Qui est le plus malade, le pays ou la classe politique ?

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En fait, nous sommes théoriquement à la veille d’une double consultation électoraliste. Le mandat du Président Chalus, élu  en 2015, est achevé. Celui de Josette Borel Lincertin, l’actuelle présidente du Conseil général est lui aussi arrivé à son terme. J’ai dit théoriquement, car ces élections  franco-françaises, bien que se déroulant dans les colonies, sont  très dépendantes de la volonté du pouvoir français. Il suffirait que la pandémie qui touche la France se renforce, et hop Macron, décide de remettre les compteurs à zéro et les élections de nouveau repoussées. Qui s’en étonnerait ?

Hypothèse. Les élections sont maintenues aux dates prévues.

Alors que la covide, joue dans notre pays  les prolongations, on assiste a  toute une série d’événements politico-médiatiques, obligeant à la réflexion et à l’analyse. Car ils ne sont pas vraiment le fruit du hasard.

Prenons le cas du  président de  Région,  lui qui aime à dire, “qu’il est  toujours en campagne”. Directement ou non, il est  “touché” par plusieurs affaires

1/ Lors d’une  récente plénière à la Région,  après quelques  échanges musclés habituels  entre Victorin Lurel le chef de l’opposition anti-chalusienne  et le président en place, Lurel a d’un coup révélé qu’une plainte avait été déposée par le PS ciblant le financement de  la campagne d’Ary Chalus. Ce scoop politico-juridique, bien relayé sur le Réseaux Sociaux ( RS) a fait le buzz escompté.

2/ Quelques jours plus tard,  nouvelle révélation dans l’écosystème chalusien. La Chambre Régionale des Comptes (CRC) publiait un rapport  épinglant le financement  du concert du 40ème anniversaire du groupe Kassav.  En ces termes : “ En 2019, l’association a bénéficié de 120 000 € de subventions publiques dont 100 000 € versés par le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG) ( …) Le compte rendu financier obligatoire que devait remettre l’association au Comité du tourisme des Îles de Guadeloupe (CTIG) est erroné et incomplet. Le bénéfice financier présenté initialement, de 45 000 €, est corrigé par la chambre à 140 000 €.” 

Cette “subvention”, on s’en souvient que le  21 novembre 2019, à l’occasion du Conseil d’Administration du Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe (CTIG), Ary Chalus, alors  Président, du CTIG avait  très  “fortement “suggéré “ aux administrateurs plutôt surpris (cette question n’était pas à l’ordre du jour) mais sans réactions négatives  l’octroi d’une *subvention de 100.000 euros* à Sign”Alizés,  association organisatrice du concert de Kassav. Pourtant, une semaine auparavant le 14 novembre 2019, lors d’un précédent C.A.  présidé par @Sonia Taillepierre, le CTIG  avait déjà  refusé d’avaliser cette “subvention”.

3/ Alors que depuis des mois,  la gestion  de la DG du macte  jugée trop autoritaire par les salariés ne faisait pas que des heureux, sous l’impulsion de Varo-Zorro de la CFTC, les  dénonciations  et autres plaintes faisaient la une des médias. Pourtant, la Région bien informée de ce qui se passait au Macte, avait décidé dans un premier temps de ne pas trop intervenir. Mais au fil des semaines, la situation devenant intenable. Le CA du MActe se devait de réagir. C’est alors que  la DG  du MActe  décide de son son côté de lâcher une petite bombe en  “signalant au procureur de la République l’omission d’une somme de 400.000 euros de recettes de billetterie du Macte”..

Quelques jours à peine  après cette  “révélation”, la DG du Macte était “ débarquée “ de son poste et “mise à pied”. C’est Georges Bredent, Président du CA du Macte  donc élu de la majorité chalusienne, (Il avait été imposé sur la liste Chalus par  le GUSR en 2015) qui a annoncé  cette “mesure conservatoire”. Cette décision n’a pas pu être prise sans l’aval du Président de Région.

Pourtant la nomination en Septembre 2019,  de Laurella Rinçon  Guadeloupéenne, hyper diplômée, conservatrice du patrimoine, spécialiste des collections d’Afrique de l’Est et des Caraïbes avait été chaleureusement acclamée par Ary Chalus, lequel avait souligné à l’époque que : Laurella Rinçon, possédait “tous les atouts pour  se mettre au service du MActe”.

4/ Mais les affaires embarrassantes  se succèdent. On a appris cette semaine, sur les RS, que l’enquête concernant le “double emploi” de Pascal Averne (ex Dir Cab de Marie-Luce Penchard  et inspecteur des services à la Région allait rebondir, au Tribunal  au mois de septembre prochain. Une affaire qui avait déjà fait grand bruit, puisque en septembre 2019, Ary Chalus avait été convoqué par le SRPJ et même mis en garde à vue, aux côtés de Marie-Luce Penchard.

C’est dans ce  contexte pour le moins délétère  que les  élections cantonales et régionales sont prévues.

Côté opposition, Lurel et ses  camarades du PS, surfent sur  toutes ces “affaires” en  espérant qu’elles suffiront pour affaiblir Chalus. Mais à  l’intérieur du PS, depuis que Lurel a pris la décision historique de ne plus être “tête de  liste” aux Régionales, c’est la bouteille  à encre et la plus totale incertitude. Jocelyn Sapotille dont l’élection comme maire du Lamentin a été annulée a semblé être désigné. Puis il s’est rétracté. Josette Borel Lincertin est  pressentie et quasiment sûre de défendre les couleurs du PS mais la décision officielle tarde, sans doute “l’affaire Brudey sur les RS “ a obligé les socialistes a une sorte de “diète médiatique”

Au sein même de la majorité Chalusienne,  Guy Losbar, qui sait in petto, qu’il ne peut pas  victorieusement  affronter Chalus, a tout de même publié un CP très ambigu, destiné à lui permettre de mieux peser lors de la constitution de la liste des prochaines régionales.

Sauf “coup de tonnerre” ( plus rien ne doit surprendre) lors de la prochaine convention du GUSR , bon gré mal gré, Guy Losbar devrait (pour l’heure) se contenter  d’une candidature  à la présidence du Conseil Général.

Mais depuis des semaines, toutes les municipalités sont  impactées  par  la grève UTC UGTG, des personnels municipaux qui réclament une revalorisation de leur  situation. C’est Jocelyn Sapotille, président de l’asso des maires, qui  dès l’origine du mouvement social, s’est fait le porte-parole de ses collègues lors des négociations avec l’UTC-UGTG, mais il n’ a jamais réussi à convaincre les ugétegistes.

Après  donc un mois de conflit et plusieurs round de négociations, rien n’a vraiment avancé.

Ce mouvement social, il faut le souligner, est aussi la résultante des années de clientélisme, de la part d’élus, qui ont recruté des centaines d’employés municipaux avec des niveaux de salaires très bas. Ils en paient le prix.

Entre ces grèves, la gestion souvent improvisée du covide et toutes ces affaires, on le voit bien, notre pays se porte très mal et avec lui le peuple guadeloupéen. La classe politique, engluée dans ses problèmes, sa gestion très  approximative d’une situation  coloniale ne semble pas avoir les moyens de trouver “le zeb a pik” nécessaire pour sortir la Guadeloupe de sa pandémie politique. Le pays  s’enfonce donc…jusqu’à quand ?