
Le paysage audiovisuel guadeloupéen, (PAG) qui semblait si dynamique il y a de cela à peine dix ans, est aujourd’hui presque une ruine. En l’an 2000, à l’entrée du 21 é siècle, la Guadeloupe était « riche » de 3 chaines de télés privées. A Basse-Terre, Les frères Moradel, et leur actionnaire majoritaire, le groupe Penchard, géraient à la petite semaine, et sans ambition aucune, une chaine, déjà sur le déclin. En 2001, premier coup de semonce, les salariés excédés par l’attitude du nouveau rédacteur en chef, Pierre Emmanuel, se mettaient en grève et obtenaient son départ. Mais les conditions de travail et salariales, dégradées laissaient penser que les jours ETV, étaient comptés. Le soutien financier, quoique important, de l’ex présidente de Région, ( à la veille de sa défaite en 2004) ne changea pas grand chose. Dés 2008, en dépit d’efforts constants, pour maintenir ETV à flots, le salariés, furent contraints de s’opposer une nouvelle fois à leur direction. Depuis ETV bat de l’aile. Eclair FM, la radio musicale du groupe, qui avait connu ses heures de gloire au cours de la décennie précédente, incapable d’assurer son cahier des charges, s’est progressivement tue. Plus d’un an après d’un conflit qui a débuté en décembre 2008, les 4 salariés d’ETV sont toujours « dans la rue » car la direction et les actionnaires ont été incapables de leur proposer une solution acceptable.
Archipel 4, l’ex télé, de feu Jacques Fahed, transita entre les mains d’Henri Debs avant d’échouer entre celles de son ultime « gérant», Jean Claude Thomasseau. Finalement Archipel 4, a disparu corps et bien. La fréquence attribuée par le CSA a ainsi été perdue.
L’A1 Guadeloupe, qui faillit être à ses débuts TCI ( le pendant télé de RCI !!) a connu bien des heurts et des malheurs. José Gardakkan, business man du béton, du macadam, du carburant et autres expédients, devenu propriétaire majoritaire de la chaine, donc PDG, à vie, n’a cessé de prouver, qu’il n’a jamais été l’homme de la situation. Depuis maintenant, plus de 5 ans, l’A1 est totalement déstabilisée. De changements de directeurs, en retours de directrice, partie-revenue-repartie etc… L’A1, tout comme ETV n’est plus qu’un écran noir. Les salariés, largement « bouffis »par les tergiversations de leur PDG ont donc décidé mercredi 3 mars de tout bloquer. Ils réclament, leurs trois derniers salaires, des conditions de travail décentes, du matériel, et surtout une visibilité sur leur avenir dans l’entreprise. Autant dire, que dans les conditions actuelles, ils en sont à espérer l’impossible.
Ces crises qui agitent le PAG ne sont pas le fait du hasard. Tout était largement prévisible. L’ère de la télé de papa est achevée depuis le début de ce 21é siècle; maïs nos « patrons » audiovisuels, qui n’ont de patrons que le nom, ont tous été incapables de prévoir le présent et encore moins d’inventer l’avenir de « leur » chaine. Ils ne sont pas rendus compte, des profonds bouleversements qui ont affectés la télévision. En Avril 2008, nous écrivions déjà ceci dans un éditorial paru dans "les Nouvelles Etincelles ( extraits)".
La mutation du Paysage Audiovisuel Guadeloupéen( PAG) n’est pas une vraie nouveauté. Ce qui l’est c’est sans doute la cécité et la surdité des responsables qui ici et là, n’ont pas compris que l’auditeur des années 2000 n’est plus du tout celui des années 80……( )
Car jusqu’a il y a quelques mois, l’A1 Guadeloupe et ATV avaient des accords de partenariat et d’echanges ils sont aujourd’hui rompus. Il est vrai que ATV a changé de propriétaire, Yann Montplaisir, le nouveau patron n’ a pas du apprécier, le fait que José Gadarkan (A1 Guadeloupe), ait autant trainé les pieds pour mutualiser leurs moyens… La Une a- t- elle encore les moyens de faire un cavalier seul ? les fans du foot ont du noter que contrairement aux habitudes, le match de France-Roumanie n' a pas été retransmis sur la Une Guadeloupe, La Une n’ayant plus les droits ».En fait rien de surprenant. La crise qui touche de plein fouet ces médias audiovisuels cari-créoles, était depuis longtemps annoncée, encore fallait-il que ces « patrons » aient la vista ,le flair et surtout l’intelligence, permettant de comprendre, que les nouveaux écrans (ordinateurs et Smartphones) consacrent la fin de la télé traditionnelle. En termes clairs, l’offre technologique a fractionné l’auditorat. De nos jours pour capter le public et pouvoir intéresser les annonceurs, il faut aussi renouveler l’offre et la qualité des programmes Car en fait , si ETV, A1, Archipel, meurent ou se meurent, c’est aussi parceque leur l’audience a considérablement chuté, les annonceurs devenus plus attentifs dans leurs investissements.
ETV , Archipel 4 et A1 n’ont vraiment pas les moyens de suivre (toutes) les demandes de téléspectateurs devenus plus exigeants car habitués à des programmes de meilleure facture, diffusés sur le Cable ou le Satellite.
Canal 10, le dernier des mohicans, en dépit de la disparition prématurée de son fondateur , échappe pour l’heure à la crise, mais jusqu'à quand ?
Ces écrans noirs, sont parfois la sanction d’une certaine incompétence dénoncée ici ou là par des salariés en colère .Visiblement, le choses ne risquent pas de s’améliorer, dans l’immédiat ETV et A1 vont -elles disparaitre ? José Gadarkan, le PDG de l' A1 pourrait remettre la main au portefeuille, mais l’investissement est désormais trop lourd, et le retour n’est guère assuré. Que risque –t –il de se passer ?
Il faudra sans doute attendre , le résultat des élections régionales pour savoir si le prochain président de Région, décidera de se donner les moyens ( une SEM audiovisuelle ? ) pour soutenir ces chaines ,mais, toute chose à son coût .Même si personne ne l’affirme , le prix à payer ce sera l’indépendance des journalistes . A RCI, en dépit de la grève des mois passés et du le licenciement du directeur, la radio de Grand Camp n’est pas encore sortie de la crise… la tension financière demeure, car le marché des annonceurs est encore fébrile.
Maïs cette crise structurelle, ne touche pas que l’audiovisuel,. L’hebdomadaire "7 Mag "est lui aussi dans la tourmente .Son dépôt de bilan , est déjà programmé,comme inévitable La série "
noire", risque bien de connaitre d’autres douloureux épisodes.. c'est à suivre !
Ces évènements portés et entretenus par les médias, ont engendré une crise qui a mis à mal l'économie de la gwada, il est normal que vous en payiez aussi les pots cassés. Fallait réfléchir avant.
Mais le sport national en Guadeloupe, n'est-il pas de scier la branche sur laquelle on est confortablement assis ? ....
Encore une fois votre "papier" est orienté seulement contre les "patrons" sans évoquer une seule fois la crise de l'an dernier. L'avez-vous déja oublié? L'économie guadeloupéenne, non !!
A bon entendeur
Salut