Le week-end a été placé sous le signe de la culture et de l’échange par le biais des ateliers installés dans chaque salle de la Maison. Au rez-de-chaussée, le visiteur est accueilli par les organisateurs et est dirigé vers les différentes activités susceptibles de l’intéresser. La décoration du hall a été étudiée avec soin. Les cadres accrochés au mur rappellent différentes règles de grammaire créole. Les biographies d’éminents créolistes, tels que Gérard Lauriette dit Papa Yaya ou Dany Bébel-Gisler, sont également reproduites.
Au premier étage de la M.J.C., a été installé le Bik à Liv. Les visiteurs peuvent y découvrir et y acheter différents livres des éditions L’Harmattan. La maison Caraïbes Editions expose également des bandes dessinées connues, tels que Tintin, Astérix ou Titeuf, traduites en créole et des livres policiers.
Plus lois, dans le dojo, les animatrices de l’espace Jou Pa Timoun se sont installées. Cet espace permet aux enfants d’accéder à trois ateliers en un. Dans un premier temps, la lecture d’un conte pour enfants est l’occasion de les interroger sur les animaux (herbivores, carnivores…). Puis, les enfants participent à une version créole du Pictionary dans laquelle chacun d’eux doit faire deviner aux autres le mot créole qu’il a tiré au sort en le dessinant. Les enfants passent ensuite au dernier atelier. Il s’agit, pour les jeunes participants, de nommer les fruits-pays exposés sur une table drapée de madras. Les enfants terminent par l’Atelier Senteur. Aux marches de l’escalier en colimaçon tout proche, ont été accrochés des petits sacs remplis d’épices habituellement utilisés dans les cuisines locales. Les enfants doivent sentir les sacs et reconnaître la cannelle, la muscade ou le colombo.
Les adultes ne sont pas oubliés. L’atelier d’alphabétisation a pour but d’aider les créolophones à écrire leur langue. En effet, nombreux sont ceux qui pratiquent le créole depuis leur plus tendre enfance mais éprouvent des difficultés à l’écrire ou le lire. Toutefois, parmi ceux qui découvrent cet atelier, il y a également des personnes qui souhaitent approfondir leurs connaissances linguistiques et sur la culture créole en général. L’une d’entre eux précise même : « J’ai appris ce qu’était la Guadeloupe dans les livres en étant [en France]. Je suis ici pour apprendre ».
Dans la salle voisine, se déroule l’atelier de conversation. Cette activité est destinée à des personnes comprenant le créole mais ne le parlant pas ou peu. Chacun des participants commence par se présenter en créole. L’exercice est difficile, notamment, pour les personnes qui ne pratiquent pas du tout la langue. Puis, chacun dit quelques mots en créole. Les phrases sont ensuite mises bout à bout afin de créer un cadavre exquis.
Au deuxième étage, dans la salle de danse de la Maison, les visiteurs peuvent prendre part à des ateliers de danse. A cette occasion, les visiteurs peuvent apprendre le bélé, le gwoka ou le djumba. Les participants, timides au début, prennent vite de l’assurance avec les conseils de Max Diakok, le professeur, et esquissent des pas de danse traditionnelle au son des tambours.
Enfin, au sous-sol, dans la salle de spectacle de la M.J.C., a pris place l’atelier Contes où les participants apprennent à créer un conte à partir d’un texte, sous la direction de Franck Compper et Patrice Guezello, deux conteurs guyanais et réunionnais. Ces derniers soulignent le fait qu’un conteur est le symbole de la littérature orale créole. Il doit utiliser un vocabulaire simple pour pouvoir toucher le plus grand nombre et, ainsi, partager son histoire avec le public.
Le samedi, vers 20 Heures, Tony Mango, membre du Collectif, donne le coup d’envoi de la scène ouverte et laisse le micro à ceux qui souhaitent lire des textes, de leur cru ou empruntés à d’autres auteurs, ou à des conteurs.
Parmi eux, Robert Collinet, animateur de l’émission « Bouyon Kiltirel » sur Tropiques FM, initie le public au « boul a gyel » technique vocale propre aux chanteurs de gwoka.
Le Dimanche après-midi, est projeté le documentaire de Patrick Nubel intitulé « Créole réunionnais, langue immortelle ? ». Le réalisateur a filmé la conférence d’Axel Gaudin sur la place du créole dans la société réunionnaise. Le conférencier explique que le créole réunionnais est vulnérable face au français. En effet, le créole réunionnais a tendance à s’aligner sur le français, créant ainsi des « monstres créoles » et faisant disparaître des expressions anciennes. Alex Gaudin indique que la transmission du créole s’altère, même au sein des familles. Cependant, les réunionnais prennent conscience de l’importance du créole et d’un bilinguisme créole-français, notamment, pour l’avenir de leurs enfants. Dans cette optique, une charte bilingue a été signée par plusieurs communes réunionnaises, de tous bords politiques, en octobre 2010. Avec la signature de cette charte les communes s’engagent à respecter les deux langues, créole et française, en instaurant, par exemple, des cérémonies de mariage bilingues ou en installant des panneaux de signalisation en créole.
Le week-end se termine par une soirée de contes. Les conteurs Franck Compper, Patrice Guezello et Igo Drane enchantent le public avec des histoires pleines de vie. Les tambours qui les accompagnent rythment leurs contes.
Les membres du Collectif clôturent cette première édition des Journées Créoles Internationales. Rendez-vous le 28 octobre 2012 pour la prochaine édition
Jouné kréyòl mèt douvan Lang kréyòl é tradisyon a détwa péyi kréyolopal adan palé, kont mizik é kilti a yo. I montré jan yo pé mayé ansanm pou pòté ho sa ki tan nou. Sé éritaj-la nou vlé transmèt pou sa ki dèyè : Lésé-y kon nou touvé-y é miyonné-y.
Mé pou nou pé gadé nou an blan dé zyé é toujou doubout doubout o ka, nou sé osi érityé a jouné kréyòl an lakou Paris. Apa prèmyé la. Menmsi dépawfwa Jouné kréyòl bigidi é bafouyé, i toujou la dépi 1986. Alòs Lonnè é rèspé pou séla, fanm, nonm é sosyété ki pasé avan nou é mété si pyé Jouné kréyòl.