Guadeloupe. Terres agricole en friche : Rencontre avec les organisations agricoles

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Pointe-à-Pitre. Samedi 28 décembre 2019. CMA. La présidente du conseil général Josette Borel Lincertin a réuni les principales organisations agricoles pour discuter sur le développement de l’agriculture en Guadeloupe. Investie dans ce projet, Mme Josette Borel Lincertin a tenu à rencontrer, – la DAF, l’INRA, la SAFER, Henri Joseph, les responsables d’organisations agricoles –  afin de mutualiser les moyens sur la problématique des terres agricoles en friche. Ce jeudi 12 décembre 2019, a prononcé un discours ci-dessous.

Le de?veloppement de notre agriculture ne pourra se re?aliser sans des efforts novateurs, importants; sans la mobilisation partage?e, mutualise?e, de tous les tre?sors que nous offre notre belle Guadeloupe.

Nous devons sortir des sentiers battus.

Nous faisons tous le constat, depuis des de?cennies, que la Guadeloupe pourrait produire beaucoup plus, mieux nourrir sa population, pour peu que son agriculture, soit pense?e, organise?e.

Une re?cente e?tude de l’ODEADOM indiquait, par exemple, qu’avec 3% de plus de la surface agricole utile consacre?e aux fruits, la Guadeloupe pourrait devenir autosuffisante pour cette production.

Nous savons tout cela.

Nous savons que la SAU perd chaque anne?e environ 150 hectares. Nous savons que le nombre d’exploitations diminue.

Nous n’ignorons pas que nous sommes un marche? de de?versement pour les produits non consomme?s en me?tropole.

Nous constatons tous, que nos jeunes quittent le territoire : 4 000 chaque anne?e. C’est un drame. Une pre?occupation constante pour moi…

La filie?re e?levage est mise a? mal. La canne et la banane sont en permanence sous la menace d’une modification de la re?glementation europe?enne.

Et pourtant, nous tardons a? re?ellement mettre notre agriculture en ordre de marche pour re?pondre a? ses de?fis.

La contribution que l’agriculture doit apporter au de?veloppement e?conomique de la Guadeloupe, a? l’emploi, a? la sante? des Guadeloupe?ens, au de?veloppement durable de notre archipel, est essentielle.

Je crois pouvoir dire que nous partageons tous ici cet objectif.

Le De?partement, qui a installe? de nombreux agriculteurs sur son foncier, pre?s de 300, et qui apporte l’eau sur les exploitations a? travers son vaste re?seau d’irrigation de plus de 650 km, a toujours e?te? un partenaire majeur du monde agricole.

Aujourd’hui, il s’est saisi de la proble?matique strate?gique des terres agricoles en friche.

Car le de?veloppement de notre production agricole ne se fera pas d’un coup, ni par des constructions the?oriques ni par des plans re?pe?titifs qui ne sont pas suffisamment efficaces.

Il se fera par des re?alisations concre?tes.

Par des re?alisations concre?tes qui commencent, d’abord, par la remobilisation de ce foncier que nous avons laisse? en friche alors que nos besoins sont si grands, alors que nous devons donner la possibilite? a? nos jeunes de re?aliser le me?tier pour lequel ils se sont forme?s…

C’est pre?cise?ment ce qu’autorise la de?marche terres incultes que le De?partement a lance?e en novembre dernier a? Petit-Canal.

Je voudrais a? ce titre remercier le maire de Petit-Canal pour sa mobilisation a? nos co?te?s.

Je remercie aussi les autres conseillers de?partementaux en pointe sur ce sujet, Daniel DULAC et Marthyr NAGAU, qui ont permis de faire de cette proble?matique, un des grands axes de la strate?gie du Conseil De?partemental en matie?re agricole.

Merci aussi a? Mme BLANCHET, pre?sidente de la CDAF, qui fait montre de tout l’engagement dont nous avons besoin pour avancer.

Enfin, merci a? vous Chers partenaires du secteur agricole, d’avoir accepte? mon invitation a? l’e?change que nous allons avoir dans quelques instants.

Il ne s’agit pas pour moi de vous annoncer que le Conseil de?partemental va re?cupe?rer tout le foncier en friche de la Guadeloupe et qu’il va vous le donner tre?s facilement et gratuitement a? bail.

C’est un peu plus complique? que cela…

Nous avons devant nous un vaste chantier qui va demander un travail d’enque?te et de me?diation conse?quent.

Mais j’ai souhaite? recueillir vos avis sur les priorite?s que nous devons donner a? cette de?marche. Je veux en effet rompre avec les anciennes pratiques ou? l’on faisait pour vous sans vous demander vos avis.

Je suis re?solue a? agir avec vous a? mes co?te?s.

Re?solue aussi a? verser vos contributions aux Congre?s que nous tenons actuellement avec l’ensemble des e?lus de la Guadeloupe.

Nous sommes a? un moment opportun ou? nous pre?parons la Guadeloupe de nos enfants.

Nous nous devons de prendre en compte vos propositions pour une Guadeloupe qui doit mieux prendre en conside?ration son agriculture, qui est sa ve?ritable richesse, et la remettre au cœur de sa strate?gie de de?veloppement.

Tel doit e?tre notre cap commun fe?de?rateur. C’est en tout cas celui du Conseil de?partemental.

Encore une fois, merci pour votre pre?sence a? tous ce matin. Merci de m’avoir e?coute?e.