L’élection présidentielle 2012, qui n’est pas une élection comme les autres, demeure la tribune par excellence, pour créer un élan neuf et une espérance nouvelle qui soient crédibles. Car les mots, surtout en termes de promesses électorales, ne donnent pas réponses à tous nos maux. Qui donc, lors de cette élection sous fond de crise et de repli identitaire, parlera pour nos enfants ? Qui parlera pour nous ? Qui parlera pour la Guadeloupe ? A qui devrions-nous encore donner nos suffrages ? Des interrogations complexes, délicates, importantes, surgissent avec une gravité accrue dans les démocraties représentatives à chaque élection importante. Le président, dans la 5ème république, est, comme on le sait, la clé de voûte, l’alfa et l’oméga des institutions. L’objectif pour chaque candidat sérieux, qu’il soit porté par une conviction inébranlable, qu’il entraîne dans son sillage un clan, un parti, des alliances, et in fine plus de 50% des suffrages, le but donc, est d’abord d’être élu ! Mais les choses ne s’arrêtent pas là. L’élection présidentielle a une logique. On exclut davantage que l’on ne choisit ! L’adhésion purement idéologique ne marche plus. Ni d’ailleurs le coup de cœur et encore moins le coup de sang.
La bonté des intentions, ne garantit pas toujours la qualité des résultats. Pour ne point ajouter aux frustrations, on ne peut se satisfaire des intentions louables et au désir des uns et des autres de faire “maintenant” quelque chose. Pawol an bouch pa chaj.
Comme j’ai eu à le rappeler, il faudra au président élu ensuite faire preuve d’une capacité à gouverner, disposer des appuis politiques nécessaires, voire d’une crédibilité internationale. C’est aussi pour cela, que l’élection présidentielle, depuis le choix du quinquennat, prime plus que jamais sur l’élection législative. Dores et déjà, on assiste donc, dans chaque circonscription à un marchandage carnassier, entre membres d’un même parti ou d’une même sensibilité. Au moment où la lutte des égos et des places supplante l’intérêt général, il n’est pas aisé pour le citoyen électeur de faire son choix. Comment voter pour la Guadeloupe ? Peut-on faire le bon choix ? Tant de données nous échappent ! Dans ce système électoral allochtone, d’autres disent “domestique”, sommes-nous réellement responsables de notre bonheur ou de notre malheur et intimement comptables de l’avenir de nos enfants ?
Les gouvernements successifs, droite et gauche confondues, tant sur l’emploi, le développement endogène, la sécurité, ont piteusement échoué chez nous. En témoigne notre classement de la honte, dans le palmarès des régions de France et surtout sur les critères retenus ! C’est un fait, et il faudra le prendre en considération. Aux États-Unis, en France ou ailleurs, les élections et pas seulement lors des primaires, se jouent à peu de voix. Cette donnée intangible peut nous servir d’effet de levier pour faire enfin entendre la voix de la Guadeloupe. Ne plus quémander ou supplier pour rattraper nos inadmissibles retards. Sachons donc marchander au premier comme au second tour, sous une seule bannière : les intérêts de la Guadeloupe ! La république “aussi” des DOM. Et pourquoi pas ?
RJC
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Il n’y a pas que la défiscalisation et autres mesures fiscales pour relancer l’activité et la création d’emplois. Ce qui est vrai, juste et efficace pour l’Hexagone et l’Europe, ne l’est pas...
http://www.caraibcreolenews.com/news,guadeloupe,1,3714,03-02-2012-une-y-lection-pas-comme-les-autres-a-.html