Venezuela : Le Tribunal Suprême revient sur la nomination d’une nouvelle direction du parti de Capriles

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Caracas. Dimanche 6 septembre 2020. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Le Tribunal Suprême de Justice du Venezuela (TSJ) est revenu vendredi sur la décision qu’il avait prise le 16 juin dernier de remplacer la direction du parti Primero Justicia (PJ) dont fait partie Henrique Capriles, deux fois candidat à la présidence. La nouvelle direction avait à sa tête le député José Brito, expulsé du parti et accusé de s’être laissé suborner par le Gouvernement pour ne pas soutenir la réélection de Juan Guaidó comme président du Parlement.

Cette décision a été prise par le TSJ à peine quelques jours après que Capriles ait rompu avec une partie de l’opposition dirigée par Guaidó qui ne participera pas aux élections législatives du 6 décembre prochain et appellera instamment les détracteurs du chavisme à profiter de l’occasion que, selon lui, procurent les élections.

« La Cour Constitutionnelle du Tribunal Suprême de Justice (TSJ) a décrété une mesure préventive de tutelle constitutionnelle consistant à suspendre l’actuelle direction de l’organisation à but politique « mouvement Primero Justicia » disait le message publié le 16 juin dernier. 2 autres grands partis d’opposition avaient été l’objet d’une mesure similaire : Action Démocratique et Volonté Populaire, le parti de Leopoldo López.

Précisément à peine quelque sheures après que la sentence du TSJ ait été connue, cette nouvelle direction était allée inscrire ses candidats aux élections devant le Conseil National Electoral (CNE).

A la tête du groupe qui s’est rendu au CNE se trouvait Parra,un autre memebre expulsé du parti qui a été membre de la direction ad hoc nommée par le TSJ et élu président de l’Assemblée Nationale par le bloc des députés chavistes et un groupe de dissidents de l’opposition parmi lesquels Brito.

Le parti Primero Justicia a maintenu sa décision de ne pas se présenter aux élections car « les conditions » ne sont pas réunies malgré la suspension de l’intervnetion du TSJ.

« Primero Justicia maintient sa décision de ne pas se présenter à ces élections illégitimes convoquées pour le 6 décembre 2020 à cause des conditions électorales et des risques associés au COVID-19, » dit un message du parti sur  Twitter.

Et le parti a prévenu que ses membres « qui optent pour une route politique différente de celle adoptée » par le parti « et se présentent comme candidats prennent la décision de se situer en marge des militants du parti dans les termes prévus par nos statuts. »

« Aujourd’hui a été annoncée une décision du TSJ de Maduro qui concerne nos symboles et les autorités de notre parti. Nous affirmons que cela ne change rien à notre situation institutionnelle. Primero Justicia continuera à être un parti au service du peuple du Venezuela et de la démocratie, » ajoute-t-il. Et le parti exprime aussi sa « profonde inquiétude à cause de la crise unitaire que traverse l’opposition » et demande de « remettre l’unité de propositions autour d’un seul objectif : rétablir la démocratie. »

Et il prévient que pour atteindre ce but, « il est nécessaire de clarifier la lutte démocratique » et « de reconnaître avec humilité une série d’erreurs et l’incapacité que la rectification dans la conduite du gouvernement intérimaire » que Juan Guaidó a organisé après avoir été reconnu comme président par plus de 50 pays.

« Pour cela, nous proposons d’ouvrir un débat franc pour ré-envisager l’organisation et l’action de l’opposition » conclut-il. PJ est l’un s 27 partis qui ontpris la décision de ne pas participer aux élections en considérant que c’est une « fraude. »

Mais Capriles a demandé mercredi dernier deprofiter de cette « petite faille » parce que, dit-il, « le combat se fait en combattant, pas en twittant. »

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos