno dit, c’est qu’on ne va pas payer l’amortissement dans la renégociation des bons de la dette mais le reste doit être payé, on paie la BID, la CAF, le FMI, la Banque Mondiale, la Chine, la prévente plus les intérêts seraient de 6% du produit intérieur brut (PIB).

  • Quelles sont les règles pour comprendre l’économie pendant les 4 prochaines années ?

La lettre d’intentions que Moreno a signée avec le FMI en septembre 2020 définit le feuille de route pour les 4 prochaines années. Là, il y a les directives et la politique économique. La privatisation de la Sécurité Sociale, l’augmentation de la TVA, les réformes fiscales. Tout cela est dans la lettre d’intentions.

  • Est-il possible d’augmenter la TVA ?

Ce n’est pas seulement possible, c’est absolument indispensable pour le Fonds Monétaire qui a déjà fixé la date à laquelle la réforme devra être faite : septembre de cette année. Le Gouvernement devra faire la réforme qui augmentera la TVA à au moins 15%.

  • Et le pays se mettra en grève comme en Colombie si on augmente la TVA ?

Cela dépend du mouvement social et de la façon dont les citoyens comprennent le discours que les grands médias leur apporte et qui génère une espèce de nécessité des mesures d’ajustement. Si les citoyens décident de sortir dans la rue, probablement,en Equateur, il se passera la même chose qu’en Colombie.

Source Radiolacalle.

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar infos