1. Guadeloupe. Réponse très fraternelle à Serge Romana, ex-patriote, expatrié, exilé volontaire et plutôt déconnecté de nos réalités.
Cher Frère Romana, tu n’as, semble-t-il, pas encore compris que la Guadeloupe des années 60, à laquelle tu fais encore référence avec, je note, une pointe de nostalgie, a profondément changé depuis que tu es parti là-bas an vant a bèt-la !
Mon Frère Romana, je ne doute pas un seul instant que tu n’aies, à un moment de ta vie, lu et relu Frantz Fanon. Alors, ne fais pas mine de ne pas comprendre que le système colonial français (le pire de tous) a si profondément « démantibulé », malmené le mental d’une partie de notre peuple, qu’il a encore du mal à se retrouver, parce que perdu dans un labyrinthe de paradoxes.
Je pense que notre rôle à nous, qui avons pu transcender (en partie) ce système, est d’aider les éléments les moins avancés de notre peuple à mieux saisir la nature des problèmes posés.
Il serait, à mon sens, criminel d’abuser les Guadeloupéens d’ici et de là-bas, en les détournant, par des subterfuges, de la réalité coloniale. Je n’ose penser que tu sois de ceux-là. Je ne veux pas non plus croire que le CM98, que tu as créé avec d’autres, sous couvert de recherches mémorielles, ne soit qu’un paravent masquant des ambitions politiciennes plus personnelles. Je dis cela en pensant à cette petite phrase qui terminait ton interview parue dans CCN l’an dernier : « C’est de notre union que dépendra notre force d’influence et d’action pour l’avenir, dans cette société, au sein de cette République. »
Mon Frère Romana, pourquoi ne veux-tu pas comprendre que nos frères, cousins, fanmi, souvent exilés économiques, produits du Bumidom, ont dû choisir, parfois malgré eux, de vivre et travailler en France, mais qu’ils sont aussi des victimes du système colonial français, le même qui, dès le 16è siècle, déportait déjà nos ancêtres ?
Mon Frère Romana, sais-tu que, malgré toi, tu es déconnecté de nos réalités quotidiennes ? Il me souvient, pendant le mouvement LKP de janvier 2009, t’avoir vu un soir à la télévision française, essayant (dans un étrange et paradoxal numéro d’équilibrisme) à la fois de « comprendre » le mouvement social sans vraiment vouloir condamner les pwofitan et la pwofitasyon ! Ton grand écart n’avait alors suscité que des ricanements opéyi… Mais, au vu de la distance que tu as prise par rapport au pays réel, comment aujourd’hui s’en étonner ?
Mon Frère Romana, tu ne peux pas ne pas savoir que ces milliers de « Nèg Gwadloup » exilés, néo déportés du 20è siècle, n’ont pas tous eu, comme toi, la possibilité, j’ai presqu’envie de dire le luxe, de se former, de réussir socialement, de se faire une place « sous la neige » et de décider, en toute conscience, de choisir de vivre en France.
Mon Frère Romana, objectivement (et même subjectivement), tu fais partie de cette nouvelle Franco-Guadeloumentura qui a pu et peut encore, de manière opportuniste, frayer avec les gens au pouvoir en France. Avoue que c’est sans doute un privilège, mais tous nos frères, cousins et fanmi exilés, ne sont dans ta posture et n’ont pas les mêmes entrées que toi dans toutes les allées des pouvoirs de la République française !
Mon Frère Romana, c’est vrai, je t’ai connu fervent patriote guadeloupéen. Aujourd’hui, tu as déjanbé, tu as choisi, (tu en as le droit), d’être désormais un « néo-Français descendant d’esclave ». Un concept que nous avons bien du mal à comprendre opéyi, mais qui n’est, en fait, qu’un reniement et une nouvelle forme d’assimilationisme.
Mon Frère Romana, j’avoue ne pas bien saisir l’essentialité de ton cheminement idéologique ni même son opportunité. Le constat qui est accablant, c’est qu’au milieu du gué et des années 70, tu as déserté le combat pour l’indépendance de la nation guadeloupéenne : c’est ton choix... Il est critiquable, même si je m’efforce de le respecter.
Mais en abandonnant ce combat, tu as foulé aux pieds TOUTES les luttes de nos parents esclaves dont tu ne cesses de te réclamer dans tes recherches mémorielles
Se sont-ils battus, sont-ils morts au Matouba ou à Baimbridge, pour que leurs petits-fils soient des néo assimilés, des opportunistes dirigonflés, néo français républicains ?
Tu m’apprends par ce courrier que, sans la France, nous ne serions rien : « Elle a formé, après l’abolition de l’esclavage, l’élite de ton pays (toi y compris) et elle te permet de vivre avec le niveau de vie qui est le tien aujourd’hui. La Royauté française a fabriqué les esclaves de la Guadeloupe. Puis la République française a émancipé ces esclaves et a transformé leurs descendants en citoyens français »
Mon frère, serais-tu néo-révisionniste ? Tu dis impunément que la France colonialiste généreuse et philanthropique, après avoir déporté, esclavagisé, méprisé, humilié, violé des milliers et des milliers de nègres et de négresses dans un geste subit d’humanité, en 1848, leur a donné la possibilité d’être des hommes, des « citoyens » ? Je conteste avec la plus grande fermeté cette vision révisonniste, négativiste, francophile de l’histoire de la colonisation. Je pensais que les recherches mémorielles t’avaient éclairé. Te voilà enfoncé dans la nuit la plus sombre du négativisme : Boug an mwen, ou grav !
Les abolitions n’ont jamais été des cadeaux du Roi, pas plus que le processus de « colonisation départementalisée » n’a été un cadeau du gouvernement colonialiste.
A toutes les époques, nos grands-pères, pères et frères et sœurs se sont battus, parfois les armes à la main, d’autres fois hélas mains nues, contre ce système oppressif, sauvage répressif, inhumain, obligeant les colonialistes à céder, pouce par pouce, des parcelles de dignité. Tu ne peux pas ainsi, toi, salir la mémoire de ceux qui se sont battus pour que tu sois là !
Mon frère, tu n’es ni le seul ni le dernier à se renier. Ce ne peut-être qualifié de crime kont la Gwadloup, mais c’est un acte grave, qui a fait de toi ce que tu es devenu.
Mais vois-tu, même sans toi et tous les autres déserteurs de la cause nationale, le combat a continué et continuera jusqu'à l’éradication du système colonial : ki jòdi, ki dimen, nou ké fou yo déwo !
Mon frère, certains abandonnent la lutte, se soumettent, ka ralé macharyè et ils préfèrent, au loin là-bas, ne pas entendre le cri de douleur d’un peuple qu’on colonise encore en 2012, au nom de qui ? Au nom du peuple français et de leur drapeau tricolore, de leur Bible et leur justice… Oui ! C’est vrai, tu es désormais loin, si loin ! Tu as sans doute du mal à percevoir la souffrance des uns, à te rendre compte de l’ampleur du chômage, des maux de cette jeunesse.
Mais Mon frère, crois-tu que, depuis que tu as déjanbé, crois-tu que te prières invocatrices aient permis à la situation de s’améliorer ?
Ne sais-tu pas que nos terres ont été empoisonnées, que le Préfet de TA République française (que tu honores) vient encore d’autoriser l’épandage aérien ? Fwansé ka pwazonné pèp an nou é gèl a’w fèmé ?
Ce qui te paraît le pus important, c’est de prendre ta plume d’exilé pour voler au secours de ce pauvre Riner ?
Tu sais, mon frère, il m’est souvent malaisé de le dire, surtout à un (ex) patriote, mais tu sais, après la guerre de Guadeloupe de mai1802, nombre de nègres à talents, de house niggers, de nèg a blan, d’esclaves dociles qui avaient vu, de leurs yeux, les atrocités infligées aux combattant, ont cru que l’esclavage était une fatalité irréversible et qu’il n’y avait plus rien à faire. D’autres ont marronné, ont continué le combat jusqu’à la demi liberté de 1848…
Tu as choisi ton camp, j’admets ton choix de ne plus être dans notre camp. Mais il n’est pas sans conséquence, car il suppose que nos analyses sur la qualification du système actuel, des rapports avec la France, avec le pouvoir français de Droite ou de « Gauche », de nos relations y compris avec nos frères expatriés, ne peuvent plus être les mêmes.
Nos valeurs diffèrent car nous n’avons plus les mêmes références, les mêmes valeurs, ni même la même grille de lecture. Même si, pour l’heure, la nationalité et le drapeau imposés font de nous de « Français de papier », des zombis, nous les combattants, nous revendiquons le droit à la liberté, à l’indépendance, à une nationalité guadeloupéenne !

Alors, pour en revenir à Teddy Riner, en te relisant, je comprends mieux ton incompréhension vis à vis de ma position sur Riner.
Rassure-toi, sur le plan personnel, je n’ai rien contre cet athlète, bon judoka, qui vient de ramener en France une belle médaille d’or, il fait partie de ces sportifs formés là-bas et qui ont des racines « guadeloupéennes » comme d’autres des racines sénégalaises, ivoiriennes, etc. Mais notre pays étant colonisé, ces athlètes de haut niveau sportif n’ont pas le haut niveau mental des Carlos et des Smith, c’est une réalité.
Riner est en Guadeloupe, il a même déclaré que le « le racisme n’existait pas dans le sport ». Avant d’aller jouer en Italie, Thuram avait une fois dit la même chose.
Peut-être qu’un jour, des sportifs guadeloupéens de haut niveau, plutôt que de baiser (même par jeu) le pied d’un entraineur, prendront fait et cause pour la décolonisation de notre pays,
A ce moment, Frère Romana, nous changerons notre regard !
Mais tant que ces sportifs se feront « des jouets sombres au carnaval des autres », il me sera difficile d’être plus magnanime.
Mais tu as raison : Riner, qui est un Guadeloupéen de « l’extérieur », n’a ni vu, ni connu, ni ressenti le fait colonial. Il est jeune, il n’a jamais milité pour ce pays. Il est excusable a pa fòt a’y, i pa té sav !
Mais toi, Frère Romana, tu sais l’importance symbolique d’un tel geste. Dois-je te rappeler qu’en 1985, un enseignant « blanfwans » avait botté le cul d’un jeune Guadeloupéen en disant qu’il s’agissait d’un « coup de pied amical et sportif. » Te souviens-tu de la réaction populaire ? C’est donc bien la preuve que notre peuple est encore sensible à certains faits et gestes qui restent « chargés » de cette histoire dont je croyais que tu avais une connaissance plus poussée.
Comment toi qui, avec le CM98, n’as pas cessé d’interroger notre histoire, peux-tu penser que le geste de Riner, même innocent et inconscient, soit dénué de « sens » ? Frère Romana, tout de même un peu de lucidité !
Toi qui n’as pourtant plus les même références que moi, tu admets que son geste t’a surpris, et tu es surpris que ce geste ait pu être mal interprété, dénoncé ? Asé fè jé !
Frère Romana, je ne suis pas prophète, je ne sais ce que deviendra ce pays de Gwadloup, cependant, je sais que, comme moi, des dizaines de milliers de natifs souhaitent un autre destin pour notre pays. Nous espérons qu’il se libère des chaînes physiques et mentales. Nous ne souhaitons pas non plus un néocolonialisme à l’africaine avec des élites vivant à l’extérieur qui viendraient nous dire ce qui est bon pour nous…
Le combat pour la nouvelle Guadeloupe se fait d’abord en Guadeloupe, mais nous n’excluons personne.
Avec nos frères émigrés, nous prendrons, comme tu le fis jadis avec l’AGEG, le temps de leur expliquer les enjeux. Certains comprendront et seront à nos côtés, d’autres choisiront de rester Français. Ce ne sera pas là une exception dans l’histoire coloniale française. Pense à l’Algérie ! Toi même, tu devras sans doute un jour choisir ton camp.
En tous cas, sur le sol national, nous ne fermons aucune porte car notre combat n’est pas, comme tu le crois, racial.
L’histoire a voulu que ce ne soient pas les Gaulois ( yo disparet ni lontan !) mais des blanfwans qui, depuis 1635, exercent une quadruple domination économique, politique, culturelle et militaire sur notre pays.
Mais je sais, il n’y a pas d’exemple de peuple colonisé à vie. Nous renverserons cet ordre et, tôt ou tard, notre pays se dressera libre à la face du monde et des colonialistes français.
Sans haine,
Avec tous mes sentiments fraternels et patriotiques,
Danik Zandwonis
2. la lettre de Romana.
14 août 2012
Monsieur Danik Zandwonis, Directeur de publication de CARIBCREOLENEWS
Monsieur le Directeur de publication, Cher Danik,
J’ai été surpris par le geste du jeune Teddy Riner qui, juste après avoir conquis son titre olympique, embrassa la chaussure de sport dorée de son entraîneur. Mais, j’ai été surtout choqué par ton article paru le 8 août 2012 dans le journal en ligne, CARIBCREOLENEWS, intitulé : « JO. Le judoka " français" Teddy Riner a-t-il décroché la médaille d'or de la honte?». Il m’a semblé important, utile pour le débat dans notre Guadeloupe, de pouvoir te donner mon avis sur les idées que tu véhicules dans ce texte et dans bien d’autres et qui me semblent dangereuses pour l’avenir de notre peuple.
J’ai grandi dans la Guadeloupe des années 60, dans laquelle, «les forces de l’ordre» constituées de «descendants de Gaulois» effrayaient bon nombre d’entre nous (le «en pè mobil, yo ka ban mwen kou» dans An tanmaren tini dé gad mobil de Robert Loyson en dit long sur le sujet). J’ai encore le souvenir des paroles des adultes prononcées en cachette lorsqu’ils évoquaient les tueries de mai 67 perpétrées impunément par les troupes françaises en Guadeloupe. À cette époque, mes héros s’appelaient Malcom X, Martin Luther King, puis quelques années plus tard, Angela Davis qui me fit changer de coiffure. Ils représentaient ceux qui affrontaient régulièrement les chiens, les pendaisons du Klu Klux Klan. Mes héros avaient aussi comme nom Mandela, Steve Biko dont l’esprit guidait les révoltés de Soweto en 1976. J’ai aussi été fier des deux athlètes africains - américains, John Carlos et Tommie Smith - qui osèrent braver le racisme anti-nègre des USA aux jeux olympiques de 1968. Quelque part, tous ces personnages constituaient une partie de mon être. J’étais fier des hommes et des femmes qui se dressaient contre le racisme anti-nègre. Il y a quelque chose de commun qui unit les Nègres de cette Terre, quelque chose qui vient de cette terrible histoire. Les combats des Africains - Américains résonnaient en nous comme si nous vivions le racisme du Klan. Nous vivions ces combats comme si c’était les nôtres car ils touchaient ce qui avait été fracassé chez nos aïeux communs durant l’esclavage : la dignité humaine. C’est cette quête douloureuse de dignité qui évidemment m’a conduit à rejoindre pendant 20 ans les rangs des patriotes de la Guadeloupe. Et j’ai dit fièrement avec toi : « En pa Fwansé, en sé Gwadloupéen ». Je ne regrette rien!
Mais, vois-tu, mon frère, le monde change et il faut que l’on puisse comprendre ces changements et adapter nos combats et notre quête de dignité à la réalité d’aujourd’hui. Je ne te demande pas de changer tes idéaux d’indépendance de la Guadeloupe. Je les respecte. Je te demande d’avoir un peu plus de clairvoyance, de pragmatisme dans ta pensée et dans tes actions et de la sagesse dans ton âme (comme disent les Africains, tu commences à avoir un certain âge).
En 2004, 16 ans après les poings gantés de Smith et Carlos, j’ai été étonné de voir, aux jeux olympiques de Los Angeles, le grand Carl Lewis prendre fièrement le drapeau américain et s’y envelopper. Depuis, tous les athlètes africains - américains l’ont suivi. En le faisant, ils ne nient pas, ils ne rejettent pas le geste de Carlos et de Smith ainsi que les combats de Malcom. Mais, vois-tu, ils ont décidé de construire, avec les Euro - Américains et toutes les autres composantes de la société américaine, les USA de demain. En brandissant le drapeau des USA, ils assument les combats menés dans les années 60 pour les droits civiques et disent au monde entier que les USA sont aussi leur pays. Ils sont fiers de le faire, comme le leur demandait Martin Luther King. Les critiques-tu aussi ? Tu vois, la vie est pleine de surprises et de complexité !
Alors me diras-tu, les Africains - Américains n’ont pas, comme nous, comme les Jamaïcains, une terre, un pays. Mais, Danik, tu l’auras remarqué, la Jamaïque est indépendante. Après l’abolition de l’esclavage, il n’y a pas eu de République anglaise pour faire des Jamaïcains, des citoyens anglais. Bien sûr, la République française abolitionniste a été coloniale, ou l’est toujours (ce qu’a reconnu le PS, voir le discours de Martine Aubry le 27 avril 2011 au Forum des idées du parti socialiste). Mais, elle a formé après l’abolition de l’esclavage, l’élite de ton pays (toi y compris) et elle te permet de vivre avec le niveau de vie qui est le tien aujourd’hui.

La Royauté française a fabriqué les esclaves de la Guadeloupe. Puis la République française a émancipé ces esclaves et a transformé leurs descendants en citoyens français. Sans la France, à la différence des Algériens, Vietnamiens, des peuples africains, tu n’existerais pas en tant que Guadeloupéen. Et c’est paradoxe-là qu’il te faut, qu’il nous faut analyser, mais surtout assumer et gérer.
L’exemple de Teddy est très démonstratif. Teddy embrasse les tennis dorés de son entraîneur après avoir conquis la médaille d’or. Alors, avec la matrice de sens victimaire de l’esclavage - les «blancs» sont esclavagistes et les «noirs», leurs victimes - tu disjonctes, tu pètes les plombs et tu l’invectives publiquement, car cette image t’est insupportable. Teddy, t’apparaît comme un esclave baisant le pied de son maître. C’est douloureux et je peux le comprendre, mais, tu dois voir plus loin. En effet, Teddy n’a même pas vu le symbole qui t’a torturé parce qu’il n’est pas de ta génération, parce qu’il a grandi en banlieue parisienne et surtout parce qu’il a été fabriqué par son entraineur de judo «gaulois». Teddy lui doit tout. Le rapport n’est plus de maître à esclave, mais de maître à élève. Teddy ne peut plus avoir ta vision. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il oublie la Guadeloupe : « Si je peux faire quelque chose pour le sport en Guadeloupe, je suis là. » déclare-t-il le 26 septembre 2010 après les championnats du monde, et c’est en Guadeloupe, dans sa famille avec les siens qu’il viendra fêter sa médaille olympique. Il sera honoré par tout un peuple qui aura pourtant vu le geste que tu qualifies de honteux. Mais notre peuple retiendra qu’un de ses enfants est devenu champion olympique et en sera fier. C’est paradoxal, mais c’est comme cela. Et c’est l’incompréhension de ce lien paradoxal qui nous unit à la France et aux Français qui te conduira au dérapage suivant : «Mais le geste de Riner est plus grave, il indique clairement que ces sportifs de haut niveau, certains originaires des ex ou des dernières colonies françaises, zappent consciemment ou non, cette part d’eux mêmes. Usain Bolt, le Jamaïcain, préfère lui déployer le drapeau de son pays quand Laura Flessel est fière d’être le porte drapeau tricolore. Etrange destin, étrange comportement de tous ces sportifs « français noirs» plus français que noirs et en tout cas de plus en plus étrangers à eux mêmes et surtout à nous».
Mais, Danik, que veut dire «plus français que noir» ? Pourquoi ne pas également stigmatiser Myriam Soumaré la Franco-Soninké et tous les autres athlètes afro- français ?
Tu es un journaliste, un chef de parti politique. Tu as donc une responsabilité éducative et politique. Tu aurais du déjà comprendre :
• Que «Noir» n’est ni une culture, ni un peuple, ni une histoire, ni même une couleur humaine. De ce fait, opposer Noir et Français est intellectuellement absurde.
• Que les ascendants de la majorité des Gaulois n’étaient pas des esclavagistes. Lorsque nos parents étaient esclaves, les Français dans leur immense majorité étaient des serfs (servus = esclave) puis ils sont devenus paysans pauvres et ouvriers. Aujourd’hui, ils sont pour la plupart des employés et des ouvriers. La France n’ayant pas connu l’esclavage sur son territoire, il n’y a pas en France l’antagonisme «nègres - blancs» qui existe au USA. De ce fait, les jeunes générations d’Antillais ou d’Afro-Français vivant aujourd’hui en France hexagonale, ne vivent pas ce que toi et moi avons vécu dans la Guadeloupe des années 60 (dans laquelle personne ne supportait pour Marseille ou le PSG, mais plutôt pour le CSM ou la Gauloise). Le sous-entendu : français («Blancs») = descendants d’esclavagistes est non seulement intellectuellement insensé, mais politiquement irresponsable car il débouche sur une opposition raciale stérile et dangereuse.
• Que, comme aux USA, les Antillais, à l’instar des Soninkés, des Beurs... cherchent à s’insérer en France, ce qui est possible dans le cadre républicain, jusqu’à preuve du contraire. De ce fait, brandir le drapeau français ou chanter la Marseillaise n’est pas un problème pour eux. Lorsque la Guadeloupe sera indépendante, on en reparlera!
• Que Laura Flessel, Teddy Riner et tous les autres (dont Marie-José Pérec qui a également brandi le drapeau français) sont des représentants et des produits de l’école française (et non guadeloupéenne) d'athlétisme, de judo, d’escrime, tout comme je suis également le produit de l’école française de génétique (désolé). Quel drapeau voulais-tu qu’ils brandissent ? Sérieusement !
• Qu’en terme de création d’une théorie et d’une école guadeloupéennes proprement dites, il n’y a pas grand monde en dehors de Gérard Lockel, lequel, paradoxalement est vilipendé par nombre de «patriotes» (encore le paradoxe).
• Que tant que nous ne comprendrons pas le paradoxe dans lequel nous avons été créés et dans lequel nous vivons, nous alimenterons stérilement l’antagonisme avec la République française, ce qui nous conduira inexorablement à une impasse politique à très court terme.
• Qu’en fustigeant comme tu l’as fait les sportifs antillais de haut niveau, exemples d’abnégation dans le travail, admirés par notre jeunesse, tu fermes la porte d’un nombre important de Guadeloupéens à ton discours. À moins que tu ne sois que dans une posture, tu devrais t’en inquiéter.
Cher Danik, je crois qu’il faut arrêter de mépriser l’immense partie de la population guadeloupéenne parce qu’elle ne serait pas consciente « de la situation coloniale dans laquelle nous vivons ». Il est temps, grand temps de comprendre ce qu’est notre peuple, ce qu’il y a dans sa tête et dans son âme, comment il a été fabriqué avant de vouloir lui faire prendre conscience de ce qu’il y a dans nos têtes d'intellectuels formés par l’école française. Les athlètes africains - américains de 1968 étaient en phase avec la réalité des Africains - Américains de l’époque, les athlètes antillais sont à l’image de notre peuple. Danik, c’est mon peuple, c’est nous. J’admets notre immense difficulté à sortir de notre fabrication paradoxale. Nou pa enmé blan la mé nou enmé bisui a’y. Et bien, je fais avec, je dois construire avec, en dehors de la haine, des invectives qui sont le témoin de l’impuissance et les germes du tonton-macoutisme.
En guise de conclusion, cher frère, il me tient à cœur de dire qu’en publiant le livre des noms, Non an Nou, en construisant le site Internet Anchoukaj.org, nous souhaitions donner des outils de paix et de respect à nos frères et sœurs descendants d’esclaves. Nous voulions mettre à notre disposition des outils de réconciliation, avec nos aïeux et avec nous-mêmes car nous sommes persuadés que le chemin de la dignité passe nécessairement par là. Alors, lorsque tu te sers de ces objets (sans les citer correctement par ailleurs) pour stigmatiser Teddy Riner, tu es dans le «coté obscur» de notre combat pour la dignité, tu es dans la haine et tu salis de ce fait, le travail qu’une centaine d’Antillais a patiemment réalisé durant plus de 4 ans.
Ouvre les yeux ! Sincèrement
Serge Romana
Pendant un temps il jouait au nègre docile et intégré à Sarcelles en léchant le cul de DSK. Il aidait à l'intégration des domiens en servant de nègre à blanc à Dsk.
Pas un mot sur le mépris de Dsk envers les noirs et son soutien inconditionnel envers cet état raciste et colonialiste qui veut exterminer les palestiniens
( Israel).
Comment un descendant d'esclave peut se comporter ainsi?
La lettre de romana montre son agacement parce que est dans la collaboration avec l'ennenmi, la vigilance des anutres lui pose problème.
Il est violent agressif et raciste, il emploi l'argument des blancs envers les nègres non-soummis désaléinés et décoloniaux.
Traités les autres de tontons-macoutes est classique chez les blancs en mode panique. Moi je réponds à ces chiens que je suis d'acord avec eux. Oui les noirs, les arabes sont des criminels en puissance, voyez(Staline, napoléon,hitler.)
De plus le travail de romana ne fait pas de lui un historien, son prpos sur la france et les noirs est le mème que les députés racistes qui ont voté la loi de 2005 ,non abolie d'ailleurs.
Les travaux historiques sur la france coloniale sont le fait d'université anglosaxonne.
Romana est comme karam il surfent sur le suivisme et une certaine ignorance et un certain larbinisme des domiens et négropolitains.Quand les nègres "français" et autres comprendront que les blancs français vivent depuis 4 siècle sur notre dos de tels imposteurs seront renvoyés à leur médiocrité.
Il importe que les noirs instruits ne fassent plus les larbins, qu'ils ouvrent les yeux des autres noirs, c'est difficile les dominants sont nombreux et ont de leur coté l'argent et les armes.
Mais je constate que quand je discute de manière rigoureuse avec un gentil blanc et que celui-ci se rend compte que vous n'ètes pas dans la vénération de sainte france ou l'aceptation de l'occident bienfaiteur de l'humanité, il change de ton , devient vindicatif comme romana. Ce genre est courant mais une bonne chose, c'est comme cela qu'ils nous respecteront, ils ont vécu et continuent de vivre sur notre dos , pas le contraire. La compagnie de ces personnes est nuisible, il est temps de prendre nos responsabilités envers nos ancètres et nos descedants, eux en valent la peine.
Pourquoi tant de haine dans vos propos, Vous êtes-vous une seule fois demandé si vos propos au sujet de ceux que vous qualifiez de "Franco-Guadeloumentura" avec tant de mépris et de haine pourraient être profondémént les blesser. Je suis triste que vous confirmiez par ces propos le sentiment de ne pas être accepté en tant que e Guadeloupéen lors de mes multiples visite en Guadeloupe. Etre recu comme un étranger dans son propre pays ça ne le fait pas.
La haine du blanc vous aveugle et vous empêche de réfléchir et de bien poser le problème qui vous permettra de trouver la meilleure solution pour le devenir de la Guadeloupe. Il y a d'après moi plus urgent que de se morfondre dans le passé. Il faut plutôt essayer de résoudre les problèmes d'aujourd'hui, comme par exemple la question de la drogue des jeunes Guadeloupéens. Il est urgent de sauver ce qui le peut encore. On s'en fout de savoir à qui la faute ... l'esclavage... la France colonialiste ... ON S'EN FOUT ... Brulons notre énergie à trouver une réponse efficace pour les épineux et multiples problèmes contemporains de la GUADELOUPE et arrêtons de pleurer sur notre sort de fils et de filles d'eclaves.
Par ailleurs, nous avons tous ou presque tous un ancêtre caraïbe, indien et/ou blanc, pourquoi privilégier l'ancêtre noir plus les autres? Pourquoi créer tant de déchirures et rester dans une telle souffrance ? Pourquoi ne faisons-nous pas la paix avec nous-mêmes afin que nos ancêtres noirs, blancs, caraïbes, indiens reposent enfin en paix?
De plus votre discours sur le ressassement à d'autres, les histoires nationales comme celles de la france sont une glorification mensongère du passé et c'est pour cela que l'on inculque aux petits nègres la haine d'eux mèmes, en niant leur histoire.
"si vous prenez pas garde les journaux finiront par vous faire hair les opprimes et adorer les oppresseurs"...Malcom X
L’Homme blanc a élevé à des hauteurs jamais atteintes la Civilisation du mensonge. »
Jean-Charles Angrand
L'esclavage à permis à l'europe de s'enricir et cela continue.
Vous voulez continuer à vivre dans le déni libre à vous, mais le passé vous ratrappe toujours.Les blancs vous disent d'oublier ,vous oublier, un juif ne tiendra jamais ces propos seule les nègres aliénés parlent ainsi.
"Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper." - Aldous Huxley (Le meilleur des mondes)
Dans cette histoire il y à des bourreaux qui sont blancs et des victimes noirs, ces victimes ont des descendants qui demandent réparation, c'est légitime.
Jomo Kenyatta : "Lorsque les blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés : lorsque nous les avons ouverts, les blancs avaient la terre et nous la Bible..."
Vos connaissances en histoires sont fausses, lisez nathan watchel etItamar y Gomez et ensuite vous pourrrez parler de l'histoire.
Vous énoncez l'histoire pour les petits blancs ignorants ( si nombreux) qui se croient au centre du monde.
L'une des solutions pour que la jeunesse de guadeloupe aille mieux, c'est de vivre dans un pays non soumis au système colonialo-capitaliste qui est porteur de violence, inégalité et racisme.
La jeunesse est assassinée par des adultes làches, courbant le dos sous la férule de cette douce dictature appeléé société de consommation.
cette indolence empèche de livrer le combat vital face à ces descendants d'esclavagistes qui ont été dédomagés de la perte des esclaves que vous voulez faire disparaitre de nos mèmoires.
Ces esclaves- résistants qui ont patienmment tenu dans la douleur tenu face aux nazis escavagistes?
Ces esclaves-résistants que ,nos enfants doivent connaitre afin de se construire en ayant une image sociale positive d'eux-mèmes.
Ces esclaves-résistants qui sont la preuve de cette indéfinissable férocité blanche.
Ces esclaves-résistants qui sont à nos cotés quand les blancs débarqués aux antilles trouvent que les noirs sont fénéants, nuisibles et devraient retourner en Afrique.
Ces esclaves-résistants qui donnent la force de dire que les blancs cadres ne sont pas plus compétents que les noirs plus diplonmés au chomage.
C'est merveilleux ces odes au pseudo métissage mais à quel prix?
Romana est vraiment un opportuniste qui se sert de la diversité pour arriver à ses fins., D'ou sa phraséologie inepte.
"L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe".
Jonathan Swift
La vérité des dominants devient celle de tous. Pierre Bourdieu
Certains refusent de tourner la page de l'esclavage. Mais l'immense majorité n'y pense plus. Ils vivent leur quotidien comme des français, ce qu'ils ont toujours été, et ne renierait pour rien cette nationalité.
La prise de conscience que les nationalistes appellent de leurs voeux depuis longtemps n'aura jamais lieu, parce que l'immense majorité des guadeloupéens est loin des antagonismes que l'on veut faire renaître entre noirs et blancs, dominants et dominés, colonisateurs et colonisés. Chacun comprend qu'il vaut mieux vivre en harmonie.
Le nationalisme guadeloupéen est amené à s'éteindre car les jeunes militants gauchistes des années 60 sont amenés à disparaître avec le temps. La relève : quelques nationalistes syndicalistes qui rêvent de révolution, mais dont le peuple se détourne à cause de leur sectarisme, de leur racisme et de leur bêtise. Le LKP a été réduit en quelques années à une portion congrue après avoir drainé les foules pour 200 euros. C'est dire à quel point il est difficile de maintenir l'attention des guadeloupéens sur les problèmes soulevés par le LKP. Nouveau gouvernement : nouvelle donne. La lutte dans la rue n'aura de toute façon rien donné.
Certains militants indépendantistes évoluent. D'autres pas. Certains comprennent la marche du monde, pendant que d'autres restent accrochés aux vieilles lunes. Mais en définitive, la seule chose qui compte, c'est le bien du peuple. Voilà pourquoi on a choisi la départementalisation en 1946. Et pourquoi on continue de vouloir rester français. Parce que lutter, n'est pas nécessairement avancer.
Si les Antillais veulent intervenir sur leurs propres affaires, il est évident qu’il faut d’abord prendre conscience d’une question: «Qui sommes nous ?» Il y a trois questions fondamentales. – Ce n’est pas moi, c’est Kant qui l’a inventé; et même dans Saint Augustin vous trouvez cela. – La première question que je me pose: «Qui suis-je ?» Cela vous paraît évident non ! Eh oui ! «Qui suis-je ?» Eh bien je m’excuse, je ne sais pas comment vous faites, mais quand je me suis demandé «qui suis-je ?» je me suis dit, ça y est, il ne faut pas aller bien loin: «Je suis un nègre.» La société me l’indique, l’Histoire me l’indique. La deuxième question: «Que dois-je faire ?» Et la troisième question: «Que m’est-il permis d’espérer ?» Il n’a pas dit «qu’est ce que j’espère ?» mais que m’est-il permis d’espérer ?» Ces trois questions me paraissent tout à fait valables. Je ne vois pas ce qu’un Antillais peut faire s’il ne se pose pas la première question qui me paraît fondamentale. Et bien entendu, pourquoi elle est fondamentale ? Parce que c’est en grande partie de la réponse qu’on apportera à cette question que dépendra l’avis du peuple.
Eh bien, je dis que tourner le dos à l’identité, c’est nous y ramener et c’est se livrer sans défense à un mot qui a encore sa valeur ; c’est se livrer à l’aliénation.
On peut renoncer au patrimoine, on peut renoncer à l’héritage, certes, mais a-t-on le droit de renoncer à la lutte ?
Aimé CESAIRE
Pour ceux qui ont des problèmes d'identité, qu'ils sachent qu'il y a de très bons psychologues en Guadeloupe et même à Strasbourg.
Au cas où certains n'auraient pas remarqué, on a changé de siècle. Le monde a changé. Les problématiques de Césaire ne sont plus vraiment d'actualité. Et ceux qui se voient comme des noirs avant de se voir comme des hommes ont un sérieux problème.
Qui a dit ça? Le fameux Pierre de Coubertin, le père de l'olympisme moderne (sic).
Le problème, c'est qu'en 2012, il y en a qui continuent de penser ainsi dans ce bas-monde. Donc à travers le geste de Teddy Riner, il y a une sorte d'allégeance à cette "race" dite supérieure. Bien sûr, Teddy Riner n'a pas embrassé la chaussure d'or de son entraineur pour faire allégeance mais c'est le symbole qu'il faut retenir. Malheureusement le champion olympique n'a pas pris conscience d'un tel geste. Moi pour ce qui le concerne, je met ce geste sur le compte de l'ignorance. Sauf si je me trompe, je reste persuader que si Teddy Riner avait eu une connaissance plus approndies des luttes qu'ont menées les Noirs à travers l'histoire et le monde pour leur liberté, leur diginité d'homme et leur émancipation, il n'aurait jamais fait ce geste-là.
Serge Romana quant à lui fait un amalgame entre les USA, la Jamaïque et la Guadeloupe. Personnellement j'associerais les USA avec l'Afrique du Sud et la Jamaïque avec la Guadeloupe. La différence est que les USA tout comme l'Afrique du Sud étaient déjà bien longtemps des Etats souverains. Les Noirs ne se battaient pas pour l'indépendance des USA mais pour leur dignité d'homme dans cette société américaine. Idem pour l'Afrique du Sud.
La Jamaïque quant à elle était encore colonie anglaise à l'époque des "maroons". Par conséquent comme leur frères haïtiens, ils avaient deux combats à mener : casser les chaines de l'esclavage et l'émancipation de la Jamaïque. Nous en Guadeloupe, notre combat est plus à rapprocher des caribéens que des américains. Car nos ancêtres ont mené la lutte contre l'esclavage et nous nous continuons encore aujourd'hui à mener la lutte pour l'émancipation complète de la Guadeloupe.
Des guadeloupéens, martiniquais, guyanais, sénégalais ou maliens qui ont décidé de faire leur vie en France, de s'intégrer à la société française, il est à la limite normal qu'ils se sentent également français. Par contre nous qui sommes en Guadeloupe, nous qui vivons continuellement dans cette Guadeloupe, il est évident que nous ayons une autre vision. La Guadeloupe est éloignée géographiquement de la France. Cette France qui n'assurera jamais une égalité entre elle et nous, il est donc tout à fait normal que nous qui sommes en Guadeloupe envisagions d'autres rapports entre nous et la France.
SHAKA (Gwakafwika)
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Gwadloup, i adan lèmond, i pa an Fwans!
Si quelqu'un l'ignore mon spy de Strasbourg n'est pas assez compétent pour soigner le Larbin-KévinD, on le soigne sur place, car en Guadeloupe aussi il y a de bons psys.
QUOI QUE L'ON FASSE...
Puisque dans nos têtes nous sommes des français
nous cherchons à compléter cette identité comme nous pouvons
Le problème est que quoi que nous fassions
nous serons toujours des africains
Même en changeant de noms
nous serons toujours africains
Même en changeant de nationalité
nous serons toujours africains
Même en changeant d’accent
nous serons toujours africains
Même en utilisant le plus puissant des défrisant
nous serons toujours africains
Même en nous blanchissant la peau
nous serons toujours africains
Même en disant que nous ne sommes pas africains
nous serons toujours africains
Même en critiquant l’Afrique devant d’autres qui ne nous ont rien demandé
nous serons toujours africains
Quand vous dites que l’Afrique est pauvre, sale, désorganisée, pas civilisé
c’est vous-même que vous qualifiez de pauvre, sale, désorganisé, pas civilisé
Bref, quoi que nous fassions
nous serons toujours associés à ces maux qui minent le continent.
nègARY...
nègARY...
Nous voilà repartis pour un grand et gigantesque bon en arrière. Cette remarque dénote une intolérance certaine de la part de l'auteur. Elle est surtout révélatrice de la difficulté à accepter le débat.
Cette pathologie vient vraisemblablement des conditions dans lesquelles s'est forgée l'entité Guadeloupe.
Pour autant, votre remarque d'intellectuel avancé condamne les alter-mondialistes occidentaux.
Ceux-ci ne résidant pas en Afrique, ou sur le continent américain ne sauraient se prononcer sur le sort de leurs peuples.
Plus grave encore, elle vous interdit de faire quel qu'analyse que se soit des évènements en Syrie ou d'ailleurs.
Comme je l'ai écrit dans le passé, ces propos émanant d'un intellectuel-journaliste-patriote-anticolonialiste-altermondialiste augure d'un avenir bien sombre pour la Guadeloupe.
Ce d'autant que l'intolérance est également le li des autres mouvements politiques, culturels et cultuels de Gwada.
Profitant de l'exceptionnelle occasion de pouvoir encore aujourd'hui donner une opinion différente. Je vous dis, merci, Monsieur le guadeloupéen avancé, d'annoncer à l'avance ce qui risquerais de se produire si jamais vous ou un quelconque autre mouvement politique obtenais l'autonomie ou l'indépendance de Notre Gwada.
S'il est vrai, fondé et reconnaissable de constater la part des originaires du continent africain dans la constitution de l'entité Guadeloupe. Il est également sain de constater la consubstantialité de cette présence à la présence des européens. En outres, l'apport des populations du sous-continent indien est également fondamental dans la constitution de cette entité Guadeloupe. Pour s'en convaincre il n'y aurait lieu que de questionner le Gwo ka tant du point de vue de l'instrument tambour que des rythmes qui nous sont parvenus.
En second lieu, réduire le statut politique actuel de la Guadeloupe au rapport psycho-social peau noire/masque blanc est quelque sommaire voire simpliste.
S'il est vrai que la structuration économique, sociale et politique de l'entité Guadeloupe est le résultat du couple colonie/commerce triangulaire, il est également admis de noter que le triptyque colonie/département-école/enseignement supérieur-ouverture aux mondes a favorisé une ré-appropriation de l'homo-guadeloupéénus à son univers historique. Dès lors, c'est en conscience que l'homo-guadeloupéénus se prononce quant à ses rapports avec lui même, avec l'Afrique, avec la France, avec Le monde y compris la caraïbe et les autres pays de notre continent.
C'est ainsi que de plus en plus de guadeloupéen parte aux Etats-Unis, au Canada, en Grande Bretagne, en Allemagne, aux Brésil voire même en Chine et en Corée du sud. Ainsi, la dimension sociologique ou psycho-social si elle permet d'apprécier certains moteurs de la société guadeloupéenne n'est pas suffisante pour embrasser la dite société.
En effet, les mouvements de fonds qui traversent notre société sont les mêmes qui aujourd'hui parcourent le monde. Ces mouvements prennent leurs origines dans une modification substantielle des vecteurs économiques, technologiques et scientifiques. En d'autres termes les modifications des rapports entre les états résultant de l'émergence de nouvelles puissances en lien avec l'effondrement du mur de Berlin ont favorisé la constitution d'un monde multi-polaire dans lequel l'ingénierie scientifique et technique constitue le vecteur fondamental de la création de valeur et en corollaire de la création de richesse sociale. Cette mutation crée des frictions appelée crise. Il s'ensuit une perte substantielle de puissance pour certains pays de l'ancien monde (L'Europe) et un déplacement du pôle de développement mondial. En clair, nous sommes en train de vivre le passage du pôle continental Europe-Amérique au pôle Asie-Amérique + Afrique du sud (auquel il faudrait ajouter le Nigeria si ce dernier parvient à poser les bonnes questions s'agissant notamment des ressources du pays, également des conflits religieux et inter-ethniques. Ces points concerne par ailleurs la quasi totalité des pays du continent africain, Afrique du nord compris.
Commme on le voit réduire la question du devenir de la Guadeloupe à peau noire/masque blanc: Nou pa Fwansé Nou sé Gwadloupéyen est sujet à caution.
Cette constatation amène dès lors à s'interroger en profondeur sur l'homo-guadeloupéanus. Vous comprendrez sans doute aucun que l'humour de l'expression utilisé renvoie à la pratique de l'exercice du pouvoir dans notre Gwada.
Ainsi, avons nous le sens de l'intérêt commun ou général. Choisissons nous les membres et les cadres de nos organisations en fonction de critères objectifs fondés sur la compétence ou privilégions nous des valeurs claniques.
Sommes nous ouverts à confronter nos valeurs à d'autres provenant de membres de notre communauté voire de l'étranger. Le terme étranger est entendu ici au sens de hors le territoire national français et de l'Union Européenne.
Par ailleurs, avons nous une réelle perception du rôle moteur et fondamental des sciences de l'ingénieur dans la création de valeur et donc de l'urgente nécessité de mettre en place les conditions d'émergence des écoles d'ingénieurs, des instituts technologiques.
Cette question peut paraître futile au non initié mais elle est d'importance pour les responsables politiques et de l'éducation. De ce point de vue, des voyages au Qatar, au Koweit,au sultanat d'oman, au Brésil, en Corée du sud, à Taïwan, au Brésil voire à Cuba ou en Inde faciliterais la compréhension de ce vecteur. Pour terminer sur ce point, nos dirigeants actuels et les futurs n'ont qu'à analyser les débats que ce sujet suscite en France continentale de la part tant des forces politiques que sociales (gouvernement, présidence de la république, partis politiques, syndicats, entreprises, universitaires, associations, etc).
Enfin, pour clore ce chapitre du syndrome peau noire/masque blanc-patriote nègre vert de gris /negzagonal, le peuple n'a t-il pas toujours raison.
Il était une fois dans le pays de Gwada, au sein de la nacelle des hommes "daplon", le bon peuple sentant bien avant l'heure les changements qu'induiraient une autodétermination statutaire, a toujours préféré donner sa préférence aux partisans de la Guadeloupe française. Cela fait maintenant plus de 50 ans que les partisans du changement agissent et rien n'y fait LOL.
Voulant un débat intelligent, force est de reconnaître que la tâche de ces militants ne fut pas facilité. Les mouvements sociaux et politiques se sont toujours vu opposés une police, une gendarmerie, une justice, féroces et sanguinaires.
Le dernier épisode en date est le LKP et la mort d'un syndicaliste, tué cette fois ci par des délinquants.
Une intermède dans la lutte des pantis face à ce qu'ils appellent les forces obscurantistes.
Toutefois l'obscurantisme ne consiste t-il pas quelque part à se considérer plus guadeloupéen qu'un autre vivant depuis plusieurs années en France continentale.
l'obscurantisme ne consiste-t-il pas à voir dans le geste de T RINER vis-à-vis de son entraineur une pathologie de renonciation à la dignité et une manifestation du oui bwana.
L'obscurantisme ne consiste-t-il pas à proférer des propos méprisants vis-à-vis d'un individu qui ferait part de son analyse de la critique du geste de T RINER par le journaliste.
L'obscurantisme n'est-il pas de prétendre interdire à un individu né en Guadeloupe de parent guadeloupéen ou pas ayant vécu la majeure partie de sa vie ou pas en Guadeloupe de donner son avis sur un article insultant un guadeloupéen victorieux d'une compétition sportive internationale, ou ayant remporté un prix littéraire, ou un prix scientifique, ou ayant obtenu une distinction en relation avec son parcours professionnel (journalisme, politique, musique etc).
L'obscurantisme n'est-il pas Zandwo d'insulter un compagnon d'arme. Car quel que soit le chemein emprunté la grandeur d'un homme se mesure à sa capacité à assumer ses choix avec force et vigueur. Et en l'espèce ils (Romana et Riner) l'assument avec talent et comme le dit Abu Mashar, Qu'on se le dise.
Hé oui, on fait toujours croire au bon peuple qu'il a toujours le dernier mot alors que la plupart du temps, il est manipulé par des politiciens beaucoup plus soucieux de leur carrière!
SHAKA (Gwakafwika)
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Gwadloup, i adan lèmond, i pa an Fwans!
Ce n’est pas le clamer très haut,
Car la peau et la voix sont changeantes
Comme au vent la girouette virevoltante.
ETRE NOIR ce n’est pas vivre en Afrique,
Ni même en avoir l’aspect physique,
Latitude et plastique ne font pas l’affaire,
Seul compte le sacrifice à la Patrie-Mère.
ETRE NOIR c’est d’abord aimer sa peau,
Sans la parer de ces vilains oripeaux
Que la civilisation occidentale fanée
Fait gentiment miroiter sous notre nez.
ETRE NOIR c’est enseigner à nos enfants
La belle Histoire de l’Afrique aux éléphants,
Et non plus les hauts faits des « Maîtres »
Dont le colon abreuva nos ancêtres.(D.S.D)
JE VOUS DERANGE PARCE QUE JE PENSE DIFFERAMMENT, VOUS ME DERANGEZ PARCE QUE VOUS PENSEZ TOUS PAREILS !!!
La première démarche de l'Etat colonial Français serait alors de réparer le tort fait aux Afro-Descendants en NOU désolidarisant publiquement du chapitre relatif à leur stigmatisation dans le rapport de synthèse de leur Congrès.
TANT QUE LES ANTILLAIS ET LES AFRICAINS NE SE CONSIDERERONT PAS COMME FAISANT PARTIE D'UN MEME PEUPLE ET NE TRAVAILLERONT PAS MAIN DANS LA MAIN POUR LE RETABLISSEMENT DE L'AFRIQUE ALORS NOTRE COMBAT NE FERA QUE COMMENCER...
JE VOUS DERANGE PARCE QUE JE PENSE DIFFERAMMENT, VOUS ME DERANGEZ PARCE QUE VOUS PENSEZ TOUS PAREILS !!! ...nègARY
Je ne comprends pas comment un type comme vous en 2012 qui organise une revue de presse pour debattre des problèmes du pays puisse être aussi manichéen quand il s’agit de parler des antillais je suis triste de voir que vous et beaucoup d’autres qui se veulent leader d’opinion ou alors simple volaille qui fait l’opinion soient incapables de voir les antilles comme elles sont multiples et considerer les antillais comme des cons . et non comme des hommes et femmes .
C’est une obsession chez vous que de parler de l’esclavage de traiter ceux qui ne pensent pas comme vous de révisionnistes , d’aliénés , de vendus etc .. si vous voulez debattre il faut du calme la population de la GPE est multiple sur le plan social, ethnique et chaque individu a son ADN selon vous l’enfer c’est l’autre , vous vous contenter de ressasser , ressasser les mêmes fadaises sur l’esclavage , le colonialisme , comme d’autres nationalistes vous ne responsabiliser la population nul besoin de citer FANON qui disait qu’il ne faut pas être esclave de l’esclavage soyez un peu plus genereux dans le choix de vos sujets et surtout de vos arguments vous êtes dans ce pays une bande de syndicalistes , intellectruels , politiciens , menbres d’associations qu’on retrouvent partout vous saturer à la longue « je suis partout » je note qu’à aucun moment vous n’inciter la population à s’engager sur le plan economique de l’investissement comme l’ont fait des salariés à bouillante . est il necessaire de faire un si long papier sur quelqu’un qui lutte à sa façon beneficiez vous d’aide de la region ?
Ne pensez vous pas qu’il eût été plus judicieux de créer une entité pour donner du boulot à des jeunes plutôt que de lancer cette « connerie » de carte d’identité guadeloupéenne , c’est sûr ce document nous permettra d’aller en afrique en HAITI où on ne reconnait pas la double nationalité ( coucou mr le pdt MARTELY) . sincerement je ne vous crois pas aussi naïf ou de mauvaise foi est ce pour faire du clientelisme comme les politiciens et autres anarco-syndicalistes qui ont fait profil bas à GARDEL que vous aavancez de tels arguments on est en 2012 reveillez vous tous les antillais ne sont pas formatés de la même façon .
Le problème de la GPE c’est le chômage créons une structure sur la base d’un actionnariat populaire (20 ou 50 euros ) pour embaucher des jeunes
Les jeunes vous refuser comme les politiciens et autres syndicalistes de reconnaître que le VAGABONDAGE SEXUEL est à l’origine de l’echec , de l’errance de ces jeunes sans education sans formation , illettrés OUI c’est un sujet TABOU AUX ANTILLES des enfants qui font des enfants
. il est hors de question pour vous de responsabiliser la population dans son comportement social et économique ( berline allemande à 60 000 € ) chaussures à 200 /300 € . villa à 200 m2 ,champagne , croisière etc .. vous n’etes pas sans savoir qu’en chine communiste il y a près de 150 milliardaires $ et un million de millionaires $ mais aussi de 400 millions de pauvres
Même les grêcs reconnaissent qu’ils sont responsables de leur situation .
Plus grave vous developper dans l’ opinion l’ideologie de « l’arrogance de l’ethnie majoritaire « cela fait des ravages dans la partie de la population la moins favorisée sur le plan des etudes vous les enfermez dans un ghetto où seul le creole a droit de cite on va bien loin avec martinique , M/GTE .
C’est votre droit de vous exprimer mais soyez un peu modeste à vouloir trop prouver on ne prouve rien , cela ne rime à rien que de vouloir faire la morale à tout le monde vous vous noyer dans le NOIRISME
1) Pourquoi CARIBCREOLENEWS et pas un nom en créole ?
2) Pourquoi le logo de la région Guadeloupe et le lien de son site Internet sont repris en haut de CARIBCREOLENEWS ? La région n'est-elle pas une division administrative du pays colonisateur ? Il faut signaler que le ministre des colonies présidait jusqu'à récemment cette annexe du colonisateur !
S'agissant du débat ouvert sur le geste du judoka d'origine guadeloupéenne, pas grand chose à ajouter mais la question est de savoir s'il faut tout interpréter. Je me suis également posé la question suivante : Si un judoka blanc avait baisé le pied d'un entraineur guadeloupéen noir pour le remercier, comment aurait-il fallu nationalement (au sens de la Nation Guadeloupe) interpréter ce geste ? Qu'en pensez vous ?
Par ailleurs, quand on se demande si la Guadeloupe est encore une terre de champion, il y a un collègue auvergnat qui m'a demandé comment faisait la Guadeloupe pour avoir autant de sportifs de haut niveau proportionnellement à sa population, comparée aux autres départements français. Peut-on en conclure que tout est relatif ?
« La Royauté française a fabriqué les esclaves de la Guadeloupe. Puis la République française a émancipé ces esclaves et a transformé leurs descendants en citoyens français. »
« Sans la France, à la différence des Algériens, Vietnamiens, des peuples africains, tu n’existerais pas en tant que Guadeloupéen. Et c’est paradoxe-là qu’il te faut, qu’il nous faut analyser, mais surtout assumer et gérer. »
Faisons ici abstraction du fait que, de balancer entre « République » et dire «Danik, c’est mon peuple, c’est nous» (...) «Mais notre peuple retiendra qu’un de ses enfants...» est déjà un paradoxe en lui-même, la République étant « une et indivisible»? Sé sa ki maté adan konstitisyion'la! Mè, lè nou paré pou wouvè zèl annou ti tak, ki moun ké pé baré van annou? Kant a kaskod on jou...mi bab mi!
La question est de savoir en quoi ce fraternel échange avec ses raccourcis éclaire notre chemin ?
Le travail d’histoire aidant, nous avons aujourd’hui une meilleure connaissance de l’odieux système mis en place sous la royauté - système auquel la République mettra un terme en 1848. Cet acte, selon nombre d’historiens, fut le résultat d’une convergence des luttes, des révoltes et d’actes humanistes. Si cette histoire en cours nous donne un droit d’inventaire, il est peu probable qu’il nous accorde le droit à simplification.
- "… aucun courant anti-esclavagiste occidental n'apparut hors d'un contexte de résistance des esclaves eux-mêmes, que ce soit par la rébellion, le marronnage, la résistance au quotidien, le refus du travail, le sabotage, l'empoisonnement du bétail, du commandeur ou des maîtres de plantations.", nous dit l’historienne Nelly Schmidt.
- "L'identité n'est pas née de l'esclavage, elle est née contre l'esclavage. C'est donc la RESISTANCE à l'esclavage qui a fondé les identités caribéennes dans toutes leurs composantes culturelles." Selon Daniel Maximin
L’esclave n’aurait donc pas attendu la mansuétude de la République pour dire son humanité. (Voir : chronologie des révoltes aux Caraïbes-Amériques du XVIe au XIXe siècle, Site du CPMHE)
Si « la colonisation bienfaitrice » nous est parfaitement bien contée …
Loi n° 2005-158 du 23 février 2005, ne stipulait-elle pas dans son article 4, que « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ». Controverses, et l’abrogation du deuxième alinéa de cet article vint faire taire cet « audace » (Décret n° 2006-160 du 15 février 2006)
Un instant d’inattention et la parole de A. Césaire passait sous silence : « On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaire possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » (Discours sur le colonialisme)
Si « la colonisation bienfaitrice » nous est parfaitement bien contée …
… l’action des « colonisés bienfaiteurs » en faveur de la République, l’est moins.
Il ait des historiens sérieux pour dire que sa devise - Liberté, Egalité, Fraternité - prend tout son sens avec la révolution à Haïti. Contraint par la menace Anglaise et Espagnole d’envahissement de la colonie de Saint-Domingue, l’envoyé de la jeune 1ere République acta en 1793, l’auto-libération des esclaves de la partie française. Cette décision sera officialisée par l’Assemblée Nationale le 4 février 1794. [Liberté – Egalité]. Restait la « Fraternité ».
L'écrivain Alain Foix, dans un article de libération du 27 janvier 2010 rapporte comment le terme fut adjoint à la devise de la République « .. il est aujourd’hui fondamental de rappeler que le mot fraternité qui frappe notre emblème, nous le devons à Haïti, notamment à l’intervention d’un certain Belley, député noir haïtien envoyé en 1794 à l’Assemblée nationale par Toussaint Louverture, dans une délégation symbolique de trois députés, un blanc, un mulâtre et un noir. Le mot fraternité qu’il prononça, repris par l’abbé Grégoire et par l’Assemblée, ornera définitivement notre emblème à partir de 1795, venant rejoindre le couple liberté-égalité jusque-là sans enfant, et renforçant le lien dans une trinité indéfectible. »
L’histoire a de ces retournements…
En guise de remerciement, le 1er Consul de la République (qui il est vrai n’était plus dans ses principes) Bonaparte, rétablira l’esclavage en 1802. Nul autre document que « Sonjé 1802, la guerre et les massacres de 1802, à la Guadeloupe - CD du CM98 », ne restitue au mieux ce que fut cette expédition punitive en ce qui concerne la Guadeloupe : 10% de la population massacrée.
Si « la colonisation bienfaitrice » nous est parfaitement bien contée …
… l’action des « colonisés bienfaiteurs » en faveur de la France, l’est encore moins.
Descendants d’esclaves ou non, ils n’hésiteront pas à aller jusqu’aux Dardanelles pour défendre la "Mère Patrie" (1ere guerre mondiale - 1914/1918)
Descendants d’esclaves ou non, ils n'hésiteront pas à faire Dissidence pour contribuer au combat contre le nazisme ; pour libérer la France du régime de Vichy et rétablir la République « abolie » par Pétain.
« sans la France »,
Notre histoire ne mérite-t-elle pas mieux, que des simplifications ou des propos aux relents d’assujettissement.
Parce que complexe, triste, riche, comme toute histoire humaine, elle nous autorise un droit d’inventaire pour : comprendre ce que nous avons été, ce que nous sommes, ce que nous ne voulons plus être ; elle nous fait obligation de lucidité pour nous projeter dans l’avenir, définir notre positionnement au monde ; un monde avec la France, mais pas seulement.
« Les bateaux négriers français, partis des ports de Nantes, Bordeaux, La Rochelle ou encore Le Havre, ont charrié de 1625 à 1848, plus de deux millions d’Africains." (CM98-site web) Il s'agissait d'une déportation. Ces hommes et ces femmes ont eu des enfants qui en ont eu d'autres...et nous sommes leurs descendants! Cela s'appelle la filiation.
« Sans la France » avez-vous dit !
La France humaniste? Hum, hum! Le jour où bon nombre de nos compatriotes comprendront que la France ne défend que ses intérêts partout où elle passe, ils regarderont la France d'un autre oeil et finiront enfin par se dire que cette situation de sujétion a assez duré!
SHAKA (Gwakafwika)
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Gwadloup, i adan lèmond, i pa an Fwans!