ObjectifsSuite au séisme du 12 janvier 2010 une Mission Interministérielle pour la Reconstruction d’Haïti (MIRH) s’est rendue à Port-au-Prince du vendredi 5 février au mardi 9 février 2010. La mission était composée de :
Thierry Le LAY, Gilles LEBLANC, Victor DAVIDOVICI, Jérôme BOUET, J-L DURANDDROUHIN, François GUYOT, Pierre HOUPIKIAN, Daniel SCHLOSSER et Yvon Le GOUEFFLEC. Cette mission avait pour objectif d’analyser les possibilités de mettre en place une stratégie de reconstruction et de proposer des actions prioritaires.
ConclusionsLa catastrophe du 12 janvier, en ruinant la capitale haïtienne, a réveillé les consciences, parce que ce séisme ouvre le formidable défi de la reconstruction Les destructions massives constatées n’ont hélas rien d’inattendu, du fait de l’inexistence de codes de construction et plus spécifiquement de l’absence de règles parasismiques, de la non adéquation entre le type de fondations et la qualité du sol, de la mauvaise qualité du béton et de sa mise en oeuvre... Plus grave encore, les constructions édifiées depuis les années 1910 - qui ont connu l’avènement du béton armé - à nos jours ne respectent même pas les règles élémentaires de bonne construction hors zone sismique. Cette déplorable qualité de la construction est perceptible aussi bien pour les bâtiments construits entre 1910 et 1920 (Palais Présidentiel, Résidence de l’Ambassadeur de France....) que pour les bâtiments plus récents (Ecole de la Congrégation des Saints-Pères
en 1950 et surtout Hôpital Turgeah, terminé en 2009.
Dans la partie centrale de Port-au-Prince, les rares bâtiments restés en bon état ont été construits dans le respect de règles parasismiques américaines ACI 318-99. Ailleurs, il est fort probable que la tenue convenable des bâtiments ou de certains quartiers s’explique soit par l’existence d’un sol rocheux, soit par la présence de nombreux murs en maçonnerie porteuse, soit encore par une bonne qualité d’exécution, soit enfin par la conjonction de tous ces facteurs.
Le séisme est une agression majeure totale. Il attaque un bâtiment dans son ensemble et dans toutes ses parties jusqu’au moindre détail ; l’agression sismique est le révélateur de dispositions irréfléchies, de défauts, d’insuffisances, de vices de conception, de calculs et d’exécution qui, sans séisme, pourraient rester à jamais cachés. Si un projet est mal conçu par l’architecte, la structure a beau être calculée pour satisfaire à la lettre aux règles parasismiques, le bâtiment restera congénitalement vulnérable. Le contraire est encore plus évident : une construction de conception architecturale saine n’a aucune chance de résister, si les calculs de l’ingénieur ne sont pas représentatifs et bien entendu si les plans d’exécution ne comportent pas les détails nécessaires à une bonne exécution.
Pour toute nouvelle construction, il en résulte une nécessité absolue : la collaboration architecte – ingénieur (suivant schéma ci-après).
Dans ce cas, le maître d’ouvrage public ou privé doit :
a. Associer – dès les premières esquisses du bâtiment à construire - l’architecte et l’ingénieur,
b. Leur donner mandat explicite de concevoir ensemble un ouvrage parasismique,
c. L’architecte doit connaître et comprendre les principes de l’architecture parasismique et accepter que l’ingénieur l’aide dans la conception,
d. L’ingénieur doit savoir, vouloir et pouvoir être co-concepteur et pas seulement calculateur Maîtres d’ouvrage publics et privés
Proposition d’organisation pour la conception et la réalisation des nouvelles constructions
Organisme public ou privé
Pour les constructions existantes endommagées par le séisme de Port-au-Prince, il s’agit d’une réhabilitation (confortement) d’urgence. D’où la nécessité absolue de mettre en place une collaboration entre entreprise - ingénieur – architecte (voir schéma ci-après). On constate que, pour l’heure, il n’y a pas de solution autre que d’agir selon le jugement d’experts, selon le consensus des professionnels compétents, en tenant compte de l’apport essentiel des enseignements des séismes qui se sont produits dans le monde et dont nous avons un retour d’expérience conséquent. Il faut l’accepter Dans cette situation, le maître d’ouvrage public ou privé doit :
a. Identifier les entreprises qualifiées disposant des moyens correspondants en personnel et en matériel,
b. Sélectionner les ingénieurs dans les bureaux d’études pour proposer les solutions de confortement les plus adaptées,
c. Choisir les architectes et les convaincre d’intégrer des équipes d’ingénieurs, afin de rendre le bâtiment à sa destination initiale.
La manière dont le programme de confortement sera mis en place aura bien entendu des conséquences sur tout le bâti existant et sur les projets des nouvelles constructions. Il est donc proposé d’organiser, pour la réussite de toutes ces actions, une coordination unique avec mise en place d’une cellule d’assistance et de conseil disposant de toutes les prérogatives nécessaires. En fonction des priorités définies, cette cellule sera chargée de suivre toutes les phases du renforcement.
Le résultat est un compromis entre le souhaitable et le possible : un choix de société à la fois viable et acceptable ; ainsi pour la reconstruction de Port-au-Prince, à la date de la rédaction de ce rapport, on pourrait imaginer comme actions prioritaires :
a. Provoquer un choc dans la culture de construction en général et en zone sismique en particulier, en imposant la construction parasismique. L’agression sismique n’accepte aucun compromis par rapport à la réglementation en vigueur, elle constitue un essai en vraie grandeur qui met un bâtiment à l’épreuve. On a donc dépasser les phases de conception et
de calcul, on est dans la réalité.
b. Etablir clairement la chaîne des professionnels intervenant dans la construction des bâtiments et faciliter l’émergence de bureaux d’études spécialisés.
c. Editer en urgence les recommandations parasismiques et paracycloniques dans le cadre d’un code de la construction. La réglementation est une convention à un moment donné de l’évolution du savoir technique et de la société. C’est un consensus en évolution constante. Aussi pour concrétiser la politique de prévention, il faut réaliser un « instantané » et le rendre obligatoire.
e. Réfléchir sur la réparation et/ou le renforcement des bâtiments qui constituent le patrimoine national.
f. Installer des usines de fabrication de béton prêt à l’emploi ; producteurs homologués et contrôlés.
g. Ouvrir un centre de formation aux métiers du bâtiment.
h. Former en urgence des ingénieurs de bureaux d’études.
i. Former des architectes de façon très pratique.
j. Mettre en place des équipes de contrôle de la construction.
Le séisme est l’épreuve de la vérité pour l’ensemble du bâti et surtout pour tous les participants à l’acte de construire. Il s’agit maintenant de transformer cette douloureuse épreuve par la mise en oeuvre d’une démarche réfléchie, qui aboutira à la mise en place systématique de systèmes de construction conformément aux règles parasismiques et paracycloniques et au renforcement des bâtiments existants.
Ainsi la vie pourra être sauvegardée lors des séismes à venir.Dans l’esprit d’Auguste Conte, ce rapport pourrait être l’occasion de partager ensemble ce retour d’expérience lors des prochaines rencontres en France et en Haïti.
De la raison d’être de l’ingénieurCe qui a tremblé tremblera à nouveau
Le séisme appartient à une catégorie de risque spécial, dans la mesure où les pertes en vie humaine sont imputables aux structures bâties par l’homme lui-même. Peut-on prévoir un tremblement de terre ? A ce jour rien ne permet hélas de répondre positivement à la question. Tout au plus dispose-t-on de quelques indicateurs plus ou moins empiriques.
Les séismes seraient sans doute moins meurtriers si l’on pouvait prévenir à temps les populations menacées, encore faudrait-il savoir prévoir où et quand se produiront les tremblements de terre…. Quand bien même on saurait le faire, les prévisions risqueraient de soulever des problèmes sociaux, économiques, politiques et psychologiques énormes. Dés lors qu’on admet la potentialité du risque et l’impossibilité de le prévenir, la seule prévention valable reste la construction parasismique.
Il faut donc mettre en place une politique de prévention.
Le choix de cette politique est plus ou moins conscient, plus ou moins explicite, mais toujours pragmatique :
« faire ce qu’on dit et le faire avec constance… »
C’est un compromis difficile à réaliser. Il s’élabore dans le dialogue entre le citoyen, le milieu scientifique et technique, et la puissance publique (élus et administrations). On peut affirmer qu’avec le Génie Parasismique, nous disposons aujourd’hui d’un ensemble de connaissances scientifiques, techniques et de mise en oeuvre qui permet de « construire parasismique », c’est-à-dire de sauvegarder les vies humaines et de limiter les pertes économiques à un niveau acceptable pour la société. Le Génie Parasismique est une matière en constante évolution ; il implique une remise en cause permanente du savoir acquis. Il trouve son origine à la fois dans les sciences de la terre et celles de la construction. Chaque séisme majeur lui permet de progresser et d’engranger de nouveaux éléments pour une construction parasismique toujours plus adaptée, à la fois sûre et économique. On comprendra donc que pour obtenir des performances de qualité pour les constructions en zone sismique, il est essentiel de conserver une attitude critique, qu’il s’agisse de l’application des divers textes et règlements, ou de la remise en cause du savoir acquis, autant de fois qu’il sera nécessaire.
Il s’agit bien là d’un choix de société !
Quel prix la société est-elle prête à payer aujourd’hui pour que des générations futures puissent vivre dans un environnement mieux protégé face aux séismes, qu’il ne l’est à l’heure actuelle ? Bien entendu, le champ est vaste, les compétences multiples autant que variées, les avis peuvent diverger, mais la réalité est la même pour tous et pour chacun : les points d’application du génie parasismique sont essentiellement projetés vers l’avenir. Un avenir qui, à l’inverse des spéculations sur le non-risque ou sur la probabilité de son échéance, se mesure en qualité et en quantité des connaissances acquises au profit de la conception et de la réalisation de bâtiments résistants aux tremblements de terre. S’il est raisonnable de penser que l’action sismique restera pour longtemps imprévisible, en revanche nous sommes responsables de l’application qu’il appartient de faire des avancées techniques que le Génie Parasismique met à notre disposition. Nous serions coupables de ne pas les utiliser, au regard des risques encourus et de nos devoirs envers la société.
Expertise d’urgence des bâtiments Remarques préliminaires
Haïti, comme la Martinique et la Guadeloupe, est situé en bordure de la plaque Caraïbe, un endroit sujet à des séismes majeurs. Par deux fois déjà, en 1751 et 1771, Port-au-Prince avait été sérieusement endommagé par d’importants séismes1, attribuables à cette même faille qui a provoqué le tremblement de terre destructeur
du 12 janvier 2010. A ce jour, on ne connaît pas les valeurs des accélérations du séisme du 12 janvier,par manque de stations accélérometriques. Par contre, l’équipe américaine EERIUSGS2 a enregistré une accélération maximale de 0,19 g lors de la réplique du 20 janvier.
De nombreux experts se sont succédés en Haïti après le 12 janvier avec autant d’avis, souvent incomplets, voire imprécis. Ce rapport ne prétend pas apporter de réponse exhaustive, mais un éclairage sur les causes d’un tel drame et une contribution à la reconstruction de Port-au-Prince.
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le rapport dans son intégralité
Et la France dans toute cette histoire, la France qui c'est vrai est allé apporté de l'aide à Haïti, la France qui pour beaucoup de guadeloupéens aliénés, serait à l'abri des forces de la nature car la France n'est pas un pays pauvre comme Haïti! Une grande puissance comme elle faisant partie du G8, pensez-vous! Et pourtant, et pourtant! Ce n'est pas un séisme qui a ébranlé le pays de Sarko (quoique elle n'est pas à l'abri des séismes non plus) mais une violente tempête qui a causé la mort de 51 personnes. Tout comme en Haïti et au Chili, beaucoup de personnes ont tout perdu! Qu'a t-on pas entendu quand des guadeloupéens accusaient le gouvernement haïtien d'avoir permis des constructions en zone à risque! Alors que diront ces mêmes guadeloupéens lorsqu'ils apprendront que même dans un pays comme la France, les autorités ont permis les constructions au bord de la mer? Coûts des dégâts en France, plus d'une centaine de millions d'euros. La France a même demandé à l'Union Européenne une contribution pour la reconstruction. Et dire que certains avançaient que seul Haïti était condamné à l'aide internationale! Je tiens à rappeler qu'en 2004 après le passage de l'Ouragan Katrina, les USA première puissance mondiale avait également sollicité l'aide internationale! Et jusqu'à présent beaucoup de gens à la Nouvelle-Orléans n'ont pas encore retrouvé une situation normale.
Alors mes chers compatriotes guadeloupéens, avant de déconner sur le valeureux peuple haïtien, regardez autour de vous et dites-vous que quelque soit le pays où vous vous trouverez sur cette bonne vielle terre, personne mais personne ne sera à l'abri des forces de la nature. Et souvenez-vous aussi qu'en Guadeloupe, nous avons tremblement de terre, ouragan, tsunami, éruption volcanique et glissement de terrain. Si la Guadeloupe est un paradis, elle peut être aussi l'enfer!
SHAKA
Le facteur chance a joué aussi: au Chili, l'épicentre du phénomène a été localisé dans le Pacifique, à environ 34km de profondeur, près d'une région relativement peu peuplée, alors qu'en Haïti le séisme s'est produit à seulement 13km de la surface et à quelques kilomètres de la capitale, Port-au-Prince.
"Les tremblements de terre ne tuent pas, ils ne font pas de dégâts s'il n'y a rien à abîmer", souligne Eric Calais, géophysicien à l'Université Purdue, qui étudie le séisme en Haïti.
Selon le Centre américain d'études géologiques (USGS), huit municipalités haïtiennes, dont Port-au-Prince et ses trois millions d'habitants, ont subi une secousse "violente" à "extrême" le 12 janvier. Au Chili en revanche, aucun secteur urbain n'a subi plus qu'un tremblement "sérieux", terme qui correspond au troisième échelon par ordre décroissant de gravité. L'épicentre se trouvait à 325km de la capitale et plus grande ville du pays, Santiago.
Le séisme chilien a certes libéré 501 fois plus d'énergie à l'épicentre que son prédécesseur haïtien, mais cette énergie se dissipe rapidement en s'éloignant de l'origine, et le sol autour de Port-au-Prince est moins stable et "tremble comme de la gelée", pour reprendre l'expression du géologue Tim Dixon de l'Université de Miami.
Les rescapés haïtiens ont décrit la panique qui les a saisis alors que les immeubles implosaient autour d'eux, qu'ils s'accrochaient à des piliers de ciment pour les voir s'effondrer sous leurs mains. Ils n'avaient reçu aucune instruction sur la conduite à tenir: se réfugier sous une table, se tenir à l'écart des vitres. Au Chili, logements et bureaux sont construits selon des normes antisismiques, leur armature d'acier étant conçue pour osciller avec l'onde au lieu de lui résister.
"Quand vous observez l'architecture au Chili, vous voyez des bâtiments endommagés mais pas cet effet de crêpe que vous avez en Haïti", note Cameron Sinclair, directeur général de l'ONG Architecture for Humanity, qui a participé à la reconstruction dans 36 pays frappés par des catastrophes naturelles. Des collègues architectes au Chili ont notamment construit des milliers de logements à bas prix respectant cependant les normes parasismiques, affirme-t-il.
Rien de tel n'existait en Haïti. L'architecte local Patrick Midy ne connaît que trois bâtiments construits pour résister aux tremblements de terre dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde. Cameron Sinclair dit avoir reçu 400 demandes d'aide au lendemain du séisme en Haïti, et aucune à ce jour du Chili. "Le Chili compte davantage de sismologues de renommée internationale et d'ingénieurs spécialisés par tête qu'aucun autre pays", estime Brian Tucker, président de l'ONG GeoHazards International, basée à Palo Alto (Californie).
Au Chili, "le fait que la présidente (Michelle Bachelet) ait été dehors à faire le point minute par minute quelques heures après le séisme du milieu de la nuit donne une idée de leur capacité de réaction à une catastrophe naturelle", souligne Cameron Sinclair.
En Haïti, la plupart des habitants ont ignoré pendant au moins une journée si leur président, René Préval, était vivant ou mort, alors que le palais présidentiel s'était effondré comme la plupart des bâtiments gouvernementaux. La télévision, la radio et le réseau de téléphonie mobile étaient muets. Plus d'un mois après à Port-au-Prince, plus de 500.000 habitants sont toujours sans abri, la plupart n'ont pas d'électricité et dépendent de l'aide alimentaire internationale.
Mais le Chili se trouve dans l'une des régions sismiques les plus actives du monde. "Chaque habitant a probablement déjà connu un tremblement de terre majeur, alors que le dernier à avoir frappé Port-au-Prince remontait à 250 ans", rappelle le géophysicien Eric Calais. Pour le chanteur de reggae haïtien Fanfan Bozot, 32 ans, c'est beaucoup plus simple: "Le Chili a un gouvernement responsable. Nous, notre gouvernement est incompétent". AP
Bien entendu, comme certains ne manqueront pas de le souligner, comparer Chili et Haïti, c’est comparer des pommes pourries et des oranges bien ferme. Oui, tous deux sont situés au bord de failles sismiques actives. Mais comparé à Haïti, le Chili est un pays riche. Le Chili a les moyens de se procurer du ciment de bonne qualité, et les capacités institutionnelles de vérifier sa bonne utilisation. Le Chili a les moyens de se procurer et de garder en réserve les équipements lourds et l’outillage nécessaire à une réaction rapide après une catastrophe à même de raser une grande ville. Haïti est trop pauvre pour mettre en place des dispositions comparables. Quand bien même le pays aurait été mieux conscient de sa géologie avant la catastrophe, qu’auraient pu faire les Haïtiens de ces informations ?
Surtout, que l'on soit riche ou pauvre, une catastrophe est toujours une catastrophe! Au Chili, on a peut-être construit plus solidement mais ça n'a pas empêché que plus de 700 personnes perdent la vie! Un, deux, 700 ou 230 000 morts c'est toujours des morts en trop! Il faut savoir que même si vous construisez en respectant les normes et si cette construction est réalisée sur une faille, cela ne sert à rien, d'où l'étude des terrains avant d'entamer une quelconque construction. Ce qui n'a malheureusement pas été réalisé au Chili et ailleurs. Mais pouvaient-ils faire autrement? D'ailleurs, je fais aussi remarquer qu'en Californie, vous avez la fameuse faille de San-Andreas qui traverse de grande villes comme San Francisco et Los Angeles. Je n'ose même pas imaginer le big one en Californie! Donc que ce soit Port au Prince, Concepcion, Los Angeles, Pointe-à-Piitre, pensez-vous que quand on a construit toutes ces villes, les gens ont pensé aux failles? Alors continuez de déconner sur Haïti! J'ai comme l'impression que vous ne vous rendez pas compte de ce que vous écrivez! Si la Guadeloupe était touchée par une force de la nature, écririez-vous les mêmes conneries? Quand on sait que vous avez les failles du Gosier et il y a même une dans la région de Morne-à-L'Eau. Donc encore une fois, que vous soyez riches ou pauvres, cela ne change rien si vous construisez (même en respectant les normes) sur des failles, il y aura toujours des dégâts et des morts!
SHAKA
Une capitale en ruines, plus de 200.000 morts et au moins un million de sans-abri dans le petit pays des Caraïbes après la secousse du 12 janvier d'une magnitude de 7 sur l'échelle du moment (Mw). Dans les Andes, le tremblement de terre de samedi a atteint la magnitude considérable de 8,8 mais le bilan humain ne dépassait pas mardi les 750 morts.
Les Haïtiens n'ont pas tardé à trouver l'explication: dans leur pays, c'est la mauvaise qualité des bâtiments qui a tué et ce parce que depuis des décennies des responsables corrompus se sont gardé de faire appliquer des normes de construction anti-sismiques.
"Il n'existe pas vraiment de politique dans notre pays. Ici, la politique, ça consiste à prendre de l'argent et mettre ça sur un compte bancaire. Ils prennent, s'en mettent plein la poche et s'en vont", accuse Pierre-Francis Junior, un sinistré qui survit dans un campement de fortune au coeur de Port-au-Prince.
Autour de lui, plus de 70.000 personnes s'entassent sur le Champ de Mars, l'esplanade située face au palais présidentiel en ruines, symbole de la fragilité du pouvoir haïtien.
A la différence du Chili, "nous n'avons pas de gouvernement qui prend ses responsabilités", dénonce Emile Dorante, 35 ans, qui, comme ses voisins, a appris rapidement la nouvelle du séisme chilien, les radios étant omniprésentes sous les tentes.
Beaucoup de sinistrés écoutent en permanence les stations d'information donnant le nombre des victimes.
"Sept cents morts et 2 à 3 millions de sans-abri", rapporte Franz Louisval, relayant des chiffres qui circulaient lundi.
Dans leur misère présente, les sans-abri de Port-au-Prince idéalisent la situation au Chili, où violence et pillages sont pourtant apparus après le tremblement de terre, quoique de façon moindre que dans l'île des Caraïbes.
"Ici on a mal bâti, on a mal construit. On a fait des grosses, grosses maisons au-dessus des petites maisons. Et puis on n'a pas construit selon les normes. Au Chili, c'est mieux, ils ont tout respecté", pense un rescapé.
"La façon dont nous avons construit nos maisons n'est pas anti-sismique, donc la différence est bien claire", assure Markens Lelièvre, un employé de la mairie de Port-au-Prince âgé de 29 ans. Il espère que l'arrivée d'experts étrangers permettra de reconstruire le pays de façon plus résistante.
Mais beaucoup de survivants ont une vision fataliste de leur pays, le plus pauvre des Amériques.
"Dieu est omniscient et omniprésent. Il a attaqué toute la planète et s'il a frappé Haïti plus durement, c'est peut-être qu'Haïti était mal placé ou a mal géré la situation", suppose Emile Dorante.