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Agostino
20 / 2 / 2012
les vrais problèmes de la Guadeloupe
Les élus que vous pourfendez dans votre édito savent sur le bout des doigts les problèmes que vous énumérez. C’est cet aspect que j’ai envie de creuser. Car étant à ce niveau-là de responsabilité, rompus à la politique depuis si longtemps, ils (les élus) n’ignorent pas les questions, les problèmes récurrents, structurels du pays. C’est si vrai que dans un des documents relatifs au fameux Projet Guadeloupéen de Société relancé à plusieurs reprises depuis 2009 comme on pousse une vieille guimbarde sur un chemin cahoteux, ils en font état. Soit dit au passage, qu’a-t-il manqué depuis 2009 pour sortir un projet de terre, une truelle, du fil à plomb, une pioche ou alors c’est un projet qui exige une telle méticulosité dans son élaboration que le temps peut s’écouler infiniment?

Voici un petit extrait de ce document cité:

« Le taux de chômage endémique, un système économique particulièrement dépendant des importations, la multiplication des addictions et des cas de déviance des jeunes, la progression de l’échec scolaire, la prégnance des phénomènes de désocialisation et d’exclusion de toutes sortes, combinés au fort cloisonnement de la société guadeloupéenne sont quelques uns des symptômes d’un profond mal-être de la société guadeloupéenne. » L’intégralité du document joliment intitulé : « La parole aux citoyens ! Construisons ensemble un projet guadeloupéen de société » est consultable dans ce lien :

http://moungwadloup.files.wordpress.com/2011/12/methode_pgs5.pdf

De plus, dans l’aire de compétences qui sont les leurs, ont-ils vraiment les bonnes cartes, les bonnes clefs, détiennent-ils la boîte à outils qui permettraient de régler efficacement les affaires de la Guadeloupe ? Où se situent les freins, les lourdeurs, les carences, les obstacles ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans l’économie guadeloupéenne pour que les résultats, les indices soient à ce niveau, que ce soit pour le taux de chômage, la balance commerciale par exemple ? Quels sont les instruments, les dispositifs qui seraient de nature à résoudre les sujets évoqués plus haut ? Ce sont à mon avis les questions qui doivent être au cœur de nos réflexions. Qu’un énergumène bave sa bile nauséabonde comme à son habitude, lâche son venin haineux, pourvu qu’il n’ait pas empoisonné nos sols. Ils le sont déjà malheureusement avec le chlordécone pour quelques générations.

Quand bien même les élus s’épancheraient devant un ministre sur nos problèmes, qu’est-ce que cela pourrait bien lui faire ? On ne peut confier à autrui le soin de régler ses propres affaires. Cela s’appelle prendre son destin en mains. La responsabilité dans la résolution de nos problèmes n’est pas du ressort de tel ou tel ministre, mais de ce que nous faisons collectivement pour nous en libérer.
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