En Guadeloupe, nos élus ont été très discrets sur cette petite avancée de l’ex commune du nord. Etait-ce gênant ?
Il faudra à terme s’attendre à ce que St Martin, suive la voie tracée, car l’autre ile du nord, évolue dans un espace géopolitique, ou l’autonomie, voire l’indépendance ne sont pas des épouvantails. Des micros états caribéens comme la Barbade, Grenade, St Vincent Barbade, Antigua, ont acquis leur souveraineté sans que personne ne crève au soleil des Caraïbes. Toutes ces îles indépendantes ou autonomes, subviennent à leurs besoins et se développent. La sortie du système post colonial, britannique, ou Hollandais, s’est faite sans trop de casse.
En Guadeloupe la situation est totalement différente. Notre pays depuis 1802, s’est montré le fer de lance de la révolution anti esclavagiste, il a inspiré Haïti, qui plus tard a exporté sa révolution anti coloniale au Venezuela. Bolivar le libertador s’est un temps appuyé sur les révolutionnaires haïtiens qui venaient de mettre en déroute l’armée de Napoléon.
L’échec de l’épopée de 1802, n’a pas émoussé les ardeurs révolutionnaires du peuple Guadeloupéen. On ne compte plus ici, les grosses « poussées » de fièvre. La dernière en date, c’est le puisant mouvement de masse de 2009 initié par LKP. Pourtant, le statut politique, qui est celui d’une colonie, n’a guère évolué. D’où vient cette sorte de « fatalité » qui fait que la Guadeloupe qui a enfanté des leaders, ou des rebelles tels que Ignace, Massoto, Rozan Girard, Sidambarrom, Gerard Lauriette, Jacques Nestor, Luc Reinette, ou aujourd’hui Elie Domota, soit encore un pays colonisé ? Tous ces combats, tous ces partis, toutes ces organisations, toujours plus radicales les unes que les autres, pourquoi n’ont-elle pas réussi à conduire ce pays sur la voie de la libération nationale ? Qu’a t-il manqué ? Certains, comme Serva, n’hésitent pas à dire, que la responsabilité de ces échecs successifs revient à une classe politique, incapable d’avoir le sens du pays, incapable avec un paysage et d’en faire un pays. Nous sommes à la traine, parce que nos élus sont restés le nez dans le guidon. Ils ont fonctionné en gestionnaires d’un système dont ils n’ont jamais eu la maîtrise.
Aujourd’hui, il va falloir inventer l’avenir de ce pays. Cesser de se lamenter sur le nombre de chômeurs ou de délinquants. Aujourd’hui, nous n’en pouvons plus de nous lamenter, de pleurer et de déplorer la pwofitasyon. Il faut donc, sentir du chemin déjà tracé par l’autre, revendiquer le droit de dérailler consciemment, libérer notre créativité, et s’engager dans la voie de la libération. C’est possible. Notre peuple n’est pas aussi frileux qu’on essaie de nous y persuader.
5 organisations, résolument anticolonialistes, CIPPA, Copagua, FKNG ! PGC et UPLG viennent d’ouvrir une voie nouvelle, « Les Assises », qui débutent cette semaine, sont la preuve que l’espoir demeure. Il est dans notre camp. L’histoire se remet en marche… Nous ne devons plus nous arrêter.
Notre pays la Guadeloupe peut parfaitement accéder à une large autonomie dans le cadre de l'article 74 de la Constitution française. Le CIPPA qui est une des organisations qui oeuvre dans le cadre des Assises propose que la Guadeloupe évolue vers ce statut de PTOM. C'est ce que nous pouvons lire dans son Projet d'Evolution Statutaire pour la Guadeloupe présenté le 29 janvier 2011. J'adhère à cette proposition car considérant la situation actuelle de la Guadeloupe et les possibilités qu'offre ce statut de PTOM, il me paraît à bien des égards, sur de nombreux plans correspondre aux réponses que nous pouvons apporter aux problématiques en matière d'accès à l'emploi, à la question du foncier, de la fiscalité, des relations avec l'Europe, de commerce extérieur...
Je ne doute pas que c'est une pièce, une piste qui sera examinée avec soin, sous toutes les coutures dans le cadre des Assises.
2009 nous as largement démontré que l'on ne s'intéressait pas aux urnes, et au vote des Guadeloupéens.
2009 à prouvé que l'on voulait le pouvoir par la rue et la force.
on prends les radios, les télé, et on rentre au palais de la région. Un genre de révolution orange.
au passage on dit dans notre grandeur d'âme et nos motivations qu'il faut mettre les blancs et le békés dehors.
Je passe sur tout le reste dont nous avons tous en mémoire les heures sombre de la personne humaine à ce moment là. les propos Xénophobes et racistes entendu et enregistré sur toutes les radios et télés du moment.
ces bandes magnétiques donneront dans 10 ans un autre éclairage sur la réalité de 2009.
Mais le plus drôle dans le propos de L'uplg c'est le symbole de St barth. Lieu de villégiature du grand capital ou les grands friqués de ce monde se retrouvent.
le 74 permet donc de créer un guetto de riche. et ça marche.
pour nous qui sommes pauvres... est-ce que le 74 permettra une autre évolution qu'un Guetto de pauvre de plus illétrés à 20 % et probablement conscientisé par Révolutionnaire à la dialectique bien rodé.
Pour aboutir à quoi ? haiti et les macoutes ou St barth et les richos ?
Pour moi l'UPLG s'égarre dans sa réflexion.
Car point suffit de citer le 74 si on l'extrait de son contexte...
A moins que vous avez des preuves voire des documents qui attestent noir sur blanc, la demande écrite des fonctionnaires à priori indépendantistes ? Et vous monsieur, vous avez un projet pour développer votre pays à long terme ?
Colonisée par la France, jusqu’à nos jours, le développement de la Guadeloupe a toujours été pensé depuis Paris dans l’intérêt de l’économie métropolitaine, jamais en fonction d’un développement endogène. Construire pas à pas le développement de la Guadeloupe est un beau défi à relever, qu’on soit indépendantiste ou non. Cela implique certainement un changement de statut, l’autonomie permettant seule de penser le développement de la Guadeloupe de l’intérieur. Cela exige aussi une révolution des mentalités, dans le mode de consommation, dans les responsabilités à conquérir, l’esprit d’excellence à acquérir, la créativité dont il va falloir faire preuve...ary x
Avec une majorité de nègres et d'indiens
Nous formons un peuple sans nation
Tout en nous efforçons d'être des "français complètement à part entière"
Dans un "département" qui jouit de la démocratie déguisée
Les néocolonialistes vivent leur communautarisme
Le béké hypocrite et raciste boude
Le voisin qui n'a pas les mêmes traits
Car, faut pas mélanger torchons et serviettes
C'est eux les maîtres et seigneurs
Qui décident de l'avenir du peuple
Qui pratiquent la discrimination à l'embauche
Qui écartent sans sourciller au délit de faciès
Ils font la pluie et le beau temps
Méprisent et dénigrent notre langue fondal-natal
Rejettent le gwo-ka...nos us et coutumes ...
ÈS SA RASIS NOU VLE FOU YO O GALO ?...ary x
Que les uns aiment le gwo-ka ou pas, qu'ils parlent créole ou pas, c'est leur problème. Qu'ils veuillent fréquenter telle ou telle personne c'est aussi leur problème. Au nom de quoi on devrait obliger les gens à aimer telle ou telle choses ou à fréquenter telle ou telle personne ?
Et depuis quand les békés font de la discrimination à l'embauche ? Est ce que tous les employés de Carrefour sont des blancs et des békés ? Il faut arrêter de raconter des âneries.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas de comportement contestables de part et d'autres et dans toutes le communautés, mais on ne peut pas imposer à l'autre de penser comme soi.
L’économie de Saint-Barthélemy, principalement tournée vers un tourisme haut de gamme, diffère de celle de la Guadeloupe et de l’espace Caraïbe. Petite île aride elle ne peut accueillir ni cultures agricoles ni industries. Longtemps isolés et pauvres, les Saint-Barths ont trouvé depuis une vingtaine d’année, à l’instar des autres îles de la Caraïbe, une source inattendue de revenus avec le développement du tourisme.
Séduite par la beauté du site, sa quiétude, sa sécurité et le développement harmonieux de son urbanisme, une clientèle fortunée en majorité nord-américaine vient fidèlement à Saint-Barth. Contrairement à la grande majorité des autres îles de la Caraïbe, qui ont attiré un tourisme de masse, son accès difficile (aucun long courrier ne peut y atterrir) et la cherté de la vie y ont attiré une clientèle très aisée.
De ce fait, les retombées touristiques ont considérablement amélioré la situation économique des habitants de l’île. On ne trouve pas à Saint-Barth de cas de surendettement, comme il est fréquent de constater en Guadeloupe ou en Martinique. De même, le chômage semble avoir épargné l’île et la municipalité se félicite de l’absence de besoins en logements sociaux.
Une situation économique et sociale stable, orientée sur le tourisme Saint-Barthélemy accueille chaque année 70.000 touristes dans ses hôtels et villas et 130.000 visiteurs arrivant par bateau. En haute saison, la clientèle américaine représente jusqu'à 70 % des visiteurs.
L'île bénéficie d'infrastructures de qualité. Ainsi, l'aéroport de Saint-Jean Gustave III a été modernisé et des travaux d'envergure ont amélioré son approche à l'atterrissage. Le trafic de l'aéroport s'élève à 200.000 passagers par an.
Plus de 60% des entreprises installées à Saint-Barthélemy appartiennent au secteur tertiaire. Le parc hôtelier de l'île est essentiellement constitué d'hôtels de luxe, auxquels s'ajoutent près de 400 villas de location, gérées par quelques sociétés spécialisées. Le tourisme haut de gamme s'accompagne d'un commerce de luxe, avec près de 200 magasins de vente en détaxe. L'activité économique de l'île est donc essentiellement saisonnière et soumise aux effets des fluctuations du taux de change du dollar.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics tient une place importante, l'île bénéficiant notamment des investissements de citoyens américains construisant des habitations de grand standing, destinées à leur usage personnel ou à la location temporaire. Un environnement à préserver avant tout Le positionnement sur le secteur du tourisme de luxe offre à Saint-Barthélemy une bonne résistance aux fluctuations de la conjoncture économique."
AINSI COMME ON PEUT LE CONSTATER LA SITUATION DE SAINT BARTH N'A RIEN A VOIR AVEC LA GUADELOUPE ? UN PAYS PAUVRE EN RESSOURCES ET DEPENDANT ENTIEREMENT DES TRANSFERTS PUBLICS DE LA FRANCE (et des salaires de fonctionnaires et assimilés qui font tourner l'économie ).
C'est une véritable hérésie de prendre l'exemple de saint barth pour appuyer une argumentation sur une évolution statutaire de la guadeloupe .
Mais zandwo n'es pas à une condradiction prés et se conforte dans l'idéalisme mortifére des nationalistes qui veulent conduire le peuple guadeloupéen à la misére et la l'extrême pauvreté en revendiquant une indépendance irréaliste et rejeté par la grande majorité du peuple guadeloupéen .
La guadeloupe est francaise depuis 4 siécles et le restera encore trés longtemps , vu l'absence d'alternative pour préserver un niveau de vie parmi les plus élevés de la caraibe et du monde .
A coté de ça, Saint-Martin pourtant sous le même régime 74 fait figure de mauvais élève. On se demande pourquoi ils ne sont pas devenu eux aussi PTOM, puisque ça semble être la panacée. Au contraire, Saint-Martin semble se débattre avec son nouveau statut. Illétrisme, violence, pauvreté et chèreté de la vie semblent être au contraire la caractéristique principale de cette île et à l'évidence, le changement de statut n'a strictement rien arrangé.
Car vouloir plus d'autonomie c'est une chose. Mais encore faut-il savoir comment la financer. Saint-Barth n'a pas ce problème. Saint-Martin l'a et il n'y a pas de doute que la Guadeloupe l'aura également.
Et là, que dis l'UGTG, qui a l'habitude de tout demander à l'Etat ?
Citons que Carrefour, et on fera l'économie Guadeloupéenne tenue en apartheid par le clan béké !
Les postes a responsabilités, sa pa ka sanm nèg ? awa, fè nou fouré moun annou...blan annou !
c'est l'acharnement judiciaire contre les syndicalistes
C'est l'envoi de manblo face aux travailleurs en grève
C'est soutenir la pwofitasyon et le système colonial
C'est de signer un protocole sans jamais l'appliquer
C'est le mépris face aux travailleurs et au peuple
Apparemment, répondre au Peuple, aux Travailleurs et au LKP par des vraies décisions consisterait à l’évidence à s’opposer aux privilèges et à la toute puissance du lobby béké et des importateurs/distributeurs, fabricants de Pwofitasyon.
GWADLOUP SE TAN NOU !!!
ARY X
D'ailleurs, toi tu ne te gène pas pour être hors de chez toi et pour dénigrer ceux qui t'accueillent sur leur sol.
Mais bon ! La bêtise et l'hypocrisie...
Donc statut quo? Non! Statut néo-colonial? C'est à voir!
SHAKA (Gwakafwika)
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Karibéyen nou yé, karibéyen nou ké rété!
Si tu es mort de rire,kévin, je suis problablement très triste ! Votre Christophe Colomb qui a (d'après l'histoire racontée par les souchiens)découvert la Gwadloup, fallait-il pas exterminés une bonne partie des autochtones pour s'installer ? Avant que les prisonniers soient réduit en esclavage ? Tu ignores peut-être que c'était un négrier ? Votre victor Schoelcher aussi a libéré les nègres de l'esclavage...NOU sommes aussi tous nés en 1848...Nos ancêtres sont bien évidemment les gaulois...NOU sommes des enfants de la république...
LA FRANCE PAYS FALTIFICATEUR !
Réexaminons le film de cette escroquerie scientifique à la française ! Les chercheurs occidentaux ont échafaudé une théorie de l’émergence de l’intelligence humaine en Europe pour défendre les pseudo-théories scientifiques sous-tendues par l’idéologie de la Suprématie Blanche par des procédés dignes de l’escroquerie .(Miracle Grec, grotte de Chauvet, révolution culturelle européenne des Homo sapiens sapiens, etc...).
Par ces procédés fallacieux, ils tentaient de démontrer que les hommes modernes n’étaient point dotés de la même intelligence et que les spécimens africains n’avaient point connu de révolution culturelle.
Heureusement pour nous tous, l’Afrique s’est rebellée en livrant des preuves scientifiques de son Génie. Génie dont bénéficient aujourd’hui tous les hommes de la planète bien qu’ils continuent à se laisser
aveugler par des jugements esthétiques subjectifs, profondément racistes !
Je pense sincèrement pas dénigrer les souchiens sur leur sol. Et d'ailleurs, tous les caucasiens n'habitent pas en france d'après les informations que j'ai. S'ils colonisent pas des soi-disants départements ici et là ( sans doute par amour du nègre,)ils pillent et asservissent les peuples dans le reste du monde. Je distille pour nos chers CCNautes que la vérité qui peut être vérifier. Par contre, je serai le dernier à porter quelque soit le jugement sur les us, coutumes et tradition des habitants, là où je suis !
Bien sûr c'est une spécialité française, la preuve, NOU sommes des assimilés, des aliénés culturel qui ont digéré leur histoire !
NOU PA MÒ SA RANN NOU PLI FÒ !!!...ary x
"Projet d’évolution statutaire pour la Guadeloupe
Alors que certains se focalisent sur la seule et unique défense des revendications des travailleurs, que d’autres se contentent de critiques stériles et que d’autres encore scandent des slogans dépourvus de toute proposition alternative, il nous est apparu nécessaire au CIPPA de nous engager résolument dans la bataille du Statut et de proposer aux Guadeloupéens une alternative pour sortir notre pays de sa situation de dépendance. Il va de soi qu’aucune solution au problème du sous développement ne saurait être trouvée à l’intérieur du système qui l’engendre et le consolide.
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LA QUESTION DU STATUT
En reconnaissant en 2009, en plein mouvement social guadeloupéen que nous étions arrivés à la fin d’un cycle historique en outre-mer et que le statut-quo n’était plus possible, le Président de la république, Nicolas Sarkozy a obligé messieurs Lurel et Gillot, à présenter, à contre cœur, dans 18 mois, un projet guadeloupéen. En guise de projet Guadeloupéen, les deux présidents se sont évertués, depuis quelques mois, à dialoguer avec la population, des différentes options possibles dans le cadre du statut actuel, affirmant même, que la question statutaire avait été réglée lors des élections régionales du 13 mars 2010. Ce qui est à la fois faux et insultant pour le peuple guadeloupéen.
Pourtant, plus que jamais, la question des moyens juridiques, pour mettre en place une alternative politique, économique et sociale est d’actualité.
N’est ce pas l’absence de développement économique et le chômage endémique qui sévit en Guadeloupe qui sont les principales préoccupations des Guadeloupéens ?
Malgré d’incontestables avancées au niveau social, il faut constater que la départementalisation, puis l’intégration à l’Union européenne ont conduit à une catastrophe au niveau économique. L’économie de plantation est devenue un marché de consommation de 2,5 milliards d’euros pour les capitalistes européens qui exportent en Guadeloupe. Un chiffre illustre la faiblesse de notre économie: le taux de couverture de la balance commerciale est de 5,5%, alors qu’il était encore de 80% en 1950.
Bilan chiffré de la départementalisation en 2010
La production de Banane qui était de 145 000 tonnes en 1978 n’est plus que de 50 000 tonnes en 2009.
La production de Sucre qui était de 187 000 tonnes en 1967 n’est environ que de 50 000 tonnes en 2009.
La production de Ouassous qui était présentée comme un exemple de diversification dans les années 60 a vu son tonnage réduit à 15 tonnes produites, alors que la consommation est actuellement de 250 tonnes, venant exclusivement du Sud-est asiatique.
La production de poissons ne couvre que 50% de nos besoins.
Malgré quelques lents progrès, l’élevage ne permet de satisfaire que moins de 12% de notre consommation de viande.
La production vivrière et la pêche sont aussi en déclin et la consommation des Guadeloupéens est de plus en plus le fait des importations encouragées par le libre-échange et le dumping.
Les terres agricoles (39 000 ha) disparaissent au rythme de 1 000 hectares par an.
L’environnement de notre territoire est agressé, voir empoisonné par des affairistes qui bénéficient d’une tolérance inacceptable de la part des gouvernements successifs.
Le Tourisme a vu le nombre d’hôtels diminuer de près de 20% en 5 ans: 87 hôtels en 2004 et 70 en 2009, soit la fermeture de 17 établissements et d’environ 1000 chambres.
Une insatisfaction généralisée perdure sous les coups des difficultés liées aux exigences ultralibérales. Le Chômage est passé de 40 000 personnes en 2004 à 52 000 en 2009. Il atteint 40% des moins de 30 ans.
Par contre les impôts indirects, invisibles, mais pas indolores ont explosé.
Les recettes de la Taxe sur les carburants (TSC) payée sur la consommation d’essence sont passées de 52 millions d’euros en 2004 à 64 millions d’euros en 2010, rien que pour la Région, sur un total de 124 millions d’euros, répartis entre les Communes, le Conseil Général et la Région.
L’Octroi de mer qui est un impôt payé par tous les Guadeloupéens est passé de 124 millions d’euros en 2005 à 145 millions d’euros en 2007.
L’Octroi de mer régional qui est perçu pour le compte de la Région a rapporté 48 millions d’euros en 2004 et 75 millions d’euros en 2009, ce qui a eu pour conséquence d’augmenter chaque année les impôts indirects payés par les Guadeloupéens.
Le montant de la TVA perçue était de 237 millions d’euros en 2008.
La consommation qui était pratiquement le seul moteur de la croissance guadeloupéenne, diminue du fait de la baisse des transferts publics.
Baisse des transferts publics.
La facture austérité du Gouvernement frappe de plein fouet l’économie Guadeloupéenne qui dépend (malheureusement) presque uniquement des transferts publics.
A l’occasion du débat d’orientation budgétaire, le gouvernement a affirmé sa volonté de supprimer un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite, de geler les salaires et de faire des économies sur le fonctionnement. Si on ajoute à cela la privatisation de la POSTE, ce sont plusieurs centaines d’emplois de fonctionnaires qui sont déjà supprimés et qui vont encore l’être en Guadeloupe.
Le Gouvernement va s’attaquer également aux aides au logement, à l’emploi et au subventionnement des emplois aidés.
Ces coupes sombres dans les transferts publics vont affecter directement la consommation, qui était à ce jour un élément important de la création d’entreprises et de la croissance.
L’octroi de mer menacé :
Le régime de l’octroi de mer (principale ressource des collectivités locales) a fait l’objet d’une décision du Conseil européen le 10 février 2004 qui prolonge ce régime jusqu’en 2014. Ce nouveau régime qui réduit la compétitivité des entreprises Guadeloupéennes, fait toutefois l’objet de critiques au sein de la Commission européenne. Sa reconduction en 2014 parait délicate et lourde de menaces pour nos producteurs.
Accord de Partenariat Economique : un nouveau danger
Les Accords de Partenariat Economique signés entre l’Union Européenne et les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) se caractérisent par une logique asymétrique, c’est-à-dire une ouverture intégrale du marché européen (y compris la Guadeloupe) à l’ensemble des produits ACP en contrepartie d’une ouverture limitée et progressive des marchés des pays ACP aux produits des DOM. C’est L’Europe qui a négocié (à partir de ses intérêts) pour « les DOM ».
Chaque jour la dépendance économique s’accroît en même temps que le chômage. L’issue ne réside pas dans une simple progression de la décentralisation et des exonérations fiscales, elle doit être recherchée dans une nouvelle orientation, qui fasse de la Guadeloupe, non pas la périphérie, mais le centre.
UNE ALTERNATIVE ECONOMIQUE ET POLITIQUE EST NECESSAIRE
A- ECONOMIQUE
La Guadeloupe importe quotidiennement un nombre considérable de biens et de services de la France, de l’Union européenne et d’autres pays du monde. Ces marchandises et ces services, ont des coûts de production nettement inférieurs à ceux constatés sur place. Le principe du libre-échange constitue un obstacle structurel au maintien ou à la création d’activités de production, d’autant plus que l’Union européenne, s’attelle méthodiquement à démanteler l’aspect protectionniste de l’octroi de mer. Pour être compétitifs il ne reste que deux solutions : ou abaisser d’une manière drastique le coût du travail en diminuant les salaires et les prestations sociales, ou conquérir le marché intérieur en le protégeant. La première hypothèse ne pouvant pas être envisagée, il ne reste plus qu’à conquérir le marché intérieur.
Conquérir le Marché Intérieur
Il ne s’agit pas de verser dans un protectionnisme généralisé mais d’examiner, production par production, service par service, l’utilité et le niveau de protection.
√ L’agriculture
L’agriculture guadeloupéenne ne répond que très partiellement à sa fonction essentielle : nourrir la population. Les chiffres des importations sont éloquents. Elle ne permet pas non plus d’assurer des revenus suffisants aux agriculteurs.
Elle n’est pas protégée, car elle est intégrée dans un grand marché européen qui fonctionne sur le principe de la libre circulation des marchandises. Elle est également insérée par le biais de l’Europe, dans le marché mondial.
Pour avoir une chance de développer son agriculture, la Guadeloupe doit protéger sa production alimentaire et plus globalement son marché intérieur. Pour nous Guadeloupéens, cela devient une exigence.
Bien sûr, les exigences de l’approvisionnement en denrées alimentaires n’’excluent pas le commerce international, mais celui-ci doit être équilibré et ne pas conduire à une dépendance unilatérale.
Le pouvoir politique guadeloupéen, avec la collaboration des agriculteurs et de leurs syndicats, doit au préalable, définir des orientations générales pour l’agriculture afin de :
assurer à la population un niveau de vie équitable par le relèvement du niveau de vie individuel de ceux qui travaillent dans l’agriculture,
garantir la sécurité alimentaire de la Guadeloupe,
accroître le développement de la productivité par un progrès technique adapté et maîtrisé, par l’irrigation des terres agricoles et par la formation des agriculteurs,
assurer des prix raisonnables aux consommateurs,
préserver les terres agricoles et les réserves naturelles,
fournir de la matière première à une industrie agro-alimentaire.
Par exemple, des unités de transformation de certains de nos produits (fruits légumes, poissons, crustacés, etc.) pourraient être créées afin, d’une part de faciliter la consommation de ces produits dans les restaurants de collectivités, d’autre part de créer des emplois.
assurer un équilibre entre les exigences de l’environnement et celles de l’agriculture.
Pour mettre en place ces orientations, il faut admettre une fois pour toutes que les coûts de production sont généralement plus élevés en Guadeloupe que sur le marché mondial. Il n’y a donc aucune autre alternative pour conquérir le marché intérieur, qu’une soustraction partielle de notre économie aux lois du marché. Cela n’est possible que s’il est mis un frein au libre échange.
√ Les instruments douaniers et fiscaux
Actuellement la Guadeloupe, région européenne, dispose du même tarif douanier que les 27 pays de l’Union. Ces pays sont situés sur le continent européen et sont pour la plupart de riches pays industriels. Certains d’entre eux comme la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Espagne ont été de grandes puissances coloniales.
Tarif douanier Guadeloupéen
Pour protéger les productions guadeloupéennes et conquérir le marché intérieur, il faut obligatoirement un tarif douanier Guadeloupéen.
Ce tarif douanier Guadeloupéen aura un double objectif : protéger la production industrielle et agricole de la Guadeloupe et procurer des recettes fiscales.
Droits de douane et prélèvements
Puisque les produits concurrents importés sont moins chers, le principe de base sera de taxer les importations de toutes provenances hormis celles de la Martinique et de la Guyane ; il serait d’ailleurs souhaitable que ces pays constituent un marché commun avec la Guadeloupe. Cette taxe serait la compensation entre l’écart de prix existant sur ces importations et les prix fixés sur le marché local.
De ce choix découle le principe de la préférence guadeloupéenne. Ce principe a pour conséquence de régir les échanges avec l’extérieur pour favoriser l’écoulement des produits agricoles guadeloupéens. Cette préférence se fera par une organisation du marché, une garantie de prix à l’écoulement et une protection aux frontières.
Un nouveau mode de vie, basé sur un nouveau mode de consommation économe en ressources importées.
Il faut mettre en œuvre une politique volontariste pour acquérir dans les 20 ans qui viennent, l’autonomie énergétique en développant les énergies renouvelables afin de réduire sérieusement nos dépenses et notre dépendance vis à vis de l’extérieur.
L’actualité récente avec le développement rapide des énergies renouvelables montre que le discours qui consistait à dire que la Guadeloupe ne pouvait se développer parce qu’elle ne disposait pas sur son territoire de source d’énergie est balayé par les progrès de la science. Certes, nous n’avons ni pétrole, ni charbon, mais nous avons du soleil, de l’eau, du vent et la mer.
Un tourisme imaginé par les Guadeloupéens et qu’ils s’approprieraient.
En dehors des touristes venus d’ailleurs, il faut encourager les Guadeloupéens à séjourner dans les hôtels de la Guadeloupe et à se restaurer dans les restaurants de leur pays. Pour cela, les autorités Guadeloupéennes, vont subventionner, en complément des entreprises, des chèques vacances, uniquement pour l’archipel guadeloupéen.
Exploiter les énormes ressources de la mer.
Ne serait-ce que par leur masse, les eaux marines représentent une réserve qui peut se prêter aux usages domestiques ou industriels, ou constituer une source d’énergie par domestication de leur mouvement perpétuel. Cependant, ce sont les richesses biologiques et minérales qui présentent le plus d’intérêts. Pour cela la Guadeloupe doit avoir la pleine souveraineté sur sa Zone-Economique-Exclusive qui est de 90 000km2 (soit environ 40 fois sa surface terrestre).
Un programme de grands travaux.
Construction massive de logements, de centres de formations, d’hôpitaux, d’équipements sportifs et culturels, de crèches, de barrages hydrauliques et d’infrastructures de transports alternatifs à la route.
Une fiscalité Guadeloupéenne.
Tous les impôts et taxes perçus (TVA, Droits de douane…) en Guadeloupe doivent revenir à la collectivité Guadeloupéenne.
B- POLITIQUE
Le développement de la Guadeloupe par des mesures dérogatoires (qu’elles soient françaises ou européennes), présente un caractère aléatoire, partiel et limité dans le temps qui ne permet pas de fonder des perspectives durables. La conquête du marché intérieur ne pourra être espérée d’un régime basé sur l’exception, mais sur le droit.
Cette nouvelle politique économique, ne peut pas se faire dans le cadre départemental (Assemblée unique ou pas).
Le CIPPA propose un changement de statut. Ce nouveau statut suppose un compromis avec l’Etat. Compromis qui repose sur un partage de compétences relevant de la nouvelle collectivité Guadeloupéenne et des compétences assumées par l’Etat Français.
L’Etat compense les charges correspondant à l’exercice des compétences nouvelles que la Collectivité reçoit de la loi organique.
Tout accroissement net de charges résultant pour la nouvelle collectivité des compétences transférées est accompagné du versement concomitant par l’Etat d’une compensation financière permettant l’exercice normal de ces compétences. Le montant de cette compensation est déterminé par référence à celui des dépenses annuelles effectuées par l’Etat, à la date du transfert, au titre de ces compétences ; cette compensation évolue chaque année comme la dotation globale de fonctionnement allouée aux communes.
La remise en cause de la départementalisation ne doit pas conduire à transférer simplement plus de pouvoirs aux notables libéraux, c’est-à-dire un renforcement de la décentralisation, qui serait une forme de néocolonialisme. Il faut que les nouvelles institutions, renferment suffisamment de pouvoir pour mettre tout de suite en place une nouvelle politique économique, sociale et culturelle.
La nouvelle collectivité doit avoir une compétence sur :
la fiscalité,
le régime douanier,
le commerce extérieur,
l’urbanisme,
l’éducation,
la politique économique,
l’énergie
le droit d’exploitation des ressources naturelles biologiques et non biologiques des eaux intérieures, en particulier les rades et les lagons, du sol, du sous-sol et des eaux sus-jacentes de la mer territoriale et de la zone économique exclusive dans le respect des engagements internationaux.
le transport,
la coopération avec les peuples,
le sport,
le tourisme,
la création et l’organisation des services et établissements publics de la collectivité,
l’accès au travail des étrangers,
le droit d’adopter des signes distinctifs, exprimant la personnalité de la collectivité, à savoir un drapeau et un hymne.
Enfin, un statut communautaire de Pays et Territoire d’Outre-Mer (PTOM), exemptant la Guadeloupe des contraintes du marché intérieur européen (libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux).
Le traité de Lisbonne (traité constitutionnel européen) prévoit une clause passerelle, permettant de faire passer une région ultrapériphérique à un statut de territoire d’outre-mer, et vice-versa.
Compétences de l’Etat :
Seront applicables de plein droit en Guadeloupe, sans préjudice de dispositions les adaptant à son organisation particulière, les dispositions législatives et réglementaires qui sont relatives :
1° A la composition, l’organisation, le fonctionnement et les attributions des pouvoirs publics constitutionnels de la République, du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation, de la Cour des comptes, du Tribunal des conflits et de toute juridiction nationale souveraine, ainsi que du Médiateur de la République, du Défenseur des enfants, de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, de la Commission nationale de l’informatique et des libertés et du Contrôleur général des lieux de privation de liberté ;
2° A la défense nationale ;
3° Au domaine public de l’Etat ;
4° A la nationalité, à l’état et la capacité des personnes;
5° Aux statuts des agents publics de l’Etat ;
6° À la procédure administrative contentieuse ;
6° bis Aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations de l’État et de ses établissements publics ou avec celles des communes et de leurs établissements publics ;
7° À la lutte contre la circulation illicite et au blanchiment des capitaux, à la lutte contre le financement du terrorisme, aux pouvoirs de recherche et de constatation des infractions et aux procédures contentieuses en matière douanière, au régime des investissements étrangers dans une activité qui participe à l’exercice de l’autorité publique ou relevant d’activités de nature à porter atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique, aux intérêts de la défense nationale ou relevant d’activités de recherche, de production ou de commercialisation d’armes, de munitions, de poudres ou de substances explosives.
Ces nouvelles compétences doivent être négociées avec le pouvoir central, dans le cadre de l’article 74 de la Constitution Française.
L’exigence démocratique
La nouvelle société suppose aussi un développement de la démocratie : les syndicats, les organisations de travailleurs, de femmes, les associations doivent avoir le soutien de la nouvelle collectivité pour exercer leurs missions avec efficacité. De même que le pluralisme de la presse sera encouragé.
Dans le contexte actuel, les élus régionaux ou départementaux, n’ont pas été élus pour soumettre un projet au gouvernement, c’est pour cette raison, que nous demandons l’élection d’une Assemblée instituante à la proportionnelle intégrale, chargé de rédiger un projet de statut. Les projets qui auront été élaborés par les différents groupes ou partis, sur la base de propositions économiques et sociales, seront débattus lors d’une campagne électorale. Le projet qui aura été retenu par l’assemblée instituante à l’issue des élections, fera l’objet d’une négociation avec le gouvernement français qui le soumettra à la population par référendum.
Ce changement sera l’occasion d’assainir, au moins en partie, les mœurs politiques du pays, en interdisant le cumul des mandats et en rendant obligatoire la parité hommes-femmes."
suivre ce lien : http://cippa.gp/?page_id=50
"Constitution du 4 octobre 1958
Titre XII : Des collectivités territoriales
Article 74
Modifié par Loi constitutionnelle n°2003-276 du 28 mars 2003 - art. 10
Les collectivités d'outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d'elles au sein de la République.
Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l'assemblée délibérante, qui fixe :
-les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ;
-les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l'Etat ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l'article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ;
-les règles d'organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante ;
-les conditions dans lesquelles ses institutions sont consultées sur les projets et propositions de loi et les projets d'ordonnance ou de décret comportant des dispositions particulières à la collectivité, ainsi que sur la ratification ou l'approbation d'engagements internationaux conclus dans les matières relevant de sa compétence.
La loi organique peut également déterminer, pour celles de ces collectivités qui sont dotées de l'autonomie, les conditions dans lesquelles :
-le Conseil d'Etat exerce un contrôle juridictionnel spécifique sur certaines catégories d'actes de l'assemblée délibérante intervenant au titre des compétences qu'elle exerce dans le domaine de la loi ;
-l'assemblée délibérante peut modifier une loi promulguée postérieurement à l'entrée en vigueur du statut de la collectivité, lorsque le Conseil constitutionnel, saisi notamment par les autorités de la collectivité, a constaté que la loi était intervenue dans le domaine de compétence de cette collectivité ;
-des mesures justifiées par les nécessités locales peuvent être prises par la collectivité en faveur de sa population, en matière d'accès à l'emploi, de droit d'établissement pour l'exercice d'une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ;
-la collectivité peut participer, sous le contrôle de l'Etat, à l'exercice des compétences qu'il conserve, dans le respect des garanties accordées sur l'ensemble du territoire national pour l'exercice des libertés publiques.
Les autres modalités de l'organisation particulière des collectivités relevant du présent article sont définies et modifiées par la loi après consultation de leur assemblée délibérante."
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?cidTexte=JORFTEXT000000571356&idArticle=LEGIARTI000006527584&dateTexte=&categorieLien=cid
SHAKA (Gwakafwika)
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Karibéyen nou yé, karibéyen nou ké rété!
En matière de politique comme vous le savez Shaka, ce sont les arguments, la pédagogie, l'explication, le débat intelligent qui peuvent convaincre les citoyens. C'est avec ces armes-là que l'on combat la peur. Ceux qui agitent le chiffon rouge de la perte des acquis sociaux ou autres mensonges pour faire peur se rendent compte de la pauvreté de ce qu'ils avancent, dès qu'ils sont devant des arguments étayés, des faits éprouvés...Quand quelqu'un dit des bêtises sur un sujet, il faut toujours lui opposer des documents, des éléments pour qu'il se donne la peine de réfléchir s'il en a les moyens. On le voit dans ce forum que ce n'est pas à la portée de certains qui interviennent à tort et à travers.
Cela nous en dit long sur le caractére totalitaire et anti démocratique de cet individu qui polluent CCN de longs copié collé fastidieux pour les lecteurs et sans aucun intérêt autre q'anecdotique s'agissant d'organisation tel le cippa aynt fait 1,8 %aux derniéres régionales .
L'avenir de ce pays dépend que nous, le peuple c'est a nous seul de s'occuper de notre pays.
Qu’est-ce qu’une colonie ? Qu’est-ce qu’une post-colonie ? Qu'est-ce que la colonisation?
« Territoire occupé par une nation en dehors de ses propres frontières. Elle l'administre et le maintient dans un état de dépendance. »
http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/colonie/
« Territoire occupé et administré par une nation en dehors de ses frontières, et demeurant attaché à la métropole par des liens politiques et économiques étroits. »
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/colonie/17291
12 février 1635 Affirmation du principe de l'Exclusif (les colonies ne peuvent commercer qu'avec la métropole).
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/depts-outre-mer.asp
« Le système de l'exclusif
Le commerce colonial est régi par le système de l'exclusif. Le principe de l'Exclusif se définit par quatre caractéristiques structurelles :
- interdiction aux colonies de vendre leurs produits à d'autres pays qu'à la métropole,
- interdiction de transformer les produits récoltés en produits manufacturés,
- réserve exclusive au profit de la métropole du droit d'approvisionner ses colonies,
- réserve aux navires français du transport de tous les objets des colonies à la métropole ou dans les autres colonies.
Le but du système de l'Exclusif est triple :
- procurer aux produits du sol et de l'industrie de la métropole des débouchés constamment ouverts,
- assurer à ces produits des marchés à l'abri de toute concurrence étrangère,
- obtenir, par voie d'échange et sans exportation de numéraire, des dentées que la métropole ne produit pas. »
La France et ses esclaves de la colonisation aux abolitions (1620-1848) Frédéric Régent Grasset 2007 p. 91
Et j'ajoute celle-ci :
"La colonisation est un processus d'expansion territoriale et démographique qui se caractérise par des flux migratoires ; l'occupation et l'exploitation d'un espace géographique, la mise en tutelle et la domination politique, culturelle, religieuse et économique, voire le génocide, des populations qui s'étaient établies préalablement sur ce territoire. La colonisation, à différencier du colonialisme lequel est une doctrine ou idéologie, est pratiquée par certains États sur des peuples ou d'autres États1 alors contraints d'accepter des liens de dépendance. Il s'agit d'un processus expansionniste d'occupation, qui consiste en l’établissement d’une ou plusieurs colonies par la mise sous influence étrangère d'autres territoires. Lorsqu'il y a domination politique du territoire et assujettissement de ses habitants, on parle alors d'impérialisme de la part du centre politique de décision appelé métropole.
La colonisation peut avoir pour but l'exploitation d'avantages réels ou supposés (matière première, main-d'œuvre, position stratégique, espace vital, etc.) d'un territoire au profit de sa métropole ou de ses colons, et peut avoir pour prétexte des notions floues telles que le "le développement de la civilisation" .
La colonisation se différencie d’une simple occupation politique d’un territoire car elle revêt une dimension économique, religieuse ou idéologique[réf. nécessaire].
La colonisation se distingue de l'annexion par la différence de traitement, de droits ou de statut juridique accordé entre le citoyen et le colonisé, à la défaveur de ce dernier. La colonisation se caractérise par l'envoi massif (colonie de peuplement) ou non (comptoir, protectorat…) de colons issus du pays colonisateur afin de gérer la colonie."
http://fr.wikipedia.org/wiki/Colonisation
Considérant ces définitions, la Guadeloupe est-elle en 2012 une colonie ? Y a-t'il dans ces différentes définitions, des aspects, des dimensions, des contenus qui caractérisent la situation de la Guadeloupe d'aujourd'hui?
Est-ce que la Loi n°46-451 du 19 mars 1946, a suffit à elle seule à transformer la Guadeloupe du jour au lendemain de statut de colonie à celui de département et que disparaissent en même temps les structures, les réflexes, les situations, les rapports sociaux, économiques qui étaient présents depuis 1635?
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006068018&dateTexte=20110902
Si on observe, si on analyse avec lucidité et honnêteté la société guadeloupéenne, son fonctionnement, les rapports que la Guadeloupe entretient avec l’extérieur, son économie notamment, qu’on le veuille ou non, on est bien obligé de reconnaître, d’admettre qu’elle présente encore à bien des égards toutes les caractéristiques d’une société coloniale.
C’est Alain Plaisir dans son ouvrage « Conquête du marché intérieur » qui le démontre, en particulier dans le chapitre consacré au Commerce Extérieur. Extrait :
« Le commerce extérieur de la Guadeloupe est le commerce extérieur d’une colonie :
- exportation de produits primaires (banane, melon) ou semi-industriels (sucre brut et rhum) en « métropole ».
- importation de la métropole de tout le reste (produits industriels, biens d’équipements, produits agricoles et agro-alimentaires).
S’y ajoute le fameux monopole du pavillon qui constitue la troisième clause du pacte colonial (le transport des marchandises entre la métropole et la colonie se fait sous pavillon de la métropole).
En effet, les pratiques coloniales sont encore en vigueur dans le transport maritime. C’est ainsi que le décret du 28 juin 1935 réserve aux navires français le transport de la banane entre les Antilles et la métropole ; ou encore l’article 258 du code des Douanes qui réserve aux navires français les opérations entre ports d’un même DOM ou de DOM différents. »
Autre citation de l’ouvrage sus-mentionné :
« En vertu de l’article 294 du code des impôts, la Guadeloupe est un territoire d’exportation pour la métropole. »
Voilà ce qu’on peut lire dans un rapport d’information du Sénat à propos de « la réalité agricole de l’Outre-mer ».
« De plus, l’héritage historique colonial a laissé des traces durables. La logique coloniale tournée vers l’exportation, a privilégié les cultures de la canne (transformée en sucre ou en rhum), de la banane, de la vanille, des plantes à parfum ou encore de l’ananas, au détriment des productions vivrières. »
http://www.senat.fr/rap/r97-466/r97-46666.html
Donc, colonie, post-colonie, colonie départementalisée pour reprendre un mot de Cyril Serva(http://etudesguadeloupeennes.net/guadeloupe/file/semi_serva.htm) où se situe la frontière ?
En avons-nous fini avec la colonie ? A partir de quel fait politique un pays n'est plus considéré comme colonie? Si comme on l’entend quotidiennement en Guadeloupe parler de métropole, c’est bien par rapport à colonie ? Le destin de toute colonie, n'est-elle pas inéluctablement la décolonisation?
"Colonial mentality" est une chanson de Fela Kuti dont un extrait à écouter ici:
http://www.youtube.com/watch?v=6euC-JNr6KU&feature=related
Pourquoi la colonie de guadeloupe devient elle un département ?
L'idée de faire de la guadeloupe un département date de la Révolution. Il faut la seconde guerre pour que le projet revienne d'actualité. Pourquoi?
•La décolonisation avait pour but de favoriser le développement économique des pays du tiers-monde tout en les retenant dans le camp occidental. Mais à la guadeloupe , il n'y a pas une société coloniale superposée par la colonisation à une société autochtone. C'est la colonisation même qui est à l'origine de cette société créole, donc de son pluri-ethnisme.
•Finalement on ne peut pas seulement décoloniser et guider la colonie vers la souveraineté internationale. Il faut intégrer la guadeloupe dans la République en lui étendant les institutions politiques et sociales de la métropole. Le but recherché n'est pas l'égalité des guadeloupéens , dans la société internationale mais l'égalité des individus ( guadeloupéens ou martiniquais et métropolitains) en tant que citoyens dans la même république.
•La pauvreté économico-sociale de l'île est terrible sous le statut colonial . La départementalisation ne peut qu'obliger la métropole à consentir des efforts particuliers, à équiper l'île en industries, infrastructures, à améliorer l'habitat, à désenclaver l'île par le port, l'aéroport, à l'équiper de centrales thermiques et hydroélectriques , d'hopitaux etc........
Comment?
•La population réclame la départementalisation et le projet sera présenté à l'assemblée par des députés . Il sera voté à l'unanimité et c'est la loi du 19 mars 1946 qui transforme la Réunion, La Guyane et les Antilles en départements français d'Outre-Mer.
•Il faut réaliser que les notables créoles " plantocates" n'ont guère apprécié ce changement car ils étaient attachés aux privilèges et à l'idéologie de l'ancien statut colonial.
•Les forces politiques de gauche elles, ont pu se servir de la décolonisation pour transformer la structure du pouvoir dans l'île, pour mettre fin à la misère et à l'exploitation sociale.
Les conséquences d’une nouvelle réalité :
•La départementalisation va transformer jusqu'à la structure même de la société créole qui était de 90% de prolétaires pour 10% de familles aisées ou fortunées.
•Les services extérieurs des divers ministères français et les nouvelles entreprises créent de nouveaux emplois et font émerger une classe nouvelle: la moyenne bourgeoisie et petite bourgeoisie.
•Les côtés positifs sont la caisse générale de sécurité sociale créée en 1948, la lutte contre le paludisme, l'augmentation du nombre de magasins, de voitures , l'électrification des maisons et des routes.
•Mais cela implique des côtés pervers: on note une véritable explosion démographique ( taux de natalité 50°/oo ) alors que les écoles, les logements sont insuffisants ainsi que le travail surtout pour les femmes.
•Les aides de l'état sont de plus en plus nombreuses et font une guadeloupe assistée mais socialement avancée par rapport à ses voisins . •La classe des employés de bureau, les fonctionnaires augmentent.
•Les allocations sociales se multiplient mais restent inférieures à celles de la métropole jusqu'en 1983.
Avant la départementalisation ,c'est la pauvreté et la misére qui domine en guadeloupe .
•Economiquement: La guadeloupe est naturellement isolée et pauvre . Cela a été renforcé par la guerre.
•Socialement: La population est aux 3/4 analphabète. Il n'y a qu'un seul lycée et moins de 30 classes primaires avec une centaine d'instituteurs n'ayant même de diplôme d'enseignant. Le taux de mortalité infantile est terrible: 145°/oo. La mortalité est forte en générale car la population souffre de malnutrition et les maladies comme la tuberculose, le paludisme, l'alcoolisme et la parasitose sont nombreuses.
•La société est très inégalitaire avec une élite riche et une masse pauvre; il n'y a pas de classe moyenne.Les pauvres rendent de multiples services aux riches qui survivent grâce à cela. Cette forme de dépendance a remplacé l'esclavage et l'engagisme.
Les améliorations liées à la départementalisation :
- Les améliorations les plus visibles sont dans le domaine médical avec la lutte contre le paludisme , la tuberculose , la lépre , et le pian.
•Le problème de la forte natalité , du manque d'éducation et le peu de travail possible sur l'île favorisent la mobilité. La direction possible est la métropole: le BU.MI.DOM ( bureau des migrations des départements d'Outre-Mer aident les jeunes qui veulent travailler en métropole.
Le passage à une société de consommation
Après les années 60, c'est une société de consommation de masse qui va se mettre en place sous l'impulsion de certains hommes politiques qui craignent de laisser cette île trop pauvre aux mains des communistes. Nous sommes loin pourtant de la guerre froide mais la rivalité politique existe ici aussi...
•L'Etat français devient un état providence car c'est la grande époque des transferts financiers vers l'île.
•Les services publics se développent et participent eux aussi à la tertiarisation des activités.
•Le nombre des grandes surfaces va exploser .
•De grands travaux de rattrapage sont menés par l'Etat
•Les conditions de logement s'améliorent: les cases insalubres disparraissent du paysage de la guadeloupe ; la résorption des bidonvilles est un grand chantier avec des logements sociaux qui se développent (LTS).
•Au niveau scolaire et culturel la Guadeloupe change: la télévision supplante la radio. Les liaisons satellites s'installent. De nombreux lycées et colléges sont construits à partir des années 70 et bien d'autres suivront. La guadeloupe est dotée d'un centre universitaire en 1967 mais qui est rattaché à l'académie de Bordeaux, et qui devient autonome en 1975. Tout cela n'empêche pas de sauvegarder l'identité guadeloupéenne et de défendre la culture créole. C'est ainsi que le CAPES de créole a été créé en 2002 .
•C'est réellement à partir des années 80-90 que la guadeloupe accède à la consommation de masse mais celle-ci ne s'accompagne ni du plein emploi ni d'un équilibre de la balance commerciale. L'enjeu est de combler ce décalage.
C’est lors d’un échange avec un Réunionnais qu’Aimé Césaire a donné sa dernière grande intervention publique : un dialogue avec Paul Vergès à l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire de l’abolition du statut colonial. Cet entretien a eu lieu le 7 mars 2006, et il a été diffusé le 19 mars à la Région en présence notamment du président de l’Assemblée nationale, qui représentait le président de la République. Cette dernière grande intervention publique est l’occasion pour Aimé Césaire de décrire les conditions de la société dans les "quatre vieilles" colonies au lendemain de la Seconde guerre mondiale, et d’expliquer comment a été choisi la départementalisation comme mode d’action pour remettre en cause les injustices de la colonies. Aimé Césaire et Paul Vergès sont ensuite revenus sur les conséquences de la loi du 19 mars, et sur la lutte qu’il a fallu mener pour obtenir l’égalité prévue. Le dialogue s’est conclu sur l’annonce de la fin du cycle commencé le 19 mars 1946 par Aimé Césaire, et sur la construction d’un monde nouveau tenant compte du passé.
« “Assimilation” pour moi, ce n’était pas “être semblable à”, mais “avoir une situation égale” »
Dans le premier volet de ce dialogue, Aimé Césaire et Paul Vergès reviennent sur les conditions dans lesquelles a été élaborée la revendication d’abolition du statut colonial et sa réalisation pratique : la départementalisation.
Paul Vergès :
— Bonjour Aimé ! À la veille du 60ème anniversaire de la loi que tu as fait voter à l’Assemblée nationale constituante avec Léopold Bissol, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche [1], je voudrais te poser une question. Dans les débats d’alors, à l’Assemblée, tu évoques « la misère la plus injustifiable » dans les vieilles colonies. Penses-tu, qu’après 60 ans, les gens ont encore le souvenir de cette misère ? Ou bien les gains sociaux dans les domaines des salaires, de l’enseignement, de la santé, etc., n’ont-ils pas fait oublier ce qui existait il y a 60 ans ?
Aimé Césaire :
— La misère ne s’oublie jamais. Quant au régime départemental, il ne faut pas oublier la géographie, il ne faut pas oublier non plus l’histoire. À quel moment de l’histoire étions-nous ? Quand je suis arrivé sur la scène politique, ce n’était pas avec des idées politiques restreintes. J’avais en face de moi un peuple qui bouillonnait de colère, un peuple qui était dans la famine, dans l’incertitude, dans le désespoir et un certain Raymond Vergès, dont le nom doit dire quelque chose au petit Paul — car il était jeune lorsque je l’ai connu —, eh bien, Raymond Vergès avait les mêmes sentiments que moi et me disait que la situation était la même à La Réunion. Cela devenait grave. Les États-Unis étaient à nos portes, l’Amérique nous guettait et la Martinique n’avait qu’un désir : vivre et survivre. Alors, il n’y avait qu’un seul mot à la bouche, ce n’est pas dans les livres qu’il avait été trouvé, peut-être dans nos ventres ou dans nos estomacs, il n’y avait qu’une idée, une seule solution : « Halte ! Nous voulons l’assimilation ». Qui leur avait soufflé ce mot ?
« Un mot impropre »
Ce mot, de toute manière, à mon avis, était impropre. Il ne faut pas uniquement tenir compte du mot, il faut savoir ce qu’il y a derrière le mot. Derrière le mot, tout le monde savait ce qu’il y avait. Par exemple, on disait : « Voici ce que nous gagnons, alors que nos collègues en France touchent le double ». Toute une série de faits de ce genre montrait que les Martiniquais souffraient d’une part de manques. Si ce n’était pas la famine, c’était une époque de très grande pauvreté. Et d’autre part, ils souffraient du fait d’un illogisme, si je puis dire, de la politique coloniale qui leur était appliquée. Et la plupart des partis — je ne sais pas si on a oublié —, y compris le Parti communiste, ne demandaient qu’une chose, c’était l’assimilation.
« Cherchons ce qu’il y a derrière ! »
Moi, personnellement, je ne suis pas enthousiaste, le mot “assimilation”, c’est un mot que je n’aime pas, parce que je sais ce que je suis, je n’ai pas dit que je suis beau, mais je ne veux être assimilé à personne. Je sais ce que je suis avec mes qualités, avec mes défauts, mes insuffisances, ma couleur etc. Le mot me paraît malheureux. Mais quand j’étais au fait et que j’ai vu les Martiniquais de près, j’ai vu la misère, j’ai vu les souffrances, j’ai vu les enfants pieds nus dans la rue, j’ai vu l’absence d’écoles, l’absence de crèches, l’absence de toutes innovations, de transformations capitales pour l’avenir de ce pays, eh bien, j’ai revu mon vocabulaire, j’ai dit : « peu importe les mots, mais cherchons ce qu’il y a derrière ! ».
« Une demande générale pour un régime meilleur »
Et ce que j’ai constaté, c’est qu’il y avait une demande générale profonde, importante des Martiniquais pour un régime meilleur. Le régime qui leur paraissait le plus à leur portée était celui qui existait en France. D’autant plus qu’en France il y avait un certain nombre de réformes, des réformes sociales qui étaient en train de se faire. Que faire ? Faire la fine bouche ? Refuser ? Confondre la place publique et l’Académie française ? Eh bien non ! je ne l’ai pas cru. Ils m’ont expliqué, les larmes aux yeux, ce que représentait pour eux le mot “assimilation”. J’ai beaucoup tiqué encore une fois, parce que “assimilation” pour moi, c’était « rendre semblable à ». Mais non ! Finalement, ce n’était pas « être semblable à », mais « avoir une situation égale » à peu près à celle dont ils avaient des nouvelles et dont les bruits arrivaient jusqu’à la Martinique.
« Ce que nous voulions »
J’ai beaucoup hésité, ce n’était pas un fol entrain, mais à regarder l’état du monde, il n’y avait pas d’autres propositions possibles. Alors, j’ai déposé une loi ; elle ne me satisfait pas pour une raison philosophique, historique, tout ce que l’on veut, mais imaginez la France comme un grand gâteau avec un couteau, on prend et on fait des tranches égales, ce sont des dé-par-te-ments. Bref, peu importe, ce cas-là était certainement meilleur que le régime que nous connaissions à l’époque. J’ai vu les camarades des Départements d’Outre-Mer, y compris le père Vergès. Nous nous sommes réunis et nous avons cherché la solution et la solution nous a été dictée par les faits : nous voulions l’application aux Antilles et à La Réunion, nous voulions l’application des lois sociales et les lois du progrès social qui était en train de se faire ou déjà fait en partie dans la France métropolitaine.
« Cela n’a pas été facile »
C’est ce qui a été fait et cela n’a pas été facile. Vous croyez que la France s’est précipitée ? C’était bon pour les discours, mais en fait ils étaient extrêmement réticents, parce qu’ils avaient bel et bien une politique coloniale d’un certain type qu’ils voulaient maintenir. Bref, l’assimilation qui, à l’heure actuelle, nous paraît une chose néfaste, leur apparaissait, d’un point de vue humain, comme un énorme progrès. Eh bien, en mon âme et conscience, j’ai réfléchi et j’ai fini par penser que l’histoire est l’histoire, qu’il fallait ce qu’il fallait et qu’il fallait le faire au moment utile. Le moment était venu d’obtenir, sous une forme ou sous une autre, une amélioration du sort des Martiniquais, des Guadeloupéens et des Réunionnais. Je ne dis pas que c’était parfait, il y avait un grand manque, mais le problème ne se posait pas encore en ce temps-là.
Paul Vergès :
— Quand on voit ces 60 ans, surtout les luttes syndicales, elles avaient un point d’appui qui était le statut. Et elles ont réclamé effectivement, dans tous les domaines, l’application des lois sociales à La Réunion. Cette amélioration du niveau de vie, cette amélioration des structures a fait, en 60 ans, une élévation considérable, une transformation de la société réunionnaise. Mais, comme tu dis Aimé, on ne peut pas faire une politique contre l’histoire et contre la géographie et, au fur et à mesure, s’impose dans l’esprit — là je parle de La Réunion — le fait que La Réunion est un département français dans le Sud-Ouest de l’océan Indien, à côté de l’Île Maurice, des Seychelles, des Comores, de Madagascar, de l’Afrique du Sud, du Mozambique.
S’ouvrir à notre environnement géographique
Eh bien, la géographie s’impose et nous arrivons à un moment où chez nous, quasiment tous les Réunionnais considèrent qu’on doit s’ouvrir vers notre monde géographique environnant. Désormais, nous multiplions donc les contacts avec Madagascar, les Seychelles, l’Île Maurice, le Mozambique, l’Afrique du Sud, nous nous resituons et, si je peux dire, nous complétons la loi du 19 mars 1946. C’est à mon avis la preuve qu’en 1946, étant donné la situation de l’époque, la solution trouvée était la meilleure, parce qu’elle n’a pas empêché, aujourd’hui, cette volonté à La Réunion de se réapproprier son identité, sa culture, de déployer son activité dans son environnement géographique tout en restant effectivement intégrée à la République française.
Le particulier était oublié
Aimé Césaire :
— Il y a une chose dont il faut tenir compte : c’est une certaine conception du monde et de la civilisation. La loi de 1946 a eu ses avantages, mais elle était sous-tendue par une philosophie, une philosophie que nous connaissons bien, une philosophie du 18ème et du 19ème siècles. Il s’agit de la théorie de la civilisation et de la barbarie. Tout cela était parfaitement académique, tout cela était révolu et s’il y avait un retard en France au point de vue culturel, ce retard se manifestait précisément par l’absence ou l’insuffisance de l’ethnologie ou de l’ethnographie. Or, l’idée du peuple et l’idée de l’humanité qu’on avait en France faisaient oublier ce détail à mes yeux très important. Il y avait de la générosité et aussi de la généralité, mais le particulier, la spécificité, tout cela était oublié.
Chaque peuple a sa culture, sa civilisation
Et si vous parlez de choses spécifiques, vous risquez fort de retomber dans la classification, vous risquez fort de retomber dans la catégorie des sauvages. Eh bien, un grand progrès a été fait dans le développement de l’ethnographie, qui ne parle pas d’un peuple, mais "des" peuples. Chaque peuple a sa culture, chaque peuple a sa civilisation, tout cela est à prendre en compte et nous amène à une conception différente du monde.
Un monde nouveau
Pour ma part, j’en suis persuadé, les Européens, les Asiatiques ont leur civilisation, les Américains ont leur civilisation. Il faut les réunir toutes, être conscient des différences qui existent entre elles pour mieux les développer et, en même temps, parallèlement, un grand effort doit être fait pour unir ces spécificités dans un phénomène nouveau. À ce moment-là et à ce moment-là seulement, on parlera de "LA" civilisation. Jusque-là, il n’y avait que "des" civilisations, "des" cultures. Mais encore faut-il les élargir, c’est ainsi que nous serons dans un monde nouveau.
Paul Vergès :
— Quand nous regardons les statistiques de l’ONU, nous voyons que tous ces peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine vont représenter dans quelques décennies 85% de l’humanité ; 85%... ! Et en même temps, on voit grandir la puissance économique, le rayonnement de ces pays, que ce soit la Chine, l’Inde ou le Brésil. Cela veut dire que de notre point de vue, nous sommes au début d’une remise en cause générale dans le monde et pas simplement sur le plan de la démographie, pas simplement sur le plan de la puissance économique, mais aussi sur le plan de la reconnaissance des cultures et de leur égalité.
À La Réunion, un grand projet
C’est pourquoi, à La Réunion, nous avons un grand projet parce que notre population est d’origine très diversifiée : nous l’appelons la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Nous avons l’immodestie de croire que nous préfigurons le monde dans plusieurs siècles, c’est-à-dire non pas la négation des valeurs culturelles que porte l’autre, mais, au contraire, la prise de conscience que ces valeurs nous enrichissent par le partage que nous avons fait à La Réunion.
La vraie civilisation
Sur ce plan, je crois qu’on vit le début d’un siècle qui verra une remise en cause de toute la situation du monde et j’espère être optimiste quand je dis que nous allons vers la véritable égalité entre les peuples, à condition qu’ils luttent, à condition qu’ils se battent et, à ce moment-là, nous n’aurons pas la primauté d’une civilisation ou d’une culture sur l’autre, mais nous aurons la prise de conscience mondiale que l’échange nous a tous enrichis : ce sera la vraie civilisation.
Les différences et la ressemblance
Aimé Césaire :
— Nous avons tous une particularité, une civilisation, une culture. Il y a des différences, mais il y a aussi la ressemblance. Eh bien, il faut prendre conscience de sa différence, parce qu’on est ce que l’on est, et il faut prendre conscience également de la ressemblance, et c’est dans cette ressemblance que, librement, chacun de son côté, doit garder sa spécificité, doit la sauver, car c’est une richesse. À ce moment-là, nous pouvons dire : oui, les différences sont là, elles sont énormes, elles sont précieuses, elles sont capitales pour la richesse générale, mais nous avons beau être différents — et c’est une bonne chose —, nous sommes en même temps semblables.
Différents et solidaires
Tu es blanc, moi je suis noir, lui il est jaune, mais nous sommes tous des hommes. Embrassons-nous et montrons que, tout en étant très différents, nous sommes solidaires, bref, nous sommes frères. Le mot fraternité apparaît et, à ce moment-là, la formule prend toute sa vigueur. Liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas entièrement suffisant pour l’Europe, mais c’est absolument insuffisant pour le reste du monde. Le mot “fraternité” était donc le mot, à mon avis, important.
Paul Vergès :
— Sur ce point, notre vision est exactement la même. À La Réunion, nous disons au gouvernement : ayez une vision historique de notre évolution ! Quand je regarde les conséquences matérielles, sociales de la loi du 19 mars, je me dis que cette loi a transformé la vie quotidienne infiniment plus que l’abolition de l’esclavage n’a transformé la situation matérielle des esclaves affranchis. Nous disons aussi que l’abolition de l’esclavage a été le fait de décisions prises à Paris avec Victor Schœlcher et transmises chez nous par le commissaire de la République, Sarda Garriga. Cette libération est venue de l’extérieur, combinée aux luttes des esclaves marrons chez nous. Cette fois, la réforme du 19 mars 46 émanait de la demande de la population et elle a été exprimée par des hommes politiques de nos pays, et nous disons qu’il y a là un changement considérable.
« Ceci doit être reconnu par Paris »
En 1946, vous étiez les porte-parole de vos peuples avec les questionnements que vous aviez, mais c’est vous qui avez obtenu ce changement. C’est pourquoi, nous avons, nous, à La Réunion, une revendication : que le 19 mars 46 soit une date dans notre histoire au même titre que le 20 décembre 1848 qui célèbre l’abolition de l’esclavage. Car cette loi a transformé la vie de nos pays et elle permet aujourd’hui aux Réunionnais et aux jeunes, en particulier, de lutter pour compléter ces changements sociaux et matériels par la pleine reconnaissance de nos diversités culturelles. Ceci doit être reconnu par Paris et à ce moment-là, nous pourrons dire que la décolonisation aura été enfin réalisée.
« L’autre est un homme comme nous »
Aimé Césaire :
— Je suis entièrement d’accord. Il fallait partir de là, mais il faut savoir en même temps que tout n’y était pas. C’était un point de départ et non pas un point d’arrivée. Il fallait cela, mais aussi savoir et, dès le début, je le pressentais, qu’un moment viendrait où il faudrait encore dépasser ce droit. Ma conception à moi, ce n’est pas seulement la France, ce n’est pas seulement la Gaule, ce n’est pas seulement la Martinique, c’est le monde tout entier. Mais ce que nous avons découvert grâce au progrès de la science, grâce au progrès de l’ethnographie, c’est l’existence d’un monde, d’un monde différent, divers, mais complémentaire. Il faut prendre conscience de tout cela et nous ne devons pas voir dans l’autre simplement un homme à écraser, un homme à exploiter, un homme à tenir sous la botte. L’autre est un homme comme nous, un homme qui a les mêmes richesses possibles que nous, autrement dit, c’est un homme qui mérite le salut certainement, mais aussi le respect et la dignité.
« Le siècle de l’égalité »
Paul Vergès :
— Nous disons que le siècle qui commence est un siècle qui sera obligatoirement le siècle de l’égalité. C’est la reconnaissance, dans le monde entier, que n’importe quel être humain, quel que soit son lieu de naissance, quelle que soit son apparence, est l’égal de l’autre. C’est un vieux rêve et nous pensons que ce qu’on appelle le rapport de force aujourd’hui permettra de vivre ce moment. Et c’est à partir de là que nous pourrons connaître cette fraternité dont tu parles.
« Faire un monde nouveau »
Aimé Césaire :
— En tout cas, je suis frappé par le fait que finalement nous arrivons à des conclusions très proches l’une de l’autre. Le monde est en danger, mais le vieillard que je suis vous dit : eh bien, nous savons ce dont nous avons hérité, je sais ce que nous avons fait, Raymond Vergès et moi. Mais nous avons conscience aujourd’hui qu’un cycle est terminé, je vous passe le flambeau. Mais oui, un cycle est terminé, mais un autre cycle commence. Il faut tenir compte de tout cela et faire un monde nouveau, sans nier le passé. Mais il y a encore à faire, il y a encore de beaux jours pour l’Homme, et merci aux Réunionnais de nous le rappeler aujourd’hui. Nous ne sommes rien, pas grand-chose. Nous sommes tout petits, nous n’avons rien, un rocher dans l’océan, mais ça ne fait rien. Nous savons aussi que, et chez vous et chez nous, comme dans l’empire russe, comme dans la France, comme en Amérique, nous savons qu’il y a quelque chose qui compte. L’important, c’est l’Homme. Voilà mon point de vue.
« Salut et fraternité »
Paul Vergès :
— Je dois remercier Aimé d’avoir accepté cette conversation à la veille de la célébration du 60ème anniversaire de la loi du 19 mars 1946. Je considère pour ma part qu’Aimé Césaire, Léopold Bissol, Raymond Vergès, Léon de Lépervanche, il y a 60 ans, dans une situation beaucoup plus complexe, prirent une décision de décolonisation qui s’est avérée globalement juste maintenant et qui ne s’est pas traduite par une accélération, une amplification de l’assimilation. Au contraire, elle a posé ce problème, et le moment est venu aujourd’hui de le résoudre. Ceux qui sont inspirés par vos pensées sont chargés effectivement de compléter cette œuvre. Lorsqu’elle sera complétée d’une façon positive, on pourra déclarer que votre solution était une solution de décolonisation positive. Sur ce plan, je crois que les générations à venir ne seront jamais assez reconnaissantes pour ceux qui, dans une situation extrêmement compliquée, face à toutes sortes de contradictions, ont su trouver la solution juste pour permettre d’avancer. C’est pourquoi, au moment où on se quitte, je voudrais rappeler ce dont on rêvait, il y a quelques siècles. Quand les conventionnels se rencontraient, ils échangeaient les mots : « Salut et fraternité ». Je pense que ces deux choses sont décisives.
Aimé Césaire :
— Vergès, merci ! J’ai toujours été très touché de cette amitié qui nous lie. C’est vrai, fraternité, c’est une réalité, merci.
Paul Vergès :
— Au revoir et fraternité !
On est tenté de le croire en lisant, sur le site du RDM de Claude Lise, les explications de Raphael Confiant, un de nos « intellectuels » le plus connu des éditeurs parisiens, qui, volant au secours de Claude Lise et d’Alfred Marie Jeanne, explique les objectifs des partisans de l’article 74, regroupés autour de Claude Lise et Alfred Marie-Jeanne !
Que dit-il ?
« Depuis 1946, (….), personne, (…) ne s’est étonné ni indigné du fait que notre peuple n’ait pas été consulté. Tout le monde a trouvé qu’il était parfaitement démocratique que l’élu du peuple que fut Césaire et les autres députés coloniaux, forts de leurs mandats et donc de la confiance du peuple, agisse au nom de ce même peuple » (pour obtenir la transformation de la Martinique de colonie en département)….(…)on nous a imposé un statut sans la moindre consultation populaire. »
Pour Raphael Confiant, l’objectif des partisans de l’article 74 est clair : il s’agit aujourd’hui de réparer une erreur, pire, une faute, une faute lourde, dont la gravité est manifeste : la transformation de la Martinique en département français en 1946 par le vote de la loi d’assimilation qui « a été imposé » aux martiniquais !
Voila l’objectif des partisans de l’article 74. C’est écrit noir sur blanc.
Objectif n°1 : Il s’agit d’abord de revenir sur les acquis du statut départemental et sur les luttes menées par des générations de Martiniquais, c’est-à-dire sur L’EGALITE DES DROITS que les martiniquais ont arraché après des décennies de lutte. Pour tous ceux qui ont voulu l’assimilation, qui se sont battus pour elle, qui l’ont porté jusqu’aux travées de l’assemblée nationale française à travers Aimé CESAIRE et Léopold BISSOL, la loi du 19 mars 1946 n’a pas d’autre signification : en finir avec le diktat de l’Usine, le joug de l’Usine, les intérêts de l’Usine et la « pwofitasion » de l’Usine ! Ce que veulent les partisans de l’article 74, c’est livrer notre pays à de nouveaux maitres, qu’ils soient locaux ou qu’ils représentent le capitalisme mondialisé, en tout point identiques aux hobereaux qui l’asservissaient du temps de la colonie
Objectif n°2 : Il s’agit ensuite de liquider l’héritage des Jules Monnerot, Joseph Del, Juvenal Linval, André Aliker, Léopold Bissol, Victor Lamon…etc dont les noms ornent les rues de Fort-de-France. Il s’agit de liquider l’esprit de lutte grâce auquel des générations de Martiniquais ont arraché des conquêtes sociales, le respect et la dignité dus aux travailleurs ! N’est-ce pas tuer une seconde fois tous ceux qui, luttant pour l’Egalité des Droits » et pour l’amélioration du sort des plus humbles ont perdu la vie du fait de la répression coloniale, depuis la Fusillade du François en février 1900 (10 morts) à Chalvet en 1974 (2 morts) en passant par celle de Bassignac en février 1923 (2 morts), celle des Frères Jacques au Carbet….. A qui peut profiter un tel forfait sinon à ceux qui rêvent d’un pays ou règnera leur loi, celle du plus fort ?
Objectif n°3 : Il s’agit enfin de régler son compte au plus prestigieux des fils de notre pays, Aimé Césaire, rapporteur de la loi du 19 mars 1946, un règlement de compte d’autant plus vil qu’il est effectué à titre posthume et non du vivant du grand homme ! NOUS NE LES LAISSERONS PAS FAIRE et comme disait la Pasionaria Dolores Ibarruri : NO PASARAN (Ils ne passeront pas !)
Objectif n°4 : Il s’agit aussi de permettre à une nouvelle classe sociale, une petite bourgeoisie à la tête de laquelle se retrouvent le plus souvent des fonctionnaires retraités ayant toute leur vie durant tété les 40% mais dont ils sont privés aujourd’hui, d’affirmer son existence, d’accroitre ses prérogatives, de multiplier les faveurs et les honneurs qu’ils s’accordent déjà généreusement (voyages en 1ère classe, véhicules de fonction, carte d’essence, cocktails et petits fours) et d’assouvir son gout du pouvoir pour le pouvoir.
Il faut donc remercier Raphael Confiant d’avoir dit tout haut ce que les stratèges du 74 cachent au peuple martiniquais, que leur objectif c’est de revenir au beau temps de la colonie.
» Car il ne faut pas se tromper, ce que veulent les partisans du 74, ce n’est pas l’amélioration du sort des Martiniquais, c’est leur régression dans un régime forcément autoritaire.
» Ce que veulent les partisans du 74, ce n’est pas l’ouverture sur le monde à qui nous offririons ce que nous sommes, notre identité, notre culture et nos valeurs, c’est l’enfermement, le repli sur soi.
» Ce que veulent les partisans du 74, ce n’est pas l’épanouissement de tous, leur accès à la culture, à l’éducation, au sport, c’est le développement du clientélisme, du népotisme et l’asservissement à des clans auxquels il faut prêter allégeance !
Les Martiniquais répondront « NON » à ceux qui veulent rétablir le régime de l’arbitraire contre lequel André ALIKER s’est dressé.
Les Martiniquais répondront « NON » à ceux qui veulent nous faire régresser au temps « des 16 Basse Pointe » !
Les Martiniquais répondront « NON » à ceux qui veulent jouer les intérêts du plus grand nombre sur la table de jeu de leurs avantages personnels !
Karl PAOLO